-mw i&^i^^ m)^ ^W ■ 5«!3t,' ï -^.-A 'ï^^-: ^•^■^t '^'"W^ \^*^"^"*- ■>% W Uusc, ^, * BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ NATIONALE D'ACCLIMATATION py^RIg. _ IMPRIMERIE EMILE MARTINET, RUE MIGNON, 2. BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ NATIONALE D'ACCLIMATATION Fondée le 10 février 1854 RECONNUE ÉTABLISSEMENT D UTILITÉ PUBLIQUE PAR DÉCRET DC 26 FÉVRIER 1855 3* SÉRIE— TOME IX 1882 VINGT-NEUVIÈME ANNÉE UMA«V «eW YOKIt nOTANICAL - tARLHN PARIS AU SIÈGE DE LA SOCIÉTÉ EÔTEL LAURAGUAIS, RUE DE LILLE, (9 188i ' ^1^ U%€L 35500., «m.9 r ^^ r SOCIETE NATIONALE D'ACCLIMATATION NEW YOWC ORGANISATION POUR L'ANNÉE 1882 ^"^^.^^^l^^ Conseil. — Délégués. — Commissions. — Bureaux des Seclioiis. CONSEIL D'ADMINISTRATION BTJriEAXJ Président. MM. H. BOULEY (C. ^), Membre de l'Institut (Académie des sciences) et de l'Académie de médecine, professeur au Muséum d'his- toire naturelle, inspecteur général des Écoles vétérinaires. Vice-présidents. MM. Ernest COSSON(0. ^),membre de l'Institut (Académie des sciences), ancien conseiller général, membre du conseil d'administration de la Société botanique de France. Le comte d'ÉPRÉMESNlL (^), propriétaire. De QUATREFAGES (C. ^), membre de l'Institut (Académie des sciences), professeur au Muséum d'histoire naturelle. Le marquis de SINÉTY, propriétaire. Secrétaire général. M. Albert GEOFFROY S.MNT-HILAIRE (*), directeur du Jardin zoologif[ue d'Acclimatation du Bois de Boulogne. Secrétaires. MM. E. UUPIN (^), Secrétaire pour l'intérieur, ancien inspecteur des chemins de fer. Maurice GIRARD, Secrétaire du Conseil, docteur es sciences. ^ C. RAVERET-WATTEL (^ A), Secrétaire des séances, sous-chef Oj de bureau au ministère de la guerre. ^_Q t'.-L.-II. FLURY-IIÉRARD {^), Secrétaire pour l'étranger , banquier r^ du corps diplomatique. YI SOCIÉTÉ NATIONALE d' ACCLIMATATION. Trésorier. M. Sfiint-Yves MÉNARD, sous-directeur du Jardin zoologique d'Accli- matation du Bois de Boulogne, professeur à l'École centrale ,.^ des arts et manufactures. Archiviste-bibliothécaire. M. Amédée BERTHOULE, avocat, docteur en droit. ]ME]MBR,ES r>TJ OOIVSEJIL. MM. Camille DARESTE, docteur es sciences et en médecine, directeur du laboratoire de tératologie à l'École pratique des hautes études. Aimé DUFORT (^ A), directeur des domaines. Alfr. GRANDIDIER (^), voyageur naturaliste. Henri LABARRAQUE (^), docteur en médecine, propriétaire. Alplî. LA VALLÉE (0. ^), membre de la Société nationale d'agri- culture de France, président de la Société nationale et cen- trale d'horticulture de France. Edouard MÈNE (^'), docteur en médecine, médecin de la maison de santé de Saint- Jean-de-l>ieu. A. MILNE EDWARDS {^), membre de l'Institut (Académie des sciences), professeur au Muséum d'histoire naturelle. P. -A. PICHOT, directeur de la Revue liritannique. Edgar ROGER, conseiller référendaire à la Cour des comptes. Le marquis de SELVE (^), propriétaire. Léon V.VILLANT (^), professeur au Muséum d'histoire naturelle. Henry de VILMORIN (^), ancien membre du tribunal de commerce de la Seine. Vice-présidents honoraires. MM. le prince Marc de BEAUVAU (0. ^), propriétaire, ancien con- seiller général. RICHARD (du Cantal), ancien représentant du peuple, propriétaire. Membres honoraires du Conseil. MM. Fréd. JACQUEMART (^), manufacturier, membre de la Société nationale d'agriculture de France. RUFZ DE LAVISON (0. ^), membre de l'Académie de médecine. Agent général. M. Julos GRISARD (<^ A), gérant des publications ds la Société. ORGANISATION. va OËLËGUÉS DU CONSEIL EN FRANCE Boulogne-s.-Mer, MM. Alex. Adam. Douai, L. Mauriciî. Le Havre, Henri Dela- ROCHE. La Roche-sur Yon, MM. D. G oi rdin Poitiers, Malapert père. Saint Quentin, Theillier-De?- jardins. DÉLÉGUÉS DU CONSEIL A L'ÉTRANGER Cerna?/ (Als:cs), MM. A. Zurcher. Mexico, Chassin. Milan, Ch. Brot. New-Orleans, Ed. Sillan. Odessa, P. de Dourakoff. Pesth (Hongrie), Ladislas de Wagner. Québec, M.M. Henry JotY de Lot- BINIÈRE. Rio-Janeiro, De Capane.ma. Téhéran, Tholozan. Wcsserliny, Gros-Hart.mann. MM, COMMISSION DE PUBLICATION le Président et le Secrétaire général, membres de droit. D' E. CossoN, Vice-Président. E. DuPiN, Secrétaire pour l'intérieur. Maurice Girard, Secrétaire du Conseil. Rayeret-AVattel, Secrétaire des séances. Flury-Hérard, Secrétaire pour l'étranger. Saint-Yves Ménard, Trésorier. Alph. Layallée, \ Docteur Ed. Mène, ] Membres du Conseil. COMMISSION DES CHEPTELS MM. le Président et le Secrét.aire général, membres de droit. Membres pris dans le Conseil. MM. Amédée Bertiioule. Maurice Girard. Saint-Yves Ménard. Docteur Ed. Mène. H. DE Vilmorin. Membres pris dans la Société. MM. De Barrau de Muratel. Xav. Dybovvski. Jules Fallou. Jules Gautier. Eug. Vayin. COMMISSION DES FINANCES MM. le Président et le Secrétaire général, 'membres de droit. MM. Amédée Bertholle. Aimé Dl'FORT. MM. Eug. Dupin. Saint-Yves .Ménard. VIII SOCIETE NATIONALE D ACCLIMATATION. COMMISSION MÉDICALE MM. le Président et le Secrétaire général, membres de droit. MM. E. Hardy. H. Labarraque. Marais. MM. Edouard Mène. Saint-Yves Ménard. Léon Vaillant. COMMISSION PERMANENTE DES RÉCOMPENSES MM. le Président et le Secrétaire général, membres de droit. Délégués du Conseil. MM. H. Labarraque. Amédée Berthoule Première section. Deuxième section Troisième section Quatrième section. — Insectes. Cinquième section. — Végétaux. MM. Raveret-Wattel. Marquis de Sinéty. Délégués des sections. — Mammifères. — MM — Oiseaux. — — Poissons, elc. — Saint-Yves Ménard. G. Millet. Amédée Berthoule. Marquis de Ginestous. Docteur E. Mène. BUREAUX DES SECTIONS I" Section. — .tSaniiuifèroiii. MM. Geoffroy St-Hilaire, (/. du Cons. E. Decro'ix, président. Saint- Yves xMénard, vice-président. Gautier, secrétaire. Xav. Dybowski, vice-secrétaire. t^ Section. — Oiseaux. MM. Edq-ar Roser, dél. du Conseil. G. Millet, président. Baron d'Avèae, vice-président. Sturne, secrétaire. Vicomte d'Esterno, vice- secrétaire. MM. 3*^ Section. — Poisf^ons, eiCv MM. L. A' aillant, délégué du Conseil et président. DeBarrau de Muratel ,vice-président. Ed. Renard, secrétaire. L. Vidal, vice-secrétaire. 4^ Section. — Insecte». MM. Maurice Girard, del- du Conseil. Marquis de Ginestous, président. Jules Fallou, vice-président. A.-L. Clément, secrétaire. Xav. Dybowski, vice-secrétaire. - végétaux. Alph. LavâWée, dél. du Conseil. Eug. Vavin, président. Paillieux, vice-président. Jules Grisard, secrétaire. Jean Dybowski, vice-secrétaire. 5^ Section. TINGT-SEPTIÈME LISTE SUPPLÉMENTAIRE DES MEMBRES Admissions du 6 mai 1881 au 19 mai 1882. Alidan (d'), attaché à l'exploitation du chemin de fer de l'Ouest, 81, bou- levard du Nord, au Vésinet (S.-et^O.)- Aninat (Antoine), négociant, 11, rue de Tilsitt, à Paris. AssEZAT DE BouTYERE (Louis), propriétaire, aux Munots, par la Charité- sur-Loire (Nièvre). AsTAix (Alex. -Victor), à Ronaagnet (Puy-de-Dôme). Aude (Sextius), trésorier-payeur général, à Ajaccio (Corse). AuMONT (Paul), propriétaire, 6, avenue de Messine, à Paris. AvEXiEZ (Jules), propriétaire, 9, quai Turenne, à Nantes (Loire-Infér.). Aydie (baron Alfred d'), au château de Garderon, prés Eauze (Gers). Ballin (Constant), 48, rue Ardener, à Paris. Barbey (A.), 3, rue de la Terrasse, Parc-Monceau, à Paris. Baril (l'abbé), curé, à Avernes-sous-Exmes (Orne). Baron (Raoul), professeur de zootechnie, à l'école d'Alfort, 3, villa des Fleurs, à Gharenton (Seine). Beaufour (Ch.), propriétaire, 8, rue de la Boétie, à Paris. Belgrand, propriétaire, 12, rue Dieu, à Paris. Behnard (Emile), négociant, 61, boulevard Magenta, à Paris. Bertrand (Georges), propriétaire, 17, rue de Labordère, à JN'euilly (Seine). Binder, conseiller municipal, 102, avenue des Champs-Elysées, à Paris. Blaauw (J.-W.), à Ryswyk, près La Haye (Pays-Bas). Blanctieton (l'abbé), directeur de la colonie agricole de Charsey, près Angouléme (Charente). Blanchon (A.), à Étoile (Drôme). Borot (Adrien), 7, rue Spontini, à Paris. BossoT (Benoit), négociant, à Ciry-le-Nolle (Saône-et-Loire). BoNY (vicomte Gaston de), au château de Bujaleuf (Haute- Vienne). BoLRGAUT (Henry), à l'île Puteaux (Seine). BoL'LEY (Paul), vétérinaire, 61, rue des Saints-Pères, à Paris. Botrdais (l'abbé), curé de Beaumont-en-Vérou, par Avoine (Indre-et- Loire). BouROOiNG (A.), au château de la Saussaye, par MaroHes-en-Hui'epois (Seine-et-Oise). ■BoussiNEAU (Olivier de); à Sucé, près Nantes (Loire-Inférieure). -BucHET (Alexandre), propriétaire, au Mesnil-Aubry, par Ecouen (Seine- et-Oise). X SOCIÉTÉ NATIONALE d'ACCLIMATATION. Bret (Léon), ancien avocat au Conseil d'État, 62, avenue Jn Bois de Boulogne, à Paris. Bretocq (A.), directeur de la compagnie d'assurances La Garantie générale, 32, avenue de l'Opéra, à Paris. Bruce (comte Ch. de), propriétaire, 6fi, avenue de Paris, à Versailles (Seine-et-Oise). Bruneal- (Alcide), propriétaire, à Thouars (Deux-Sèvres). Brunet (Jules), 107, avenue de Xeuilly, à ^'euilly (Seine). BucQUET(L. Th.), 13, rue Pavée-Marais, à Paris. BuLLiER (Théodore), 29, avenue de l'Observatoire, à Paris. BiTTix (Adolphe), régisseur au château de Dampierre (Seine-et-Oise>. Cacaud-Richard, ancien notaire, à Loudun (Vienne), Caillebotte (Gustave), 31, boulevard Haussmann, à Paris. Camus (le docteur), au Gâteau (Nord). Ganesie (Jules), homme de lettres, 58, rue Pigalle, à Paris. Caron (Victor), propriétaire, à Lorient (Morbihan). Castro (docteur de), 175, avenue de Neuiily, à .\euilly (Seine). Chabannes (comte Joseph de), à Changeons, Avranches (Manche). Chantreuil (Paul), brasseur, au Gâteau (Nord). Ciiassaigne (le comte Henri de la), 23, rue Jacob, à Paris et à Loupiac (Gironde). Chenet (Louis), buffet du Jardin d'Acclimatation du Bois de Boulo-^ne à Neuilly (Seine). '' ' Chevreuil (Victor), à la Fontaine; à Saint-Cyr (Indre-et-Loire). CniFFLET (A.), propriétaire, à Chateaubriant (Loire-Inférieure). Cintré (vicomte de), au château du Breil-Iffendie (llle-et- Vilaine). CORBERA (baron Louis A. de), 1, rue de Boulogne, à Paris. Cornu (Maxime), 30, rue des Boulangers, à Paris. CoTTiN (Auguste), propriétaire, J5, rue Tronchet, à Paris. Couvant, notaire, à Château-Renault (Ardennes). Daguerre (Léon), négociant, Lil, avenue Malakoff, à Paris. Darblay (Aymé), 156, rue de Rivoli, à Paris. Delaloge (Pierre), propriétaire, 131, avenue du Roule, à Neuilly (Seine) Delannov, 19, rue des Prêtres, à Calais (Nord). Demerson (Paul), 87, avenue de Villiers, à Paris. Desvignes, à Bazouges, par la Flèche (Sarihe). Dhormoys (Paul), ancien préfet, 63, rue de la Victoire, à Paris. Dodemont-Delloye (Jules), banquier, à Huy (Belgique). DoLLFUS (Paul), 50, rue de la Boétie, à Paris. DUCOT (Jules), 105, avenue de Neuilly, à Neuilly (Seine). Duplantier (Louis), propriétaire, à Saint-Léger de Montbron (Deux- Sèvres). DUPLOYÉ (l'abbé Emile), professeur à l'École de Saint-Cyr et à l'École supérieure du commerce, 23, quai de l'Horloge, à Paris. LISTE SUPPLEMENTAIRE. • XI Bureau (Lucien), 21, rue Dupleix, à Paris. DurioussKAU-DcGONTlER (Elie-Guillaume), à Montbron (Cliarenle). DuvERGiER (J.-B.-M.), à Chanlilly-Gauderan (Gironde). Enault (Alplionse), 3, rue du Havre, à Paris. ExGELiiARDT (Jean-F.), propriétaire de Vlllnstrirte Geflugel Zeitnng, à Nuremberg (Bavière). EsTELATA (baron d'), 31, rue Cambacérès, à Paris. Faivre (Gustave), 43, avenue du Maine, à Paris. Faure (Gaston), manufacturier, à Périgueux (Uordogne). Fays (Gaston de), chef de garo, à Templeurre (Belgique). Ferrière (Théophile), sous-directeur de la maison Crespin aîné, "23, boulevard Uochechouart, à Paris. Franqueville (comte Roger de), capitaine d'état-inajor, 45, rue des Carmes, à Caen (Calvados). Freslon (vicomte de), au château de la Molle-au-Vicomte, par l'Ermitage (lUe-et-Yilaine). Frété (Iules), 12, boulevard Sébastopol, à Paris et 70, boulevard Mail- lot, à Neuilly (Seine). Gaffard (Auguste), manufacturier, enclos Gaffard, à Aurillac (Cantal). Gay-Lussac (Albert), 1, avenue Friedland, à Paris. Gellé (J.-B.), propriétaire, boulevard des Sablons, 2, à Neuilly (Seine). Gleize (François-Joseph), propriétaire, 37, rue Jacques Dulud, à Neuilly (Seine). Gilbert (le docteur), à Givet (Ardennes). GODIN (Edouard), 11, rue do la Fayette, à Paris. GoDLN (Fernand), 26, rue d'Orléans, à Neuilly (Seine). GoDLNEAU (Eug.), à Surgères (Charente-Inférieure). GODRY (Edouard), au château de Galmanche, commune de Saint-Contest, près Caen (Calvados). GoGUET (Adolphe),, à Gript, par Beauvoir (Deux-Sèvres). GOMRAULT, (le docteur), l, rue Ancelle, à Neuilly (Seine). Grandin (Léon), négociant, 10, rue Fremincourt, à Paris. Guillaume, directeur de l'École do jardinage, à Villepreux(Seine-et-Oise). GuiLLEBERT (Louis), propriétaire, à la Foulerie, Valognes (Manche). Guillln (Noé), négociant, à Sablé-sur-Sarthe (Sarthe). GuiLLON (Gustave), percepteur, à Château-la- Vallière (Indre-et-Loire). Hardy (Léon), propriétaire, 51, rue Galilée, à Paris. Harembert (baron d'), 14, rue de Saint-Pétersbourg, à Paris. HÉDIARD (Ferdinand), négociant, 18, rue Notre-Dame-de-Lorette, à Paris Heroguelle (Victor), propriétaire, à Saint-Pol (Pas-de-Calais). HOMANS, 19, avenue de l'Opéra, à Paris. HosTEiNS (Pierre), négociant, 26, rue d'Orléans, à Neuilly (Seine). Hubert (Ch.), propriétaire, à Sainte-Néomaye, par la Crèche (Deiix- Sèvres). XII • SOCIÉTÉ NATIONALE d'aCCLIMATATION. Itasse-Jeuffron (Charles), avocat, 56, rue du Faubourg-Moutiiiartre, à Paris. Jadin (Emmanuel), artiste peintre, rue Jadin, à Paris. Jarconnet (Henry de), propriétaire, au château de Monteleger, par Étoile (Drômej. Jaucourt (marquis de), 62, rue de Varenne, à Paris. Jeltrup, négociant, 1, rue de la Banque, à Paris. .louET (Georges), au château de la Tour cà l'Oiseau, Chauvigny (Vienne). JouFFRAULT (Abel), propriétaire, à Argentan-Château (Deux Sèvres). Kubler (Edouard), propriétaire, 21, rue Beausset, à Paris. Lahaye (Eugène), notaire, à Pontfaverger, canton de Beine (Marne). Lalance (Auguste), manufacturier, à Pfastatt, Alsace. Lami (René), artiste peintre, 110, boulevard Malesherbes, à Paris. Larnage (vicomte de), au château de la Bretonnière, par Saint-Vallier (Drôme). Lavalley, au manoir de Bois-Thillard, par Pont-l'Évèque (Calvados). Lebeurier (E.), négociant, à Kerinou-Brest (Finistère). Le Bret (Paul), 1 i8, boulevard Haussmann, à Paris. Lebreton (A.), 39, rue Notre-Dame de Lorette, à Paris. Lecule (Jules), propriétaire, 11, rue Vignon, à Paris. l.EFÈVRE (Jules), négociant, 16, rue Lambrecht, à Courbevoie (Seine). Legrand (Charles-Honoré), rue Louis-Philippe, 11, à Neruilly (Seine). Lematte (J.-F.), peintre d'histoire, 25, rue Jacques Dulud, à Neuilly (Seine). Le Pelletier (Maurice), au château de Salvert, près Saumur (Maine-et- Loire). Leroux (le docteur), 2, quai des Tanneurs, à Nantes (Loire-Inférieure). Lescanne (André), 87, avenue de Yilliers, à Paris. Lescure (Léon), propriétaire, au château de Claix, par Boullet (Cha- rente). Lesèble (Louis), propriétaire, 36, rue Charles Lafitte, à Neuilly (Seine). LoEw, notaire, à Strasbourg (Alsace). LoNLAY (H. E. F. de), capitaine de frégate en retraite, au Portzou, près Concarneau (Finistère). LouRY (Ch. Fernand), propriétaire, au château de Marsay, près Thouars (Deux-Sèvres). LoYSEL (Jules), 35, rue des Corderies, à Cherbourg (Manche). Macquin (Albert), à Villeceaux, près Bray-sur-Seine (Marne). Magnin (Emile), 39, rue Labruyère, à Paris. Maillet du Boullay (Gh. Léon), directeur du musée départemental de la Seine-Inférieure, Si, avenue des Champs-Elysées, à Paris. Marc (de), ancien consul des Pays-Bas, rue Beaujon, 7, à Paris et châ- teau de Belfontaine, prèsJuvisy (Seine-et-Oise). Marotte (Amédée), propriétaire, 122, avenue de Villiers, à Paris. LISTE SUPPLEMENTAIRE. XIII Marre (Auguste de), administrateur de la Société des «griculteurs d'Igny, commune d'Arcis-le-Ponsard (Marne). Matiiey (F.), greffier du tribunal de 1™ instance, à Rochechouart (Haute- Vienne). MKNr.iN (Pierre), 87, avenue de Villiers, à Paris. Mercier (Paul), avoué, 33, rue du Sentier, à Paris. Messey (comte Guillaume de), i22, rue de Grenelle, à Paris. Meuriot (docteur), directeur de la maison de santé de Passy (Maison Blanche), 17, rue Berton, à Passy- Paris. MiLLOT, propriétaire, 153, avenue de Neuilly, à Neuilly (Seine). MONTESQUiou (comte Fernand de), i, boulevard Latour-Maubourg, à Paris, MOREAU (Alphonse), propriétaire, 3, boulevard Flandrin, à Paris. Odent (Xavier), négociant, 8, boulevard Saint-Michel, à Paris. Ormières (le docteur Louis), à Moka (île Maurice). OspiNA (Pedro Nell), ingénieur, chez MM. Prévost et Despalangue, 78, rue d'Hauteville, à Paris. Pagans (Lorenzo), professeur de chant, rue de l'Isly, à Paris. Pain (A.), député, à Poitiers (Vienne). Partridge (W. Daniel), directeur de l'aquarium du Havre (Seine-Infé- rieure). Pascaud (P.-E.), 5, rue Porte-Jaune, à Bourges (Cher). Paultre (E.), 5, avenue du Coq, à Paris. Pilastre (Edouard), avoué de i"" instance, 46, rue Notre-Dame des Victoires, à Paris. PiNEYRO (F.), propriétaire, 75, boulevard Malesherbes, à Paris. PiOLA (Albert), ancien maire, ancien président de l'Association viticole de Libourne (Gironde). Pomerëu (comte Piobert de), 67, rue de Lille, à Paris. PûURiAU, ingénieur, à La Varenne Saint-Hilaire (Seine). Ramelet, à Neuvon, commune de Piombières-les-Dijon (Côte-d'Or). Rathelot fils, 59, avenue de l'Église, au Grand-Montrouge (Seine), Raymond (le docteur), 8, rue de Greffulhe, à Paris. Rey (François), 24, rue d'Orléans, à Neuilly (Seine). Reynal fils, au château de Plancheix, près Périgueux (Dordogne). RiOM (E.), administrateur des hospices, à Nantes (Loire-Inférieure). Rivière (Adolphe), 98, rue Denfert-Rochereau, à Paris. Robin (Théodore), 16, rue de Vigny, à Paris. RocHECOUSTE(J.de), à l'île Maurice, et à Paris, 43, boulevard Malesherbes. RoussiN (Paul), au manoir de Kerdour, par Quimper (Finistère). Saint-Ange père, 37, rue de Rivoli, à Paris. Saint-Ange fils, négociant, 6, rue de la Lingerie, à Paris. Saint-Didif.r (Maurice de), capitaine de cavalerie en retraite, 1, boule- vard Latour-Maubourg, à Paris. XIV SOCIÉTÉ NATIONALE d' ACCLIMATATION. Saint-Hillaire Dufour (Charles), au château de Brimare, par Buchy (Seine-Inférieure). Salnt-Pierre (baron de), 91, rue du faubourg Saiut-Honoré, à Paris. Saint-Bené Taillandier, au tnas de Tabournés, par Tarascon (Bouches- du-Bhône). Saint-Simon (Alphonse de), membre du Conseil général, au château de Montauquier, par Cuq-Toulza (Tarn). Sajou (A.), 3, rue de Fontenay, à Nogent-sur-Marne. Salmon (Ch. Gaston), 5, rue de la Boéiie, à Paris. Sawyerr (Alfred-James), A, rue de l'Éperon, à Poitiers (Vienne). Suthehland (Charles-Leslie), membre de la Commission royale d'agri- culture, à Coombe, près Croydon, Surrey (Angleterre). Tarin (Charles), pharmacien, 9, place des Petits-Pères, à Paris. Trérlxien (Ernest), manufacturier, 25, cours de Vincennes, à Paris. Trouette (Emile), membre du conseil privé du gouvernement de l'île de la Béunion, 163-165, rue Saint-Antoine, à Paris. Tlzellet (Marcellin), aux Hameaux, près Thouars (Ueux-Sèvres). Valazquez (marquis de), 22, rue du Prado, à Madrid (Espagne), et 6, rue Daunou, à Paris. Vallières (des), receveur des finances, à Meaux (Seine-et-Marne). Vauguerin (Rivière Albert de), ancien directeur des contributions indi- rectes, 26, avenue du Roule, à iNeuilly (Seine). Vern (Ernest), naturaliste, rue des Princes, à Meudon (Seine-et-Oise). Vieillot (Jules), 58, avenue de Neuilly, à Neuilly (Seine). Vicier, médecin-vétérinaire, 45, rue de Lille, à Paris. ViLcocQ (Léon), au château de la Neuville, par Maria (Aisne). Wallon (Charles), 5, rue des Filles-Saint-Thomas, à Paris. WiNTER (Charles), chef d'institution, 48, avenue du Roule, à Neuilly (Seine). VINGT-CINQUIEME SEANCE PUBLIQUE ANNUELLE DE DISTRIBUTION DES RÉCOMPENSES DE LA. SOCIÉTÉ NATIONALE D'ACCLIMATATION DE FRANCE PROGES-YERBAL La Société nationale d'Acclimatation de France a tenu sa vingt-cinquième séance publique annuelle de distribution des récompenses, le vendredi 26 mai 1882, dans la salle du théâtre du Vaudeville, sous la présidence de M. H. Bouley, membre de l'Institut, président de la Société. Sur l'estrade avaient pris place MM . les membres du Conseil , les membres du bureau des diverses Sections, les membres de la Commission des récompenses, et un grand nombre de notabilités françaises et étrangères. Une très nombreuse et très brillante assemblée occupait la salle. L'orchestre du Jardin d'Acclimatation, dirigé par M. Mayeur (de l'Opéra), prêtait son concours à cette solennité. M. Bouley a ouvert la séance par un discours sur la nou- velle vaccination, discours du plus grand intérêt, souvent interrompu par les applaudissements de l'assemblée. Des projections à la lumière électrique, faites par M. Mol- leni, ajoutaient un charme de plus à l'attrait déjà si vif de cette communication. M. le Secrétaire des séances a présenté ensuite le rapport au nom de la Commission des récompenses. il a été décerné cette année : 1" Une médaille d'or, offerte par le ministre de l'agricul- ture ; 2" Quatre médailles d'or de la Société ; XVI SOCIÉTÉ NATIONALE d'ACCLL^ATATION. 3° Cinq grandes médailles d'argent à l'effigie d'Isidore Geoffroy Saint-Hilaire; 4° Quatre prix ou primes d'une valeur totale de 1600 francs ; 5" Dix-sept médailles de première classe, d'argent; 6° Quinze médailles de seconde classe, de bronze ; 7° Trois mentions honorables ; 8° Trois récompenses pécuniaires, d'une valeur de 350 francs ; 9° Les deux primes de 200 et de iOO francs, fondées par feu Agron de Germigny ; 10° Une prime de 200 francs, trois de 100 francs, deux de 50 francs, trois de 25 francs, offertes par l'Administration du Jardin d'Acclimatation. Le Secrétaire des séances, C. [îaveret-Wattel. PRIX EXTRAORDINAIRES ENCORE A DÉCERNER ^^> GEiNÉRALITES \o _ 188'j. — Prix de 1000 fraucs fondé par m. BEREJVD, luenibre de la Société. Un prix de 1000 francs sera décerné à l'auteur du meilleur tra- vail faisant connaître, au point de vue historique et pratique, les travaux relatifs à l'acclimatation et les résultats obtenus depuis 1854. Concours ouvert jusqu'au 1^'' décembre 1885. — Prix : tooo francs. 2» — 1863. — Prix pour les travaux théoriques relatifs à l'acclimatation. § I. Les travaux tiiéoriques sur des questions relatives à l'accli- matation, publiés pendant les cinq années qui précèdent, pourront être récompensés, chaque année, par des prix spéciaux de 500 francs au moins. La Société voudrait voir étudier particulièrement les causes qui peuvent s'opposer à l'acclimatation, elles moyens qui peuventservir à prévenir ou à combattre leurs effets. §11. Il pourra, en outre, être accordé dans chaque section des primes ou des médailles aux auteurs de travaux relatifs aux ques- tions dont s'occupe la Société. Ces travaux devront être de nature à servir de guide dans les ap- plications pratiques ou propres à les vulgariser. Les ouvrages (imprimés ou manuscrits) devront être remis à la Société avant le 1" décembre de chaque année. 3° — 1867. — Prix pour les travaux de zoologie pure, pouvant servir de guide dans les applications. La Société, voulant encourager les travaux de zoologie pure (mo- nographies génériques, recherches d'anatomie comparée, études embryogéniques, etc.), qui servent si souvent de guide dans les ap- [)lications utilitaires de cette science, et rendent facile l'introduction d'espèces nouvelles ou la multiplication ou le perfectionnement d'es- pèces déjà importées, décernera annuellement, s'il y a lieu, un prix de 500 francs au moins à la meilleure monographie de cet ordre^ publiée pendant les cinq années précédentes. Elle tiendra particulièrement compte, dans ses jugements, des applications auxquelles les travaux de zoologie pure appelés à con- (1) Le cliilTre qui priccde renoncé des divers jirix, mdiquu l'ainiée de la fon- iLilion de ces prix. Tous les prix qui ne portent pas l'indication d'une fondatio» particulière sont fomiés par la Société. 3" sÉiuE, T. IX. — Séance publique annuelle. b XVIII SOCIÉTÉ NATIONALE d'ACCLIMATATION. courir auraient déjà conduit, que ces applications aient été faites par les auteurs de ces travaux ou par d'autres personnes. Un exemplaire devra être déposé avant le 1^'' décembre. 4° — 1875. — Des primes ou médailles pourront êtreaccordées aux personnes qui auront démontré, pratiquement ou théoriquement, les procédés les plus favorables à la multiplication et à la conserva- tion des animaux essentiellement protecteurs des cultures. Concours prorogé jusqu'au 1^'' déceml)re 1885. 5° — 186 T. — Prix perpétuel fondé par feu ni ■"' OlIÉRII^EAU , uée DELALAI^DE. Une grande médaille d'or, à l'effigie d'Isidore Geoffroy Saint- Hilaire, et destinée à continuer les fondations faites les années précédentes, dans l'intention d'honorer la mémoire de l'illustre et intrépide naturaliste voyageur, Pierre Delalande, frère de M"" Gué- rineau. Celte médaille sera décernée, en 1886, au voyageur qui, en Afrique ou en Amérique, aura rendu depuis huit années le plus de services dans l'ordre des travaux de la Société, principalement au point de vue de l'alimentation de l'homme. Les pièces relatives à ce concours devront parvenir à la Société avant le 1" décembre 1885. Qo — 1861. — Prîmes fondées par feu M. AGROX DE GERM1G\Y. Deux primes, de 200 francs et de 100 francs, seront décernées, chaque année, pour les bons soins donnés aux auimaux ou aux vé- gétaux, soit au Jardin d'Acclimatation (200 francs), soit dans les établissements d'acclimatation se rattachant à la Société (prime de 100 francs). Les pièces relatives à ce concours devront parvenir à la Société avant le 1^^ décembre de chaque année. PREMIÈRE SECTION. — MAMMIFÈRES 1° — 1864. — Introduction d'espèces nouvelles. 11 pourra être accordé, dans chaque section, des primes d'une valeur de 200 à 500 francs à toute personne ayant introduit quelque espèce nouvelle utde ou ornementale d'un réel intérêt. 2» — 1870. — Introduction en France des belles races asines de l'Orient. On devra faire approuver par la Société d'Acclimatation les Anes éta- PROCÈS-VERBAL DE LA SÉANCE PUBLIQUE ANNUELLE XIX Ions importés, et prouver que vingt saillies au moins ont été faites dans l'année par chacun d'eux. Concours prorogé jusqu'au 1" décembre 1885. —Prix : loo» francs. 30 _ 1S6S. — Domestication complète, application à l'agricul- ture ou emploi dans les villes de l'Hémione {Equus Hemionus) ou du Dauw (E. Burchelli). La domestication suppose la reproduction en captivité. Concours prorogé jusqu'au 1" décembre 1885. — Prix : ïooo francs. 40 _ 1867. — Métissage de l'Hémione ou de ses congénères (Dauw, Zèbre, Couagga) avec le Cheval. On devra avoir obtenu un ou plusieurs métis âgés au moins d'un an. Concours prorogé jusqu'au l*''' décembre 1885.— Prix : 1000 francs. 50 — 1867. — Propagation des métis de l'Hémione ou de ses congénères (Dauw, Zèbre, Couagga) avec l'Ane. Ce prix sera décerné à l'éleveur qui aura produit le plus de métis. (11 devra en présenter quatre individus au moins.) Concours prorogé jusqu'au 1^'' décembre 1885. — Prix : 1000 francs. 6° — 1867. — Élevage de l'Alpaca, de l'Alpa-Lama et du Lama. On devra présenter au concours 12 sujets nés chez l'éleveur et âgés d'un an au moins. Concours prorogé jusqu'au 1" décembre 1885. — Prix : 4500 francs, 70 — 1869. — Prix peppétuel fondé par feu ]ll">'Ad. DUTROXE, née C^ALOT. Une somme annuelle de 100 francs sera, tous les trois ans, con- vertie en prime de 300 francs (ou médaille d'or de cette valeur), et décernée, par concours, au propriétaire ou au fermier qui, en France ou en Belgi(iue, aura le mieux contribué à la propagation de la race bovine désarmée sarlabot, créée par feu M. le conseiller Ad. Dutrône. (jC prix sera décerné en 1883 et 1886. 30 — 1873. — Chèvres laitières. On devra présenter 1 Bouc et 8 Chèvres d'un type uniforme, et justifier que trois mois après la parturition les Chèvres donnent 3 litres de lait par jour et par tête. Les concurrents devront présenter un compte des dépenses et recettes occasionnées par l'entretien du troupeau, et faire connaître à quel usage le lait a été employé (lait en nature, beurre, fromage). Concours ouvert jusqu'au !'=■■ décembre 1885. — Prix : 500 francs. 9» — 1874. — Multiplication en France, à l'état sauvage (dans un grand parc clos de murs ou en forêt), du Cerf Wapiti {Cervus Canadensis), du Cerf d'Arislote {Cervus Aristotelis) ou d'une autre grande espèce. On devra faire constater la présence de dix individus au moins, nés à XX SOCIÉTÉ NATIONALE d'ACCLIMATATION, l'état de liberté, parmi lesquels six animaux seront âges de plus d un an. Concours ouvert jusqu'au 1- décembre 1885. - Prix : i5«o franco. 10' — 18Î4 — Multiplication en France, à 1 état sauvage (dans ,.n .ranrl parc clos de murs ou en forêt), du Cerf axis {Cervus axis), du Cerf des Moluques {Cervus Moluccemis) ou d'une autre espèce de taille moyenne. ,. . ,. -j • --.a On devra faire constater la présence de dix nidividus au moms, ne. a l'état de liberté, parmi lesquels six animaux seront âges de plus d un an. (Icours ouv'ert jusqu'au 1" décembre 1885.- Paix : .•«• rra«e«. i 10 _ fl§î4 — Multiplication en France, à l'état sauvage (dans un grand parc clos de murs ou en forêt), du Cerf-Cochon {Cervus norcmîts) ou d'une autre espèce analogue. _ _ On devra faire constater la présence de dix individus au moms, nés a réuvt de liberté, parmi lesquels six animaux seront âges de plus d un an. iïincotirs ouv;i' jusqu'au 1- décembre 1885.- Prix : 5«« rra„c«. 19. _ 1§Î4 — Multiplication en France, à l'état sauvage (dans un grand parc dos de murs ou en forêt), du Cerf Pudu {Cervus Pu(lu) ou d'une espèce analogue. ^ ^ On devra faire constater la présence de dix individus au moins, nés a rélat de lilierté, parmi lesquels six animaux seront âges de plus d un an. Concours ouv;rt jusqu'au le^ décembre 1885. - Paix : 5«o n-anc^. 13. _ i§74 — Multiplication en France, à l'état sauvage (dans „n -rand parc clos de murs ou en forêt), de l'Antilope Canna {Bos r./«»/(usOreas) ou d'une autre grande espèce. ^ On devra faire constater la présence de dix individus au moins, nés a l'rtPl de liberté, parmi lesquels six animaux seront âgés de plus d un an. Concours ouv;^ jusqu'au 1" décembre 1885.- Prix : .5«o n-anc. U» — 1874 — Multiplication en France, à l'état sauvage (dans ua apand parc clos de murs ou en forêt), de l'Antilope Nylgau {Por- taxpicta) ou d'une autre espèce de taille moyenne. ^ On devra faire constater la présence de dix individus au moins nés a rétâ de liberté, parmi lesquels six animaux seront âges de plus d un an. encours ouvert jusqu'au 1- décembre 1885.- Paix : t«o« n-anc^. jir.0 _ -1874 — Multiplication en France, à l'état sauvage (dans un grand parc clos de murs ou en forêt), d'Antilopes de petite ""on devra faire constater la présence de dix individus au moins, nés à l'éta de liberté, parmi lesquels six animaux seront âges de plus d un an. Concours ouv^rl jusqu'au i" décembre 1885. - Prix : 5«o n-anc. 150 _ 187». — Introduction en France de YHydropotes mermis ^^On'devrt'Ivt introd au moins trois couples de A', ou aan,. et faii^ constater que trois mois après leur importation, ces animaux sont .iins de bonnes conditions de santé. " ncours prorogé jusqu'au 1- décembre 1885. - Prix : 50« rranc. PROCÈS- VERBAL DE LA SÉANCE PUBLIQUE ANNUELLE. XXI 170 — 1873.— Multiplication en France de V Hydropotes inennis {Ke ou Chang.) On devra faire constater la présence de dix individus au moins âgés de plus d'un an et issus des reproducteurs importés. Concours prorogé jusqu'au 1^'' décembre 1885. — Prix : 1 000 frano^. \go — f S65. — Domestication en France du Castor, soit du Ca- nada, soit des bords du Rliône. On devra présenter au moins quatre individus mâles et femelles, né.s chez le propriétaire et âgés d'un an au moins. Concours prorogé jusqu'au l'^'' décembre 1885. — Prix : 500 rcanrf* — Le prix sera doublé si l'on présente des individus de seconde gêné ration. 49=" — 18 ÎS. — Multiplication en France, à l'état sauvage (dans un grand parc clos de murs ou en forêt), de Kangurous de grande espèce. On devra faire constater la présence de dix individus au moins, nés à l'état de liberté, parmi lesquels six animaux seront âgés de plus d'un an. Concours ouvert jusqu'au 1" décembre 1885. — Prix : «o«o francs. 20° — ISIS. — Multiplication en France, à l'état sauvage (dans un grand parc clos de murs ou en forêt), de Kangurous de petite taille. On devra faire constater la présence de dix individus au moins, nés l'état de liberté, parmi lesquels six animaux seront âgés de plus d'un ai Concours ouvert jusqu'au 1" décembre 1885. — Prix : 500 francs. 21° — 188*î. — Multiplication en France du Lapin géant des Flandres, à oreilles droites. On devra présenter 5 mâles et 5 femelles adultes, nés chez l'éleveur du poids moyen de 8 kilogrammes. Concours ouvert jusqu'au 1^'' décembre 1885. — Prix : 300 francs. 522° — 1882. — Alimentation du bétail par le Téosinté (Beana luxurians). On devra présenter un compte établissant le rendement obtenu, en poids, d'une plantation de Téosinté couvrant au moins 25 ares et fournir des renseignements circonstanciés sur les avantages ou les inconvénients que présente ce mode d'alimentation pour le bétail. Concours ouvert jusqu'au 1" décembre 1885. — Prix : 300 francs. 23° — 1882. — Alimentation des animaux par le Soya. On devra fournir des renseignements circonstanciés sur les avantages ou les inconvénients que présente ce mode d'alimentation pour les ani- maux soit à l'état vert, soit à l'état sec. Concours ouvert jusqu'au !'=■■ décembre 1885. — Prix: 300 francs. XXII SOCIÉTÉ NATIONALE D'ACCLIMATATION. DEUXIÈME SECTION. — OISEAUX \o — ijii64. — Introduction d'espèces nouvelles. Il pourra être accordé, dans chaque section, des primes d'une valeur de 200 à 500 francs à toute personne ayant introduit quelque espèce nouvelle utile ou ornementale d'un réel intérêt. 2» — 1875. — Un prix de 500 francs sera accordé à l'inventeur d'un genre de nourriture artificielle ou composition pouvant rem- placer partout et à un prix modéré les œufs de fourmis (nymphes et larves), pour l'élevage des Perdrix et des Faisans. On devra justifier du plein succès du procédé et livrer ce genre de nour- riture à un prix qui ne sera pas plus élevé que celui des œufs de fourmis. Concours ouvert jusqu'au l*"" décembre 1885. — Prix : 5oo francs. 30 — 1S64. — Introduction et acclimatation d'un nouveau gibier pris dans la classe des Oiseaux. Sont exceptées les espèces qui pourraient ravager les cultures. On devra présenter plusieurs sujets vivants de seconde génération. Concours prorogé jusqu'au 1" décembre 1885. — Prix : 5. SÉRICICULTURE 3" — 1881. — Acclimatation et multiplication soutenue pen- dant trois années au moins, en France ou en Algérie, d'une nouvelle espèce de Ver à soie produisant de la soie bonne à dévider ou à carder pour employer industriellement. Le prix ne sera accordé que sur preuve d'une production annuelle de trois mille cocons au moins. Concours ouvert jusqu'au l"" décembre 1885. — Paix : looo francs. ■4° — 1881. — Application industrielle de la soie de VAl- tacus Cynthia vera, Ver à soie de l'Ailante. On devra présenter plusieurs coupes d'étoffe formant ensemble au moins 50 mètres, et fabriquées avec la soie dévidée en fils continus de VAttacus Cynthia et sans aucun mélange d'autres matières. Les tissus de bourre de soie sont hors de concours . Concours ouvert jusqu'au 1" décembre 1885. — Prix : looo francs. 5'' — 1878. — Encouragement, en France, à un établissement industriel pouvant livrer à la consommation, et prêtes à être tissées des soies grèges ou des filoselles des cocons d'une des espèces ci- après désignées : Attaciis Yama-mai, Pernyi, Cynthia, Cecropia, Polyphe- miis, etc., espèces qui ont déjcà été l'objet d'éducations en France sur une échelle plus ou moins étendue. Concours'ouvert jusqu'au !'■' décembre 1885, — Prix : «ooo francs. 6" — 1817. — Vers à soie du Mûrier. — Études théoriques et pratiques sur les diverses maladies qai les atteignent. Les auteurs devront, autant que possible, étudier monographiquement une ou plusieurs des maladies qui atteignent les Vers à soie, en préciser les symptômes, faire connaître les altérations organicfues qu'elles entraînent, étudier expérimentalement les causes qui leur donnent naissance et les meilleurs moyens à employer pour les combattre. Concours ouvert jusqu'au 1" décembre 1885. — Prix : «ooo francs. 7" — 1870. — Vers à soie du Mûrier. — Production dans le nord PROCÈS-VERBAL DE LA SEANCE PUBLIQUE ANNUELLE. XXIX de la France de la graine de Vers à soie de races européennes par de petites éducations. Considérant l'intérêt qu'il y aurait à encourager la production de la graine saine des Vers à soie du Mûrier de races européennes, les prix sont institués pour récompenser dans les bassins de la Seine, de la Somme, de la Meuse, du Rhin, ainsi que dans la portion sep- tentrionale du bassin de la Loire, les petites éducations qui permet- tront de mettre au grainagedes cocons provenant d'éducations dans lesquelles aucune maladie des Vers n'aura été constatée. La Société n'admettra au concours du grainage que les graines de Vers à soie de races européennes. Elle ne primera aucune éducation portant sur plus de 30 grammes de graine pour une môme habitation. Mise au grainage de plus de 50 kilogrammes de cocons : Deux Prix de 500 francs chacun. Mise au grainage de 25 à 50 kilogrammes de cocons : Deux Prix de 230 francs chacun. Mise au grainage de 10 à 25 kilogrammes de cocons : Quatre Prix de 150 francs chacun. Mise au grainage de 5 à 10 kilogrammes de cocons : Dix Prix de iOO francs chacun. Ces primes seront distribuées chaque année, s'il y a /^m, jusqu'en 1885, Les concurrents devront (cette condition est de rigueur) se faire con- naître en temps utile, afin que la Société puisse faire suivre par ses dé- légués la marche des éducations et eu constater les résultats. APICULTURE 8" — 1870. — Etudes théoriques et pratiques sur les diverses maladies qui atteignent les Abeilles, et principalement sur la loque ou pourriture du couvain. Les auteurs devront, autant que possible, en préciser les sym- ptômes, indiquer les altérations organiques qu'elle entraîne, étudier expérimentalement les causes qui la produisent et les meilleurs moyens à employer pour la combattre. Concours ouvert jusqu'au 1'"' décembre 1885. — Prix : 5oo francs. 9" — 1870. — Propagation en France de l'Abeille égyptienne [Apis fasciata). On devra justifier de la possession de six colonies vivant chez le pro- priétaire depuis au moins deux ans, en bon état, sans dégénérescence ni hybridation, et de six bons essaims de l'année parfaitement purs, prove- nant des ruches mères ci-dessus désignées. Concours ouvert jusqu'au 1" décembre 1885. — Prix : 500 franc»*. 10" — 1870. — Introduction en France d'une Mélipone ou Tri- gone (Abeille sans aiguillon) américaine, australienne ou africaine. Présenter une colonie vivant depuis deux ans chez le propriétaire. Concours ouvert jusqu'au 1" décembre 1885. — Prix : soo francs. XXX SOCIÉTÉ NATIONALE d' ACCLIMATATION. CINQUIÈME SECTION. — VÉGÉTAUX. 1° — 1S64. — Introduction d'espèces nouvelles. 11 pourra être accordé, dans chaque section, des primes d'une valeur de 200 à 500 francs à toute personne ayant introduit quelque espèce nouvelle utile ou ornementale d'un réel intérêt. 2° — 1873. — Plantes de pleine terre utiles et d'ornement, in- troduites en Europe dans ces dix dernières années. Les auteurs devront indiquer dans un livre, ou dans un mémoire étendu, les usages divers de ces plantes, leur pays d'origine, la date de leur in- troduction, la manière de les cultiver; les décrire et désigner les diffé- rentes variétés obtenues depuis leur importation, ainsi que les différents noms sous lesquels ces végétaux sont connus. En d'autres termes, les ouvrages présentés au concours devront pouvoir servir de guide pratique pour la culture des plantes d'importation nouvelle ; les ouvrages (manuscrits ou imprimés) devront être remis à la Société avant le 1" décembre. Concours prorogé jusqu'au 1" décembre 1885. — Prix : so© francs. 3» — 1866. — Introduction en France et mise en grande cul- ture d'une plante nouvelle pouvant être utilisée pour la nourriture des bestiaux. Concours prorogé jusqu'au 1" décembre 1885. — l*"" Prix : 500 francs. — 2* Prix : 300 francs. i" — 1881. — Introduction en France d'une espèce végétale méritante propre à être employée utilement pour l'alimentation de l'homme, ou utilisable dans l'industrie ou en médecine. On devra justifier des qualités de la plante introduite, et prouver qu'elle a été cultivée en pleine terre, durant trois années au moins. Concours ouvert jusqu'au 1" décembre 1885. — Prix : so© francs. 5» _ 1880. — Prix de 200 francs, fondé par m. GODEFROY-LEBŒVF. Un prix de 200 francs sera décerné à la personne qui présentera un double décalitre de graines à' Elœococca vernicia récoltées sur des plantes cultivées à l'air libre, en Europe ou en Algérie, sans autres abris que les rangées d'arbres nécessaires à leur protection dans le jeune âge (comme au Se-tchuen). Concours ouvert jusqu'au l*"" décembre 1890. — • Prix : «oo francs. 6° — 1870. — Utilisation industrielle du Lo-za {Rhanmus utilis) qui produit le vert de Cliine. On devra fournir à la Société, sous réserve des droits de propriété, les documents relatifs aux méthodes et procédés employés. On devra également présenter des spécimens d'étoffes teintes en France avec les produits du Lo-za préparés en France. Concours ouvert jusqu'au 1*'' décembre 1885. -^ Prix: 5©o francs. PROCÈS-VERBAL DE LA SÉANCE PUBLIQUE ANNUELLE. XXXI 70 — 1881, — Utilisation industrielle de l'Ortie de Chine, ré- coltée en France ou en Algérie {Bœhmeria utilis, tenacissima,eic.). On devra fournir à la Société, sous réserve des droits de propriété, les documents relatifs aux méthodes et procédés employés. Concours ouvert jusqu'au 1" décemhre 1885. — Prix : 500 francs. go — 1881. — Introduction et culture en France du Noyer d'Amérique [Carija alba), connu aux États-Unis sous le nom de Hickory (bois employé dans la construction des voilures légères). On devra justifier de la plantation sur un demi-hectare de Noyers d'A- mérique ou de la possession de 500 arbres hauts de l'",50 au moins. Concours ouvei^t jusqu'au l'^'' décembre i885. — Prix : 5oo francs. 90 — 1881. — Introduction et culture pendant deux années successives d'une Igname (Dioscorea) joignant à sa qualité supé- rieure un arrachage facile. Concours ouvert jusqu'au 1" décembre 1885. — l'"' Prix : eoo francs. — 2*= Prix : 400 francs. 40" — 1870. — Culture du Bambou dans le centre elle nord de la France. Le prix sera accordé à celui qui aura : 1» Cultivé avec succès le Bambou pendant plus de cinq années, et dont les cultures couvriront, au moins pendant les dernières années, un demi- hectare ; 2° Exploité industriellement ses cultures de Bambou. Concours ouvert jusqu'au i" décembre 1885. Deux Prix de ioo« francs chacun. Il» — 1873. — Culture de VEucalyptus en Algérie. Le prix sera accordé à celui qui aura : 1" Cultivé avec succès VEucalyptus pendant plus de cinq années et dont les cultures couvriront au moins, pendant les dernières années, 8 hectares; 2» Exploité industriellement ses cultures à' Eucalyptus . Concours ouvert jusqu'au 1" décembre 1885. — Prix : «000 francs. 1^)0 — 1873. — Culture de VEucalyptus en France et particu- lièrement en Corse. Le prix sera accordé à celui qui aura : 1° Cultivé avec succès VEucalyptus pendant plus de cinq années et dont les cultures couvriront au moins, pendant les dernières années, 2 hectares; 2° Exploité industriellement ses cultures ^'Eucalyptus. Concours ouvert jusqu'au l'"' décembre 1885. — Prix : 1000 francs. 13° — 1876. — Guide théorique et pratique de la culture de VEucalyptus. Les auteurs devront surtout étudier, en s'appuyant sur des expériences, et comparativement, quelles sont les espèces d'Eucalyptus qui peuvent être cnhivccs sous les divers climats; faire connaître la nature du sol qui leur convient, les soins spéciaux de culture (jue chaque espèce exige, le degré de froid auquel elle résiste et leur valeur relative. Concours ouvert jusqu'au i"^ décembre 1885. — Prix: soo francs. XXXII SOCIÉTÉ NATIONALE d' ACCLIMATATION. 140 __ 1876. — Culture du Jaborandi {Pilocarpus pinnatus' en France ou en Algérie. Le prix sera décerné à celui qui aura : 1° Cultivé avec succès le Jaborandi pendant plus de cinq années et dont les cultures couvriront, au moins pendant les dernières années, un demi-hectare ; 2° Exploité commercialement ses cultures de Jaborandi. Concours ouvert jusqu'au l^-^ décembre 1885. — Prix : 500 francs. 150 _ 1879. — Reboisement des terrains en pente par l'Ailante. Considérant que l'Ailante s'accommode facilement de tous les sols , que Ites troupeaux ne touchent ni à ses feuilles ni à son écorce, et qu'il serait par conséquent essentiellement propre au reboisement de certams terrains pauvres servant actuellement de pâture, la Société institue un prix de 1000 francs, qui sera décerné à la personne ou à la commune qui, en France, justifiera de la plantation de 5 hectares de cette essence. Les concurrents devront établir que le reboisement est fait depuis plus de cinq ans. Concours ouvert jusqu'au 1-' décembre 1890. —Prix : loo© n-ancs. 150 _ 1882, — Alimentation du bétail par le Téosinté {Reana luxuvians.) On devra présenter un compte établissant le rendement obtenu, en poids d'une plantation de Téosinté couvrant au moins 25 ares et fournir des renseignements circonstanciés sur les avantages ou les inconvénients que présente ce mode d'alimentation pour le bétail. Concours ouvert jusqu'au 1" décembre 1885.— Prix : »oo francs. 170 _ 1S82. — Alimentation des animaux par le Soya. On devra fournir des renseignements circonstanciés sur les avantages ou les inconvénients que présente ce mode d'alimentation pour les ani- maux, soit à l'état vert, soit à l'état sec. Concours ouvert jusqu'au 1" décembre 1885. — Prix : soo francs. 18o_ 1SS2. —Jardin fruitier exotique en Algérie ou sur le littoral méditerranéen français. On devra faire connaître les espèces et les variétés d'arbres fruitiers exotiques entretenues, indiquer la date des plantations, la nature du sol, et les précautions prises pour assurer le succès de la plantation. Ce travail devra faire connaître les variétés les plus recoinmandables pour la localité où l'expérience aura été faite. Concours ouvert jusqu'au 1=' décembre 1895. — Prix : 500 francs. SUR LA NOUVELLE VACCINATION Par M. BOUIjEY, iuembre do l'instidit, Président. Mesdames, Messieurs, Je vous demande la permission de vous parler assis, car cette lumière de la rampe, dont j'ai si peu l'habitude, m'of- iusque tellement les yeux quand je suis debout qu'elle m'em- pêcherait de suivre le cours de mes idées. Au moment où j'ouvre cette séance, j'ai le regret d'avoir à constater que notre Bureau n'est pas au complet : un vide existe dans nos rangs, mais je me hâte d'ajouter qu'il ne sera que momentané. Noire affectionné secrétaire général, M. Al- bert Geoffroy Saint-Hilaire, s'est trouvé empêché de se rendre aujourd'hui parmi nous par une maladie de poitrine qu'il a xîontractée dans son dernier voyage. C'est peut-être la pre- mière fois, depuis les vingt-huit ans que la Société est fon- dée, que M. Albert Geoffroy Saint-Hilaire manque d'assister à Ja séance publique annuelle et de rendre compte des travaux de la Société. Il s'est toujours appliqué à cette tâche, — on peut dire, — avec une piété toute filiale ; car la Société d'Ac- climatation est l'œuvre de son illustre père, Isidore Geoffroy Saint-Hilaire, et il a voulu lui faire produire tous les fruits dont elle contenait les germes, dès l'heure même de sa fonda- tion. M. Albert Geoffroy Saint-Hilaire a appliqué toutce qu'il a d'intelligence, de science, d'activité et de dévouement, à la réussite complète de cette œuvre de son père, et les résultats témoignent combien ses efforts ont été féconds. Je suis heu- reux de lui en exprimer ici notre reconnaissance, et je le fais en termes d'autant plus chaleureux que, lui absent, je ne mets pas sa modestie à l'épreuve. Mais je reste dans les limites de la vérité en lui adressant ces éloges, auxquels l'assemblée 3° SÉRIE, T. IX — Séance publique annuelle. c XXXIV SOCIÉTÉ NATIONALE d' ACCLIMATATION. tout entière s'associera, j'en suis sûr, et qui lui seront une consolation des regrets qu'il doit éprouver de ne pouvoir prendre aujourd'hui la place qu'il occupe si dignement et si utilement. {Applaudissements.) Mesdames et Messieurs, la Société d'Acclimatation a der- rière elle un passé déjà long, — vingt-huit ans, — parfaite- ment rempli, et par des recherches scientifiques, et par d'excellents mémoires, et par des applications d'une grande utilité, soit à Tagriculture, soit à l'horticulture. Je m'étais proposé d'abord d'inaugurer ma prise de possession du fau- teuil présidentiel, auquel vos suffrages m'ont appelé, en vous présentant un aperçu sommaire des résultats principaux qu'ont produits les efforts des membres de la Société, depuis son origine. Mais, au dernier moment, une circonstance est intervenue, qui m'a obligé à changer le plan d'exposition que j'avais arrêté. Il est d'usage, dans les séances annuelles de la Société, qu'une communication lui soit faite sur une des questions nombreuses qui rentrent dans les choses de sa compétence. Cette année, nous devions entendre la femme d'un voyageur nous faire le récit des événements, des épi- sodes, des aventures dont elle avait été le témoin dans les excursions où elle a accompagné son mari. Au dernier mo- ment, nous avons été prévenus qu'une circonstance majeure appelait en Hongrie le couple voyageur, et que nous n'avions plus à compter sur eux. En cet état de cause, je me suis fait un devoir de substituer, à la lecture qui devait vous être faite, l'exposé d'une question qui présentât assez d'intérêt pour que l'assemblée tout entière s'y attachât; et j'ai choisi pour thème, — dussé-je être accusé de redites, — l'une des plus grandes découvertes qui aient été faites dans la science médicale depuis l'origine de la médecine, c'est-£>-dire depuis plus de trois mille ans. Je veux parler de la découverte de la nouvelle méthode de vaccination, en prenant pour vaccin le virus lui- même ; c'est-à-dire l'agent de la transmission de la maladie dont on veut préserver. Afm de circonscrire ce sujet si vaste, je prendrai pour type des maladies vaccinables celle qu'on appelle le charbon, qui s'attaque aux moutons, aux bœufs ^ SUR LA NOUVELLE VACCINATION. XXXV aux chevaux, qui peut s'attaquer à l'homme lui-même, et constitue pour l'agriculture l'un de ses plus terribles fléaux. Cette découverte, on peut l'affirmer, marquera parmi les grandes de ce siècle, de ce siècle « si fertile en miracles » ; et je prends ici le mot dans son sens étymologique : miracle dérive de mirari, admirer. Les miracles que j'ai en vue, — quand je parle de ceux de ce siècle, — sont les choses merveil'euses que la science a découvertes, et dont elle a établi les lois; ce sont les grandes conquêtes qu'elle a faites pour le bien de l'humanité. C'est parmi ces miracles-là que doit être rangée la découverte de la vaccination par les virus atténués. Les autres miracles ou prétendus tels, dont il est trop souvent parlé, ne sont pas de ma compétence, et je n'ai pas à m'en occuper ici. La question de la vaccination contre le charbon a préoccupé l'opinion publique depuis quelques années, grâce aux com- munications nombreuses dont elle a été l'objet devant les Sociétés savantes ; grâce aussi aux nombreux articles qui lui ont été consacrés dans les journaux scientifiques et même politiques. Mais les personnes qui sont étrangères aux choses de la médecine sont forcées, à vrai dire, d'admirer sur parole. Quand on n'a pas été déterminé à faire une étude spéciale des choses et qu'on n'a pas pu s'en faire une idée par une repré- sentation figurée, il est bien difdcile de s'en rendre compte d'après une description écrite ou une relation orale. Mais je me propose, dans cette séance, de me servir delà figuration des objets pour aider à l'intelligence du sujet que je vais exposer, et j'espère que, grâce à cet intermédiaire néces- saire, je pourrai réussir à vous donner la satisfaction de com- prendre cette merveille de la science moderne, que l'on ap- pelle la vaccination contre le charbon. J'entre en matière sans autre préambule. Qu'est-ce que le charbon? lime faut procéder par défini- tions successives, pour que l'esprit de mes auditeurs puisse s'adapter à la compréhension des choses qui sont étrangères au plus grand nombre. Mais ne vous effrayez pas. Mesdames et Messieurs; je me garderai de tenter votre patience et sur- XXXVI SOCIÉTÉ NATIONALE d'ACCLIMATATION. tout de la lasser par de trop longs développeruents de patho- logie. Je ne dirai que ce qui est strictement nécessaire pour l'intelligence du sujet. Le chai'bon est une maladie qui doit son nom à la couleur noire que revêt le sang des animaux qui en sont affectés. C'est une maladie mortelle dans le plus grand nombre des cas, mais cependant à des degrés inégaux suivant les espèces. Dans l'espèce du mouton, autant d'animaux tou- chés, autant de morts. Parmi les bœufs, quelques-uns peu- vent échapper à la mort ; mais c'est la très grande exception, et cette exception est plus grande encore dans l'espèce cheva- line. Enfin l'homme lui-même est susceptible de contracter le charbon, par suite de ses rapports bien moins avec les ani- maux malades qu'avec leurs dépouilles ; mais, par une heu- reuse disposition de sa nature, le charbon qui lui est trans- mis ne se propage qu'avec une certaine lenteur du point où il est entré jusqu'à la circulation générale; en sorte qu'il est possible, en s'y prenant à temps et en l'attaquant surplace, de prévenir les accidents mortels qu'il est susceptible de causer. Mais, pour les animaux, les moutons surtout, c'est une autre affaire; le charbon une fois entré ne pardonne plus. Et, comme il y a des localités où il trouve les conditions de son développement dans des circonstances demeurées longtemps inconnues et aujourd'hui découvertes par la science, il fait de nombreuses victimes parmi les animaux de toutes espèces exposés à son influence; et ces victimes représentent une valeur perdue très considérable pour l'agriculture de la France, de l'Europe et de tous les pays du monde où le char- bon exerce ses ravages. Eh bien. Messieurs, cette maladie, mortelle dans de si fortes proportions pour les animaux de toutes les espèces susceptibles de la contracter, la science, — et c'est là la grande découverte, — a trouvé le moyen d'en faire une maladie bénigne, qui met les animaux auxquels on l'a transmise, par l'artifice d'une inoculation bienfaisante, à l'abri des atteintes de la maladie naturelle, c'est-à-dire de celle qui est toujours ou presque toujours mortelle. Comment est-on arrivé à un si merveilleux résultat? SUR LA NOUVELLE VACCINATION. XXXVII Je vais essayer de le faire comprendre. Je viens de me servir tout à l'heure du mot : inoculation. Quelle en est la signification? L'inoculation, c'est la très petite opération au moyen de laquelle on transmet, d'un sujet à un autre, le germe d'une maladie contagieuse, 11 sulTu de charger une lancette d'une parcelle de l'humeur qui contient ce germe, et, par la plus petite piqûre, on peut transmettre la maladie. L'inoculation peut être un moyen précieux de communi- quer, dans des conditions favorables, une maladie qui, con- tractée naturellement, peut être très redoutable : telle, par exemple, la variole humaine. Au siècle dernier, onavait intro- duit, la pratique de cette opération, justement pour diminuer les chances d'accidents que cette maladie entraîne trop com- munément à sa suite. L'observation ayant démontré que, généralement, cette maladie ne se gagne pas deux fois, et que, conséquemment, les chances sont acquises aux personnes qui l'ont eue pour qu'elles ne l'aient plus ; et, d'autre part, que la maladie trans- mise par l'artifice d'un coup de lancette se manifeste le plus souvent avec des caractères de plus grande bénignité que celle qui est contractée par l'accident d'un rapport avec des vario- leux, on avait eu recours à la piatique de l'inoculation pour donner une maladie relativement bénigne qui conférât aux personnes inoculées le bénéfice d'une immunité contre la maladie grave. Cette pratique avait fini par se répandre mal- gré les résistances nombreuses qu'on lui avait opposées, comme il arrive d'ordinaire pour les choses nouvelles. Une idée noiivelle ne peut se faire sa place dans les esprits qu'à la condition de déplacer celles qui les occupaient déjà, et ce détachement ne se fait pas toujours facilement parce qu'on répugne à considérer comme une erreur ce que l'on avait ac- cepté jusqu'alors comme une véiité. Mais l'inoculation de la variole avait le grave inconvénient, tout utile qu'elle fût et bienfaisante le plus souvent, qu'on n'était jamais sûr de ses suites. Le plus souvent, c'est la variole bénigne qu'elle produisait; mais, enfin, des chances existaient XXXVIIl SOCIETE NATIONALE D ACCLIMATATION. pour que le germe transmis par la lancette fut celui d'une va- riole grave. La mère qui livrait son enfant à l'inoculaleur avait toujours à redouter cette possibilité que la piqûre faite par la lancette ne fût « une porte ouverte à la mort ». Quel motif d'hésitation! L'inoculation, en définitive, impliquait un danger éventuel ; la piqûre de la lancette pouvait faire, de l'éventualité, l'événement réalisé dans les conditions les plus graves! D'autre part, la variole inoculée, quoiqu'elle revêtît une forme bénigne, était transmissible aux assistants des malades ; et ce n'était pas nécessairement sous sa forme bénigne qu'elle se transmettait. Elle était susceptible, une fois transmise, de revêtir ses formes les plus redoutables. L'inoculation variolique transformait donc chaque maison où elle était pratiquée en un foyer de contagion, d'où la ma- ladie pouvait irradier pour s'attaquer avec sévérité aux per- sonnes qui n'étaient pas prémunies contre ses coups, soit par une attaque antérieure, soit par l'inoculation. Ce qui rend la découverte de Jenner si grande et si bienfai- sante, c'est que la maladie qu'il a proposé d'inoculer à la place de la variole, et qui confère l'immunité contre celle-ci, n'est jamais mortelle comme celle-ci peut l'être éventuelle- ment, et qu'elle n'est pas transmissible, comme elle, par des rapports de cohabitation. Du même coup ont été supprimées les deux chances graves de l'inoculation variolique : la mort possible pour les sujets inoculés, et la contagion possible pour les assistants : contagion avec toutes ses chances graves ; et, du même coup, a été obtenu ce grand avantage que les sujets inoculés de la maladie nouvelle, la vaccine, se trou- . valent par ce fait mis à l'abri de la variole. C'est là ce qui constitue la grandeur de la découverte de Jenner, de cette découverte qui a été pour l'humanité le plus grand des bienfaits ; puisque, au siècle dernier, la part de la variole dans la mortalité générale s'élevait au dixième, et que aujourd'hui elle se trouve réduite au centième. Voilà ce qu'a produit la vaccination jennérienne, c'est-à- dire l'inoculation à l'espèce humaine de cette maladie bienfai- SUR LA NOUVELLE VACCINATIOM. XXXIX santé qu'on appelle la vaccine ; laquelle substituée à la variole donne, comme elle, l'immunité, mais n'est pas susceptible de causer la mort des sujets inoculés et de ceux qui les assistent. Grands résultats, dont les populations continueront à bénéfi- cier, quoi que puisse tenter contre la vaccine une ligue insensée ! Ces considérations préalables exposées, je veux maintenant appeler votre attention sur la pratique de l'inoculation em- ployée dans ces derniers temps pour mettre les troupeaux à l'abri des ravages du charbon. M. Pasteur, l'inventeur de cette méthode, lui a donné le nom de nouvelle vaccination, pour rendre hommage au génie de son grand prédécesseur ; mais la seule analogie qu'elles aient, est celle de leur but, qui est de prémunir les sujets inoculés contre les atteintes du mal, sous sa forme la plus grave. Mais en dehors de ce but com- mun, les deux méthodes sont essentiellement différentes. Jenner a fait une observation degénie, d'où il afait dériver sa méthode de substituer une maladie naturelle d'une extrême bénignité à une autre maladie naturelle d'une extrême gra- vité. M. Pasteur, lui, a créé une méthode de génie, qui consiste à transformer artificiellement l'agent d'une contagion mor- telle en agent d'une contagion bienfaisante, puisque la maladie qu'il donne est parfaitement supportée, et préserve le sujet qui l'a contractée contre les atteintes de la maladie- mortelle. Mais qu'est-ce qu'une contagion? Nous allons entrer. ici dans le cœur du sujet. On dit qu'une maladie est contagieuse, quand elle est susceptible d'être transmise d'un sujet à un autre de la même espèce ou d'espèce différente. On exprime ce fait, dans le langage ordinaire, en disant que la maladie secjafjne. C'est là le fait caractéristique de la contagion. Mais comment une maladie contagieuse se transmet-elle ou se gagne-1-elle ? De différentes manières. Par exemple, par l'inoculation dont je viens de parler. On peut transmettre une maladie contagieuse, en puisant sur un animal malade une matière qui renferme les germes de la maladie, et en intro- duisant cette matière, par une piqûre, dans la peau ou sous la peau d'un animal exempt de cette maladie. La particularité XL SOCIÉTÉ NATIONALE d'ACCLIMATATION. essentielle, sur laquelle je veux appeler immédiatement voVre attention, est celle-ci : à savoir que, pour produire les plus grands eftets par l'inoculation, il suffit d'une quantité infi- niment petite de la matière inoculée. Un exemple : les oiseaux de basse-cour sont souvent atteints d'une maladie qui possède des propriétés contagieuses excessives. Cette maladie, qui ra- vage les poulaillers et peut en détruire toute la population en quelques jours, est celle que l'on connaît sous le nom de choléra des oiseaux de basse-cour. Elle est prodigieusement contagieuse; il suffît, pour la transmettre, de tremper la pointe d'une aiguille dans le sang d'une poule malade; et, avec cette pointe à peine humide, sur laquelle on ne peut, même à la loupe, constater la présence de quelque chose, vous n'avez qu'à piquer une poule saine. Dans un délai très court, celle-ci tombe malade et ne tarde pas à mourir; et, en puisant dans sonsang, par le même procédé, une quantité inlinitésimale, on tue une nouvelle poule, et successivement ainsi; autant d'ino- culations, autant de morts fatales; et dans tous les cadavres, et dans chaque cadavre dans tous les tissus, vous pourrez constater la présence de l'élément contagieux, puisque, partout oïl vous puiserez la matière à inoculer, vous verrez son acti- vité virulente attestée par la mort qu'elle donnera aux animaux inoculés. D'où cette conclusion, qui est extrêmement intéressante au point de vue où je veux me placer et vous placer vous- mêmes, à savoir que la particule infiniment petite qui a été inoculée, est devenue, après l'inoculation, une quantité inli- niment grande, puisque l'élément contagieux se retrouve partout. Or quelle est la force qui, dans la nature, est sus- ceptible défaire sortir le nombre incommensurable de l'unité? Il n'y en a qu'une, c'est la force de la vie. C'est cette force,, qui donne lieu à la pullulation à l'inilni de l'infiniment petif^ et fait que la particule vivante, que l'on inocule à la pointe d'une aiguille, peut devenir le nombre infini par sa pullulation rapide. Ce que j'exprime ici par la parole, je peux vous en donner une idée objective, en faisant apparaître sous vos yeux, dans SUR LA NOUVELLE VACCINATION. XLI des proportions grossies, l'être iniiniment petit qui donne lieu à la transformation du vin en vinaigre. Yoici, projetée sur cette toile, la plante microscopique que l'on appelle le mycoderme du vinaigre : c'est celle qui est représentée à droite de la figure. Elle est formée d'une multitude de petits articles, légèrement étranglés en leur milieu, réunis en longs chapelets qui ici se sont enchevêtrés les uns dans les autres. Voulez-vous avoir une idée de !a pro- digieuse rapidité avec laquelle peut s'opérer la puUulalion de ces cellules vivantes ? Prenez une cuve d'un mètre carré de surface, contenant unliquideoù se trouvent les éléments de la formation de ces cellules: par exemple, de l'eau avec addition d'alcool, d'un peu de vinaigre, et de sels phosphatés alcalins; déposez à la surface de ce liquide une semence imperceptible XLII SOCIETE NATIONALE D ACCLIMATATION. du mycodcrme, et, dans l'espace de vingt-quatre à quarante - huit heures, cette semence aura été si féconde, elle se sera reproduite avec une telle rapidité, que toute la surface du li- quide sera recouverte d'un voile velouté uniforme, formé d'une multitude infinie de cellules, procédant par générations successives de la parcelle imperceptible ensemencée. Or, on a supputé que, chaque millimètre carré contenant trois cent mille cellules, il y en avait nécessairement trois milliards à la surface de la cuve ! Et pour cette énorme production, il n'a fallu que le temps si court de vingt-quatre à quarante-huit heures. Voilà, donnée par ce fait, une démonstration, que l'on peut dire objective, de ce que peut la force de la vie dans les infiniment petits. Eh bien, pour avoir une idée de la contagion, supposez qu'à côté de ce premier vase, où l'on a fait un premier ense- mencement d'une parcelle infiniment petite, on en ait placé un autre de même dimension renfermant le même liquide nutritif, et que ce deuxième soit ensemencé avec une parcelle imperceptible de la plante microscopique développée sur le premier, le même phénomène depuUulation prodigieusement rapide se produira, et, dans le même temps, le deuxième vase sera recouvert du même voile velouté, formé par la génération successive des cellules. Et, successivement ainsi, pour un troi- sième, pour un quatrième vase, pour un cinquième, pour un vingtième, pour un centième, etc., etc. Eh bien, vous avez là un exemple frappant, et parfaitement fidèle, de ce que l'on appelle une contagion. Ce qui se produit dans les vases, sous l'œil de l'observateur, ce qu'il peut voir suivre, en augmentantparle microscope sa faculté visuelle, c'est •ce qui se produit, quand le germe d'une maladie contagieuse a été introduit, par une inoculation, dans le corps d'un animal ou d'un homme. Identité des phénomènes. Reprenons mainte- nant cette maladie des oiseaux de basse-cour que l'onappelle le choléra des poules. Par quoi cette maladie est-elle causée? Par un microbe d'une infinie petitesse, que je vais faire appa- raître à vos yeux. On a adoptéce nom très commode de microbe SUR LA NOUVELLE VACCINATION. XLIII pour désigner les êtres du monde des infiniment petits, qui sont les agents d'un certain nombre de maladies contagieuses. tlic//i/.fr se Voici, projetée sur le tableau, une figure qui représente le sang d'une poule moite de la maladie que l'on appelle le choléra de la volaille. Vous y voyez de gros corps ovalaires, avec un noyau central de même forme. C'est ce que l'on ap- pelle les globules du sang, qui affectent cette forme chez les oiseaux, tandis que, dans les mammifères, nous le verrons tout à l'heure, ces globules sont arrondis. Fixez votre atten- tion, maintenant, sur les espaces laissés libres entre les glo- bules : vous y voyez de très petits articles, légèrement étranglés, rappelant un peu la forme du 8. Ce sont les germes de la maladie du choléra. Voulez-vous avoir une idée de leur XLIV SOCIÉTÉ NATIONALE d'ACCLIMATATION. extrême ténuité ? Voyez combien leur volume est inférieur à celui des globules du sang, que la figure représente si gros. Eh bien, il a été calculé qu'un millimètre cube contenait cinq millions de ces globules. Un millimètre cube ! Figurez-vous bien ce que c'est qu'un millimètre cube, c'est-à-dire une ca- pacité ayant un millimètre de côté ! Combien prodigieuse doit être la petitesse de ces globules, dont il faut cinq millions pour remplir une capacité d'un millimètre de côté! Eh bien, ces corps, si infiniment petits, sont cependant d'une remar- quable grosseur, comparés à ces microbes à double granu- lation qui leur sont associés sur le champ du microscope, et qui sont vus au même grossissement que les globules. Cette comparaison peut vous faire concevoir une idée de ce qu'il y a d'infini dans leur petitesse. Ce sont les germes du choléra; ils sont au corps de la poule à laquelle on les inocule, ce que sont les cellules du myco- derme au vase rempli d'un liquide de culture appropriée, dans lequel on les ensemence. Chaque vase que l'on ense- mence, j'allais dire que l'on inocule, peut être comparé à un animal que l'on inocule, j'allais dire que l'on ensemence. Dans l'un et l'autre cas, la particule vivante trouve les éléments de sa pullulation dans le milieu où on la place. Le mycoderme épuise, pour les manifestations de sa vie, le liquide nutritif sur lequel il pullule et en change la nature. Le microbe du choléra épuise, pour les manifestations de sa vie, le sang de la poule, dans lequel il pullule, et il en change la nature. Identité des phénomènes, on le voit. La contagion n'est donc pas autre chose que la pullulation à l'infini d'un germe de maladie, introduit, par une voie ou par une autre, dans le corps d'un animal. La loi s'applique, bien entendu, à l'espèce humaine. La preuve que le microbe à double granulation que l'on voit interposé entre les globules, dans le sang d'une poule morte du choléra, est bien le germe de cette maladie, c'est qu'il a été possible de le distraire du sang, de le cultiver à part dans des liquides spéciaux, tels que le bouillon de poule, de l'y faire pulluler comme dans le sang vivant, et de le voir SUR L\ NOUVELLE VACCINATION. XLV se reproduire dans une série indcfmie de vases, qu'on ense- mence successivement, comme on fait pour lemycoderme du vinaigre ; et ce microbe, cultivé en dehors du corps vivant, conserve si bien toutes ses propriétés, même après un nombre infini de générations successives en dehors du corps vivant, que, si on le puise dans un liquide de culture, avec la pointe d'une lancette, et si on l'inocule aune poule en santé, il va pulluler dans le sang de cette poule, et donner lieu immédia- tement à la maladie mortelle, le choléra, qui est l'expression de cette puUulation. Rien de plus démonstratif que celte ex- périence, pour éclairer la nature de la contagion. Il faut, pour bien comprendre tout ce qu'il y a de merveilleux dans cette découverte de la science expérimentale, se reporter au temps bien peu éloigné de nous, où l'on ne connaissait de la con- tagion que sa caractéristique tout extérieure, c'est-à-dire le passage d'une maladie d'un animal à un autre. On savait qu'il y avait des maladies qui se gagnaient ; et encore n'étail-on pas toujours d'accord sur ce point essentiel, les uns soutenant que telle maladie était contagieuse, et les autres qu'elle ne l'était pas. Mais, même quand le fait de la contagion n'était pas contesté, que savait-on de la condition nécessaire pour qu'elle s'opérât,et des phénomènes qui se produisaient, quand cette condition était réalisée? Bien peu de chose. On savait que des maladies se transmettaient au contact; on savait que d'autres pouvaient se transmettre à distance, c'est-à-dire sans que le contact lût nécessaire. Mais comment? Qu'est-ce qui passait du corps de l'animal malade dans celui de l'animal sain? Et comment agissait ce quelque chose inconnu dont on admettait l'existence, cet agent subtil soupçonné, mais qui, jusque dans ces dernières années, avait échappe à toutes les recherches? Sur ces points l'obscurité était profonde, la con- tagion était demeurée une véritable énigme. J'en puis té- moigner, moi qui ai vieilli sous le harnois professoral, et qui, si souvent et avec tant d'autres, ai passé devant le sphinx, sans que son secret lui ait été arraché. Aujourd'hui le mot de cette énigme est trouvé : la maladie contagieuse est la maladie dé- terminée par la puUulation, dans le corps de l'animal qui en XLVI SOCIÉTÉ NATIONALE D ACCLIMATATION. est alleint, d'un êlre infiniment petit, spécial pour chaque maladie. La contagion; c'est-à-dire la transmission de cette maladie, résulte du passage, du corps d'un animal malade dans celui d'un animal sain, d'une des unités de la myriade des infiniment petits qui pullulent dans le premier. La science expérimentale a mis ce fait en pleine évidence. Pour un certain nombre de maladies déjà, elle a réussi à dis- tinguer le microbe qui est propre à chacune ; puis elle en a fait la culture en dehors du corps, comme on fait d'une plante dans un vase; elle l'a vu se multiplier sous ses yeux, et elle a démontré, qu'après des générations successives, en nombre qu'on peut dire indéfini, dans des vases de culture, ce mi- crobe conservait toujours son activité, qu'il manifestait quand on l'inoculait à un animal propre à lui servir de milieu de culture par ses effets mortels, c'est-à-dire par sa puUu- lation infinie dans son sang ; car la maladie contagieuse, ne l'oublions pas, n'est rien autre chose que l'expression de la multiplication, dans le corps de l'animal infesté, du germe, de l'élément vivant, propre à cette maladie, et qui la constitue essentiellement. Nous touchons ici à la grande découverte de la nouvelle vaccination. Le choléra des poules dépend d'un microbe spécial, que j'ai fait apparaître tout à l'heure à vos yeux par sa projection sur le tableau. Ce microbe peut être cultivé artificiellement dans un liquide propre à sa nutrition et à sa reproduction, comme le mycoderme du vinaigre qui, en vingt-quatre heures, couvre de trois milliards de cellules vivantes le liquide d'un vase d'un mètre carré, à la surface duquel on en a semé une particule infinitésimale. Mais unmicrobe, quel qu'il soit, ne se multiplie dans un liquide de culture qu'autant qu'il y trouve les éléments nécessaires à sa composition ; et comme, à mesure qu'il s'y multiplie, il épuise ces éléments, un moment arrive où, forcément, la puUulation s'arrête. Car rien ne se crée; le microbe n'engendre de nouveaux microbes qu'à la condition qu'il trouve dans le milieu où il vit les éléments de nouvelles formations. Quand un vase contenant un liquide de culture SUR LA NOUVELLE VACCINATION. XLVII propre à l'entretien de la vie des microbes est épuisé des élé- ments nécessaires à leur pulliilation, cette pullulation s'ar- rête ; mais ces microbes continuent à vivre, en puissance de toute leur activité, pendant un certain temps. Voilà le fait général. Bornons maintenant les considérations que nous allons exposer au microbe du choléra des poules. Si, alors que ce microbe ne peut plus se multiplier dans son liquide de culture, faute de la matière nécessaire pour la constitution de générations nouvelles, on le laisse exposé au contact de Vair pur, — ce que l'on obtient par un dispositif d'appareil de filtration, que je dois me borner à signaler ici, sans le décrire, — dans ce cas, au bout de quelques semaines, on voit se produire un phénomène des plus importants : ce microbe du choléra, qui est doué d'une si prodigieuse acti- vité qu'il tue impitoyablement, aux doses les plus infinité- simales, toutes les poules auxquelles on l'inocule, eh bien, il est devenu différent de lui-même; il s'est adouci, il s'est amoindri ; disons le mot : il est dégénéré, et d'autant plus qu'il a subi plus longtemps le contact de l'air. Et on peut me- surer son activité diminuée, par le nombre moindre des poules qu'il frappe de mort quand on le leur inocule. Prenons des chiffres arbitraires pour bien faire comprendre le phéno- mène. Dans un premier essai, on pourra constater, par exemple, que le microbe du choléra ou, autrement dit, le virus de cette maladie — car c'est tout un — au lieu de tuer 100 poules sur 100, n'en tuera plus que 90. Puis, un plus long temps écoulé de son exposition au contact de l'air pur, gra- duellement le nombre des victimes qu'il sera susceptible de faire diminuera ; on verra la mortalité se réduire à 80, à 70, à 50, à 30, à 20, à 10 pour 100, et, cela, proportionnelle- ment à la plus longue durée du temps où l'action de l'air aura pu se faire sentir. Enfin, un moment viendra où le virus affaibli ne pourra plus donner la mort et manifestera ce qui lui reste d'activité en déterminant sur l'animal inoculé une maladie sans gravité, bénigne comme on a l'habitude de dire dans le langage delà pathologie; mais qui, toute bénigne XLYIII SOCIÉTÉ NATIONALE d'ACCLIMATATION. qu'elle soit, a cette conséquence de rendre l'animal qui l'a éprouvée invulnérable, tout au moins pendant un certain temps, aux atteintes du virus qui aurait été infailliblement morlelpour lui si on le lui avait inoculé avant qu'il eût subi les effets du virus affaibli. C'est à cet heureux privilège que l'on donne le nom d' « immunité », du mot latin immunitas, qui \e\\l dire exemption. Quelle modification intime a éprouvée l'organisme d'un animal qui est doté de l'immunité, c'est-à- dire qui ne peut plus, au moins pendant un certain temps, contracter une nouvelle fois la maladie contagieuse dont il a subi les atteintes sous une forme légère ou grave? Cela est «ncore un mystère. Contentons-nous donc d'établir le fait, puisque, aussi bien, nous ne pouvons faire plus. .Quoi cju'il en soit, un grand, un merveilleux résultat vient d'être acquis par la science expérimentale. Elle a reconnu l'être infiniment petit, le microbe, d'où dépend la maladie, contagieuse par excellence, qu'on appelle le choléra des poules; ce microbe, elle l'a isolé du sang qui le tient en sus- pension, elle l'a soumis à une culture artificielle pour en étu- dier les caractères; puis en faisant agir sur ce microbe, dans son liquide de culture, l'influence modificatrice de l'air, elle est parvenue peu à peu à le destituer de l'excès de son activité de pullulation, qui est la condition pour qu'il tue, et à ne lui en laisser que juste ce qui est nécessaire pour que la maladie ciu'il reste capable de déterminer soit une maladie bénigne, conférant l'immunité. En un mot, la science expérimentale, dirigeant à sa volonté la force de la vie dans un microbe dont elle s'est emparée, a su, pour ainsi parler, l'assujettir et faire tourner îibien son activité malfaisante. En d'autres termes, d'un virus mortel elle a fait un vaccin. Yoilà la nouvelle vac- cination que nous devons au génie de M. Pasteur. (Applau- dissements.) Attendez! l'histoire de cette belle découverte n'est pas en- core complète. Nous venons de voir comment, en laissant agir l'air pur sur le liquide de culture où le microbe du cho- léra des poules a cessé de pulluler faute d'éléments nutritifs, ■on était parvenu à le dépouiller de son activité virulente SUR LA NOUVELLE VACCINATION. XLIX excessive et à le transformer en un agent bienfaisant, c'est-à- dire en vaccin contre lui-même. C'est, à vrai dire, une dégé- nérescence qu'on lui a infligée, puisqu'on l'a destitué de son activité naturelle. Eh bien, ce microbe dégénéré, si vous l'ensemencez dans un liquide de culture nouveau, où se trouvent tous les éléments de sa nutrition, il va pulluler; c'est-à-dire que des générations nouvelles vont se former, par additions successives et incessantes de nouveaux articles aux anciens; c'est comme un bourgeonnement continu : im bourgeon formé en crée un nouveau, et toujours ainsi. Mais ce microbe, dégénéré de son activité native, ne trans- met plus à ceux qui procèdent de lui qu'une activité atténuée, comme la sienne ; c'est-à-dire qu'il ne transmet qu'une acti- vité vaccinale. En sorte que la science a pu réaliser ce mer- veilleux résultat, de faiie des races dans le monde des infi- niment petits; c'est-à-dire de rendre transmissibles aux produits des modifications imprimées aux ascendants par l'artifice d'une culture méthodique : fait d'une grande im- portance au point de vue de la philosophie de la nature, et en même temps aussi au point de vue de l'application ; puis- que la science expérimentale peut mettre à la disposition de la pratique, ce que l'on peut appeler des races vaccinales de ce microbe du choléra des poules, si prodigieusement actif pour le mal quand il possède ses propriétés natives, qu'autant d'animaux auxquels il s'attaque, autant de morts. Certes, voilà un bien beau résultat ; mais ce n'est qu'une première étape. La méthode de l'atténuation des virus est créée ; nous allons lui voir donner immédiatement un nou- veau fruit — et bien plus beau. Une fois démontrée la possibilité d'atténuer lénergie du virus du choléra des poules ou, autrement dit, du microbe qui est l'agent exclusif de cette maladie, on s'est demandé si l'on ne pourrait pas, par le même artifice, arriver au même ré- sultat pour cette autre maladie qu'on appelle le charbon, qui fait tant de victimes parmi nos animaux domestiques et tout particulièrement parmi ceux de l'espèce ovine. Rien de plus légitime que cette déduction; car le charbon a son microbe T SÉRIE, T. IX. — Séance publique annuelle. d L SOCIETE NATIONALE D ACCLIMATATION. spécial, comme le choléra ; microbe qu'il est possible d'isoler du sang et d'étudier à part dans des liquides de culture. Je vais le faire apparaître à vos yeux par une projection, associé aux globules du sang entre lesquels il est interposé. Mais, comme ces globules sont modifiés dans l'état charbonneux, il faut d'abord que je vous les montre avec leur configuration naturelle. Yous les voyez, sur cette figure, sous forme de disques réguliers, formant des séries qui rappellent assez la disposi- tion de piles renversées de pièces de monnaie superposées par une partie de leurs surfaces. Ces globules, qui paraissent bruns ici, ont, normalement, une teinte rouge. Ils diffèrent, comme vous le voyez, — par leur forme circulaire, — des globules des oiseaux qui sont ovalaires. Voyons ce qu'ils deviennent dans le sang charbonneux. SUR LA NOUVELLE VACCINATION. LI t La projection d'une autre figure va vous les faire voir. ^.•c^f.f',.'-^. Remarquez qu'ils n'ont plus la disposition de tout à l'heure : au lieu de représenter des disques réguliers, indépendants et isolables les uns des autres, ils forment des amas à contours irréguliers, où ils paraissent et sont réellement agglutinés ensemble : ce quiôte au sang sa fluidité naturelle et lui doijne un aspect de poix fondue, signalé par tous les anciens observateurs. Regardez maintenant dans les espaces libres entre ces masses agglomérées, qu'y voyez-vous? Une multitude de petits corps filiformes, ayant l'apparence de petites baguettes ou,c|e bâtonnets sous le grossissement où on les montre. Les unes sont droites, les autres formées de deux fragments réunis et disposés angulairemcnt. Ces baguettes immobiles constituent LU SOCIÉTÉ NAT10>ALE d'ACCLIMATÂTION. le germe ou le microbe du charbon. On les désigne sous le nom de bactéridies, diminutif du radical bacterium, qui, en latin, veut dire « bâton ». Les baguettes du charbon, les bactéridies, se multiplient avec une très grande rapidité, par une sorte d'élongation : à une première s'en ajoute une deuxième ; à la deuxième une troisième, et successivement ainsi : et les baguettes ajoutées se séparent généralement de] leur souche ; d'où le nom de génération par fragmentation ou par scissiparité, que l'oa donne à ce mode de reproduction. La question était de savoir si, lorsque les bactéridies ont épuisé, comme le microbe du choléra des poules, les éléments nutritifs de leur liquide de culture et ont cessé de donner naissance à des formations Houtelles, l'action de l'air pur à laquelle on les soumettrait donnerait lieu au même résultat que pour les microbes dii choléra; c'est-à-dire à une atténuation de leur activité de puUulation, à laquelle est corrélative la gravité de la maladie qu'ils sont susceptibles de déterminer. L'expérience a semblé d'abord témoigner que l'air était sans action sur elles ; car l'inoculation des bactéridies puisées dans des liquides de cul- ture sur lesquels l'action de l'air pur s'était exercée, même pendant longtemps, les a fait voir tout aussi actives à produire un charbon mortel que si elles sortaient d'une culture toute récente. — D'où dépendait la différence de ces résultats? Il fallait le chercher et surtout le trouver. C'est ce qu'a fait M. Pasteur ; et ses recherches, vous allez le voir, l'ont conduit à une solution complète du problème qui se posait devant lui'. Tout le secret de la résistance apparente du microbe du charbon à l'action de l'air réside dans cette particularité que- ce microbe ou, autrement dit, la bactéridie, a deux modes de- reproduction : le premier par fractionnement ou scissiparité, qui consiste, comme je viens de le dire, dans l'addition suc- cessive d'une nouvelle baguette à celle qui existe déjà ; la pre- mière formée en engendrant une deuxième, celle-ci une troi- sième, et toujours ainsi indéfiniment, jusqu'à ce que le liquide de culture soit épuisé de ses éléments nutritifs. Mais il y a un autre mode de génération du microbe char- SUR LA NOUVELLE VACCINATION. LUI bonneux, quand il est cultivé, en dehors du corps, dans un milieu favorable. Dans ces conditions, les bactéridies pren- nent un autre aspect dont vous allez vous rendre compte par les projections que je vais vous faire faire devant vous. Considérons cette première figure : tout à l'heure, quand les bactéridies étaient dans le sang, associées à ses globules, elles se montraient sous la forme de petits fragments isolés ou réunis deux à deux. Voyez comme dans cette figure elles apparaissent grandies ; elles sont formées de plusieurs bâton- nets, continus les uns aux autres, et les longues baguettes qui résultent de celte continuité sont enchevêtrées les unes dans les autres. C'est que dans le milieu de culture où elles se sont développées, elles ont trouvé, en plus grande abon- dance que dans le sang, les éléments de leur nutrition; et LIV SOCIÉTÉ NATIONALE d' ACCLIMATATION. que, d'autre part, n'étant pas dans un milieu agité comme dans le torrent de la circulation , les nouvelles bactéridies, issues de celles qui les précèdent, ont pu leur rester continues. Mais ce n'est pas seulement par leur plus grand développe- ment que les bactéridies cultivées dans un liquide approprié à leur nutrition diffèrent de celles qu'on trouve dans le sang. Voyez-les sur cette nouvelle figure qui représente une cul- ture plus ancienne : elles offrent une disposition en chapelets, qui résulte de la présence dans leur corps de corpuscules, d'aspect brillant, placés à une certaine distance les ^uns des autres. Quelques-uns, vous le voyez, semblent libres. Quelle est la signification de ces corpuscules? La voici : ces corpuscules qui se forment dans les bactéridies en consti- SUR LA NOUVELLE VACCINATION. LY tuent à proprement parler les graines ou les œufs. Ils sont à celle espèce microscopique ce que la graine du ver à soie est à cet insecte. C'est par eux que le microbe du charbon se perpétue ; c'est en eux que réside le devenir de celle espèce. Or celte graine du microbe charbonneux, celte spore, comme on l'appelle, a une très grande ténacité de vie ; elle résiste à l'aclion de l'air et peut y résister des années ; et elle se forme très rapidement dans les bacléridies en culture. Au bout de 24 ou 48 h&ures, on peut constater leur présence dans le corps de ces bacléridies qui ne tardent pas à se dissoudre après la formation de ces spores, lesquelles alors deviennent libres et n'allendenl plus pour engendrer des bacléridies nouvelles que d'être placées dans un milieu favorable. C'est la rapide formation de ces spores dans les bacléridies mises en cullure qui est la condition pour que l'air, auquel on expose 4eurs liquides de cullure, n'exerce aucune action atténuante sm' les microbes qu'il tient en suspension. Ce microbe y révélant immédiatement la forme de spore de- meure inaltéré sous l'action de l'air, et la bacléridie qui en sort est en puissance de toute son activité de pullulalion à la- quelle est corrélative, il ne faut pas l'oublier, la malignité de la maladie qu'elle est susceptible d*engendrei% Il semblait donc?, d'après ce résultat, que le microbe charbonneux ne fût pas susceptible d'être transformé en vaccin. M. Pasteur y a réussi cependant. Comment? Par un procédé des plus ingénieux, qui lui a été inspiré par ure connaissance approfondie de la physiologie de la bacléridie charbonneuse. Celle bacléridie ou, si vous voulez, celle plante du monde microbien, ne se reproduit que dans des limites de tempéra- ture en-deçà et au delà desquelles d'abord elle reste stérile, puis ensuite elle cesse de vivre. Sans entrer ici dans des dé- tails inutiles à mon sujet, qu'il me suffise de dire que dans un liquide de culture élevé à la température de 42 à 43 degrés, la bacléridie peut encore se multiplier par fractionnement, c'est-à-dire par formation des baguettes successives, mais la facullé de former des spores est suspendue en elle. Eh bien, sous cet état, où on peut la maintenir indéfiniment, n' est-elle LVI SOCIETE NATIONALE D ACCLIMATATION. pas modifiable par l'action de Fair, comme le microbe du choléra, et n'est-il pas possible de diminuer, proportionnelle- ment à la durée de cette action, son activité de puUulation, à laquelle sa malignité virulente est corrélative? Voilà la ques- tion que M. Pasteur s'est posée; il l'a soumise au contrôle de l'expérience, et l'expérience a répondu : oui. Oui, si quand la bactéridie est devenue stérile, au point de vue de la formation des spores, par l'influence de la tempéraUire élevée du milieu où on la cultive, elle est soumise au contact de Tair pur, sa virulence, c'est-à-dire sa faculté de pullulla'lion, s'atténue proportionnellement à la durée de ce contact; et l'on peut avoir la mesure de cette atténuation par la décroissance gra- duelle des accidents mortels qu'elle est susceptibl-e de causer sur les animaux auxquels on l'inocule. Enfin on peut arriver au degré où la bactéridie, destituée de toute activité mortelle, ne cause plus aux animaux inoculés qu'une maladie' éphémère qui, au lieu de les tuer, les investit, au contraircf d'une immu- nité tutélaire, grâce à laquelle ils peuvent rester impunément exposés, pendant un temps dont les limites ne sont pas encore fixées, aux atteintes du charbon mortel. - Voilà comment le vaccin du charbon a été découvert ou, autrement dit, comment le virus toujours mortel de cette re- doutable maladie a été transformé en virtft bienfaisant, c'est- à-dire en vaccin. Mais l'exposé de cette belle découverte n'est pas encore complet. Tout à l'heure, nous avons vu comment la science expérimentale, gouvernant à son gré l'activité de la vie dans l'infiniment petit d'où procède le choléra des poules, était parvenue à constituer des races dans l'espèce de ce microbe, c'est-à-dire à rendre héréditaires les modifications qu'elle avait imprimées à l'activité de sa pulluUation qui, elle, est corrélative, il faut toujours s'en souvenir, à ce que l'on appelle sa virulence. Ce qu'elle a fait pour le microbe du choléra des poules, la science l'a réalisé, également, pour celui du char- bon, mais d'une manière plus parfaite encore. Et voici com- ment : la bactéridie charbonneuse, cultivée dans un milieu chaud à 42 ou ^S degrés, est rendue stérile pour la production SUR LA NOUVELLE VACCINATION. LVIT des spores, et, si on la soumet à l'action de l'air, elle devient de moins en moins féconde pour la production des bâtonnets. C'est de cet amoindrissement que dépendent les propriétés vaccinales qu'elle acquiert ou, autrement dit, la propriété de ne pulluler dans les organismes auxquels on l'inocule, que dans une mesure compalible avec leur vie. Eh bien, cette bactéridie ainsi dégénérée, rendue impropre à produire des spores, et devenue moins propre à se multiplier par fraction- nement, si on la reporte dans un milieu de culture dont la température plus basse est favorable aux manifestations de ses activités normales, elle redevient apte à former des spores. j\lais de ces spores issues de bacléridies affaiblies par le milieu •chaud où elles ont été cultivées, ne naîtront que des bactéri- dies affaiblies comme elles dans leur laculté de pulhilalion, ou, autrement dit, des bacléridies vaccinales. De fait, l'inocu- lation de ces bactéridies ou de leurs spores, au lieu de trans- mettre une maladie mortelle aux animaux sur lesquels on la pratique, ne leur communique qu'un charbon qu'on peut appeler bienfaisant puisque, au lieu de tuer, il imprime à l'organisme cette immunité précieuse, en vertu de laquelle le charbon mortel auquel cet organisme peut être exposé n'a plus de prise sur lui. C'est là ce qui constitue la belle décou- verte de \a. vaccination charbonneuse. Comme vous le voyez, dans ce cas encore, la science expé- rimentale a trouvé le secret de mettre un frein à la redoutable fécondité d'un microbe dangereux par sa fécondité même et de la contenir dans de telles limites, qu'au lieu d'êlre active pour détruire, elle ne l'est plus que pour préserver. Quel beau triomphe de l'intelligence ou pour mieux dire du génie sur une force aveugle de la matière ! {Applaudissements .) Mesdames et Messieurs, lorsque cette découverte si in- attendue et, on peut le dire, si étonnante a été divulguée, ce n'est pas d'abord par l'admiration qu'elle a été accueillie. Non. C'est par le doute, c'est par la négation, voire même par l'ironie, et par l'expression de ces sentiments, d'abord peu sympathiques, que l'annonce d'une grande découverte fait naître, comme naturellement, peut-on dire, dans le cœur LVIII SOCIÉTÉ NATIONALE d' ACCLIMATATION. d'un certain nombre. Mais il faut, en pareil cas, user de la philosophie de Philinte et dire atec lui : ...Faisons un peu grâce à la nature humaine ; Ne l'examinons pas dans la pleine rigueur, Et voyons ses défauts avec quelque douceur. Aussi bien, il y a tant de conditions de résistance aux idées nouvelles ! Ne se heurtent-elles pas aux croyances qui ont cours , aux conceptions acceptées, aux interprétations des choses que l'on s'est habitué à considérer comme l'expression de la vérité? Ne rencontrent-elles pas aussi les amours-propres froissés, les passions jalouses? De tout cela naît une force puissante contre laquelle les inventeurs se brisent trop souvent. Un poète — est-ce encore un poète pour les générations actuelles? Mais il l'a été pour nous, j'en appelle à mon ami et confrère M. deQuatrefages qui siège à mon côté — un poète, Déranger, notre brave et vieux Déranger, a bien exprimé dans la première strophe de sa chanson intitulée les Fous, le sort, hélas ! trop commun, qui est réservé aux inventeurs. ' La voici : elle nous paraissait belle autrefois ; il me sembla qu'elle l'est encore : Vieux soldats de plomb que nous sommes, Au cordeau nous alignant tous, Si des rangs sortent quelques hommes, Vite nous crions : « A bas les fous ! » On les persécute, on les tue, Sauf, après un long examen, A leur dresser une statue Pour la gloire du genre humain. Voilà, tracée en quelques lignes, l'histoire trop coiumune des inventeurs ! De fait, il n'y a pas si longtemps qu'un triste exemple a été donné de ces injustices auxquelles les inventeurs sont exposés par l'inclairvoyance de leurs contemporains. Sauvage, l'in- venteur de l'hélice, est mort dans le désespoir de voir son in- vention méconnue; mais,(( api^ès un long examen, on vient de dresser sa statue » ! Est-ce bien à l'honneur du genre humain, qui n'a pas su comprendre, lui vivant, la grandeur de sa dé- couverte? (Applaiidissements.) SUR LA NOUVELLE VACCINATION. LIX Mesdames et Messieurs, cette conférence est déjà un peu longue ; votre patience est-elle à bout? {Non, non! Applau- dissements.) Eh bien, puisque vous voulez bien m'accorder encore quelques instants, je vais achever ce que je me pro- posais de vous dire. Je vous disais que les idées nouvelles rencontrent devant elles les résistances que leur opposent les idées anciennes qui, en possession des esprits, ne sont pas faciles à en déloger, parce que l'on s'est habitué à les considérer comme vraies, et qu'on a vieilli avec cette croyance. Divorcer avec elles, c'est dur ; et on ne s'y prête pas volontiers. Et puis, il y a les indif- férents, et puis les paresseux, et puis les envieux. Ceux-là surtout sont énergiques à la résistance, et d'autant plus, qu'ils se sont mis davantage en évidence par leurs travaux per- sonnels, avant que la découverte fût faite. 11 est dur, en pareil cas, de se rendre, et de faire l'aveu que, ce que l'on cherchait, un autre l'a trouvé. M. Pasteur a rencontré tous ces obstacles; il a eu à lutter contre eux, et il les a tous surmontés, en opposant à l'énergie des résistances une énergie supérieure, qui puisait sa force dans la certitude des résultats qu'il avait obtenus par des ex- périences multipliées et univoques. Une des grandes ob- jections qu'on lui opposait, c'est que ses expériences n'étaient que des expériences de laboratoire, qui n'avaient pas fait leur preuve dans le champ de la pratique, où la complexité des conditions fait souvent échouer les moyens qui, dans le labo- ratoire, semblaient doués d'une efficacité absolue. « Il fallait voir, disait-on ; le succès en-deçà du seuil du laboratoire, devient souvent l'échec au delà. » L'occasion de faire la preuve pratique qu'on attendait de lui, a été fournie à M. Pasteur par la Société d'agriculture de Melun. Cette société, bien inspirée, mit à sa disposition les fonds nécessaires pour faire une grande expérience publique. M. Pasteur, maître de la vérité, absolument sûr qu'il la pos- sédait, et qu'au jour, à l'heure voulus, il la ferait obéir à son évocation, ne craignit pas de recourir au mode prophétique, pour faire sur les esprits cette impression profonde qui ré- LX SOCIÉTÉ NATIONALE d' ACCLIMATATION. suite toujours d'un événement annoncé, qui se réalise dans des conditions rigoureusement déterminées à Tavance. C'était un coup d'audace, dont les amis de M. Pasteur, eux-mêmes, ont tremblé. « La Fortune, dit le proverbe latin, se plaît à venir en aide aux audacieux. » Mais ce n'est pas sur l'appui de cette inconstante déesse que comptait M. Pasteur, c'était sur celui de la science expérimentale, qui jamais ne dépos- sède de. ce qu'elle a fait acquérir. L'événement, ici encore, l'a bien prouvé. Dans un pro- gramme dressé à l'avance, M. Pasteur avait dit aux promo- teurs de l'expérience publique qu'on lui demandait : « Vous mettrez à ma disposition 50 animaux de l'espèce ovine ; j'en vaccinerai :25 contre le charbon, et les 25 autres serviront de témoins de l'efficacité du nouveau vaccin, car lorsque les effets de la vaccination seront achevés, le groupe des 50 sera soumis à l'inoculation charbonneuse mortelle. Or cette inoculation, d'ordinaire nécessairement mortelle, produira ses effets sur les 25 moutons non vaccinés : tous périront sans exception, tandis que les 25 moutons vac- cinés échapperont à la mort. Quant aux animaux de l'espèce bovine, sur lesquels la vaccination charbonneuse sera en même temps essayée, je ne peux pas en annoncer les résultats avec autant de précision, car ces animaux ont une force de résistance beaucoup plus grande que les moutons à l'action du charbon Mais je puis assurer qu'aucun des vaccinés ne périra, tandis que tous les non-vaccinés seront malades, et que, pour un certain nombre, la maladie sera mortelle. » Jamais prophétie ne s'est accomplie plus rigoureusement ! La science expérimentale s'est montrée > disait son auteur, lequel Hippocrate avait, sur la nature des maladies contagieuses, des idées absolument différentes de celles de M. Pasteur. (Rires.) Voilà, Messieurs, comment la routine inspire ceux qui lui demeurent fidèles. Cet adepte d'Hippocrate, qui s'abîme devant sa statue, et ferme volontairement les yeux à l'évidence des démonstrations les plus éclatantes, mérite que son nom soit conservé : c'est M. le D' Pigeon, médecin des mines de Fourchambault. Encore quelques mots, et je termine. LXII SOCIÉTÉ NATIONALE D'àCCLIMATATION. Dans un certain nombre de pays étrangers, les expériences faites en France ont été répétées ; et partout, tant la méthode est sûre, elles ont donné les mêmes résultats : les vaccinés sauvés par la vaccine ; les non-vaccinés frappés à mort par l'inoculation virulente ! Mais il y avait une ville, où il était nécessaire, plus que partout ailleurs peut-être, de faire éclater la vérité par une expérience publique, parce que la grande invention française y avait été contestée, et par un savant dont le nom jouit d'une grande et légitime autorité en raison de la valeur de ses travaux. Le professeur Kocli, de Berlin, — c'est le nom de cet opposant que la passion avait aveuglé, — avait été jusqu'à prétendre, dans une diatribe vraiment bien étonnante de la part d'un homme de cette va- leur, que les travaux de M. Pasteur ne reposaient sur rien de sérieux, et qu'ils avaient mis le désordre et l'obscurité dans une question où la lumière était faite. M. Pasteur, sollicité par un professeur de l'École vétérinaire de Berlin d'envoyer du vaccin pour servir à des expériences que ce professeur se proposait d'instituer, ne voulut pas y consentir, avant que des expériences publiques, faites par l'ordre du Gouvernement et sous sa direction, n'eussent fait éclater la preuve, à tous les yeux, que ses détracteurs s'étaient inspirés, non de la vérité, mais de la passion, pour tâcher de saper son œuvre. Le Gou- vernement allemand a consenti à ce que M. Pasteur demandait, et une commission, composée des savants les plus autorisés et de hauts dignitaires, a été chargée de présider aux expé- riences de vérification qui ont été faites par un des aides de M. Pasteur. Tout a réussi à souhait, ou, pour mieux dire, à Berlin, comme partout ailleurs, la vaccination charbonneuse a prouvé son efficacité, par la protection dont elle a revêtu les moutons qui l'avaient reçue, tandis que les autres ont suc- combé à l'inoculation virulente. Le conseiller supérieur Beyer, membre de la commission, a annoncé à M. Pasteur le succès de ces expériences, dans une lettre officielle où il lui adresse « ses iélicitations bien sincères pour les résultats brillants des expériences qui venaient d'être faites à Pakich, » SUR LA NOUVELLE VACCINATION. LXIII une ferme des environs de Berlin, qui aura, comme celle de Pouilly-le-Fort, son immortalité. Dans une critique que j'ai faite, il y a quelques mois, de la diatribe de M. Koch, je lui annonçais que les expériences, alors prochaines, qui devaient être faites à Berlin, lui dessil- leraient forcément les yeux, et qu'il n'était pas loin de son chemin de Damas, où, lui aussi, se prosternerait devant la vé- rité éclatante qui devait lui apparaître. Dé fait, il s'est converti ; et force lui a bien été de rendre hommage à la grande découverte française, que sa haine de savant, doublée de sa haine d'Allemand, lui avait fait méconnaître. Mesdames et Messieurs, au moment de terminer, un vers de je ne sais plus quelle tragédie de je ne sais plus quel auteur revient à ma mémoire, où il est resté, parce qu'il a de l'élan : Français, j'aime la gloire et ne veux pas m'en taire ! Je ne changerai à ce vers qu'une seule lettre et je dirai, en parlant de M. Pasteur : Français, j'aime ««"gloire et ne veux pas m'en taire ! {Vifs applaudissements.) Et c'est ce qui m'a déterminé à venir, une nouvelle fois, la raconter devant ce grand auditoire. Un dernier mot : dans toutes ses communications acadé- miques, M. Pasteur a toujours eu le soin d'associer à son nom ceux des deux jeunes expérimentateurs, MM. Chamberland et Roux, qui, tout pleins de son esprit, lui donnent le concours de leur intelligence et de leur activité, pour mener à bien les recherches qu'il poursuit. Ce sera le grand honneur de leur vie, et ce sera leur gloire dans l'histoire de la science, d'avoir constitué, avec leur maître, ce triumvirat, d'où est sortie la grande découverte dont je viens d'essayer, de vous rendre compte ! {Bravos. Double salve d'applaudissements.) L'auditoire acclame M. Pasteur, qui est présent, avec sa famille, dans une des loges de l'avant-scène. RAPPORT ANiNUEL SUR LES TRAVAUX DE LA SOCIÉTÉ NATIONALE D'ACCLIMATATION DE FRANCE EN 1881 Par M. C. RAViERET-lVATTEL Secrétaire des séances. Messieurs, La séance où notre Société distribue ses récompenses doit aussi consacrer le souvenir de ceux de nos confrères qui nous ont quittés pour toujours, et j'ai pour devoir, en commençant le relevé des travaux accomplis pendant l'année qui vient de finir, de vous rappeler des pertes regrettables, des deuils- hélas ! trop nombreux. La mort a fait parmi nous de doulou- reux vides. Dès le début de cette session, elle nous enlevait un des membres les plus zélés et les plus distingués de noire- association, M. Prosper Ramel. Plein d'ardeur et de dévoue- ment pour les travaux d'acclimatation, animé d'un zèle où le patriotisme le disputait au désintéressement, M. Ramel s'était voué, corps et âme, à la propagation des végétaux australiens; et l'on peut dire qu'il a bien mérité de la France, et de l'Algé- rie en particulier, par l'introduction des Eucalyptus dans cette colonie, introduction qui a si puissamment contribué à l'assainissement du pays. Son nom restera à tout jamais atta- ché à cette œuvre éminemment utile, comparable à la vulga- risation de la Pomme de terre par Parmentier ; car, dans le midi de l'Europe, l'acclimatation en grand de l'Eucalyptus présente une importance de premier ordre. On doit d'autant plus de reconnaissance à M. Ramel que notre confrère, agis- sant avec le plus entier oubli de ses propres intérêts, a com- promis sa fortune dans des travaux qui ont créé au pays une nouvelle source de richesse. Nous déplorons aussi la perte de M. le docteur Turrel, qui, membre de la Société depuis 1855, et son représentant dans RAPPORT SUR LES TRAVAUX DE LA SOCIETE LXV le département du Var depuis 1862, déployait une activité incessante pour l'introduction, dans le midi de la France, d'espèces animales ou végétales utiles, et qui n'a cessé de travailler avec zèle et dévouement au progrès agricole et horticole dans notre région méditerranéenne. Nous avons vu succomber également M. Polvliet, de Rotter- dam. Amateur passionné d'oiseaux rares, M. Polvliet avait su résoudre le problème difficile de l'acclimatement et de la reproduction des espèces les plus rares et les plus délicates dans un espace très restreint ; il emporte les regrets de tous les amateurs qui l'ont connu et qui ont su apprécier ses rares mérites. J'ai enfin. Messieurs, à rappeler à vos souvenirs, à vos regrets, M. le docteur Frank Buckland, inspecteur des pêche- ries de Saumons de la Grande-Bretagne, auteur de travaux importants sur la zoologie et en particulier sur l'ichthyologie et l'acclimatation; M. Chasles (de l'Institut), qui laisse un si grand nom dans les sciences mathématiques; MM. Sameshima, Charles Mourier, comte Treilhard, baron d'André, de Morgan Cheuvreux, comte de Neverlée, de Lunaret, A. de Surigny, de la Pioncière le Nourry, comte H. de Montesquiou-Fezensac, Louvrier, duc de Cambacérès, Dufaure, J. Lecreux, l'abbé Delaunay, Bouteille, Louis Le Sergeant de Monnecove, duc de Monlellano et comte de La Perraudière. Les confrères que nous avons perdus avaient payé leur dette, laissant à ceux qui restent, avec de nobles exemples, le triste devoir de serrer les rangs. Heureusement, dans la science, toujours jeune, les rangs, comme dans la vie, se re- forment sans cesse. L'activité des travaux de notre Société ne s'est pas trouvée ralentie par les pertes qui nous ont frappés et l'année qui vient de s'écouler n'a pas été moins féconde que les précédentes en résultats favorables. Des observations intéressantes ont été faites concernant les mœurs, les habitudes, les besoins, les exigences, les aptitudes de nombreuses espèces animales ou végétales ; des acquisitions nouvelles ont été réalisées, et plusieurs questions importantes ont pu être résolues ou mises à l'étude. 3' sÉiUE, T. IX. — Séance publiquo annuelle. t LXVI SOCIÉTÉ NATIONALE D ACCLIMATATION. Nous devons à M. Renard (1), ainsi qu'à M. le vîcoirllè dé' Freslon (2), des renseignements qu'il étail, utile d'enregistrer, sur les mœurs des Écureuils et sur les dégâts que ces gracieux hôtes de nos bois peuvent causer dans les plantations de Conifères en rongeant, pendant l'hiver, l'écorce de ces arbres, dont ils font ainsi périr la flèche. M. de Barrau de Muratel nous a fait parvenir, sur* le régime alimentaire des Chauves-Souris, des informations qui prou- vent que ces petits mammifères détruisent des quantités con- sidérables d'insectes et qu'ils sont, par conséquent, d'une utilité incontestable (3). Parmi les observations qui nous ont été communiquées, il convient de mentionner également celles dues à M. le mar- quis d'Hervey de Saint-Denys sur la reproduction des Singes conservés en captivité (4). On sait que, sous le climat de Paris, la reproduction des Singes est un fait assez rare, tandis que la fin prématurée de ces animaux, enlevés par des maladies de poitrine après deux ou trois années de séjour en France, est un fait des plus fréquents et des plus avérés. Les observa- tions faites par M. le marquis d'Hervey de Saint-Denys sur des Callilriches {Cercopithecus sabœus), qui se multiplient couramment chez lui depuis plus de douze ans et dont il n'a pas perdu un seul individu, ont donné à notre savant confrère la conviction que la mortalité habituelle si grande des Singes en Europe procède d'une cause tout hygiénique, due à la méthode vicieuse de chauffage pratiquée à l'égard de ces animaux, c'est-à-dire à l'emploi de calorifères, dont la cha- leur sèche et malsaine leur altère les poumons. Vous avez accueilli également avec grand intérêt les nom- breuses communications, qui vous ont été faites, concernant l'incubation artificielle (5) et les perfectionnements récem-' (t) E. Renard, Dégâts causés par les Ecureuib sUr les Pins (Bulletin, 1881 p. 253). (2j Procès-verhaux. (Bulletin, 1881, p. 655)- (3) Proces-verbaiix. (Bulletin, 1881, p. 2-41). (i) Miirquis d'Hervey de Saint-Denys, Sur la reproduction des Singes[Bulletin, 1881, p. 1). (5) Procés-verbaux. (Bulletin, 1881, p. 161, 298,' 299). RAPPORT SUR LES TRAVAUX DE LA SOCIÉTÉ. LXVH ment apportés dans les divers systèmes de couveuses (l),. perfectionuements qui, en permeltaut de régler facileuiînl et souvent d'une façon automatique la température à l'intérieur de ces appareils, en rend l'usage possible pour l'éclosion de toutes espèces d'œufs, même pour les œufs si volumi- neux de l'Autruche (2) ou du Nandou. Malgré les difficultés inhérentes aux tentatives d'acclimata- tion ou de domestication des Mammifères, cette classe d'ani- maux nous offre bien des conquêtes certainement réalisables. Rien que dans la famille des Cervidés, le nombre des espèces actuellement acquises à la faune des Jardins zoologiques de, l'Europe centrale est déjà considérable (3). On en compte de toutes tailles, depuis le gigantesque Cerf du Canada {Cervus Canadensis), le Wapiti des Américains du Nord, qui ne me- sure pas moins de l'",50 au garrot, jusqu'au charmant petit Cerf de Reeves {Cervulus Reevesii), dont la taille excède à peine celle d'un petit chien d'arrêt. Ces espèces, qui se mul- tiplient aujourd'hui sur un grand nombre de points (4), four- niront, peut-être dans un avenir peu ébigné, de superbes, ressources pour le peuplement des chasses de luxe. Dans lesautres groupes de Mammifères, de nouvelles acqui- sitions ont lieu fréquemment, soit parmi les espèces encore sauvages, soit parmi celles déjà domestiquées et comptant de nombreuses races ou variétés locales intéressantes à divers titres. C'est ainsi, par exemple, que nous devons à M. Charles de Ujfalvy la possession de deux belles races de. Lévriers (Tazi) du Turkestan et de la Sibérie, qui étaient restées jusqu'à ce jour complètement inconnues aux chenils de l'Europe occidentale et qui seront certainement fort appré- ciées comme chiens de luxe (5). M. le marquis de Pruns continue, dans le département du Puy-de-Dôme, les utiles essais qu'il a entrepris pour L'amé- lioration de la Chèvre, si excellemment nommée la « Vache (1) Procès-verbaux. (Bulletin, iSSl, p. 89, 431.) (2) /feirfem, p. 71, (3) Procès-verbaux. {Bulletin, 1881, p. 308.) (i) Procès-verbaux. {Bullelin,i). 308.) (5) Ch.de Ujfalvy, Renseignements sur les Lévriers Taii. {Bul.., 1881 ,p. 401) L%\Ul SOCIETE NATIONALE D ACCLIMATATION. du pauvre d{\). C'est particulièrement dans les régions monta- gneuses que cet animal est susceptible de rendre de véritables services ; on ne peut donc que féliciter vivement notre hono- rable confrère de ses persévérants efforts, dont les résultats semblent indiquer qu'on pourrait, dans certaines localités, améliorer la race du pays par un croisement avec la Chèvre d'Angora. Dans la région qu'habite M. le marquis de Pruns, la race d'Angora pure réussit mal, les pacages étant bas et humides ; lesBoucs résistent, mais les Chèvres, plus délicates, périssent d'affections pulmonaires. Par des croisements avec la Chèvre du Mont-d'Or, notre confrère a obtenu des animaux d'une rusticité très grande et présentant, en majeure partie, les qualités de la race pure. Comme les années précédentes, c'est encore en ce qui con- cerne la classe des Oiseaux que le s essais entrepris ont été le plus fructueux. C'est que l'élève des Oiseaux, cette branche si intéressante de nos travaux, s'est améliorée et transformée sous l'impulsion de la science, et que, naguère encore aban- donnée aux hasards de soins mercenaires, elle est devenue aujourd'hui l'objet d'études attentives et nombreuses. Comme le dit si bien M. Leroy (de Fismes), dans son charmant ouvrage sur V Aviculture, « l'éducation et la multiplication des Oi- seaux, — volailles de race, sujets de volière, gibiers à plumes, — autrefois le privilège de quelques rares amateurs, sont tombées dans le domaine public et sont venues prendre, dans nos loisirs de villégiature, une place de jour en jour plus considérable. Aujourd'hui, plus de château, plus de villa, qui n'ait sa volière. Autrefois, objet de luxe, d'un prix inabor- dable, la volière s'est humanisée et s'est mise à la portée de toutes lesbourses. Elle est un sujet d'attachantes distractions, en même temps qu'une véritable source de revenus. » Pendant la session dernière, des renseignements très satis- faisants nous ont été adressés par un grand nombre de nos confrères sur les résultats obtenus par eux dans l'éducation d'espèces, soit utiles, soit d'agrément et de luxe. C'est ainsi ([)Procès-verbatix. (Bulletin, 1881, p. 653.) RAPPORT SUR LES TRAVAUX DE LA SOCIETE. LXIX que vous avez applaudi aux succès de M. Delaurier aîné, d'Angoulême, dans ses élevages de Pintade vulturine {Numida vuUmina), de Colombe poignardée de Manille, de Perruche de la Nouvelle-Zélande à front pourpre, de Canard manda- rin, etc. (1) ; à ceux de M. Courtois, dans lamuUiplication de la Bernache d'Australie (Bernida jubala) et de la Sarcelle de Formose(2); cà ceux de M. 0. Camille Déranger (3), dans la mulliplicalion du Nandou d'Amérique et de la Bernache de Magellan; enfin à ceux de M. le docteur J.-J. Lafon ('!■), dans l'élevage de la Pintade vulturine et de différentes espèces de Faisans. Des résultais favorables ont été obtenus également par d'autres éducateurs zélés et intelligents, au nombre desquels nous devons mentionner spécialement : M. A. Rousse, de Fon- tenay-le-Comte (Vendée), qui continue ses succès dans l'édu- cation d'un grand nombre d'espèces de Perruches austra- liennes (5), particulièrement de la Perruche cà scapulaire Aspromictus scapulatus; M. Etienne Libsig, rhaJ3ile fai- sandier du parc de Beaujardin, à Tours, qui a su mener à bien le difficile élevage du Pucrasia et de plusieurs autres oiseaux exotiques (0); M. Alexandre Mairet, faisandier-chef chez M. Pierre Rodocanachi, au château d'Andilly (Seine-et- Oise), entre les mains duquel les éducations les plus délicates deviennent aisées, et qui a eu la satisfaction d'être le premier à obtenir en Europe la multiplication du superbe Pigeon {Goura Victoria) de la Nouvelle-Guinée (7) ; M""' Eugénie De- laître, qui obtient, depuis trois ans, la multiplication, en France et en Algérie, du Cacatois à huppe jaune (8) ; M. Nel- son-Pautier, de Lisie (Dordogne), qui, depuis plusieurs années également, réussit l'élevage en volière du Perdreau (1) Delaurier aine, lulucation d'Oiseaux exotiques. {Bulletin, 1881, p. 'Jl.) (2) Proces-veibaux. (Bulletin, 1881, p. 66 cl 585.) Ci) 0. Camille Béraii^jer, Reproduction de la Bernache de Magellan et du Nandou d'Amérique. (Bulletin, 1881, p. 67 i.) {i) Lafon (docteur J.-J.), Élevages de Pintades vulturities et de Faisans. (Bul- letin, 1881, 1'. 7i5.) (5) Procès-verbaux. {Bulletin, 1881, p. 765.) (6) Ibidem, p. 583. (7) Ibidem, p. 58t. (8) Ibidem, p. 581 LXX SOCIETE NATIONALE D ACCLIMATATION. rouge, et qui vous a fait connaître avec détails les procédés auxquels il doit en grande partie cette réussite (1). D'autre part, M. Garnot a continué, avec le plus grande zèle et une extrême libéralité, à l'aire connaître et à propager la belle et bonne race de Canard du Labrador (2), considérée par notre honorable conirère comme ne le cédant à aucune autre, sous le rapport de la qualité de la chair. Grâce aux dons, soit d'œufs, soit de couples reproducteurs, si généreusement faits par M. Garnot, celte race, particulièrement recommandable, ne tardera pas à se propager et à prendre dans les basses- 'cours la place qu'elle mérite. Différents essais, dont plusieurs donnent, pour l'avenir^ d'excellentes espérances, ont aussi été entrepris par MM. Léon Menant (3), Ch. Sénéquier (4), Arthur Schotsmans (5), l.e ccmle de l'Esperonnière (6), Gibez (7), D"^ Gruère (8), Louis Reich (9), Pontet (10), le comte A. de Monllezun (11) D' J. J. lafon (;12), Masson (13), Bourjuge (14), Desroches (15) jet H. Goll (10). Mentionnons encore les communications intéressantes qui nous (Ut été faites par M. Renard, sur quelques animaux utiles de l'Extrême-Orient (17) ; par M. Levât, sur les mœurs du Flament (18) ; par M. de Confévron, sur la nidification des Hirondelles (19); par M. Audap, sur la multiplication du {\) Procès-verbaux. {Bulletin, 188\,^. ^8^). (2) Ibidem, p. 3C3. . (3) Ibidem, p. 157. (4) /6i(/em, p. 157. (5) /ftidem, p. 157. ,. • ■ (6) Ibidem, p. 169. (7) Ibidem, p. '69. ' ' ' {8) Ibidem, 'p.mi. ■ ■' ........ (9) Ibidem, p. 437. (10) Ibidem, p. 438. (ll)/6if/ew, p. 587. (12) Ibidem, p. 661. (13) Ibidem, p. G6± (li) Ibidem, p. m. (15) Ibidem, p. 718. (16) Ibidem, p. 764. (17) E. Renard, Notice sur quelques animarix de VExtréme Orient. {Bulletin, 1881, p. 733.) (18) Proces-verbaux. {Bulletin, 1881, p. 432.) (19) De Confévron, Nidification des Hirondelles. {Bulletin, 1881, p. .721',) • , RAPPORT SUR LJSS TRAVAUX DE LA SOCIÉTÉ. Lîfcltl Canard Pilet {Dafila acutci) obtenue en basse-cour (1) ; enfin, par M. le marquis d'IIervey de Sainl-Denys, sur la rusticité très grande des Talégalles et sur leur degré remarquable de résistance au froid (2), qualités qui permettront peut-être d'arriver à créer, chez nous, une race tout à fait sauvage et tout à fait acclimatée , capable de survivre aux mauvaise^s saisons. Tous ces résultats méritent d'autant plus d'être enregistrés, que, comme on vous l'a lait rema^^quer, Messieurs, l'assiduité et le zèle ne suffisent pas toujours pour réussir, surtout avec les animaux d'importation récente; il faut certaines aptitudes d'observation qu'acquièrent seulement ceux qui aiment l'éle- vage. Ceux-là savent bien vite alors ce qui convient à chaque espèce, la nourriture à varier ou à modifier suivant l'état des sujets, les excès à éviter. Un changement insignifiant, un tour de main, suffisent quelquefois à décider une reproduction jugéiC difficile; et, quand les animaux sont largement installés daps un milieu qui leur convient, il n'en est guère dont la repro- duction en captivité ne soit pas possible. Mais quelque accident impossible à prévoir, des circonstances toutes fortuites, sont trop souvent la cause de déceptions d'autant plus pénible^, qu'on se croyait tout près d'atteindre le but. Tenus en captivité, les animaux sont, bien plus qu'à l'état libre, exposés à une foule de maladies, causes bien fréquentes d'insuccès dans les élevages. Aussi, des précautions miny.- îtieuses, jointes à une surveillance de tous les ins,tants,, sont-elles, presque toujours, nécessaires pour assurer la .réussite. Il est donc précieux que ,los éducateurs vous tiennent au courant des moyens qu'ils emploient, et qui leur réussissent dans leurs élevages, afin de vous per- mettre de porter ces procédés à la connaissance de toutQS les personnes qui peuvent avoir intérêt à les utiliser aussi. C'est pourquoi vous avez accueilli avec faveur les intéres- santes communications qui vous ont été faites par M. Bachy, {l)Procex-verbaux. (Bulletin, 1881, p. 712.) (2) Hervpy (le Saint-Denys (marquis d'), Sur les Talégalles de Latkam. {Bulle lin, 1881, p. 189.) LXXII SOCIÉTÉ NATIONALE D ACCLIMATATION, sur la diphthérite des volailles et sur les moyens préventifs et curatifs qu'il emploie contre celte terrible maladie (1); par M. Masson, sur le traitement de la même affection contagieuse et de l'ophthalmie ("2); enfin, par M. Bou- chereaux, tant sur l'incubation artificielle (3), que sur les différents modèles de parquets dus à l'invention de notre con- frère pour l'élevage des Faisans et des Canards (4). N'oublions pas de mentionner qu'on doit, en outre, à M. Bouchereaux de très ingénieux appareils pour le transport, sans dangers, des Perdrix et autres oiseaux analogues (5), qu'il a toujours été très difficile de faire voyager dans de simples cages. Rap- pelons, enfin, les procédés simples et faciles qui nous ont été indiqués par M. Eugène Vavin, pour la conservation des œufs (6), ainsi que pour l'entretien de la propreté dans les poulaillers (7), cette condition si importante, non seulement au point de vue de la santé des oiseaux, mais encore à celui de leur multiplication, comme l'ont établi récemment les belles recherches faites par M. Camille Dareste sur l'incubation arti- ficielle. Parmi les causes diverses qu'il a vues s'opposer à l'évo- lution embryonnaire, chez des œufs soumis à l'incubation dans des vases hermétiquement clos, notre savant confrère a signalé le développement de végétations cryptogamiques sur la co- quille et dans l'intérieur des œufs. Ces végétations, dont le mycélium envahit l'albumine, dégagent de l'acide carbonique qui amène l'asphyxie de l'embryon. Après de nombreuses expériences, M. Dareste est arrivé à constater que les œufs ainsi atteints proviennent de poulaillers mal tenus, où le manque de soins favorise la présence d'une grande quantité de spores ou germes de moisissure. Le moyen de faire dis- paraître ou, tout au moins, d'atténuer cette cause de non- réussite pour les œufs, paraît donc être une amélioration de (1) Bachy, La Diphthérite des volailles, moyens préservatifs et curatifs. {Bul- letin, p. 1881. p. 520.) (2) Masson, Sur la Diphthérite et VOphthalmie des volailles. (BuL, 1881,p.527.) (3) Bouchereaux, Incubation artificielle. {Bulletin, 1881, p. 597.) (4) Bouchereaux, Couveuse mère artificielle. (Bulletin, 1881, p. 89.) (5) Procès-verbaux. {Bulletin. 1881, p. 296.) (6) Ibidem, p. 297. (7) Ibidem, p. 389. RAPPORT SUR LES TRAVAUX DE LA SOCIETE. LXXIII l'hygiène des poulaillers, par une attention particulière donnée au maintien de la propreté (1). Vous avez été heureux de constater encore, pendant le cours de la dernière saison, de nouveaux progrès réalisés dans la domestication de l'Autruche, domestication dont notre Société se préoccupe depuis si longtemps. Les nombreux mémoires, relatifs à cette question, qui figurent dans notre Bulletin, prouvent tout l'inlérêt que vous y attachez, et l'on est en droit de penser que la création des fermées à Autruches, actuelle- ment d'un si grand rapport dans l'Afrique australe (2), a été la conséquence des expériences faites dans ces trente dernières années, soit par vos propres soins, soit sous votre inspiration, à Grenoble, Marseille, Florence, Madrid et Alger. C'est, en réalité, dans notre grande colonie algérienne qu'a pris nais- sance l'industrie exploitée aujourd'hui avec tant de bonheur pai les colons du Cap de Bonne-Espérance (8). Il y avait, dans cette assimilation par l'étranger d'une dé- couverte française, un profond et utile enseignement, et l'on a compris chez nous l'urgence de reprendre à l'Angleterre la suprématie qu'elle nous a enlevée dans une industrie aussi rémunératrice. Si rien de pratique n'a pu être tenté en France, en Algérie plusieurs autrucheries existent maintenant. Ces établissements n'ont pas encore, assurément, une importance comparable à celle que présentent les fermes de la Colonie du Cap, sur lesquelles des renseignements si curieux vous ont été donnés par M. Lefèvre (4); mais ils n'en sont pas moins déjà fort intéressants et pleins d'avenir. Nous mentionnerons particulièrement la ferme de Misserghin, créée pas M. le com- mandant Créput, qui reçoit, chaque année, un développement plus considérable (5), et la ferme d'Ain Marmora, qui, fondée par un groupe de fabricants de plumes parisiens et dirigée par M. A. Laloue (6), possède aujourd'hui un territoire de (1) Procès-verbaux. (BuUelin, 1881, p. 381), 438, 782.) (2) Voy. Fermes d'Atdruches. {Bulletin, 1881, p. 664.) (3) Procès-verbaux. [Bulletin, 1881, p. 169.) (1) G. Lefèvre, De l'élevage de l'Autruche au Cap de Bonne-Espérance. {Bul- letin, 1881, p. 321.) (5) Procès-verbaux. [Bulletin, 1881, p. 765.) (6) Ibidem, p 382. LXXIV SOCIÉTÉ NATIONALE d'ACCLIMATATION. 200 hectares et près de 150 oiseaux tant jeunes qu'adultes. Ailleurs, la même industrie est également en voie de pro- erès. M. Lucien Merlato, du Caire, vous a fait connaître Tins- lallation d'un couvoir, faite pas ses soins, dans la ferme de Matarieh, pour le compte de la Société, pour l'élevage de l'Autruche en Egypte. Dans une autre notice, M. Merlato nous a signalé l'ingénieuse application qu'il a su faire du micro- phone, pour avertir l'observateur des efforts que fait l'autru- chon pour rompre la coquille de l'œuf (1). A l'île Maurice, l'élève de l'Autruche a été introduit par M. Chéri-Liénard, qui possède aujourd'hui dans son domaine de Ghébel un petit troupeau de onze individus adultes, par-^ faitement acclimatés, et fournissant de la plume de choix. Ajoutons que les résultats obtenus sont dus, en grande partie, au zèle dévoué, aux soins assidus et de tous les instants ap- portés dans l'entreprise par M. Paul Lepervenche, l'adminis- trateur du domaine de Ghébel (2). On ne saurait applaudir trop vivement à ce fait d'acclimatation. Pour l'île Maurice, pour un petit pays livré depuis de longues années à la mono- culture, c'est une conquête réelle, que l'introduction d'une industrie accessible aux plus modestes fermiers, et donnant des résultats aussi rapides et aussi riches que le fermage des Autruches. Des communications sont souvent faites à nos séances, con- cernant les modifications remarquables qui se produisent chez les animaux réduits en domesticité. Parmi ces modifications, les plus fréquentes sont celles qui se manifestent dans la couleur des plumes et du poil. Un fait de variation de plu- mage, curieux à signaler, est celui observé, depuis quelque temps, chez la Perruche ondulée {Melopsittacus unduUUus). Cet oiseau, importé pour la première fois en Europe il y a moins de trente ans, est, aujourd'hui, arrivé à un tôl état de domestication., que son plumage est devenu sujet aux i{1) Lucien Merlato, L'Incubation artificielle des œufs d'Autruche. (Bulletin, 1881, p. 5.) (2) Paul Lepervenche. Acclimatation et domestication des Autruches à, Vile Maurice. (Bulletin, 1881, p. 423.) RAPPORT SUR LES TRAVAUX DE LA SOCIÉTÉ. LXXV variations qui se manifestent d'ordinaire chez les espèces complètement asservies. Des exemples de flavisme ont été signalés chez M. F. Florin, de Roubaix, qui possède actuelle- ment une quarantaine de sujets d'un jaune verdâlre (1), et chez M. van Capellen, de Bruxelles, qui a obtenu des sujets positivement jaune canari (2). Ailleurs, une modification beaucoup plus remarquable encore s'est produite : le plumage est devenu bleu. M. van Genechten, directeur de l'hospice d'aliénés d'Anvers, a obtenu, en deux nichées différentes, quatre sujets complètement bleus, en même temps que d'au- tres individus présentant toute la coloration normale (3). Nous n'avons pas à rappeler que ces changements de couleur, ces curieuses dégénérescences, qui résultent d'une modification de la matière pigmentaire, s'expliquent facilement. Lorsqu'il y a exagération de la sécrétion du pigment, c'est le mélanisme qui se produit; l'absence ou la pénurie de cette sécrétion amène, au contraire, l'albinisme. Mais il peut arriver qu'une partie seulement de la matière colorante fasse défaut, ce qui détermine des variations différentes. Chez la Perruche on- dulée, dont la couleur naturelle est le vert, c'est-à-dire une couleur composée de bleu et de jaune, l'élimination du bleu a produit des sujets jaunes; d'autres, au contraire, sont de- venus bleus, par l'élimination du jaune. Il convient, d'ailleurs, de ne pas confondre ces variations congénitales avec les varia- tions acquises, avec les variations produites artificiellement, telles que, par exemple, celles qu'on détermine, au moyen d'une nourriture spéciale, chez le Bouvreuil, le Moineau, le Serin, etc. Se préoccupant de la nécessité de reconstituer nos chasses par des gibiers nouveaux de meilleure défense que ceux que nous possédons, M. J. 0. de Laleu a appelé votre attention sur un oiseau, qui, depuis des siècles, acclimaté chez nous, où il se reproduit très bien en liberté, possède sur les Perdrix l'avantage de se percher, et paraît, selon notre confrère, avoir (1) F. Florin, La Perruche ondulée jaune. {Bulletin, 1881, p. 314.) (2) Procès-verbaux. (Butlelin, 1881, p 300.) (3) Ihulem, p. 300. LXXVI SOCIÉTÉ NATIONALE d'aCCLIMATATION. été, à tort, négligé jusqu'à ce jour comme oiseau de chasse. Cet oiseau, c'est la Pintade, dont M. de Laleu a obtenu la mul- tiplication en pleine liberté, dans un parc clos de murs, où l'essai a complètement réussi (1). La pisciculture a été l'objet de nombreuses communi- cations dans le cours de cette année. Au nombre des per- sonnes qui vous ont lait parvenir des documents sur leuis tra- vaux de repeuplement des eaux, nous devons mentionner MM. Braun (^2), de Féligonde (3), Gallais (4), Guy aîné (5), Léon d'Halloy (6), JuUien (7), Louis (8), Martial (9) et Re- nouard (10). 11 convient de rappeler aussi tout spécialement les soins donnés par M. Focet au réempoissonnement de plusieurs cours d'eau du département de l'Eure (il), et la part active que M. le docteur Maslieurat-Lagémard, membre du Conseil général de la Creuse, a prise à l'établissement d'échelles à Saumons aux barrages de la Guerche et de la Haye-Descartes, sur la rivière de la Creuse, ainsi qu'à la création d'un labora- toire départemental de pisciculture à Sainte-Feyre. Les deux barrages de la Guerche et de la Haye-Descarles constituaient des oblacles infranchissables pour les Saumons, qui, par suite, avaient complètement disparu de la partie supérieure de la rivière. Depuis l'établissement des échelles, ces poissons com- mencent à se montrer de nouveau en amont des barrages, ce qui prouve qu'ils savent profiter des passages qu'on leura mé- nagés. On ne peut que féliciter vivement M. Maslieurat-Lagé- mard d'avoir, par ses actives démarches auprès de l'Adminis- tration, contribué pour une large part à l'adoption de mesures qui faciliteront un repeuplement rapide des eaux. En effet. {\)Proces-verbaux. (Bulletin 1881, p. 710. (2) Ibidem, p. 155.) (3) Ibidem, p. 433. (i) Ibidem, p. 6-J. (5) Ibidem, p. 770. (6) Ibidem, p. 385. (7) Ibidem, p. 77:2. (8j Ibidem, p. 384. {9) Ibidem, p. 77'2. (10) Ibidem, p. 772. (ii) Ibidem, p. 167,767. ) RAPPORT SUR LES TRAVAUX DE LA SOCIÉTÉ. LXXVIl les Saumons, ayant désormais accès jusqu'aux sources de la rivière, ponrronl se reproduire, et, d'autre part, l'établisse- ment de Saint-Feyre, qui est dirigé avec autant de zèle que d'intelligence par M. Mondelet, l'ingénieur en chef du dépar- tement, versera chaque année dans les cours d'eau des quan- tités importantes d'alevins (l). Vous continuez à suivre d'un œil attentif les progrès réalisés à l'étranger dans l'industrie aquicole, et vous avez accueilli avec intérêt les renseignements qui vous ont été adressés soit sur la création d'établissements nouveaux (^2), soit sur différentes branches de la pisciculture, tels que, par exemple, ceux obligeamment fournis M. Max von den Borne (3) sur Télevage de la Carpe en Allemagne. Vous vous êtes fait, d'ailleurs, présenter, sur toutes ces questions, un rapport dont la publication, un peu retardée par diverses circonstances, va être, sous peu, activement poussée (4). Des observations très curieuses vous ont été communiquées sur les mœurs du CaUichlhijs fasciatus, ou Silure de la Plata, du Silver-Bass, ou perche du Canada, et d'un Cypri- nodon des eaux douces ou saumâtres de l'Espagne, par M. Pierre Carbonnier, qui, avec son habileté accoutumée, a su obtenir la reproduction de ces trois espèces exotiques (5). M. Seth Green, surintendant des pêcheries de l'Étal de New-York, nous a fait part d'une série d'expériences très cu- rieuses qu'il a entreprises, sur l'imprégnation des œufs de Salrno fontinalis (6)- La maladie des Écrevisses qui sévit d'une façon si désas- treuse, depuis plus de quatre ans, dans les cours d'eau d'une partie de la France, de l'Allemagne, de l'Autriche, etc., avait attiré votre attention. Dans une note substantielle (7), M. Joseph Crepin a résumé les résultats des belles recherches entre- (1) Procès-verbaux. [Bulletin, 1881, p. Cl, 769.) (2) Ibidem, p. ('4. (3) Ibidem, p. 74. (4) Riiveret-WaUcl, Rapport sur la situation de la pisciculture à l'étranger. {Bulletin, U8\, p. ii9, W3l. Gld.) {T}) P. Oarbonilicr, Reproduction de pouvons exotiques. [Bulletin), 1881, p. 103.) (6) Procès-verbaux. (Bulletin, 1881, p. 304. (7)Joseph Crepin, Note sur la maladie des Ecrevisses. [Bulletin, 1881. \>. 480.) LXXVIII SOCIÉTÉ NATIONALE d' ACCLIMATATION. prises sur cette maladie par M. le docteur G. 0. Harz, et il vous a fait connaître les mesures prophylactiques recommandées par le savai^l professeur de Munich. Rappelons aussi les communications qui vous ont été faites : par M. le docteur Leroux, sur la maladie constatée chez les Huîtres, dans plusieurs centres ostréicoles de notre littoral (l); sur le procédé de réfrigération des œufs mis en usage dans quelques établissements de pisciculture, en vue d'obtenir des éclosions tardives et des alevins plus vigoureux (:2); enfin, par M. Léon Vaillant, sur un appareil destiné au transport des Batraciens anoures vivants (3). De précieux envois d'oeufs et d'alevins nous ont été faits par de généreux donateurs, au nombre desquels nous devons citer, en première ligne, M. le professeur Spencer F. Baird, commissaire général des pêches des États-Unis, qui vous a fait parvenir un lot important d'œufs de . 78-2. (6) Fiiivre, Le Ilaé-Téoii ou Iki-Téou, projets d'essai de son acclimalation. {Bulletin, 1881, p. 173.) {!) Procès-verbaux. (Bulletin, \'è%\, \). 158, 5'JI.) (8) Ibidem, p. G61. (Uj Ibidem, p. 658. (10) Ibidem, p. 391. LXXXVIII SOCIÉTÉ NATIONALE d'ACCLIMATATION. pagne, à gousses énormes (1) ; par M. Marius Poileux (2) et M. Geoffroy-Saint-Hilaire (3), sur la végétation rapide du Teosinte sous le climat d'Hyères et de Gibraltar, ainsi que par M. Baltet (4) et M. Vilmorin-Andrieux (5), sur la culture du Saggina. Des rapports satisfaisants vous ont été adressés, de diffé- rents côtés, sur le développement donné à la culture des Eucalyptus (6). M. le Prince Pierre Troubelzkoy vous a signalé l'aptitude toute particulière de VEucalyptus amygdalina à végéter sous le climat de la Provence (7), et M. Bouchereaux vous a fait voir lé parti que l'ébénisterie peut tirer du bois d'Eucalyptus, lequel se prête, en outre, à une foule d'usages, sans avoir, commo quelques personnes l'ont prétendu à tort, l'inconvénient de se fendre, d'éclater ou de se déjeter (8). Vous avez, de même, appris avec une vive satisfaction que, grâce à Tinvention, par M. Berlhet, d'une bonne machine à décortiquer (9), l'exploitation de laRamie, ou Ortie de Chine, va enfin entrer complètement dans la pratique, et que c'est sur une vaste échelle, que pourra être désormais utilisée celte plante textile, qui produit une fibre plus forte que le lin et le chanvre, plus fine que le coton et la laine, et aussi brillante que la soie. Notre Société est d'autant plus heureuse des ré- sultats aujourd'hui acquis, que la question de la Ramie est une de celles dont elle se préoccupe depuis fort longtemps. Nous n'avons pas à rappeler que dès l'année 1857, en effet, la Société faisait venir de Chine, par le bienveillant intermé- diaire de M. Dabry de Thiersant, consul de France à Han- Kéou, des quantités considérables de graines de Ramie, qui furent distribuées entre de nombreuses mains. Un intérêt im- mense, au double point de vue de l'agriculture et de (1) Procès-verbaux. {Bulletin, 1881, p. 390.) (2) Ibidem, p. 777. (3J Ibidem, p. 777. (4) Ibidem, p. 777. (5) Ibidem, p. 778. (6) Ibidem, p. 437, 590. (7) Ibidem, p. 236. (8) Ibidem, p. ICI, 237 /yj Ibidem, p. 439, RAPPORT SUR LES TRAVAUX DE LA SOCIÉTÉ. LXXXIX l'industrie, s'attache à l'utilisation de ce textile, susceptible de donner des produits de genres absolument différents ; à côté d'étoffes comparables aux tissus de fil les plus légers, les plus fins, les plus souples et les plus agréables à porter, on obtient des produits qui ressemblent étonnamment à de la bourre de soie, et qui serviront à la confection d'excellentes étoffes pour ameublement (1). Inutile d'insister, par suite, sur le service qu auront rendu au pays les personnes dont les efforts seront parvenus à faire entrer définitivement dans le domaine agricole et industriel l'exploitation d'une plante aussi précieuse. M. J. Delchevalerie vous a soumis un mémoire très ins- tructif sur les végétaux exotiques naturalisés en Egypte (2), et vous devez à M. le docteur J. Jeannel une note intéressante sur les jardins du littoral des Alpes-Maritimes (3). Dans un mémoire rédigé avec autant de savoir que de conscience, M. Auguste Pissot, inspecteur des Forêts, con- servateur du Bois de Boulogne, a rendu compte des effets du rigoureux hiver de 1879-1880 sur les différentes espèces d'arbres réunies dans ce superbe parc (4). Ce travail présente une très sérieuse valeur, en fournissant des indications pré- cieuses sur le degré de résistance au froid d'un nombre considérable d'essences forestières étrangères. M. le docteur Mène a poursuivi le savant travail qu'il avait commencé, l'an dernier, sur les productions végétales du Japon (5), et dans lequel il passe en revue les plantes alimen- taires, industrielles, forestières et ornementales, en éta- blissant, pour chacune d'elles, la concordance des noms japonais avec les noms scientifiques européens. Le savoir étendu, le soin minutieux, l'extrême conscience, la précision (1) Procès-verbaux. (Bulletin, 1881, p. 3;)0, 595.) (2) G. Delchevalerie, Sur les Végétaux exotiques naturalisés en Egypte. (Bul- letin, iH8\, p. 137, 263, 405) (3) Docteur J. Jeannel, Note sur les jardins des Alpes-Maritimes. (Bulletin, 1881, p. 27.) (4-) Aujçuste Pissot, Effets des gelées au Bois de Boulogne en 1879-1880. (/?«/- ieftn, 1881, p. 563, 634.) (5) Edouard Mène, Des productions végétales du Japon. (Bulletin, 1881, p. 34, 191,346,603.) XC SOCIÉTÉ NATIONALE D'aCCLIMATATION. parfaite, apportés à l'exécution de ce difficile travail, lui donnent une très grande valeur, au point de vue scientifique comme au point de vue purement pratique. Rappelons, enfin, qu'avec une persévérance dont la Société lui sait un gré véritable, M. Aimé Dufort a continué, pour notre recueil, ces bulletins bibliographiques dans lesquels il apporte autant de soin que de conscience, et qui, rédigés dans une forme excellente, constituent un des attraits de la lecture du Bulletin. De nombreux envois de graines et de plantes, aussi bien que d'animaux, vous ont encore été faits cette année. Nous rappellerons particulièrement ceux de MM. Bartet (1), Ch. Bureau, R. Campion (2), Lavalard (3), Juan T. Rodriguez (4), Romanet du Caillaud (5), docteur Rousseau (6), etc. Grâce à la générosité de nombreux donateurs, parmi les- quels il convient de mentionner spécialement M. le Ministre de l'Instruction publique (7) et M. Balcarce, ministre de la Confédération Argentine à Paris (8), notre bibliothèque s'est enrichie d'une façon importante d'ouvrages précieux. Ajoutons enfin, en terminant, que, de tous côtés, vous sont parvenus des témoignages de sympathie et de bienveillants encouragements (9) . Somme toute, Messieurs, la situation de notre Société est actuellement des plus satisfaisantes. A en juger par les succès obtenus, parles progrès accomplis, on est en droit de s'at- tendre à de plus féconds résultats encore pour l'avenir. Qui sait même si ces résultats ne dépasseront pas nos prévisions et nos espérances? Dans tous les cas, ce que nous savons, c'est que le champ des acquisitions et des conquêtes futures (1) Procés-verbaiix. (Bulletin, 1881, p. 767.) (2) Ibidem, p. 155. (3) Ibidem, p. 158. (4) Ibidem, p. 232. (5) Ibidem, p. 391. (6) Ibidem, p. 713. (7) Ibidem, p. 225. (8) Ibidem, p. 591. (9) Ibidem, p. 155, 166, 305. RAPPORT SUR LES TRAVAUX DE LA SOCIETE. XCI s'ouvre illimité devant nous, et que, si larges et si nombreuses que puissent être nos ambitions, nous n'arriverons jamais à épuiser la liste des espèces animales ou végétales, étrangères à notre sol ou à notre climat, qu'il y aurait utilité à intro- duire et à naturaliser chez nous, au quadruple point de vue des intérêts de la science, de l'agriculture, du commerce et de l'industrie. RAPPORT AU NOM DE LA COMMISSION DES RÉCOMPENSES <*> Par M. C. RAVERET-lVArTEL Secrétaire des Séances, Mesdames, Messieurs La Société nationale d'Acclimatation tient aujourd'hui sa vingt-cinquième séance générale, pour la distribution an- nuelle de ses récompenses. Elle est heureuse de remercier la réunion d'élite qui lui apporte, par sa présence, son con- cours sympathique ; elle est Oère de se sentir soutenue par l'opinion, et de voir que le but patriotique qu'elle poursuit est connu et apprécié de tous. Chacun des membres de notre association consacre à l'en- treprise commune ses efforts, sa volonté, ses ressources et sa conviction; mais chacun regarde comme un devoir de reconnaissance de proclamer hautement que c'est surtout au zèle et au dévouement de ses deux premiers présidents que la Société doit la situation acquise. Son fondateur, Isidore-Geoffroy Saint-Hilaire, lui a apporté son profond savoir en histoire naturelle et l'élévation de sa pensée ; il lui a donné ce caractère scientifique qui en dé- montre l'utilité et l'importance. M. Drouyn de Lhuys a su intéresser à nos travaux les forces vives de la haute société, avec tous les moyens d'action et les éléments de succès que donnent à une entreprise la fortune et la position sociale de ses adhérents. Aujourd'hui, notre œuvre est assise sur des bases solides; le temps des premières recherches est passé ; le but à attein- (1) La Commission des récompenses était ainsi composée : Le Président et le Secrétaire général, membres de droit; MM. Maurice Girard, H. Labarraque et le Marquis de Sinéty, délégués du Conseil; MM. J. Fallou. Ménard, Mène, Millet et Raveret-Waltel, délégués par les Sections. RAPPORT DE LA COMMISSION DES RECOMPENSES. XCIII dre est nettement défini; on sait à quelles espèces animales OU végétales, et à quelles régions il faut demander des res- sources nouvelles pour enrichir notre pays ; la période d'ob- servation est terminée ; le moment est venu d'entrer résolu- ment dans la voie de l'expérimentation ; la théorie peut enfin céder le pas à la pratique. Aussi, notre Société considère-t-elle comme une bonne for- tune d'avoir pu élire pour son président M. Henri Bouley, le partisan convaincu de la méthode expérimentale. Elle salue avec joie l'avènement du professeur éminent qui a si bien compris que la connaissance approfondie de nos animaux domestiques ouvre un horizon nouveau à la science médicale; du savant illustre qui nous a démontré que l'observation est trop souvent insuffisante pour dévoiler les causes d'un fait, et que le concours de l'expérimentation lui est nécessaire pour les faire sortir des profondeurs où elles se dérobent. La Société d'Acclimatation va donc entrer, avec son prési- dent actuel, dans une ère nouvelle, celle de la pratique, et les travaux que nous avons à vous faire connaître prouvent que de précieux résultats ont encore été obtenus celte année. Malheureusement, une circonstance doublement fâcheuse et que j'ai à regretter plus que tout autre, vient vous priver d'entendre aujourd'hui les titres de nos lauréats exposés par la parole sympathique et brillante de notre dévoué secrétaire général M. Albert-Geoffroy Saint-llilaire. Pris à l'improviste, je ne pourrai, dans ce rapport forcément fait à la hâte, que vousdonner une pâle analyse des travaux récompensés. ~ RÉCOMPENSES HORS CLASSE Urando incUaflie d'or offerte par le Ministre de l'A«;ricaiture. Depuis longtemps l'agriculture et l'industrie s'occupent de l'utilisation de la Ramie ou Ortie de Chine, dont la fibre textile est si remarquable par sa finesse, sa blancheur et sa solidité. Une difficulté très grande était celle de la décorticalion des tiges, et bien des machines j)roposées pour ce travail n'ont XCIV SOCIÉTÉ NATIONALE d' ACCLIMATATION. pas donné les résultats qu'on en espérait. M. Berthet est au- jourd'hui l'inventeur d'une machine qui constitue un progrès considérable, puisqu'elle permet d'opérer rapidement et éco- nomiquement la décortication de la Ramie verte, sur place, et qu'elle donne, de même, des résultats très satisfaisants avec d'autres textiles, tels que l'Agave, le Jute, etc., plantes qui croissent spontanément dans une foule de localités, ou qui pourraient y être cultivées et devenir la source d'importantes exploitations. La Sociétéa voulu témoigner à M. Berthet qu'elle saitappré- cier l'importance de son invention, en lui décernant ia grande médaille d'or offerte par M. le Ministre de l'agriculture. Grandes médailles d'or de la gtociétc. L'année dernière, la Société décernait à M. Le Myre de ViLERS, gouverneurgénéral de la Cochinchine française, la plus haute de ses récompenses, celle du titre de membre honoraire, pour les éminents services qu'il a rendus à l'Acclimatation par de nombreux envois d'animaux et de végétaux. M. Le Myre de Vilers continue à honorer la Société de sa bienveil- lance et à favoriser nos travaux par d'importants envois qui augmentent nos richesses zoologiques et botaniques. La Société, reconnaissante, est heureuse d'offrir à M. Le Myre de Vilers une grande médaille d'or. M. V. La Perre DE Roo, dont la Société a déjà eu, à plusieurs reprises, à récompenser les travaux théoriques, notamment des études sur les Pigeons voyageurs et des recherches sur la consanguinité, a publié récemment sous le titre : Monogra- phie des races de Poules, un nouvel ouvrage qui vient com- bler une lacune. Ce n'est pas un traité d'élevage d'oiseaux de basse-cour, — il en existe déjà assez et de bons, — c'est une description scrupuleusement exacte et minutieusement dé- taillée des caractères propres de toutes les principales races de Poules domestiques et sauvages, qui jusqu'ici n'avaient été que très imparfaitement décrites. RAPPORT DE LA COMMISSION DES RECOMPENSES. XCV Il est inutile d'insister sur l'utilité d'un pareil ouvrage, qui mérite à son auteur une grande médaille d'or. Sir James Ramsay Gibson Maitland, de Craigend, près Stir- ling (Ecosse) a fondé, en 1873, un établissement de piscicul- ture, dit Howietoun Fishery, qui est aujourd'hui le plus im- portant de toute l'Europe. Cet établissement produit, sur une vaste échelle, du poisson pour le marché, des œufs et de l'alevin pour les travaux d'empoissonnement. Son organisation, dans des conditions tout économiques, peut servir de modèle. On y trouve mis en pratique des procédés ingénieux pour l'incubation des œufs et l'alimentation de l'alevin. Sir James Maitland donne l'impulsion à la pisciculture en Ecosse. La Société lui décerne une grande médaille d'or. M. le D' Mène a continué, pour le Bulletin, la rédaction de l'importante étude qu'il a entreprise sur la flore du Japon. C'est un travail des plus consciencieux, qui a exigé des recherches sans nombre et qui présente, tout pratique qu'il est, un grand intérêt scientifique. On a peine à comprendre comment notre savant et sympathique confrère est parvenu à réunir autant de renseignements sur les productions végétales d'un pays aussi mal connu. En décernant une grande médaille d'or à M. le D' Mène, la Société est heureuse de saisir cette occasion pour re- mercier publiquement de son zèle actif un de ses membres les plus dévoués. Grandes médailles d'argent A Veffigie d'Isidore Geoffroy Saint-Hilaire. La Société doit à M. Huet, aide-naturaliste, chargé de la ménagerie au Muséum d'histoire naturelle, une note détaillée sur les naissances de Mammifères obtenues en 1881 dans notre grand et bel établissement national. De nombreuses espèces de Cervidés, recherchées dans les Jardins zoologiques, ont XCVI SOCIÉTÉ NATIONALE D'ACCLIMATATION. donné des reproductions qu'il élait intéressant d'enregistrer. Les résultats signalés par M. Huet sont dus surtout au zèle aussi dévoué qu'éclairé avec lequel il dirige l'important et difficile service qui lui est confié. M. Huet est en outre l'auteur de travaux de zoologie d'un grand mérite. La Société lui décerne une grande médaille d'argent à l'ef- figie d'Isidore Geoffroy Saint-Hilaire. La question de la domestication de l'Autruche est une de celles dont, à bon droit, la Société se préoccupe vivement. Déjà elle a pu applaudir aux succès très sérieux obtenus en Algérie par des éleveurs persévérants, qui sont en train de créer dans notre belle colonie d'Afrique une industrie que les colons du cap de Bonne-Espérance ont su rendre si prospère. Sur d'autres points, des efforts couronnés de succès ont éga- lement lieu. M. Chéri-LiÉNARD a voulu introduire à l'île Mau- rice l'élève de l'Autruche et il y a réussi. Son domaine de Chebel, qui a reçu, en 4877, deux paires d'Autruches tirées du Cap, possède aujourd'hui un petit troupeau de onze individus adultes parfaitement acclimatés et fournissant de la plume de choix. Une ponte régulière, suivie de la naissance de dix jeunes a déjà été obtenue. La Société félicite M. Chéri Liénard de son succès et lui décerne une grande médaille d'argent à l'effigie d'Isidore Geoffroy Saint-Hilaire. L'on connaît l'importance qui s'attache aux observations mé- téorologiques et l'influence qu'exercent sur les végétaux les phénomènes qui se produisent dans l'atmosphère. L'hiver de 1879-1880 s'est signalé par une rigueur excep- tionnelle ; mais il a donnné lieu à des observations pleines d'intérêt pour la science agricole. Dans un mémoire très étendu, M. Baltet a étudié l'action du froid sur les divers végétaux, et ses effets dans les jardins, les parcs et les forêts. Il a apporté son attention, d'une ma- nière toute particulière, sur les différents cépages de la Vigne. RAPPORT DE LA COMMISSION DES RÉCOMPENSES. XCVII La Société décerne à ce travail une grande médaille d'ar- gent à l'effigie d'Isidore Geoffroy Saint-Hilaire. M. Auguste PissoT, l'éminent conservateur du Bois de Boulogne, a fait connaître aux lecteurs de notre Bulletin, les effets des gelées de l'hiver de 1879 sur les diverses espèces d'arbres qui composent ce parc admirable, orgueil de notre cité. Son travail, aussi consciencieux que savant, a été extrême- ment remarqué. Cette étude importante contient des indica- tions très précieuses sur le degré de résistance au froid des essences forestières indigènes, comme de celles qui sont natu- ralisées ou en voie de l'être. La Société offre à M. Pissot un témoignage de gratitude, en lui décernant une de ses grandes médailles d'argent à l'effigie d'Isidore Geoffroy Saint-Hilaire. Notre dévoué confrère, M. Paillieux, ne cesse d'apporter à notre œuvre un zèle toujours ardent, une activité toujours jeune. Depuis longtemps, il nous présente régulièrement quelque acquisition intéressante faite dans le règne végétal. Tantôt, c'est le Soja hispida, tantôt de nouveaux légumes d'hiver obtenus au moyen de l'étiolement. Cette année, il a introduit et cultivé le Plujmlis peruviana dont les fruits, très agréables au goût, mais préférables encore lorsqu'ils sont confits, sucrés ou glacés, constituent une ressource nouvelle, qui sera vite fort appréciée. La Société est heureuse de décerner à M. Paillieux une grande médaille d'argent à l'effigie d'Isidore Geoffroy Saint- Hilaire. PREMIÈRE SECTION. —MAMMIFÈRES. Mctiaillc do prcinièro clasfsc. M. Pays-Mellier s'occupe avec persévérance de multiplier dans son parc de la Pataudière (Indre-et-Loire) de nombreuses H" SÉHIE, T. IX. — Séance publique annuelle. g XCVIII SOCIETE NATIONALE D ACCLIMATATION. espèces exotiques intéressantes à acquérir, soit parmi les Mammifères, soit parmi les Oiseaux. Ses efforts on été fruc- tueux et parmi les reproductions qu'il a obtenues cette année on doit particulièrement citer celle du Myopotame Coypou de l'Amérique du Sud, celle du Cerf Muntjack (Cervulus aureus), des îles de la Sonde, celle du Cerf de Reeves, de la Chine, celle du Kangourou de Bennett, de l'Australie, elc. Une médaille de première classe récompense M. Pays- Mellier de ces succès. IMcdaillcs de seconde classe. M. Charles Diguet a publié un volume intitulé : Le Livre du chasseur, dans lequel il donne, outre des indications pra- tiques au point de vue de la chasse, des détails intéressants sur les mœurs et les habitudes des divers gibiers. Cette œuvre de vulgarisation a attiré l'attention de la Société, qui récompense l'auteur d'une médaille de seconde classe. M. ViALAN, instituteur public à Blan (Tarn), s'est attaché à initier ses élèves à la connaissance des animaux utiles et des animaux nuisibles, et il s'applique surtout à leur faire comprendre l'importance des services que rendent les oiseaux insectivores protecteurs de nos récoltes. La Société décerne à M. Vialan une médaille de seconde classe. Mention honorable. Une menlion honorable est accordée à M. Albin Humbert, instituteur public à Raddon (Haute-Saône), qui, par ses publi- cations dans plusieurs journaux, a fait ressortir l'intérêt qui s'attacherait à l'acclimatation en France de diverses espèces animales ou végétales. RAPPORT DE LA COMMISSION DES RECOMPENSES. XCIX DEUXIÈME SECTION. — OISEAUX. Prix do 500 francs fondé par la Sociclo, pour les travaux de zoologie pure. M. OusTALET, docteur es sciences, aide naturaliste au Mu- séum d'histoire naturelle, a publié une excellente monographie des Mégapodidés, oiseaux qui offrent cette particularité de moeurs très curieuse qu'ils ne couvent pas leurs œufs, mais les font éclore artificiellement, soit en les enfouissant dans le sable échauffé par les rayons du soleil, soit en les déposant dans des amas de substances végétales qui entrent en fermen- tation et développent la quantité de chaleur nécessaire pour l'incubation. Tels sont, par exemple, les Talégalles qui se sont déjà reproduits chez plusieurs de nos confrères. Le travail de M. Oustalet est fait avec le plus grand soin. C'est une œuvre savante et consciencieuse, qui renferme beaucoup d'observations propres à l'auteur. La Société lui décerne un prix de 500 francs. Médailles de première classe. Depuis de longues années, M. 0. Camille Bérenger s'occupe, avec un zèle et une persévérance dignes d'éloges, de l'acclima- tation d'oiseaux exotiques, et, bien souvent, le succès est venu récompenser ses efforts. Cette année, le lauréat a obtenu la multiplication de la Bernache de Magellan et du Nandou ou Autruche d'Amérique. Une médaille de première classe récompense M. Bérenger de ces succès. Le corps diplomatique français a constamment témoigné l'intérêt qu'il prend aux travaux de la Société par les nom- breux envois qu'il lui fait de l'étranger. Dans ces derniers temps, M. Tony Conte, premier secrétaire de la légation de G SOCIÉTÉ NATIONALE d'aCCLIMATATION. France à Tokio (Japon), a beaucoup contribué à enrichir nos collections de plantes et d'animaux. On lui doit notamment l'introduction en France de la Poule Phénix, si remarquable par la beauté et le développement phénoménal de son plu- mage. La Société remercie M. Tony Conte de ses envois et lui dé- cerne une médaille de première classe. M. Harting est l'auteur de divers travaux sur l'histoire naturelle de l'Autruche et de recherches historiques sur les animaux éteints de la Grande-Bretagne. La Société décerne à l'auteur de ces intéressantes études une médaille de première classe. M. Paul Lepervenciie administre à l'île Maurice la pro- priété de Chébel dans laquelle M. Chéri Liénard a créé sa ferme à Autruches. C'est aux soins assidus, à la vigilance de tous les instants déployée par M. Paul Lepervenche, qu'il faut rapporter en grande partie les résultats obtenus. M. Lepervenche était déjà lauréat de la Société pour l'intro- duction de végétaux à l'ile de la Réunion. La Société est heu- reuse de reconnaître les nouveaux services qu'il a rendus à l'acclimatation, en lui décernant une médaille de première classe. IMcdailles de seconde classe. L'ouvrage publié par M. Harwie-Brown sur la réintro- duction du grand Tétras en Ecosse, d'où cette espèce avait disparu, n'est pas seulement intéressant comme travail histo- rique. En faisant connaître la marche suivie pour cette réintro- duction, il constitue un guide utile à consulter pour d'autres tentatives analogues, et il présente, par suite, un côté vérita- blement pratique. La Société décerne à l'auteur de ce livre une médaille de seconde classe. .. M. Etienne Libsig est l'habile laisandier du parc de Beau- RAPPORT DE LA COMMISSION DES RECOMPENSES. Cl jardin, à Tours, parc dont l'heureux propriétaire, M. Cornely, a su faire un véritable jardin d'acclimatation. M. Libsig est un coopérateur précieux, sous les soins duquel bien des éle- vages ont pu réussir. Parmi les multiplications obtenues ré- cemment à Beaujardin, celle du Pucrasia Darwini, belle espèce de Faisans du nord de la Chine, mérite d'être tout particulièrement signalée. Une médaille de seconde classe est accordée à M. Libsig. L'excellente monographie des Psittacidés (Perroquets, Perruches, etc.) due à la plume claire et exacte de M. Rei- ciiENOW est un ouvrage qui n'offre pas d'intérêt seulement pour les naturalistes. Il sera consulté aussi avec profit par les amateurs de ces oiseaux exotiques, dont le nombre déjà si considérable des espèces connues, augmente chaque jour. Cet ouvrage mérite à M. Reichenow une médaille de seconde classe. M. Alexandre Mairet, aux soins duquel est confiée la magni- fique faisanderie créée par M. Pierre Rodocanachi à son châ- teau d'Andilly, est un éleveur expérimenté, qui, chaque année réussit les éducations les plus difficiles. Il a su mener à bien, cette année, la multiplication du Goura Victoria, de la Nou- velle-Guinée, qui est une acquisition nouvelle pour les volières de luxe. Une médaille de seconde classe est décernée à M. Mairet. Depuis longtemps, M. Alfred Rousse, deFontenay-lc-Gomte (Vendée), s'occupe de l'élevage de nombreuses espèces de Perruches, et cet aviculteur émérite compte de nombreux succès. Il était naturel que M. Mousse écrivît un livre dans lequel il fait connaître ses observations et les procédés d'éle- vage qui lui réussissent si bien. Son ouvrage intitulé : Perru- ches iV Australie et d'Amérique sera utilement consulté par tous les amateurs de Psittacidés. . Une médaille de seconde classe lui est décernée. cil SOCIÉTÉ NATIONALE D ACCLIMATATION. mention honorable. La reproduction en domesticité du Canard Pilet {Dafila acuta) a toujours été considérée comme très difficile, sinon impossible à obtenir. Cependant, depuis deux ans, M. Audap a réussi, dans sa basse-cour, la multiplication de cette belle espèce. Une mention honorable lui est accordée. TROISIÈME SECTION. — POISSONS, etc. Prix do 500 francs. Fondé par la Sociélé pour les travaux de zoologie porc. M. le D' Harz, professeur à l'école vétérinaire de Munich, s'est donné pour mission de rechercher la cause de la terrible épidémie qui sévit depuis plusieurs années sur les Ecrevisses et qui a déjà fait presque entièrement disparaître ce crustacé dans un très grand nombre de cours d'eau du centre de l'Eu- rope. Ses recherches l'ont amené à reconnaître que la maladie est due à la présence d'un helminthe, le Distoma cirrigerum, qui pullule dans les muscles de l'Écrevisse. Ces observations, très intéressantes au point de vue de la science pure, cette découverte d'une très grande importance pratique, sont le fruit d'études persévérantes, de recherches faites avec un grand soin et une rare conscience. La Société décerne à M. le D' Harz un des prix de 500 francs qu'elle a fondés pour les travaux de zoologie pure pouvant servir de guide dans les applications. Prime de 300 francs. L'histoire naturelle des poissons n'est pas encore vulga- risée comme elle devrait l'être. Il y avait donc utilité à ré- sumer, comme l'a fait notre confrère M. Millet, dans un livre Deu étendu et à la portée de tous, les connaissances acquises. RAPPORT DE LA COMMISSION DES RECOMPENSES. CIII DaDS son petit volume intitulé les Poissons,'M. Millet fait con- naître les espèces les plus utiles, et il s'attache surtout à rendre facile et attrayante l'étude de l'ichthyologie en écartant, autant que possible, les expressions scientifiques. Ce travail a fixé l'attention de la Société, qui lui décerne une prime de 300 francs. Médailles de première classe. M. Bouchon-Brandely, secrétaire du collège de France, a fait d'intéressantes recherches sur l'embryogénie de l'Huître, et de curieuses expériences sur la fécondation artificielle des Huîtres portugaises. Ce sont là des travaux éminemment utiles, qu'on ne saurait trop encourager, car ils ne peuvent que contribuer puissamment aux progrès de l'industrie ostréi- cole. M. Bouchon-Brandely reçoit une médaille de première classe. M. Robert Eckardt, de Liibbinchen, est le créateur d'un vaste établissement de pisciculture, qui est spécialement con- sacré à l'élève de la Truite et de la Carpe, et qui ne compte pas moins de soixante bassins ou étangs. C'est une exploita- tation véritablement industrielle et lucrative. M. Eckardt a beaucoup contribué au développement de l'industrie aqui- cole dans le nord de l'Allemagne, où il exerce la plus heureuse influence. Une médaille de première classe est offerte à M. Eckardt. M. Cari ScHUSTER, premier bourgmestre de Freibourg en Brigau, exploite avec succès, dans le duché de Bade, deux très intéressants établissements de pisciculture, l'un à Sel- zenhof, l'autre à Radolfzell, près Constance. H a obtenu, dans ce dernier établissement, l'acclimatation du Saumon de Cali- fornie, qu'il y tient en complète slabulalion. Des sujets de quatre ans, élevés et conservés captifs dans des bassins de 2"", 50 de diamètre et 0'",50 de profondeur, ont fourni, à l'au- CIV SOCIÉTÉ NATIONALE d'ACCLIMATATION. tomne dernier, 28000 œufs, dont l'éclosion a pu être menée à bonne fin, et dont les alevins ont parfaitement réussi. Un pareil succès ne pouvait échapper à l'attention de la Société d'Acclimatation, qui est heureuse d'offrir à M. Schuster une médaille de première classe. M. ZuNDEL, secrétaire général de la Société d'agriculture des sciences et arts de la Basse-Alsace, s'est occupé, comme l'a fait M. le D"" Harz, de la maladie des Écrevisses ; ses études l'ont amené aux mêmes conclusions que le savant professeur de Munich, dont il est venu corroborer et compléter les observations sur le Distoma cirrigerum, cause de la maladie. Une médaille de première classe est offerte à M. Zundel. Médailles de seconde classe. M. Joseph Crepin a résumé en quelques pages pour le Bul- letin l'important mémoire dans lequel M. le D"" Harz a fait connaître le résultat de ses observations sur la maladie des Écrevisses. La Société d'Acclimatation remercie M. Crepin de son inté- ressant et consciencieux travail, et lui décerne une médaille de seconde classe. M. Placide Louis, régisseur de la piscifacture ciéée par M. le comte Adrien de Germiny, au château de Gouville (Seine-Inférieure), est un coopérateur précieux par son acti- vité, son zèle, son intelligence et son dévouement. Une partie des résultats obtenus lui est due. M. Placide Louis reçoit une médaille de seconde classe. Mention honorable. M. Després acréé à Nanteuil-en-Yallée (Charente), un petit établissement de pisciculture qui paraît appelé à rendre des services dans le département. Ses efforts méritent d'être en- couragés. Ils sont récompensés d'une mention honorable. RAPPORT DE LA COMMISSION DES RECOMPENSES. CV QUATRIÈME SECTION. — INSECTES. Prime de 300 franc!) . M. Alfred Wailly, de Londres, continue, avec le plus louable zèle, ses importations de Bombyciens séricigènes exo- tiques, qui lui ont valu déjà plusieurs récompenses de la Société. Sous un climat aussi peu favorable que celui de l'An- gleterre, il n'en réussit pas moins l'éducation de nombreuses espèces tirées de l'Inde, de la Chine et de l'Amérique du Nord. Par le croisement de certaines de ces espèces, il a obtenu des hybrides qui lui paraissent présenter des avan- tages sous le rapport de la qualité de la soie. M. Wailly reçoit une prime de 800 francs. nicdaille do preutièro classe, M. Péragallo, directeur des contributions indirectes à Nice, a publié sur l'Olivier un travail fort intéressant où la science a été mise, de la manière la plus complète, au service de la pratique. Après avoir examiné les divers modes de cul- ture de cet arbre, il a cherché les moyens de combattre les nombreux Insectes qui attaquent ses fruits ou son bois, et dont l'Invasion a pris, dans ces dernières années, le caractère d'un véritable fléau. Son mémoire contient l'étude complète de ces insectes au point de vue entomologique, et l'on y trouve des observations nouvelles sur le Dacus oleœ. La Société d'Acclimatation décerne à M. Péragallo une médaille de première classe. Afcdallles de seconde classe. Plusieurs fois déjà lauréat de la Société, pour ses éduca- tions de Bombyciens séricigènes exotiques, M. Clément a réussi, cette année, l'élevage du Ver à soie du Chêne de la Chine et celui d'une curieuse race métisse obtenue par le CVI SOCIÉTÉ NATIONALE d'ACCLIMATATîON. croisement des Attacus Pernyi el Roylei; M. Clément a, de plus, constaté la possibilité d'élever V Attacus Pernyi ou Ver à soie du Chêne de la Chine, avec la feuille du Pru- nier. Cette observation est intéressante pour l'éducateur cita- din qui rencontre parfois quelques difficultés à se procurer de la feuille de Chêne pour des essais d'élevage, tandis que la feuille de Prunier se trouve dans tous les jardins. La Société décerne à M. Clément une médaille de seconde classe. On doit à M. Fallou une observation du même ordre que celle faite par le lauréat précédent. M. Fallou a réussi à élever sur l'Érable V Attacus cecropia, et à utiliser ainsi une feuille sans valeur pour l'éducation de ce Ver à soie américain qui, dans les conditions naturelles, vit aux dépens des arbres fruitiers. Une médaille de seconde classe est accordée à M. Fallou. M. HiGNET s'occupe avec succès, à Varsovie, de l'élevage du Ver à soie du Mûrier, sans négliger celui de plusieurs Bombyciens séricigènes nouveaux. Ses éducations du Ver à soie ordinaire n'ont pas été atteintes par les maladies qui désolent presque partout les magnaneries, et il a réussi à obtenir de la graine parfaitement saine, ce qui lui fait penser que l'industrie séricicole trouverait en Pologne des chances de réussite. M. Hignet reçoit une médaille de seconde classe. CINQUIÈME SECTION. — VÉGÉTAUX. médailles de prcuiièrc classe. Le plus grand obstacle à l'introduction de la Ramie a été jusqu'à ce jour la difficulté d'uliliser convenablement ce nou- veau textile, faute d'une machine propre à le décortiquer. Aujourd'hui que ce problème se trouve résolu, grâce à l'invention de M. Berthet, le lauréat de notre médaille d'or, la RAPPORT DE LA COMMISSION DES RECOMPENSES. CVII culture de la Ramie va prendre une grande extension. Déjà sur plusieurs points de la France, plusieurs propriétaires éclairés ont entrepris cette culture et l'exploitent dans des champs de deux cà dix hectares ; ce sont là autant de bonnes écoles pour les cultivateurs, autant de pépinières où nous irons nous approvisionner, puisque les producteurs seront assurés de trouver facilement à écouler leur récolte. Ce sera une source nouvelle de richesse pour notre agriculture. La Société décerne avec satisfaction une médaille de pre- mière classe : A M. le comte d'ABBADiE de Barrau, pour la multiplication 65,062 80 F. Cautionnement déposé dans les caisses de la Ville de Paris 5,000 » 5,000 » 5,000 u G. Outillage et matériel à Meulan 579 25 1,408 90 1,578 » 650,062 45 Vous remarquerez, messieurs, que, dans le tableau des valeurs actives constituant l'avoir réalisable de la Société, ne figurent plus les plantes, les animaux et le matériel du Jardin d'Acclimatation d'Hyères. Une Société, qui s'est constituée, il y a quelques mois, pour créer à Hyères un établissement horticole, ayant proposé à votre Conseil de se charger de l'exploitation de votre succursale provençale, vos administra- teurs ont cru devoir accepter ses offres. Les plantes, les animaux, le matériel existant à Hyères ont été vendus à la Société nouvelle qui se présentait, moyennant deux cent mille francs, payés comptant. La Société du Jardin zoologique d'Acclimatation n'a pas aliéné la concession qui lui a été faite par la Ville d'Hyères, elle a simplement délégué la direction de cette entreprise en s'assurant les avantages les plus sérieux. En effet, en outre du prix ci-dessus rappelé, la Société nouvelle a consenti à nous abandonner 25 pour 100 des bénéfices nets réalisés par l'exploitation, moyennant que nous maintiendrions à l'établissement le titre de « Suc- cursale du Jardin zoologique d'Acclimatation d qu'il portait déjà. Cette combinaison nous décharge de tous les risques de l'entreprise, tout en nous assurant une part dans les bénéfices qui, on doit l'espérer, ne se feront pas attendre. L'arrangement conclu s'imposait en quelque sorte à votre Conseil allemande et Commune) comprises, est de 314 871 fr. 98; le total des excédents de recettes réalisées, de 755617 Ir. 21. Depuis son commencement jusqu'au l" janvier 1882, rcxploitation a donc produit 410 775 IV. 23 de plus qu'elle n"a coûté. (I) L'installation du tramway comprend non seulement la création de la voie et du matériel roulant, dont la valeur est ici portée, mais encore l'acquisition de chevaux et harnais qui figurent à l'inventaire des animaux et du matériel: CXVI SOCIÉTÉ NATIONALE d'ACCLIMATATION. d'administration; car, faute de capitaux, l'établissement hyérois ne pouvait prendre les développements qu'il comporte. En effet, pour obtenir rapidement les produits rémunérateurs qui fe- ront du Jardin d'Hyères une affaire prospère, la Société nouvelle a dû exécuter des travaux importants, que, faute de ressources suffisantes, nous ne pouvions entreprendre. Continuer cette exploitation dans les conditions où nous étions, c'eût été paralyser son essor, renoncer à l'avenir que lui assurent sa situa- tion, son passé et l'esprit qui a présidé à sa création. iNous remarquons, dans le tableau de l'actif, que la valeur de la col- lection d'animaux existant au Jardin zoologique d'Acclimatation de Paris, qui était au 31 décembre dernier de 341 878 fr. 65, s'est abaissée de 27 000 francs environ depuis l'inventaire précédent. Des réalisations importantes, des mortalités assez onéreuses, surve- nues à l'arrière-saison, expliquent cette différence. Par contre, il convient de signaler l'importance du chiffre qui repré- sente la valeur des plantes disponibles; elles figuraient à l'inventaire de 1880 pour 55 385 fr. 55 ; elles comptent, au 31 décembre 1881, pour 90 01 i francs. De nombreux acbats ont été faits : les uns pour enrichir notre beau Jardin d'Hiver, les autres pour les besoins de notre commerce de végé- taux qui, vous le verrez plus loin, a donné des résultats satisfaisants. Il est encore un article sur lequel nous devons attirer votre attention : c'est la valeur du tramway dont nous avons déjà parlé plus haut, et qui figure à l'actif pour 65 062 fr. 80. Dès cette année (1881), la valeur de la voie et du matériel-tramways a subi un amortissement, et, d'année en année, vous verrez ce chiffre décroître. 3° Les valeurs disponibles, figurant à l'actif, représentent 108 239 fr. 90, c'est-à-dire une augmentation de 60 111 fr. 85 sur l'année 1879, et de 34 088 fr. 35 sur l'année 1880. Des chiffres que nous vous avons présentés, il résulte que, dans l'exer- cice 1881, la situation sociale s'est améliorée. Le bilan nous montre en effet que le passif exigible a diminué de plus de 1.50 000 francs; que les valeurs disponibles ont augmenté notablement. Cet exercice a donné un excédent de recettes de 102 746 fr. 20. Dans le compte d'exploitation que nous vous présentons pks loin, vous verrez les éléments de recettes et de dépenses auxquels nous devons ce résultat. SITUATION FINANCIERE DU JARDIN. GXVII Compte d'exploUation de Texereice ISSl. Recettes. Subvention du Ministère de l'Agriculture Participation sur cotisations des membres de la Société d'Acclimatation Entrées du Jardin Abonnements Promenades Location des cbaises Exposition permanente ... Loyer du buffet Manège 10 Dons d'animaux Bénéfice du compT animaux, mortalité déduite Saillies Ventes des œufs Bénéfice du compte graines et plantes Librairie Pré-Catelan Jardin d'Hyères Succursale de Meulan Tramways 0,000 4,-205 545,373 12,630 » 45,714 25 12,774 20 10,250 » 22,074 90 12,111 80 300 75 25,215 45 3,807 50 9,770 25 10,408 00 4,958 40 4,001 30 30,074 20 239 95 29,715 95 Dépenses. Personnel Uniformes Nourriture des animaux, . . Aquaiium Entretien des bâtiments. .. Entretien des clôtures Entretien du Jardin Abonnement des eaux Chauffage et éclairage Mobilier industriel et outil- •;»ge Outils de jardinage Concerts Omnibus Frais de bureaux Frais de correspondance. . Publicité Loyers Assurances Impositions Timbre et impôt des ac- tions et obligations Assemblée Frais Rucher Bureau de tabac Esquimaux Fuégiens générale. Intérêts des obligations. . 157,594 50 12,093 » 181,805 « 4,915 15 34,372 05 7,915 35 4,100 85 3,251 50 18,203 95 45,800 00 342 85 31,018 05 2,012 15 5,902 10 5,802 30 10,375 05 4,496 05 2,349 25 4,673 80 2,339 55 915 95 29,117 60 1,352 60 912 20 7,080 20 93,480 55 21,925 .. Total des dépenses de l'exercice 1881 094,748 40 Excédent des recettes de l'exercice 1881 102,7^6 20 T 18 SOCIÉTÉ NATIONALE D'âCCLIMATATION. N°^ 537, 538, 539, 540. Objets divers en bambou sculpté (staliiettes, bateaux, animaux); N" 54-2. Statuette très fine en bambou sculpté; N° bM. Série de tamis en bambou tressé. Douanes chinoises de Foochow : N° 587. Pipes en bambou (tuyaux en tige de bambou, four- neaux en rhizome de bambou). Douanes chinoises de Canton : N° 607, Boîtes à tabac en bambou sculpté ; N" OiS. Porte-cigares en lamelles de bambou. Dans la classe 37 (objets accessoires du vêtement). Douanes chinoises de Canton : N"' l'156 et 1162. Collection d'éventails en bambou recou- verts de papier de bambou. Douanes chinoises de Ning-Pô : NMlSo. Parapluies en bambou. Douanes chinoises de Wenchow : NMIS^. Parapluies de différentes grandeurs et parasols. Parties constituantes des parapluies (manche, membrures, couverture en tige, lamelles et papier de bambou). Douanes chinoises de Takow : N° 1131. Yêtement en bambou et ficelle. Douanes chinoises de Swatow : N°' 1135 et 1136. Collection d'éventails et d'écrans en gaze, à tige et à membrures de bambou . Dans la classe 38 (vêtements). Douanes chinoises de Ning-Pô : N° 1200. Chapeaux en bambou tressé. Dans la classe M (produits des exploitations et industries forestières). Douanes chinoises de Canton : N" 1531. Nombreux objets fabriqués en bambou. Dans la cl-asse 45 (instruments de pêche). Douanes chinoises de Ning-Pô : N" 1585. Paniers à poissons en bambou. Dans la classe 46 (produits agricoles non aUmentaires). N" 1732. Mèches de lampes en moelle de bambou. PRODUCTIONS VÉGÉTALES DU JAPOxN. 19 Dans la classse 51 (matériel et exploitations rurales et forestières). Douanes chinoises de Giiefoo et de Shanghaï : W 2715. Instruments aratoires en bambou (pelles, four- ches, houes, râteaux). Douanes chinoises de Wenchow : N" 2730. Paniers en bambou. Douanes chinoises de Foochow : N''2731. Torches en bambou. Douanes chinoises de Canton : ^^"2736. Paniers en bambou. Douanes chinoises de Kiungchow : N" 2739. Tamis en bambou; N° 2744). Van en bambou ; N" 2741 . Paniers et boites en bambou ; N° 2743. Appareil en bambou pour cuire les aliments à la vapeur. Douanes chinoises de Canton : N" 2743. Malle en bambou ; N°275i. Paniers en bambou. On retrouve en Chine les mêmes usages du bambou qu'au Japon. Les meubles légers, les lits, les fauteuils, les chaises, les canapés, les étagères, confectionnés en bambou, se fabriquent surtout à Canton. Les éventails et les écrans en bambou sont, en Chine, l'objet d'un commerce considérable, et, d'après M. Verdier-Latour, lise fabrique plus d'un milliard d'éventails en Chine chaque année. L'éventail n'est pas seulement réservé aux femmes ; les hommes les plus riches comme les plus pauvres; l'empe- reur, les mandarins, de même que les coolies et les plus misérables Chinois s'en servent journellement , avec cette différence que les Chinois riches ont des éventails en bambou sculpté, en bois de santal, en écaille ou en ivoire sculpté ou laqués d'or. Pékin et Canton ont la spécialité des éventails en bambou. Les éventails les plus recherchés sont ceux de Sout- chao. ils sont estimés pour leur solidité et remarquables par 20 SOCIÉTÉ NATIONALE D ACCLIMATATION. la finesse des lamelles de bambou qui les composent, et par la beauté de leurs sculptures. Les écrans sont composés de minces nervures de bambou recouvertes de papier ou de gaze de soie. Ceux de Swatow sont en soie jaune et ornés de jolies peintures; ceux de Tsinan-fu dans le Shanlung sont richement brodés ; ceux de Pékin sont garnis de plumes de queues d'aigles; ceux de la province du Kwangtung sont ornés de plumes d'argus, de faisan du Yùnnan, de plumes de héron ou de marlin-pêcheur. Quant aux parasols et aux parapluies en bambou, ils se fabriquent en Chine sur une immense échelle et s'expédient en quantité considérable à Calcutta et à Bombay pour servir à toutes les populations de l'Inde. Les tuyaux de pipes en bambou et les fourneaux de pipes faits avec la base des tiges de bambou ou avec la partie sou- terraine des tiges donnent aussi lieu à un très grand com- merce. Pendant la croissance du bambou, les tiges sont remplies d'une moelle abondante qui se résorbe à mesure que la plante grandit. Celte moelle est utilisée pour préparer les mèches des lampes; on la trempe dans une solution de salpêtre, on la coupe par morceaux et on la fait sécher; elle est alors employée pour l'éclairage et brûle comme mèche de lampe à huile pendant plusieurs jours sans charbonner. Parmi les monuments historiques les plus anciens de la Chine, on doit citer les livres en lames de bambou attachées les unes aux autres et couvertes d'inscriptions soit gravées, soit sculptées en relief; ces livres sont très rares et très re- cherchés par les Chinois. Un des usages les plus importants du bambou en Chine et qui donne lieu à un commerce considérable, non seulement pour l'intérieur mais avec le monde entier, c'est le papier de bambou. Si au Japon, le bambou ne vient que comme acces- soire dans la fabrication du papier (1), en Chine, au contraire, il forme, ainsi que le papier de paille de froment, le plus beau et le plus durable des papiers. (Ij Au Japon, le papier se fabrique quelquefois avec le Bambou; presque PRODUCTIONS VÉGÉTALES DU JAPON. 21 Suivant les documenls de la commission chinoise de l'Ex- toujours les Japonais se contentent d'ajouter un pou de bambou aux substances employées dans la fabrication des divers papiers. Les substances utilisées généralement sont : L'écorce du Kadsi-Noki, Mûrier à papier (Broussonetia papijrifera), de la fa- mille des Morées, arbre importé de Chine ; Le M Us' Mata {Edgeworllua papyrijera), de la famille des Thymélées ; très fréquemment cultivé au Japon, surtout dans l'île de Nippon, et qui sert à fabri- quer le meilleur papier ; Le Gampi {Wiclcslrœmia canescens), de la famille des Thymélées : le papier préparé avec le Gampi est très fin, très souple et inattaquable aux vers; Le Hagi {Lespedeza Cyrtohotnja), de la famille des Légumineuses: commun dans l'ile de Kiusiu, près de Nagasaki, dans llle Inosima et dans la partie centrale de l'île de Nippon ; Le Nigaki {Picrasma ailantoides de Planchon), de la famille des Simaroubées, qui fleurit en juin et en juillet dans les forêts de la partie centrale de l'ile de Nippon, dans les environs de Yokohama, de Kamakoura et de Yokoska, et qu'on rencontre aussi dans l'île de Yeso ; Le Kawa Yanagi (Salix Japonica), de la famille des Salicinées, qu'on trouve surtout dans l'île de Kiusiu, dans la province de Fizen, dans la partie centrale de l'île de Nippon et dans l'île de Yeso, près Hakodale ; Le Sugi (Cniptomeria Japonica), de la famille des Conifères; Le Hinold [Ciianuecgparis obtusa), de la famille des Conifères. L'exposition japonaise contenait, dans une vitrine spéciale, des spécimens de tous les papiers fabriqués au Japon; à chaque papier différent était joint un échantillon de la plante avec laquelle ce papier avait été fabriqué. Une autre vitrine contenait des échantillons d'étoffes faites avec du papier. Un des compartiments renfermait des feuilles de papier coupées en bandes étroites; un autre compartiment était réservé à des étoffes blanches et unies, ainsi qu'à des étoffes soyeuses à jolis dessins. Dans la classe It) (papeterie, matériel des arts et du dessin], on remar- quait : N" 1. Papiers durs et solides du département de Kanagawa (province de Musasi) ; N° 2. Gampissi (sorte de papier fabriqué avec le Gampi), du département de Shidsuoka (province de Suruga) ; N" 3. Collection de papiers de différentes sortes de la Société industrielle et commerciale de Tokio ; N" 5. Spécimens de divers espèces de papiers deKbchi (province de Tosa); N" tO. Diverses espèces de papiers de la Société industrielle dépendant de la banque Mitsui, à Tokio; N° 11. Papiers durs du département de Kanagawa (province de Musasi); N" 12. Papier monnaie du bureau spécial du ministère des finances (Sihei- Kiokou); N' 13. Papiers de différentes sortes fabriqués au Sho-si-bon (section chargée de la fabrication des papier.*); iN° 14. l'ailier ;ï filtrer la laque {Uruslii-Kosliigami), du département de Sakaï (province de Idsumi). Kii (;iiine, les autres substances employées pour la fabrication du papier sont : la paille de Froment, les paillesde lliz et de Millet, le Chanvre, les cocons de Vers à soie, les écorces de Mûrier blanc, du Uroiissonelia papyrijera, le Rotin, certaines Algues, les écorces de l'Ailanlus glandulosa et du l*in, et enfin VAralia papyiifera, dont la niocllc déroulée fournit le papier de riz. 25 SOCIÉTÉ NATIONALE d'aCCLIMATATION. position (i), le papier de bambou se fabrique de la manière suivante : <( On laisse macérer pendant cent jours environ les tiges » de bambou liacbées en petits morceaux puis réduites en » fibres par l'action d'un maillet. Ces fibres sont traitées en- » suite par la chaux et l'eau bouillante, pendant près de dix » jours. On les désagrège au moyen d'un pilon. La pâte ainsi n obtenue est additionnée d'eau, et on y plonge les formes » faites d'un fin treillis de bambou. Les feuilles, pressées et » égouttées au moyen d'un appareil à levier, sont appliquées » à la brosse sur la surface extérieure d'un four à sécher » formé de deux murs parallèles en briques. Celle fabrication >) a lieu surtout au Szechwan. » D'après M. Yerdier-Latour, cette fabrication a lieu comme il suit : « Les Chinois coupent les tiges près du sol et en font des paquets de 50 centimètres de long. Ils placent ces paquets dans des réservoirs remplis d'eau el de boue, de manière que les paquets plongent entièrement dans l'eau. Ils les laissent macérer pendant une quinzaine de jours, jusqu'à ce qu'ils commencent à s'amollir, » Si les bambous sont jeunes, la macération est moins longue (le papier obtenu est alors plus souple, mais moins blanc). Quand les paquets sont ramollis, on les coupe de nou- veau, puis on les place dans des "mortiers en pierre; on y ajoute de l'eau et on Iss réduit en pâte au moyen de pilons mus par un système hydraulique. » La pâle est ensuite débarrassée des matières étrangères et des parties de bambou qui sont restées dures; puis elle est versée dans une cuve où elle cuit jusqu'à ce qu'elle commence à s'épaissir ; on retire le feu, et l'on ajoute de l'eau pour rendre la pâte de nouveau liquide et on la verse dans des moules dont le fond est en bambou percé de trous espacés régulière- ment. Ces moules placés sur deux bâtons transversaux sont mis en mouvement afin d'égaliser l'épaisseur des feuilles de (1) Catalogue chinois dn rExposition universelle de Paris, publié par orJre du directeur général des douanes maritimes chinoises, p. 2, 1878 PRODUCTIONS VÉGÉTALES DU JAPON. ^ papier. Ces feuilles sont retirées avec soin en retournant le fond des moules, puis elles sont placées sur des tables de métal ou de pierre polie qu'on chauffe en dessous pour activer la dessiccation. On expose alors les feuilles de papier à l'air sur des lon- gues tiges de bambou où elles finissent de sécher à l'air libre. On a soin de frotter les feuilles de temps à autre avec des brosses de crin, pour enlever la poussière et les corps étran- gers. Le papier une fois sec est passé sous des rouleaux afin d'être poli. Si le papier n'est pas collé, il ne résiste pas à l'action des encres européennes et l'on ne peut s'en servir pour écrire. Le papier destiné aux usages chinois n'est pas collé, car les Chinois ont une encre peu acide et ils ne se servent pas de plumes, mais de pinceaux pour écrire. Le papier destiné à l'exportation e^t collé avec une solu- tion de colle de poisson et d'alun. Quand il est collé, on le passe de nouveau sous des rouleaux compresseurs pour le polir. Le papier de bambou est gris ou jaunâtre; pour le rendre plus blanc, on mêle à la pâte des acides décolorants. Afin de lui donner plus de consistance, on y mêle une cer- taine quantité de coton nankin qui lui communique sa cou- leur Jaunâtre. Le papier fabriqué dans les provinces du nord de la Chine est plus blanc, parce qu'on n'y ajoute pas, comme dans le sud, un tiers de coton jaune de nankin. Le papier de bambou, surtout celui qui est fabriqué avec des tiges choisies, est fin et soyeux. Il est 1res bon pour l'im- pression de la gravure sur acier, il donne aux épreuves une It'iulc plus fondue et fait ressortir l'éclat de la gravure. USAGE MÉDICIÎ<[AL DU BAMHOU Dans la médecine des Japonais etdesChinois, les rhizomes sont employés comme remède antifébrile dans les lièvres ainsi que dans les affections puerpérales, et comm a^trin- 24 SOCIÉTÉ NATIONALE D'ACCLIMATATION. gent dans les cas d'hémorrhagies et de saignement de nez. Les jeunes pousses sont prescrites comme aliment médi- cinal dans les maladies de l'estomac et des intestins, surtout dans les dysenteries. Ces pousses de bambou donnent, par expression, un suc dont on fait un sirop dépuratif. Les feuilles sont réputées comme toniques, stomachiques et anthelminthiques. Quant au Tabashir des anciens, c'est la concrétion sili- ceuse qu'on rencontre souvent dans les nœuds de certaines espèces de bambou. On trouve aussi celte substance dans le sol sur lequel on a brûlé une plantation de bambous. Suivant M. Smith, le Tabashir donne à l'analyse : Silice 90,50 Potasse 1 ,50 Peroxyde de fer 0,50 Alumine 0,40 Eau 4,87 Perte 2,23 100,00 Le Tabashir est usité dans les affections catarrhales, dans les convulsions choréiques et épileptiformes des enfants. Coupée par morceaux et exposée à l'air, la tige verte du bambou laisse suinter un liquide employé contre les spasmes et les crises nerveuses. On ti^ouve souvent le long des tiges, des trous produits par des vers. Ces vers longs et blancs sont très recherchés dans la cuisine chinoise et on les mange cuits à l'étuvée et relevés par une sauce brunâtre. Ces vers sont donnés par les méde- cins comme remède aphrodisiaque. Dans les trous produits par ces vers, il y a une poudre jaunâtre qu'on emploie contre les maladies des yeux de cause nerveuse, et qui est préconisée contre l'épilepsie. Les feuilles chauffées servent à former des sortes de cata- plasmes pour combattre les hémorrhoïdes. Le papier fin de bambou est usité pour guérir les plaies et PRODUCTIONS VÉGÉTALES DU JAPON. 25 les blessures. On mouille le papier avec la salive et l'on en place quatre ou cinq feuilles superposées sur la plaie : on les laisse cinq à six jours sur la partie malade, qui est souvent cicatrisée de cette façon. Les Chinois, principalement, soignent de cette manière, toutes les blessures par instruments tran- chants. USAGE ORNEMENTAL Le bambou est d'un usage ornemental très répandu au Japon. Dans leurs jardins, qui figurent toujours un paysage complet en miniature, avec bois, étang, rivière, cascades, les Japonais placent souvent des massifs de bambous de diffé- rentes espèces dont l'effet est très gracieux. Ils le mêlent à leurs rochers artificiels et en placent des touffes dans leurs interstices. Souvent, à l'automne , les feuilles de certaines espèces prennent des teintes qui varient du bleuâtre au rouge sombre et augmentent l'aspect ornemental d'une plante déjà si élégante et si svelte. En Chine, où le bambou est très apprécié, les Chinois ne comprennent ni jardins, ni promenades, sans plantation de bambou, et on en trouve partout. Autour des grandes villes, des villages et des fermes, se trouvent toujours, au Japon, des cultures et des massifs de bambou Mô-so (1), qui non seulement abrite des vents, mais est encore utilisé au point de vue alimentaire par ses jeunes pousses. Le bambou Mo so a une tige volumineuse au pied, de 0"',i5 à 0™,20 de diamètre, avec 2 centimètres d'épaisseur de ligneux. Cette tige diminue rapidement de grosseur dans sa (1) Le Bambou Mo-so n'est pas indiqué dans l'ouvrage de M.M. Franchct et Savatier. II en est fait mention dans le travail de M. le docteur Vidal sur les usages du Bambou, p. 9. M. le docteur Vidal dit que le Môso a une tige de 15 à 20 centimètres de diamètre et un ligneux de 2 centimètres d'épaisseur. Ce sont de véritables arbres creux, mais plus forts que des arbres de même diamètre à bois plein. M. l)u|)ont, dans son ouvrage sur les essences forestières du Japon, p. lA, cite le Mô-so comme un Bambou très gros au pied, dont le diamètre diminue rapide- ment, à nœuds rapprochés et à faible hauteur, dont la tige est poreuse et peu résistante, mais cpii est cultivé sur une grande échelle dans le voisinage de toutes les grandes villes pour ses jeunes pousses alimentaires. iO SOCIÉTÉ NATIONALE d'ACCLIMATATION. partie supérieure; son tissu est peu résistant, bien que les nœuds soient rapprochés; sa hauteur est de 15 à 20 mètres. Les Japonais font aussi des plantations autour de leurs maisons pour se garantir des vents et en même temps pour leurs usages industriels qui nécessitent de forts bambous avec la grosse espèce qu'ils appellent Madake {B. milis), dont la hauteur est de 12 à 15 mètres et peut aller jusqu'à 25 mètres. Suivant M. Dupont, les bambous Madake de dix ans ont 0'",15, 0'",18 et même 0'",27 à la base. Dans la partie méridionale de l'île de Kiusiu, le bambou Madake acquiert des dimensions plus grandes que dans l'île de Nippon. M. Dupont cite dans le territoire de la province de Hiuaa des bambous Madake de 0'°,55 de circonférence au pied, ayant 0'",25 dans la moitié de leur hauteur et s'élevant à 25 mètres. C'est surtout dans la province de Satsuma que se rencontrent les plus gros bambous Madake. Pour leurs bosquets, les Japonais se servent de VArundi- naria Japonica de Siebold et Zuccarini et d'Asa Gray, qu'ils nomment indistinctement Metahe, Onatake et Shistihu, ou bien du Bambusa puberula, de Miquel, qu'ils appellent aussi Melake, et qu'on trouve communément dans les rizières de l'île de Nippon, principalement auprès de la ville d'Osaka, d'après Buerger, et de la ville de Yokoska, suivant le D' Sava- lier. Ils y mêlent fréquemment le Hatshihu, qui est une va- riété du i?. 'puherula; ce bambou est presque aussi élevé, mais sa tige est moins grosse. Le Halshiku se rencontre sou- vent dans les montagnes. Ils plantent ordinairement dans leurs jardins le Bamhusa nifjra, qui semble, d'après MM. Franchet et Savatier, ne pas diiférer d\iB. puherula, autant qu'on peut en juger par les rameaux et les feuilles toujours pubescentes en dessous, à la base de la nervure médiane. Toutefois, le D' Savatier n'a pas vu les tiges devenir noires, avec l'âge, comme dans la plante rapportée du nord de la Chine par M. de Montigny. Le colonel Munro (1), dans son travail sur les différentes (1) Munro (William), A Monograph of the Bambusaceœ includmg, descriptions ()[ ail he species {Transactions of the Linnean Society, vol. XXVI, 18(36). PRODUCTIONS VÉGÉTALES DU JAPON. 27 espèces de bambous, rapporte au genre Phyllostachys bam- Imsoides, le B, nigra, ainsi que le B. kumasasa de Zollinger et de iMiquel. hePhyllostachys bambusoicles (1), Kusa take, qu'on trouve souvent sur les collines et les montagnes, dans les îles de Kiusiu et de Nippon, et assez communément dans les envi- rons de la ville de Yokoska, est une espèce qui fleurit rare- ment. D'après le D"" Savatier, ses feuilles sont souvent bordées d'une large bande jaune : ces feuilles vertes et jaunes sont fré- quemment mêlées à des feuilles complètement vertes sur le même rameau. Aussi MM. Francbet et Savatier pensent-ils qu'on ne doit pas conserver la variété Albo marginata de Miquel, qui, d'après eux, se rapproche du B. Senunensis, dont elle ne diffère que par ses feuilles plus arrondies à la base ; la disposition des nervures et des stries Iransverses étant identique ainsi que la gaine et la ligule. Le Bambusa kumasasa de Zollinger et de Miquel, dont les fleurs ne sont pas connues, est une espèce à petite lige cylin- drique, grêle et panachée, sans branches latérales, qui est très ornementale pour les jardins. Il se rencontre souvent sur la lisière des cliamps et dans les bois de l'île de Kiusiu, sur- tout auprès deSurasi, d'après Buerger, etdansl'îlede Nippon, dans les environs de la ville de Yokoska, où le D'' Savatier l'a trouvé fréquemment. On voit encore, dans les jardins japonais, le Sudzu take du docteur Vidal, petite espèce qui paraît assez semblable au B. puhcrula, var. nigra. Sa tige, de la grosseur d'un chaume de blé, offre des variétés à tige noire, à tige blanchâtre ta- chetée de noir et à tige blanc jaunâtre. D'après Fortune, on trouve souvent dans les jardins japo- nais, surtout à Nagasaki, des Bambous nains à feuilles pa- nachées. Les Japonais plantent souvent dans des vases qu'ils placent dans les jardins ou dans l'intérieur des appartements des (I) Siebold et VAiccnrini, Abhandluugen der Mathem, Phijdkalisclien Classe dev litruiiiUch naije rischev Académie der Wissemchaflen, BsLtid III, p. 7iô, tabl. 5, liij. .1 Muiiicli. IbW. 28 SOCIÉTÉ NATIONALE d' ACCLIMATATION. petites espèces à tige jaune, entre autres le Bungo zasa, à tige jaune, de la grosseur d'une canne, et \e Bungo zasa à tige jaune, de la grosseur d'une plume à écrire. On rencontre encore dans les jardins, dans la partie septen- trionale du Japon, le Bambusa violascens, qui croît aussi dans le nord de la Chine. Cette espèce très vigoureuse atteint 5 à 7 mètres de haut, le diamètre de sa tige varie de 8 à 4 centimètres : les bour- geons sont d'une couleur noire violette et sont recouverts d'une espèce de glaucescence ou pruine qui fait ressortir la couleur violacée : c'est une jolie espèce ornementale. lien estde même dui?. pygmœa de Miquel {GiuMeitsik et Giu itsi ku) qui, d'après le D' Savatier, est cultivé dans les jardins de Yokoska. Cette espèce à rameaux cylindriques est bien caractérisée par des petites feuilles lancéolées, disposées alternativement au nombre de 15 à 20 au sommet des ra- meaux. Les Japonais cultivent aussi le B. variegata de Siebold et de Miquel, dans l'île de Nippon, aux environs de Yokoska, sui- vant le D' Savatier, et dans l'île de Kiusiu près de Momo Saki, d'après Berger. On y rencontre aussi le B. aurea de Siebold et de Miquel ou B. nana de Roxburg (1). La tige et les rameaux de cette espèce sont cylindriques. Les feuilles sont dépourvues de stries transversales entre les lignes longitudinales qui sont fines et rapprochées. Elles sont complètement glabres d'après Miquel. Celles du B. nana sont pubérulentes sur les nervures. Comme MM. Franchetet Savatier l'indiquent (;2), les soies raides et courtes du sommet de la gaine sont tellement caduques que la plupart des gaines, surtout les supérieures, en sont complète- ment dépourvues. Les haies et les clôtures des jardins sont fréquemment formées, dans les environs de Yokoska surtout, avec le Chino Take {B. Chino) espèce nouvelle (Franchet et Savatier). Cette (1) Roxburg, Hort. Beng., p. 25. (2) Francliel et Savatier, Enumeratio plantarum in Japonia, voL II, p. 183, n° 2255. l'UUUUCTIONS VÉGÉTALES DU JAPON. 29 espèce, peu robuste, très compacte, s' élevant de 2 à 3 mètres de hauteur, a des rameaux cylindriques ; ses feuilles attei- gnent presque 0™,20 de long sur 0'",0I5 à 0"',0^10 de large; elles sont nettement striées en travers. LeB. Chino ressemble Siu B. floribimda de Zollinger ou B. glaucescens de Sieboid (Tsinls-Take) dont les rameaux sont arrondis, les feuilles très étroites et glauques (Franchet etSavatier, vol. II, p. G07, W^^bS). LeB. C/ii^Jo est plus robuste .que le B. floribunda. Il se rencontre en abondance dans les pays montagneux. Les haies et les clôtures sont aussi constituées avec le Otet- chiku, espèce de Bambou, très branchu, très compact, et dont les nœuds sont très rapprochés. Les Japonais emploient quelquefois pour faire des haies impénétrables qui les garantissent des voleurs, une espèce épineuse qu'ils désignent sous le nom d'Ibam-Take, c'est le Bambou que les Chinois nomment Kih-Tchou. Les plus élevés de ces Bambous mesurent deux zyau (6 mètres) : à chaque nœud est une forte épine un peu recourbée de 2 centimètres, accompagnée d'une deuxième épine moins longue. Ce bambou est décrit dans la grande encyclopédie japonaise intitulée : Wa-Kan-San-Sai-Dti-ye, dans l'édition publiée en 1714, liv. 85, p. 12 (I). Il est aussi mentionné dans le traité d'histoire naturelle chinoise appelé : Pen-lsao-kang- mouh. En général, les haies de Bambou durent près de vingt ans, sans avoir besoin d'être renouvelées. Presque toujours, du reste, le bambou commence à dépérir après vingt ans, et les vers s'y mettent. Comme nous l'avons dit plus haut, ces vers longs et blancs sont très appréciés par les Chinois qui les mangent comme mets aphrodisiaque, cuits à l'étuvée et relevés par une sauce brunâtre. Préparés de cette façon, ils ressemblent à une sorte de macaroni. (1) Je dois ces renscignemcrUs à l'obligeance de M. Léon de Rosny, professeur de japonais à TÉcoie des langues orientales, rjui a traduit devant moi l'article sur le livre japonais orné de la gravure du fJanibou épineux, livre très rare et qui décrit les principaux Bambous du Japon. 30 SOCIÉTÉ NATION ATE D' ACCLIMATATION. INTRODUCTION ET ACCLIMATATION DU BAMBOU EN EUROPE ET EN AFRIQUE Les premiers plants du Bambusa nigra ont été apportés et plantés en Angleterre en 1827. Le Bambou noir a été introduit du nord de la Chine en France, en 18i6, par M. le vice-amiral Cécile, en même temps que le Bambusa viridi-glaucescens de Carrière. Le Bambusa mitis a été envoyé en France en iS^O par M. de Jancigny à M. A. Denis, qui l'a planté dans son jardin à Hyères. Dans la même année, M. Denis recevait de l'Inde, par l'entremise de M"' de Jancigny, les B. gracilis^ arundi- nacea et aurea. Suivant M. Denis (1) ce n'est pas M. de Montigny, mais bien M. de Jancigny qui a doté la France du B. milis. M. de Montigny, consul de France à Shanghaï, a envoyé le B. miiis à M. Hardy, directeur du jardin d'Alger, en 1855 ou 1856. L'A mndinariaJaponica {Metake) a été introduit enEurope en 1850 par Siebold. L'A Tundinaria /a7crtte provenant des monts Himalaya a été introduit par M. Tan Houtte; il y a trente-trois ans environ. Le B. Simoni a été introduit en France en 1862 par M. Eugène Simon, consul de France en Chine. Le B. flexuosa a été introduit de Chine au Jardin d'Accli- matation du bois de Boulogne en 1864'. Le Jardin l'a multi- plié et fait entrer dans les cultures. Le B. sulphurea a été introduit du Japon au Jardin d'Ac- climatalion du bois de Boulogne en 1865. LeJ5. Quilioi a. été apporté du nord du Japon en France en 1866 par M. l'amiral du Quilio. Ont été introduits aussi : le B. angidata, à tige carrée; le B. Forttinei de Van Houtte, venant du Japon ; le B. aurea de Siebold, d'origine japonaise. (1) Bulletin de la Société d'Acclimalalion, 1869, p. 362. Espèces de Bambous introduites depuis pou de temps dans les jar- PRODUCTIO^JS VÉGÉTALES DU JAPON. 31 / Le Bambusa aurco-striata. I — argenteo-striata. — viridi-striata de Chine. — spinosa, venant des Indes orien- tales et de Java. — Quilwui, du nord du Japon. — violascena, du nord de la Chine dins d'Europe et im- ; — Ragamoivski à larges feuilles, ve- parfaitement, connues j nant du Turkestan. d'après M. Lavallée(l).j - Smo/ii de Carrière, venant du Japon. Le Dendrocalamus latifoUus, de Munro, ou B. verticillata deP)entham, venant de Chine. Le Dendrocalamus strlctus ou Bambusa stricta de Roxburg, des Indes orientales. En Algérie, dans le jardin d'essai, au llamma d'.\lger, ont été cultivés, d'abord sous la direction de M. Hardy (2), puis de M. Rivière (3), comme bambous à végétation automnale et à toufîe cespiteuse : l°Le B. macrociihnis de A. Rivièi^e, d'origine chinoise, de 15 à 25 mètres de haut et de 1 à 15 centimètres de diamè- tre de tige ; 2" Le i?. Hookeri ou B. maxima de Poiret, de Chine, ayant 10 à 12 mètres de haut et 8 centimètres de diamètre de tige; 3° Le B. vulgaris de WendI, ou B. Madagascariensis Ilort., venant de Madagascar, de 12 à 15 mètres de haut, avec 8 à 10 centimètres de diamètre de tige ; A" Le B. vulgaris vitta ta de A. Rivière ou B.variegata, venant de Java, ayant 8 mètres de haut et 7 à 8 centimètres de diamètre de tige; 5° Le B. spinosa de Roxburg, de Java et des Indes orien- tales, à fortes épines recourbées, venant par trois, deux petites épines latérales et une grande épine centrale, au niveau de (1) A. Lavallée, Arhorelum Segreùanum, 1877, p. 306. (2) îiuUelin delà Société (VAccUmatation, p. 4-87. Culture des Bambous de Chine en Algérie, par M. Hardy, 18."j7. (3) Les BmnhouH, par Auguste et Charles Rivière {Bulletin de la Société d'Ac- cUmaiatinn, n" d'octobre, t«78, p. 622 cl 623. 32 SOCIÉTÉ NATIONALE d'ACCLIMATATION. chaque nœud de la lige, qui a 5 à 6 centimètres de diamètre : le B. spinosa atteint 8 à 10 mètres de hauteur ; 6" Le B. stricta de Roxburg, de l'Himalaya, ayant 6 à 7 mètres de hauteur, ef'lixS centimètres de diamètre de tige ; 1" Le B. strida-argentea, Hort., ayant un développement moindre que le B. stricta ; 8° Le B. gracilis Hort., de 8 mètres de haut et à tige de 2 centimètres de diamètre ; 9" Le B. gigantea, de Yallich, de Tenasserira, ou Dendro- calamus giganteus de Munro, qui a 3 mètres de haut et3cen- timèlres de diamètre de tige; 10'' Le B. scriptoria, Dennst., des Indes orientales, qui atteint l^jSO à 2 mètres de haut et 1 centimètre de diamètre de tige. Comme Bambous à végétation vernale etàrhizomes traçants, le jardin du Hamma possède : 11° Le Phijll. m/^^s de Poiret, de Chine, envoyé directe- ment de Shanghaï à M. Hardy, en 1856, ayant 8 à 12 mètres de haut et 5 à 7 centimètres de diamètre de tige ; \'à°LePhylL Quilioi ou B. Quilioi, Hort., du nord du Japon, ayant 8 mètres de haut et 5 centimètres de diamètre de tige-, \S''Le Phyll.virîdi qlaucescens ou B . viridi glaucescens de Carrière, de la Chine, ayant 6 mètres de haut et 2 à 3 cen- timètres de diamètre de tige ; 14" Le Phyll. nigra, Lodd. ou B. nigra des Indes orien- tales, avant 5 à 7 mètres de haut et 2 à 3 centimètres de dia- mètre de tige ; 15° Le Phyll. aurea ou B. aurea, Hort., ayant 3 à4 mè- tres de haut et 2 centimètres de diamètre de tige. 16° Le Phyll. flexuosa ou B. flexnosa, Hort., petite espèce épineuse de 3 mètres de haut et 1 à 2 centimètres de dia- mètre de tige. M" Le Phyll. violascens ov\ B. violascens, Hort., du nord du Japon et de la Chine, de 3 mètres de haut et de 2 centimè- tres de diamètre de tige ; i^° Le Phyll. sulphurea ou B. sulphurea, Hort., d'ori- PRODUCTIONS VEGETALES DU JAPON. 33 gine japonaise, introduit au Jardin d'Acclimatation du bois de Boulogne en 1865, et importé au Hamma en 1865 ; 19° VArundinaria Sitnoni ou B. Simotii de Carrière, de 6 à 8 mètres de haut avec 2 centimètres de diamètre de tige, introduit du Japon en France en 1862 par M. Eugène Simon, consul de France en Chine ; 20" VArundinaria Japonica de Siebold, ou B.Metake, de 3 mètres à 3'", 50 de haut et de 1 centimètre et demi de dia- mètre de tige; 21° VAr. falcata Nées., ou B. falcata Ilort., de 2 mè- tres et demi de haut et de 8 millimètres de diamètre de tige, provenant du mont Himalaya. 22" Le B. Fortunei de Yan Houtte, originaire du Japon, de 50 à 00 centimètres de haut et de 2 à 4 millimètres de diamètre de lige : dédié par M. Van Houtte au voyageur Robert Fortune ; 23° Le B. angulata de Munro, ou Bambou à chaume carré, rapporté du Japon en 1875 par M. Renard, qui en a vu des plantations dans les plaines qui avoisinent la ville d'Osaka. Il a une hauteur de 8 à 12 mètres. L'exposition japonaise contenait plusieurs spécimens de ces Bambous carrés de 2 centimètres de diamètre de tige, de cou- leur blanche, jaunâtre ou rosée. Le bambou carré est commun en Chine, à Ten-Thceou-Fou, dans la province du Shanlung. Une des merveilles du jardin du Hamma est la magnifique allée de Bambous qui a oi6 mètres de long. Un grand nom- bre de liges qui composent les touffes de celte allée ont de 12 ta 17 centimètres de diamètre. En Egypte, dans les jardins de S. A. le khédive, sont culti- vées plusieurs espèces de bambous depuis un certain nombre d'années, entre autres, suivant M. Delchevalcrie (1), le B. arun- dinacea et le B. Indica gujaniea^ originaire de l'iude, ainsi (i) r.. Dr'lchevalerio, Notice sur le Bambou gigantesque de l'Inde et de la Chine introduit et acclimaté en Egypte, Le Caire, 1872, et Végétaux natu- ralisés en Egypte {Bulletin de la Société d' Acclimatât ion^ numéro de juillet 1881, p. 120). 3« SKRIF, T. IX. — Janvier 1882. 3 M SOCIÉTÉ NATIONALE d'aCCLIMATATION. que les B. nigra, scriptoria, aureo-vari égala, mitis, metakey Thouarsii, tortuosa, spinosa et Abyss'mlca. F]n Tunisie, M. le général Khérédine Paclia a introduit un cer- tain nombre d'espèces de bambous dans le magnifique jardin qu'il a créé au Kram, non loin de la GouleLte, près de Tunis, et pour lequel il a reçu de la Société d'Acclimatation en 486î^ une médaille de première classe. Dès l'année 1866, il cultivait avec succès les B. arundi- nacea, milis, nigra, variegata, spinosa, Thouarsii, scrip- toria, falcata et verticillata. En Italie, dans les îles du lac Majeur, ont été plantées plu- sieurs espèces de bambous, parmi lesquelles le B. gracilis, qui a pris un superbe développement et atteint 6 mètres de hau- teur et 2 centimètres de diamètre des tiges à la base. M. le prince Troubetzkoy cultive dans sa villa du lac Ma- jeur plusieurs espèces, entre autres les B. aurea, mitis et nigra, dont il a exposé des spécimens à l'Exposition de Nancy en 1880(1). En France, on s'est occupé, depuis longtemps, de l'accli- matation et de la propagation des diiréreotes espèces de bam- bous. Depuis l'année 1840, M. A. Denis cultive dans son beau jardin à Hyères le Bambusa mitis, qui lui a été envoyé à cette époque par M. de Jancigny. Dès la même année, M. Denis recevait de l'Inde, par l'en- tremise de M"' de Jancigny, les B. Thouarsii, nigra, gracilis, arundinacea et aurea; plus tard, il cultivait le B. Hima- layensis provenant de l'établissement de M. Van Houtte à Bruxelles. Les bambous ont été, du reste, plantés dans un certain nombre de jardins des villas des environs d'Hyères, et le jardin de la ville possède une belle allée bordée de B. mitis. M. le baron Jules Cloquet, membre de l'Institut, reçut, en 1841, de M. Denis les espèces de bambous qu'il possédait; plus tard, vers 1858, il acquit, par l'entremise de M. Hardy, (1) Congrès national de géographie de Nancy en 1880 ; Catalogue de l'Exposi- tion, p. 41, n° 15:Î8 bis, et p. 90, ii" 1857. PRODUCTIONS VÉGÉTALES DU JAPON. 35 directeur du jardin d'Alger, plusieurs autres bambous, et il forma, au château de la Malgue près Toulon, une plantation très importante; car en 1873 il possédait plus de 500 pieds de B. mitis, nigra, Thouarsii, aurea, spinosa et autres, qui ont pris un magnifique développement, principalement le B. mitis. M. Quihou, dans son article intitulé : Voyage à Alger et dans le midi de la France (1), a fait ressortir l'im- portance des cultures de bambous de M. le professeur Glo- quet. Le savant professeur de l'École de médecine a souvent insisté, dans les séances de la Société d'Acclimatation, sur l'utilité du bambou, et il a répandu cette précieuse gi\aminée chez un grand nombre de propriétaires qui l'ont cultivée d'après ses conseils. Depuis l'année 1856, M. Gustave de Lausanne (2) a cultivé avec succès à Porzantrez, dans le département du Finis- tère, plusieurs espèces debambouS; entre autres lei?. nigra. Ses plantations lui ont valu, en 1868, une médaille de deuxième classe de la Société d'Acclimatation. En 1858, M. le D"" Turrel (3) a entrepris à Toulon la culture de plusieurs espèces de bambous, parmi lesquelles le B. nigra. Il en fat de même de M. Maumenet, qui, à Nîmes, dans le département du Gard, s'est fait le propagateur du B. mitis, depuis les premières années de l'introduction de cette espèce de bambou en France, et qui a planté avec succès les B. ni- gra, verlicillata et spinosa. En 1859, M. Lucy (4), receveur général du département des Bouches-du-Rhône, commença à s'occuper très activement de l'acclimatation des bambous du Nord de la Chine. Depuis 1860, M. le baron d'Avène (5) cultive sur un coteau élevé des environs de Meaux, en pleine terre, plusieurs espèces de bambous, entre autres le B. viridi glaucescens. M. le comte de Sinéty (6) a donné, en 186''2, connaissance (t) Bulletin de la Société d'Acclimatation, n» de janvier, p. 50, 1873. (2) Ibidem, p. 4.(18, séance du t27 juin, an. 1856. (3) Ibidem, p. A'I'i, séance du 1 juillet, an. 1858. (t) Ibidem, p. 5'J-2, séance du 9 décembre, an. 1859. (5) Ibidem, p. 773, an. 18G7. (G) Ibidem, p. 60, séance du 3 janvier I8G2. 3b SOCIETE NATIONALE D ACCLIMATATION. de ses cultures de Bambous, entre autres du 7?. mitis, qui a pris un bel accroissement et a supporté 9 degrés au-dessous de zéro, étant seulement couvert au pied par de la paille. En 1862, M. Auzende, jardinier de la ville de Toulon, planta dans le jardin de la ville plusieurs pieds de B. mitis, qui, en 4869, avaient 7 mètres de haut avec des tiges de 13 centimètres de circonférence. Ces bambous résistèrent à 10 degrés au-dessous de zéro (1). Depuis celte époque, M. Auzende a cultivé d'autres espèces, parmi lesquelles les B. Quilioi, aurea, nigrn, violascens et gracilis (2). D'après les indications fournies par M. le D' Turrel (3), M. Auzende a envoyé à Port-de-Bouc (Bouches-du-Rhône), à M. Sicard, les B. mitis et nigm, afin de les exploiter indus- triellement pour les bourdigues, sortes de clayonnages dans l'eau de mer, pour les pêcheries de poissons dans l'étang de Berre. A peu près à la même époque, M. le comte Vigier faisait planter dans le magnifique jardin de sa villa à Nice des mas- sifs de bambous, mélangés à des Palmiers, à des Dracœnas et à des Cycadées. M. Paulin Talabot, dans le parc de son château du Roucas blanc, à Marseille, a cultivé depuis cette même année plusieurs espèces de bambous, entre autres VArundinaria Japonica, qui a fleuri chez lui en 1867 et en 1868. Depuis 1862, M. Hébert (4) s'est occupé, dans le départe- ment de l'Aube, de l'acclimatation du bambou, et ses planta- tions ont bien réussi et ont supporté le froid de l'hiver à peine protégées par des capuchons de paille. Depuis la même année. M""' veuve Delisse (5), à Bordeaux, a planté plusieurs espèces, parmi lesquelles les B. mitis, nigra, verticillata et falcata. M. Vavin (6) s'est occupé depuis plusieurs années dans sa (1) Btilletin de la Société d'acclimatation, p. 164, an. 1869. (2) Ibidem, p. 4-58, séance du 17 avril 1868. (3) Ibidem, p. 611, séance du 12 juin 1868. (4.) Ibidem, p. 298, séance du 20 mars 1863. (5) Ibidem, p. 222, séance du 20 mars 1863. (6) Ibidem, p. 139, séance du 24 janvier 1868, PRODUCTIONS VÉGÉTALES DU JAPON. 37 propriété aux environs de Paris, de la culture des bambous en pleine terre, et le B.mitis a supporté chez lui, pendant l'hiver de 1860-1867, 43 degrés au-dessous de zéro. En 1866, M. Joseph Lafosse (1) a envoyé cà la Société d'Ac- climatation une note sur les bambous qu'il cultivait à Sainte- Cosme-Dumont près Carentan. Les principales espèces qu'il possédait étaient : Les B. mitis, metake, gracilis et falcata. Le B. mitisdL supporté pendant l'hiver de 1866-1867 près de 15 degrés au-dessous de zéro. Le B. metake, qu'il a planté en massifs, formait de véri- tables fourrés : ce B. metake a fleuri en 1867. M. Oscar Lesèble (îl) a cultivé aussi, depuis celte même époque, à Rochefuret, près de Tours, un certain nombre d'es- pèces, entre autres leB. mitis, qui, pendant l'hiver 1866-67, a supporté 15 degrés au-dessous de zéro. Les bambous de M. Lesèble sont devenus presque aussi beaux que ceux des environs de Toulon. M. de Parseval-Grandmaison (3), s'occupe aussi, depuis 1866, de l'acclimatation des bambous, près de Mâcon. Il a reçu de M. le baron Jules Cloquet plusieurs espèces qui ont pris chez lui un accroissement remarquable. Il en est de même de M. Ternisien (4), près de Cherbourg. Depuis la même époque, M. André Leroy (5) cultive avec succès plusieurs espèces de bambous. Depuis le mois d'août 1867, M. J. E. Lafond, à Bordeaux, cultive quatre espèces de bambous, provenant du Jardin d'Ac- climatation du Bois de Boulogne. Dans le courant de l'hiver de 1867-1868, ses bambous ont supporté 10 degrés au- dessous de zéro. MM. Thibaut et Keteleer, horticulteurs à Sceaux, ont entre- pris depuis longtemps la culture des bambous. En 1867 et en (1) Bulletin de la Société d'Acclimatalion, p. 30, an. 18(50. (2) Ibidem, p. 171, séance du 15 mars 1867, et p. 383, séance du 28 mai, an. 1869. (.'ij Ibidem, p. 773, 1867. (4) Ibidem, p. 773, 1807. (5) Ibidem, p. 381, séance du 27 mai 1869. 38 SOCIÉTÉ NATIONALK D'AGCLIMATATION. 1868, l'A rundinaria Japonica a fleuri chez eux. Le B. flexuosa a eu aussi une floraison en 1870. C'est de MM. Thibaut et Keteleer que le Jardin d'Acclimatation du Bois de Boulogne a eu le B. Simotii en 1869. M. Bouchant de Bussy (1) possède en pleine terre, à Saint- Remy, près de Tarascon, une helile collection de plusieurs espèces de bambous, plantés depuis l'année 1866 ou 1867. Depuis l'année 1868, la Société d'horticulture et d'acclima- tation de Toulon a commencé la culture des B. mita, Qui- lioi, aurea, violascens cigracilis, qui ont bien prospéré, d'après les indications de M. le D' Turrel (2). M. F. Gallais (3), de Ruffec, a fait connaître, en 1868, que les B. milis et nigra qu'il avait plantés ont supporté 17 degrés au-dessous de zéro pendant quatre jours et n'ont perdu que les feuilles tendres de la partie supérieure des tiges. M, Garrigues a fait à Ban (Basses-Pyrénées), depuis l'année 1872, des plantations considérables sur une étendue de quatre hectares, de bambous des espèces suivantes : B. mitis, nigrUy metake, violascens, fleœuosa, glaucescens et falcata. 11 est arrivé à pouvoir exploiter industriellement ses plan- tations, de manière à obtenir à la lin de la cinquième année, un rendement de 13 pour 100 d'intérêt du capital, tous frais payés, et il espère, avec raison, que les bénéfices deviendront beaucoup plus considérables. M. Garrigues a reçu de la Société d'Acclimatation, en 1878, le prix de 1000 francs pour la culture et l'exploitation industrielle du bambou dans le midi de la France. M. Mazel (4), dans son magnifique jardin à Montsauve, près d'Anduze (Gard), possédait, dès l'année 1873, les espèces suivantes : B. 7nitis, nigra, Quilioi, aurea, viridi glauces- cetis, violascens, flexuosa, Simoni, verticilktta, graoïlis, Forlunei, plicata, argenlea. Chez M. Mazel, le B. mitis a acquis 16 mètres de hauteur (1) Bullelin de la Société (rAcdimatalion, p. 616, séance du 12 juin 1868. (2) Ibidem, p. 719, séance du 24 décembre 1869. (3) Ibidem, p. 2i3, séance du 2 avril 1869. (4) Ibidem, n° de janvier {Voyage à Alger el dam le midi de la France, par M. Quihou), 1873, p. 44. PRODUCTIONS VÉGÉTALES DU JAPON. 39 avec ô'",25 de circonférence de lige, et les touffes de cette espèce ont jusqu'à 8 mètres de diamètre. Le B. Quilioi s'est développé aussi dans de grandes pro- portions. On notait en 187.j, dans le jardin de Montsauve, plus de 500 pieds de bambous très i'orts et environ iOOO pieds de bambous , nage 571. 3" SERIE, T. IX — Jaiivicr 188-2. 5t) SOCIÉTK NATIONALE D ACCLIMATATION. J'en ouvris un avec un canif après l'avoir laissé quelques lEJnutes dans un lieu chaud et au grand élonneraent des per- sonnes qui se trouvaient là, la jeune chenille fit des (mouve- ments aussitôt sortie de sa coque, et après «in quart d'heuire elle marchait sur une table. Je m'empressai de rapporter mon trésor à la maison, et le 8 juin j'eus la satisfaction de voir sortir des chenilles très vives ei ne demandant qu'à manger. Je leur donnai tout de suite des rameaux de chêne sur des bouteilles et elles se mirent ii attaquer les feuilles ; le 4 et le 5 toutes sont écloses, le lot Amézaga et le mien sont séparés, pour pouvoir faire la comparaison pendant l'éducation. Le 11, premier Fommeil des premières écloses, et le 1-4, réveil ; rien à signaler pen- dant cette période ; les vers ont bien marché. Le 19, deuxième sommeil; durée, deux jours et demi ; réveil le 25 au malin. Les deux premiers jours, les vers mangent leniemcnl, ce que j'attribue au temps froid et àl'humidité, mais le temps s'étant remis au beau et à la forte chaleur, les ^11 et 28 ils mangent avidement. Je fais boire mes chenilles quatre fois par jour, ce qu'elles semblent goûter, car après chaque arrosage, elles mangent plus vite, et leur couleur devient d'un beau vert, preuve d'une bonne santé. 1^20, (roisième sommeil; durée, deux jours et demi; réveil le 1" juillet au matin. Le 10 juillet quatrième sommeil; durée, trois jours et demi, réveil le 1-4 au matin; le 28, je pèse et mesure une chenille, poids dix grammes, longueur huit centimèlres. Je répète l'opération deux jours après, je constate douze grammes et neuf centimètres de long, soit un accroisse- ment d'un gramme par jour et d'un demi centimètre en longueur. Les premiers vers filent les 30 et 31 juillet, les 1"', 2, et 3 août, et les derniers cocons sont filés le 12. Ce sont ceux du lot Amézaga qui sont les derniers ; ceux du lot de mon éducation de 1878 sont faits avec plus de régula- rité et d'ensemble que les autres, plusieurs vont jusqu'au 12 pour finir leur cocon ; je n'ai constaté aucune maladie pendant l'éducation, tous les vers ont filé leurs cocons. VER A SOIE DU CHÊNE DU JAPON. 51 L'éclosion des premiers papillons a lieu le iO septembre; comme toujours les mâles sont les premiers à sortir, et tou- jours en plus grand noiulDre que les femelles. J'ai suspendu le lot Amézaga dans un très grand mannequin attaché sur le balcon sans abri; mais là encore, une avarie à laquelle je ne m'attendais pas, devait réduire mes chances de succès : le panier mal bouché a donné issue aux papillons dont plusieurs se sont échappés; le lot d'œufs que j'ai récollé me servira pour l'expé- rience de 1880, les cocons de mon lot sont placés comme l'année passée dans une chambre située au midi, avec les fenêtres ouvertes jour et nuit, dans deux paniers renversés bouche abouche; là succès complet, toutes les naissances des deux sexes du même jour s'accouplent et m'ont donné des œufs fécondés que j'ai laissés à l'air tout l'hiver par le grand froid qu'il a fait, et avec lesquels je vais continuer l'expérience. Comme conclusion de ce qui précède et de ces observations, le séjour à la glacière ne nuit nullement aux éducations et l'on n'a pas à s'occuper du plus ou du moins de précocité de la pousse des feuilles ; je dirai même que toutes les espèces de chênes du bois de Boulogne ou de Vincennes avec les- quelles j'ai nourri mes chenilles sont indistinctement accep- tées par elles ; malgré cela j'ai toujours choisi les plus ten- dres et les mieux venantes. Je constate chaque année un re- tard dans l'éclosion des vers et peut-être pourra-t-on, avec le temps, arriver à une concordance de l'éclosion des vers, avec la pousse des feuilles. Reste maintenant à faire l'expérience en grand, et à tirer parti des cocons : avis aux industriels ! III EXTRAITS DES PROCÈS-«ERBAUX DES SÉANCES DE LA SaClÉfÉ SÉANCE GÉNÉRALE DU 23 DÉCEMBRE 1881. Présidence de M. Henri Bouley, Vice-Président. Le focès-verbal de la séance précédente est lu et adopté. — M. le Président proclame les noms des membres nouvellement ad- mis par le conseil, savoir : JJ5I_ PRESENTATEURS. A. Rerllioule. Couvant, notaire, à Château-Renault (Ar- \ j^j^^ Grisard. dennes). [ p ^^médée Pichot. ., . ,_ A.Geoffroy Saint-Hilaire. Gleize (François-Joseph), propriétaire, 3/, \ ^ ^^.^^^^ ^^ j^^^^^,!^ rue Jacques-Dulud, à Neuilly (Seine). I ^ p^^^^ LOURY (Charles-Fernand), propriétaire, au , A. Berthoule. château de Marsay, près Thouars (Deux- J. Cornéiy. Sèvres). . A. Geoffroy Saiiit-IIilaire. Marre (Auguste), administrateur de la So- , A. Berthoule. ciété des agriculteurs d'igny, à Igny, corn- ■. E. Leroy. mune d'Arcis-le-Ponsard (Marne). \ P.-A. Pichot. , -, .,, J. Olivier. MiLLOT (Prosper), 153 bis, avenue de Neuilly, \ j^averet-Wattel. à Neuilly (Seine). / Samt-Yves Ménard. ,,„ ,, / A.Geoffroy Saint-Hilaire. Rey (F.-A.), propriétaire, 24, rue d Orléans, ^ ^^^.^^^j ^^ ^assalle. à Nëuiily (Seine). ( ^ p^^.^^^ RocHECOUSTE (Jérôme-Louis de), propriétaire, ' A. Geoffroy Saint-Hilaire. à l'ile Maurice, et 43, boulevard Maies- • Harel. herbes, à Paris. v Lewis-Michel. Raveret-Wattel. Salmon (Ch.-G.), rue la Boëlie, 5, à Paris. . A. Salmon. ^ Ed. Salmon. Trouette (Emile), membre du conseil privé A. Berthoule. du Gouvernement de l'ile de la Réunion, et j A.Geoffroy Saint-Hilaire. à Paris, 165, rue Saint-Antoine. ( Jules Grisard. , „ . , : A. Berthoule. VERIN (E.), naturaliste, 5, rue des Princes, a \ ^^^^^^,^^^ (^jj.^,.^^^ Meudon (Seine-et-Oise). / c,' ^ ' \ Sturne. , , A. Geoffroy Saint-Hilaire. Vieillot (Jules), propriétaire, 58, avenue de \ j^^.^^^^j ^^ ,^^^^^^^„^^ Neuilly, à. Neuilly (Seine). ( ^ p^^.^^^ PROCES-VERBA.UX. 53 — M. Decroix, fondaleur du Comité de la viande de cheval et de la Société contre l'abus du tabac, adresse au conseil la lettre suivante : € Lorsque j'ai fondé le Comité de la viande de cheval, vous avez bien voulu, sur ma demande, donner une somme 500 fr. (séance du 20 janvier 1865) pour aider ce Comité à propager l'usage alimentaire du nouvel aliment. Aujourd'hui, le succès est complet; il y a environ 80 bou- cheries spéciales à Paris. » En 1877, lorsque j'ai fondé la Société contre Vabus du tabac, vous avez bien voulu également venir en aide à cette œuvre de bienfaisance, à la suite d'une communication montrant que la Société d'Acclimatation est intéressée au triomphe de cette autre entreprise humanitaire, et vous m'avez permis de réunir le Conseil dans la salle delà Société d'Acclima- tation, sans autre rétribution que les frais de chauffage et d'éclairage. » Aujourd'hui, la nouvelle Société a un bureau assez spacieux pour les séances mensuelles du Conseil et des Comités. » Je viens donc, Messieurs, vous exprimer toute ma gratitude, pour les services éminents que vous avez rendus aux deux œuvres de bienfai- sance dont je me suis le plus occupé et le plus préoccupé. La première a atteint son but ; la seconde est en bonne voie. La Société d'Acclimatatior peut revendiquer sa part dans les résultats obtenus. » — M. Thomas B. Fergnson, commissaire de la section des Etats-Unis à l'Exposition universelle de 1878, à Paris, adresse la série complète des rapports officiels publiés sur cette Exposition par ordre du gouverne- ment fédéral. Ces rapports forment cinq volumes grand iii-8% ornés de nombreuses planches. — Remerciements. — Des demandes de cheptels sont adressées par M. M. G. Conte, comte de Gourcy Serainchamps, Kabre-Firmin, comte de Kervénoaël, Lagrange, et A. de Kersaint-Gilly. — Renvoi à la Commission spéciale. — M. Raveret-Watlel signale un article très étendu et fort remarquable sur la Chèvre d'Angora, publié dans le Bulletin de l'Association des fa- bricants de tissus de laine {Bulletin ofthe national Association of loooi manufacturer s, 1881, n» 3, voL XI), de Boston, et dû à la plume de M. John L. Hayes, secrétaire de l'Association. Cet article est une véritable monographie renfermant des détails extrêmement intéressants au triple point de vue de la zoologie, de l'acclim'atation et de l'industrie. Le même numéro contient, en outre, un article du même auteur sur l'Alpaca et ses congénères. — M. de Confévron, receveur particulier des finances, écrit d'Orange : « C'est avec grande raison que l'administration des forêts classe le Hérisson au nombre des animaux utiles, car il détruit une grande quan- tité d'insectes et même de reptiles, y compris les vipères. » J'ai habité des pays oùles Hérissons é\.?i\fini relativement communs, mais ils n'étaient pas en assez grand nombre pour causer les dégâts qu'on dit, dans les basses-cours d'où ils s'approchent peu, étant de na- 54- SOCIÉTÉ NATIONALE D'ACCLIMATATION. lurel sauvage. Quant à traire les vaches,- je n'en crois rien, celles-<;i n'étant pas aussi patientes qu'on le suppose. Ils ne pourraient, du reste^ se livrer à cette déprédation que pendant la nuit, et ce n'est pas l'ordi- naire que dans les pays habités par les Hérissons, les vaches soient laissées de nuit au pâturage. Les vaches sont sensibles et se relèveraient au moindre attouchement, à celui du Hérisson surtout, qui ne manquerait pas.d'être piquant, si couchés qu'on suppose les poils de cet animal. » Si ce cas a été observé, c'est une rareté à ranger dans la catégorie de celui des vaches sucées au pâturage par des couleuves et taries par ce fait. » Quant à la difficulté de conserver les Hérissons, même en terrain clos, je l'ai constatée, en ayant fait l'expérience à différentes reprises. » Nos confrères du Nord connaissent-ils le Maciure épineux ? Je vous €n adresserai, si vous le désirez, un fruit contenant de la graine. Vous remarquerez son odeur de pomme, bien prononcée; c'est fâcheux qu'il ne soit pas utilisable. Quant à l'arbuste, il est à cultiver comme clôture très défensive ainsi que pour la belle verdure de ses feuilles et la res- source qu'on pourrait en tirer pour la nourriture des Vers à soie. » Je recommanderai à nos confrères qui s'occupent d'horticulture, YAphyllanthes Monspeliensis, comme bordure. C'est une charmante pe- tite Liliacée originaire du Midi. Ses fleurs, d'un bleu bien franc, sont so- litaires et supportées sur une tige très grêle. Il est difficile, dans le pays d'origine, d'introduire dans la culture des fleurs qui jonchent le bord des routes; mais dans le Nord ce serait une nouveauté fci'ès appréciable. » — M. Braun, receveur particulier, à Château-Gontier (Mayenne), ac- cuse réception de l'envoi d'œufs de Truite qui lui a été fait. Aidés du concours de notre célèbre agronome, M. le vicomte Groupy de Quoibeck, nous tentons quelques éducations en Campine. Des culti- vateurs clioisis recevront à litre gratuit des Vers à soie du Chêne par- venus au troisième âge, avec filets et instructions. » — Ml. Félix de la Rochemacé fait connaître qu'il n'a pu cette année ré- colter de graine de Saggina. « La graine, écrit notre confrère, imparfai- tement mûre l'an dernier, Savait levé d'une façon si irrégulière, que j'ai fait labourer à nouveau et semer en blé noir de Prusse. » Les pieds que j'avais pour graine dans une autre parcelle ont gelé du 16 au 18 octobre par 5 degrés de froid, car il est à remarquer (^ue, cette année, nous avons eu des gelées très fortes, presque tous les mois, sauf décembre et juillet. » En octobre, j'ai terminé mes vendanges au premier jour de gelée et bien m'en a pris, car le 18, tous les maïs étaient gelés et les Thuias qui ne gèlent pas l'hiver, surpris dans la dernière période de leur végétation, ont complètement roussi. — C'est une année aussi désastreuse qu'excep- tionnelle. » Admettons que la Saggina, à laquelle il faut six mois pour mûrir sa graine, ne la donne pas par le 47'"° degré, serait-ce une raison pour ne la pas cultiver comme fourrage, puisque d'antres cultivent le Mais iNica- ragua, encore plus difficile à obtenir à maturité en France? » Les différences entre la Saggina et le Sorgho à balai sont les sui- vantes : la première a la tige plus menue et presque cylindrique, l'épi conique, formé d'épillets horizontaux ; le Sorgho a des épis divergents, sous un angle de 25 degrés avec la verticale ; ses tiges, coniques, sont sensiblement plus grosses que celles de la Saggina vers la racine, ce qui 60 SOCIÉTÉ NATIONALE d'ACCLIMATATION. est, à mes yeux, un inconvénient. Comme le premier essai fait par moi était pleinement satisfaisant, je me décide à faire venir d'Italie trois dou- bles décalitres de graine dont la moitié sera envoyée à la Société d'Ac- climatation. » Mais il demeure entendu que je propose cette plante comme four- rage et non comme céréale, j — M. Bourgarel écrit de Toulon : «J'aurai au' mois de mars prochain près de 5 hectares plantés en Eucalyptus de tous âges (depuis quatorze ans que j'ai commencé) et de différentes variétés. La plus grande partie pro- vient de semis faits chez moi, et je crois que je pourrais donner quelques renseignements utiles par suite de l'e.xpérience que j'ai pu acquérir. Je vais donc préparer un rapport circonstancié sur mes plantations, les- quelles sont, je crois, les plus importantes et les mieux réussies de toute notre région. » — M. de Cazenove écrit de Lyon : « J'ai l'honneur de signaler à la Société un article de la c\n'onu\ne deVà Revue Britannique (n° de ianv'ier 188!, p. 230) où il est question d'une plante de l'Asie équaloriale, le Bassia longifolia ou mahwa, dont les Heurs servent de nourriture aux bestiaux et contiennent une énorme quantité de sucre (64,40 pour 100). C'est, paraît-il, un produit alimentaiie des plus importants pour les indigènes de l'Inde. On en fait venir de Calcutta en Amérique, et si la culture de celte plante pouvait trouver place, sinon en Europe, au moins dans nos colonies, elle pourrait devenir un article commercial important. Je me permets donc d'appeler l'attention de mes collègues sur cette plante et sur l'article en question. » — M. le docteur de Mortain adresse de la part de son gendre, M. Pé- héaa, une note surl'Y-dzi. (Voy. au Bulletin.) Cbcptei!^. — Des comptes rendus sans intérêt spécial sont adressés par M. M. Joseph Clarté, vicomte d'Esterno et Fabre-Firmin. — M. Millet revient sur la question de la reproduction du Saumon en eaux closes, question qui lui paraît résolue depuis longtemps. A ce sujet, il rappelle différentes communications faites à la Société, et notamment: I» une notice présentée en 1858 par M. de Maude sur la pèche en Norvège, et dans laquelle il est dit que les Norvégiens ont renoncé à élever le Saumon dans des viviers d'eau douce parce ((u'il y dégénérait rapidement; ^" une note de M. Cloquet, datant de l'année 1859, et faisant connaître que des Saumons placés à l'état d'alevins dans l'étang de Saint-Cucufa près Saint-Cloud, par M. Coste et péchés à l'âge de vingt-deux mois, ont été trouvés « en pleine reproduction ». Les femelles avaient leurs œufs à maturité, et des fécondations ont pu être faites sur place. — M. Raveret-Wallel fait observer que le Saumon élevé en Norvège dans des eaux closes n'est pas le Saumon ordinaire {Salmo salar) ; il s'agit d'un Saumon non migrateur, le Salmo venella, qui a les habitudes de la Truite et qui, par suite, se reproduit sans avoir été à la mer; quant PROCÈS-VERBAUX. 61 aux Saumons qui ont été péchés dans l'élangcie Saint-Cucufa, M. Raveret- Wattel s'étonne que ces poissons, qui se trouvaient dans des conditions très défavorables, aient pu, dès l'âge de vingt-deux mois, produire des œufs bien développés, quand les Saumons femelles libres en rivière ne sont aptes à se reproduire que beaucoup plus tard, et sont, dans tous les cas, toujours d'un an moins précoces que les mâles. — iM. 31illet répond que, dans le grand établissement de pisciculture qui existe en Ecosse, il a été constaté que des Saumons femelles produisent des œufs dès leur seconde année. — M. Raveret-Wattel reconnaît qu'à l'établissement de Stormontlield, dont parle M. Millet, le directeur, M. Ashworth, a constaté, en effet, la présence d'œufs chez des Saumons femelles encore à l'état de « SmoUs», c'est-à-dire portant encore la livrée du deuxième âge, et n'ayant pas été à la mer; mais il a été reconnu que ces œufs, incomplètement déve- loppés, ne pouvaient être fécondés. — M. Millet dit que dans les départements de l'Aisne et des Ardennes il a vu frayer des Saumons qui, élevés en viviers, n'avaient pas été à la mer ; il rappelle que, dans le courant de l'année 1859, il a placé sous les yeux de la Société des échantillons vivants d'œufs de Saumon fécondés, en annonçant que ces œufs provenaient de poissons conservés en viviers. — M. Paillieux appelle de nouveau l'attention de la Société sur la Bardane comestible du Japon et signale une note déjà ancienne de M. le docteur Sacc sur cette plante (voy. Bulletin, 1858, p. 606). M. Paillieux fait ressortir les avantages que présente la rapide croissance de la Bar- dane comestible, laquelle accomplit en trois mois toute sa végétation. « Les racines que j'ai envoyées à M. Geoffroy Saint-Hilaire, ajoute M. Pail- lieux, avaient été choisies parmi les plus développées; aussi étaient- elles moins bonnes que d'autres, car je ne les présentais pas, ainsi que l'a fait M. Dybowski, comme légume pouvant remplacer le Salsifis, mais comme plante fourragère. Il y a donc deux manières d'utiliser cette Bardane, qui, très hâtive, me paraît susceptible de rendre des ser- vices. » — M. Bouchereaux met sous les yeux de l'assemblée un spécimen d'un petit canon dontil est l'inventeur et qui, placé dans un parc ou un jardin, sert à avertir de la présence des braconniers et maraudeurs. Notre confrère fait connaître ensuite qu'ayant récemment trouvé un nid de Tortue terrestre contenant sept œufs, l'idée lui est venue d'essayer l'incubation de ces œufs dans une couveuse artificielle. L'un d'eux, retiré de la couveuse après vingt-neuf jours d'incubation, est placé sous les yeux de l'assemblée ; l'embryon en est déjà très développé. — M. Daresle rappelle (jue M. Vallée, gardien de la ménagerie des Rep- tiles au Muséum, a autrefois obtenu l'éclosion d'œufs de Tortue dans des incubateurs ordin;iires; il avait réussi en tenant ces œufs dans un air très liunude. .M. l)ai'estecntre,à ce sujet, dans quelques détails concernant fi2 SOCIÉTÉ NATIONAL!': d'ACCLIMATATION. l'influence des variations de température sur les piiénomèiies de 'l'évolu- tion embryonnaire. — M. Pichot annonce l'envoi fait au Jardin d'Acclimatation par M.Tony Conte, premier secrétaire de l'ambassade de France au Japon, d'nii Coq et d'une Poule de la race dite Phénix, déjà importée à itofterdam et à Hambourg. Cette race, qui paraît assez voisine de la race de Yokohama, porte un très beau plumage ; chez le mâle les plumes de la queue attei.L'nent jusqu'à 1'",33 de longueur. M. Pichot saisit cette occasion pour rappeler les nombreux et im- portants services rendus à la Sociétëd'Acclimatalion par les membres du corps diplomatique français, auxquels nous devons souvent de très pré- cieux envois. Dès l'origine de la Société, M. de Montigny faisait parve- nir en France les Yaks du Tibet et des Grues de Manlchourie. Un peu plus lard, M. Léon Roche nous fournissait les moyens d'importer du Ja- pon de la graine de Ver à soie de race saine. Depuis, des dons très fré- quents nous ont été faits par les divers représentants de la France à l'étranger, notamment par M. de Monlebello, qui a beaucoup conti'ibué à enrichir nos collections de plantes et d'animaux, et par M. Conte, dont les envois n'ont pas moins de valeur. Sur la proposition de M. Pichot, l'ordre du jour ci-après est mis aux voix et volé par acclamation : « 1/asseniblée, considérant l'intérêt des communications qui lui sont faites par M. Pichot au nom de M. Tony Conte, premier secrétaire de l'ambassade de France au Japon, charge le conseil de transmettre ses re- merciements à M. Conte, el d'être, à cette occasion, auprès de M. le Ministre des affaires étrangères, l'interprète de sa reconnaissance pour les services que le corps diplomatique a continuellement rendus à la Société d'Accli- matation. » La Société espère que M. le Ministre des affaires étrangères voudra bien continuer à favoriser, par l'entremise et le patronage des agents di- plomatiques du gouvernement français, les progrès de l'acclimalalion en France. » — M. Maurice Girard fait une communication sur les aberrations défor- mes constatées dans les ailes des papillons du Ver à soie du Chêne de la Chine élevés en Europe (voy. au Bulletin). — M. le docteur Donnafont donne lecture d'une note sur le rôle des racines dans les propriétés assainissantes de l'Eucalyptus. — A l'occasion de cette communication, M. Maurice Girard exprime l'opinion que la direction que prennent les racines des arbres est grande- ment subordonnée à la nature du sol. Lorsqu'un arbre est sur un terrain dont la couche végétale est mince, il est forcé de tracer ; lorsqu'il est sur une couclie plus épaisse, généralement il pivote. Sur les collines du Morvan, où la couche de terre végétale est très mince, les Chênes ont des racines qui courent horizontalement à 10 ou 12 mètres; au contraire, PROCÈS -VERBAUX. 6.1 lorsqu'il (3sî dans une bonne lerro, le Ghcne pivote. Les pépiniérislosqui élèvent de jeunes plants pour la vente, ont soin de mettre une couclie de briques à 30 centimètres de profondeur dans le sol pour empêcher les arbustes de pivoter et, par suite, .rendre ladéplaatatiou plus facile, — Il est offert à la bibliothèque de la Société : 1° Les Cynipides. V^ partie. Introduction. La génération alternante chez les Cynipides, par le U'' D. Adler de Schleswig, traduit et annoté parJ. Lichteiistein, de Montpellier. Suivi de la ciassillcation des Cyni- pides, d'après le D"" Mayr, de Vienne. Montpellier, C. Goulet, lib. Bordeaux, Feret et lils. Paris J.-B. Baillièreet Fils. Berlm, U. Friedlandcr et Fih. ln-8°avec planch. J- Lichtenstein. 2° Rapport sur une visite faite dans le département des liouches-du- Rhônepour constater les effets de \' huile Mozambique (Alexis Uoax),par le docteur Sicard. Marseille, 1881. Gamoin, lib. de la Faculté des Sciences de Marseille. Brochure in-8". L'Auteur. 3" Conférence sur les Expositions horticoles en France et à l'Étran- ger, faite le 12 mai 1881 à la Société nationale d'horticulture de France par M. Ch. Joly {e\[vait du Joiirn. de la Société £horticiilture, 3 série, t. III, 1881, p. 534-537). l'aris, imp. horticole de l'Etoile, Boudet, direc- teur, 1, rue Cassette. liroch. in-8. L'Auteur. A" Exposé delà situation générale de l'Algérie, présenté par M. Emile Martin, Secrétaire général du Gouvernemeut. Alger, imp. F. Gasabiauc-a, 1881.Broch. in-8°. 5" Tableaux de population, de culture, de commerce et denavig;itioii, formant, pour l'année 1879, la suite des tableaux insérés dans les notices statistiquessur les Colonies françaises. Paris, imp. Nationale, in-8°. Ministère delà Marine, 6" Almanach du Cultivateur Agenais, Revue populaire d'agriculture. Agen, imp. V. Lenthéric, in-18,. 1° prirnitivo e o actual Forto-Seguro, pelo tenente gênerai He!iri(|uo de Beanrepaire — Uohan. llio de Janeiro, 1881, in-8<' L'Auteur. 8° Anniversary Memolrs of the Boston Society of natural Mstory, 1830-1880, Boston, publisheb by the Society. Boston, 1880, vol. in-A", planches. Société Smithsonienne. 9" Statislifjue de la France, nouvelle série, t. Vill, Statistique an- nuelle, 1878. Paris, Imp. nationale, vol. in-A» Ministère de l'Intérieur, 10" lieports of the United States Commissioners to the Paris Uiii- versal Exposition, 1878. Washington, 1880, 5 vol. in-8", planches et lig. dans le texte. Société Sn)ithsonienne. Le Secrétaire des séances, lÎAVElîET-W.^TTE!.. IV. BIBLIOGRAPHIE Journaux et Revues (Analyse des principaux articles se rattachant aux travaux de la Société ) Bulletin de In Société des sciences naturelles de Xeuchâtel ((Suisse). TomeXU, p. 125. — Sur l'origine du Marronnier d'Inde. Juoique le Marronnier {Msculentus Uippocastanum, L.) soit généra- .ement planté dans toute l'Europe moyenne, on ne connaît pas sa véri- table patrie. Un médecin flamand établi à Constantinople, le D"" Quackelbeen, le mentionne pour la première fois dans une lettre du 7 août 1557, publiée en 1561 àanshs Epistolarummedicinalium libri quinqiie,de Mathiolus. Ce dernier en donna la première description, dans ses commentaires, qui ont paru à Venise en 1565. Il l'appelle Castanea equina. Clusius éleva le premier arbre à Vienne, de graines rapportées de Constantinople par l'internonce impérial David von Ungrad, en 1576, et il fit connaître qu'en Turquie les fruits du Marronnier passent pour être un excellent remède contre la toux des chevaux, ce qui explique le nom de Castanea equina. C'est en 1615, d'après Tournefort, qu'un nommé Bachelier apporta du Levant à Paris le premier Marronnier d'Inde et les Anémones doubles. Linné, dans le Species plantarum, indique comme patrie de VJEscu- lentus Hippocastanum, l'Asie septentrionale, d'où il aurait été apporté en Europe en 1550, et dans le Systema vegetabiiium, il lui donne le Thibet comme lieu d'origine. Smilh,en 1806, le signale en Grèce, d'après le t)'' Hawkins ; De Candolle et Audouin lui assignent pour patrie l'Inde boréale, lleichenbach la Perse, etc. Un vovage fait en 1879, dans le nord de la Grèce, m'a donné l'occasion de rétablir V^sculentus Hippocastanum comme indigène dans les mon- tagnes de la Grèce septentrionale, de la Thessalie et de l'Epire. Le Marronnier n'existe, ni cultivé, ni sauvage, dans la Grèce méridio- nale, dont le climat est trop sec pour lui. Est-ce -que les anciens ont connu le lAIarronnier ? Matthiolus, Clusius et Bauhin mettent la chose en doute. En tous cas, Sordelli en a constaté la présence dans les couches post-pliocènes de Leffe, en Lombardie, (Traduit de Th. von Heldreich : Mémoires de la Soc. botanique de la Province de Brandebourg. Tome XXI ) A. D. Le Gérant: Jules Grisard. PAKIS. — IMPRIMERIE EMILE MART IN K r, l; Uli MIGNON, TRAVAUX DES MEMBRES DE LA SOCIÉTÉ. RAPPORT SUR LA SITUATION DE LA PISCICULTURE A L'ÉTRANGER d'après les documents recueillis à l'Exposition internationale de produits et engins de pêche de Berlin EN 1880 Par M. C. RAVERET-WATTEL Secrétaire des séances. (Suite.) • Etats-Unis. Nulle part, jusqu'à ce jour, la pisciculture n'a donné des résultats comparables à ceux obtenus aux États-Unis. Dans aucun autre pays, celte industrie n'a encore atteint le même degré de développement, de perfection et de succès. Mais il faut dire aussi qu'aucune autre nation, peut-être, n'a su en comprendre aussi bien toute l'importance, que nulle part les efforts n'ont été aussi grands. Nulle part, assurément, l'initiative privée n'a autant fait, nulle part surtout l'adminis- tration n'a accordé à l'exploitation rationnelle des eaux une sollicitude aussi éclairée, une protection aussi efficace, des encouragements aussi généreux. Actuellement, trente-six États ou territoires de l'Union possèdent chacun un service officiel de pisciculture, lequel est constitué par une Commission spéciale (State Fish Commis- sion), composée, pour le plus souvent, de trois membres, dont les fonctions sont presque toujours entièrement gra- tuites (1) et les pouvoirs limités généralement à une durée (1) Us sont uniquement indemnisés de leurs frais de déplacement et des dé- penses entraînées par les recherches scientifiques où les travaux techniques qu'il? exécutent. '.i" stitiE, T. IX. — Février 188-2. 5 66 SOCIÉTÉ .NATIONALE d'ACCLIMATATION. de trois ou quatre ans. Ces commissaires peuvent, du reste, à l'expiration de leur mandat, être renommés pour une nou- velle période, et leurs attributions présentent certaines ana- logies avec celles des commissaires-inspecteurs des pêcheries de la Grande-Bretagne. Toutefois, ils ne sont pas, à beaucoup près, investis d'une autorité aussi considérable. Ils ont mis- sion d'instruire les pêcheurs^ de peupler les eaux d'alevins provenant des établissements de pisciculture de l'État (1), de servir d'experts aux autorités, de signaler les changements désirables dans la législation, les abus de pêche à réprimer, les mesures protectrices (2) à adopter, les améliorations à in- troduire, etc. Chaque année, ils soumettent à la législature un rapport statistique, faisant connaître les travaux accomplis, les progrès réalisés, les observations faites concernant la pisci- culture ou l'industrie des pêches, les quantités d'œufs ou d'alevins distribués, etc. Vingt et un États sont en possession de laboratoires d'éclo- sion {State hatcheries), pour la production des alevins des- tinés au repeuplement des eaux dépendant du domaine public. Certains États, comme le Michigan par exemple, possèdent jusqu'à trois de ces laboratoires; aussi, compte-t-on trente- huit de ces établissements en activité, non compris ceux créés parle gouvernement fédéral pour les travaux d'empoissonne- ment qu'il fait exécuter en dehors de ceux que les États ont entrepris chacun pour leur propre compte. Dans le Connec- ticut, l'Administration, qui ne possède pas encore de labora- toire, a passé un traité avec deux établissements privés, pour la production des alevins dont elle a besoin annuellement. Elle paye aux propriétaires de ces établissements un dol- (1) La j^érance de chaque établissement est généralement confiée à un surin-, tendant, qui touche un traitement et qui est responsable de son administra- tion. (2) Aux États-tnis, la législation sur la pêche difîère d'État à État. Dans les États du Nord, elle se rapproche eu général, plus ou moins, de celle qui existe en Angleterre, Presque partout, le droit de pèche appartient aux riverains, même sur les plus grands fleuves, tels que le Missistipi, par exemple, mais seulement jusqu'au point où la marée se fait sentir, et où commence le domaine maritime. .;Dans les États du Sud, au contraire, le droit de pêche dans les grands cours d'eau appartient à l'État. LA PISCICULTURE A L'ÉTRANGER. 67 hr (5 IV.) pour chaque millier d'œufs qu'elle les charge de faire éclore. C'est à l'État du Massachusetts que revient l'honneur d'avoir introduit ofliciellement la pisciculture aux États-Unis. Cet État fut le premier à confier à une commission « le soin d'étu- dier les faits relatifs à la propagation artificielle du poisson, ainsi que les voies et moyens d'amener cette industrie à con- trihuer, sous la protection des lois, à augmenter la richesse publique. » Divers essais furent entrepris (1856) par cette commission, qui rédigea un rapport sur la situation de la pis- ciculture à l'étranger, et qui donna une traduction du remar- quable article publié en 1854 par M. Jules Haime dans la Revue des deux mondes. Mais l'idée n'était pas encore mûre (l); le pays ne comprit pas l'importance des études entreprises, lesquelles passèrent presque inaperçues, et ce fut seulement en 1865 que le Massa- chusetts constitua définitivement sa commission sur les bases actuelles. Le Yermonl et le New-Hampshire, puis le Connecticut et la Pensylvanie entrèrent bientôt dans la même voie, en instituant, eux aussi, des commissions chargées du repeuplement des eaux. En 1864, M. SelhGreen avait créé près de New-York le premier établissement de pisciculture installé en Amérique dans des conditions véritablement industrielles. Il trouva promptement des imitateurs. D'après les résultats obtenus par l'industrie privée, on com- prit l'importance d'établissement? semblables pour obtenir un repeuplement rapide des cours d'eau, et, en 1867, l'état du Massachusetts installait à South Iladley Falls, sur le Connec- ticut, un laboratoire pour la propagation artificielle de l'Alose, C'esten cet endroit et la même année que M. SethGreen,qui s'occupait, de son côté, de la multiplication de l'AlosC; inventa comme appareils d'éclosion les boîtes flottantes inclinées qui portent sou nom et qui, aussi simples qu'ingénieuses, d'un (1) Il y avait Imis ans seiilement que ^L Theodatus Garlick et le professeur H. IJ. Ackley, de Clevelaiid (Ohio), les deux pionniers de la pisciculture en Amé- rique, avaient fait leurs premiers essais de fécondation artificielle. 6S SOCIÉTÉ rsATIONALE d' ACCLIMATATION. emploi aussi commode que peu coûteux, ne tardèrent pas â être adoptées partout aux États-Unis (1). L'élan élait donné. Les États du Maine (1867), de New- York (1868), de Californie, de New-Jersey et de Rhode Island (1870),d'Alabama (1871),derOhio, du AYisconsin (1873), etc., eurent bientôt aussi leur service officiel de pisciculture. L'année 1871 marque profondément dans l'histoire de la pisciculture aux États-Unis : c'est de cette année que datent deux institutions qui ont eu la plus heureuse influence sur le développement de l'industrie aquicole dans loute^l'étendue du territoire de l'Union, savoir : l'Association des pisciculteurs américains {American Fishculturists Association) et la Com- mission centrale des pêcheries des États-Unis {United States Fish Commission). MM. William Clift, A. S. Collins, Fred Mather, le docteur J. H. Slack et Livingston Stone, pisciculteurs distingués et bien connus par leurs écrits et par leurs travaux pratiques, furent les fondateurs de l'Association, laquelle a rendu d'im- menses services par son action sur l'opinion publique et par les progrès qu'elle a fait réaliser dans les procédés piscicoles. L'utilité des travaux entrepris dans un grand nombre d'États par les commissions des pêcheries n'avait pas échappé au gouvernement fédéral, qui, préoccupé d'une décroissance signalée de toutes parts dans le rendement des pêches, tant maritimes que fluviales, n'hésita pas à provoquer des études tendant à rechercher les causes de cette décroissance et les moyens d'y porter remède. Une loi, votée par le Congrès le 9 février 1871, autorisa, pour les travaux h entreprendre, la nomination d'un Commissaire spécial (Commissioner of Fish and Fisheries). La loi confiait la désignation de ce commis- saire au Président de la République, sous la sanction du Sénat, et elle stipulait que les fonctions seraient entièrement gratuites. Le Président désigna pour ce poste important M. le pro- (d) On trouvera plus loin la description de ces boîtes, ainsi que celles des autres appareils employés en Amérique. LA PISCICULTURE A L'ÉTRANGER. 69 fesseur Spencer F. Baird, secrétaire adjoint de l'Institution Smitlisonienne et bien connu par ses beaux travaux sur la zoologie. Jamais choix ne fut plus heureux : vasie savoir, puissance prodigieuse de travail, volonté persévérante, zèle éclairé, activité infatigable, dévouement à toute épreuve et poussé jusqu'à l'abnégation, telles sont les éminentes qualités que M. Baird a mises au service des fonctions aussi utiles qu'absorbantes qui lui ont été confiées, et dans l'exercice desquelles il s'est acquis les titres les plus sérieux à la recon- naissance publique, non seulement aux États-Unis, mais en- core dans les pays étrangers, qui bénéficient des études et des travaux de toute sorte entrepris par la Commission des pêcheries (1). Aussitôt nommé, M. Baird se mit à l'œuvre, en ouvrant, sur les côtes de la Nouvelle-Angleterre, une enquête minu- tieuse et poursuivie pendant plusieurs mois de l'année 1871, concernant la situation de l'industrie des pêches et les causes qui peuvent influer sur le développement de cette industrie. En 1872, la mission de repeupler les eaux fut ajoutée par le Congrès aux attributions du Commissaire des pêcheries, dont les travaux se trouvèrent ainsi divisés en deux branches distinctes : 1" Études relatives aux pêches : statistique, recherches zoo- logiques, dragages, sondages, etc.; 2° Opérations d'empoissonnement : multiplication artificielle et propagation, dans toute l'étendue du territoire de l'Union, des principales espèces alimentaires (2). Chacune de ces deux branches de travaux a ses crédits spé- ciaux, dont le chiffre total, fixé au début (1872) à 20000 dol- (1) Nous rappellerons seulement ici les envois considérables d'œnfsembrjonnés de diverses espèces de Salmonidés {Sahno f/id/inat, S. fontinalù, S. sebago, Coregnnm alhus, etc.), si fréquemment et si libéralement faits à la France, l'Al- lemagne, l'Angleterre, l'Autriche, la Hollande, la Russie, le Canada, l'Australie, la Nouvelle-Zélande, etc. (2) Un rapport sur les travniix accomplis et sur les résultats obtenus est pré- senté chaque année au Parlement par le Commissaire. Ce rapport annuel est toujours accompagné de travaux annexes (études diverses concernant la pèche et la pisciculture) qui constit\ient, pour la plupart, des documents d'une 1res grande vakur au double point de vue de la science et de la pratique. Six frts volumes grand in-S" sont déjà publiés. 70 SOCIÉTÉ NATIONALE d'aGCLIMATATION. lars, a été successivement augmenté et dépasse actuellement la somme annuelle de 80000 dollars, soit 400000 fr. (1) . La plus stricte économie est toutefois apportée dans les dé- penses. Aucune espèce d'allocation n'est attribuée au Com- missaire. Seuls, quelques commissaires adjoints, chargés de missions spéciales (voyages d'exploration, direction de labo- ratoires de pisciculture, opérations d'empoissonnement, etc.) reçoivent des émoluments. Des praticiens, des spécialistes sont parfois employés moyennant rétribution, mais toujours d'une façon temporaire. Trois ou quatre conmiis constituent tout le personnel des bureaux de la Commission, où parvient et d'où s'expédie chaque jour une correspondance considérable. Les établissements créés par la Commission sont largement pourvus de tout le matériel nécessaire ; mais rien n'y est sa- crifié au luxe et â l'élégance. Depuis 1872, huit stations zoologiques ont été successi- vement organisées le long des côtes de l'Atlantique, pour les recherches entreprises dans l'intérêt de l'industrie des pê- ches (2). Ces explorations ayant lieu presque chaque année dans des localités différentes, les installations sont essentiel- lement provisoires. Il en est de même de quelques labora- toires affectés soit à des expériences spéciales de pisciculture, soit à la multiplication artificielle de l'Alose, de la Morue, du Hareng et de quelques autres poissons. Mais il existe, en outre, des établissements permanents, presque tous consacrés chacun (1) Pour la période de 1871 à 1880, la dépense totale entraînée par les tra- vaux de la Commission s'élève au chiiïre de 476 200 dollars (2 381 000 fr.) (2) Dans la môme période, des sondages et des dragag-es ont été effectués dans plus de 2000 endroits différents, à l'aide de navires de TÉtat mis à la dis- position de la Commission. Ces explorations ont été fécondes en résultats. Outre un grand nombre d'observations fort intéressantes recueillies sur la température de l'eau, les courants, la nature des fomls, etc., des collections très importantes ont été réunies, de nombreuses espèces (Crustacés, Mollusques, Annélides, etc.) étudiées et décrites. Deux poissons alimentaires nouveaux ont été découverts à des profondeurs où les pêcheurs n'avaient pas encore poussé leurs recherclies; ce sont : le Lopholnlilus ch/imeleotiticept' et le Glyptocephalui- cynoy'osius. Le premier existe en quantité considérable sur un banc étendu où l'on ne soup- çonnait pas sa présence; le second, qui appartient au groupe des Pleuronectes, était resté inconnu jusqu'à ce jour, parce que la petitesse de sa bouche ne per- mettait pas de le prendre à la ligne et qu'il ne peut être capturé, sur les fonds où il se tient, qu'à l'aide de chaluts très puissants. LA PISCICULTURE A L'ÉTRANGER, 71 à uue seule espèce, pour la production des œufs embryonaés ou des alevins nécessaires aux opérations d'empoissonnement. Quatre de ces établissements présentent une importance spé- ciale ; ce sont ceux de Bucksport (Maine), pour le Saumon ordinaire ; de la rivière Mac-Cloud (Californie), pour le Sau- monde Californie; de Grand Lake Stream (Maine), pour le Saumon des lacs, dit Land-locked-Salmon, et do Northville (Michigan), pour les Corégones. Le premier de ces établissements est placé sous la direction de M. Charles G. Atkins, ancien commissaire des pêcheries de l'État du Maine, qui a fait une étude spéciale de l'élevage du Saumon. On lui doit des essais et des observations qui présen- tent une grande utilité pratique, et dont nous aurons à parler plus loin. L'établissement, installé sur la rivière Penobscot(l), est une construction entièrement en bois, k murs doubles séparés par une couche de sciure de bois, laquelle garantit également bien contre le froid et la chaleur. La grande salle d'incubation, de 2o mètres de long sur 9 mètres de large, est occupée par 40 auges ou rigoles en bois, disposées parallèle» ment par groupes de quatre, dans le sens de la largeur de la salle, et garnies de châssis de toile métallique qui reçoivent les œufs à faire éclore; 4500 litres d'eau par vingt-quatre heures alimentent ces rigoles. Le laboratoire, qui livre annuellement de 6 à 7 millions d'œufs embryonnés, fait, en outre, éclore de 4 à 5 millions d'alevins. Deux points intéressants sont à mentionner concernant l'éta- blissement de Bucksport savoir ; 1" l'application que, de? l'origine, le directeur, M. Atkins, a faite, pour ses féconda- tions artificielles, de la « méthode sèche » ; 2' le système de parcage des Saumons, que le directeur a également imaginé en vue de s'assurer, en temps utile, une récolte suffisante d'œufs et de laitance. D'après M. James W. Milner (2), membre adjoint de la (1) Cet établissement n'est pas entretenu uniquement aux frais du gouvernement fédéral : divers États souscrivent d'ordinaire pour une certaine somme à la dé- pense annuelle et reçoivent, on dividende, un lot d'œufs embryonnés d'une importance proportionnée au chiffre de la souscription. (2) J. W. Milner, The profjress of Fish-culture in the Vnùed-States. 72 SOCIÉTÉ NATIONALE d'ACCLIMATATION. Commission des pêcheries, une note sur la pisciculture en Russie, publiée en 1870 dans le Bulletin de la Société d'Accli- matation (i) avait, à cette époque, attiré l'attention des pisci- culteurs américains sur les résultats avantageux obtenus par M. Vrassky de l'emploi de la méthode de fécondation qui consiste à recueillir les œufs à sec dans un vase et à les arro- ser avec de la laitance étendue d'eau ; c'est la méthode dite « russe». M. Atkins eut l'idée de pousser plus loin encore l'application du système, en arrosant avec de la laitance pure les œufs également recueillis à sec, et en n'ajoutant l'eau qu'ensuite. Le résultat fut excellent : très peu d'œufs échap- pèrent à la fécondation. Cette manière de procéder, qui con- stitue la « méthode sèche » par excellence, est aujourd'hui partout employée aux États-Unis (2) . On comprend du reste facilement la supériorité qu'elle présente sur la c méthode humide » quand on se rappelle la rapidité avec laquelle per- dent leur vitalité les spermatozoïdes de la laitance délayée dans l'eau (3). En opérant sur une aussi grande échelle qu'il le fait, M. Atkins éprouvait parfois, pour ses fécondations artificielles, une difficulté sérieuse à se procurer, en proportion convenable, des femelles et des mâles prêts à frayer. Aussi a-t-il mainte- (1) Paul Vœlkel, L'établissement de Nikolsk pour l éducation des poissons de luxe {Bulletin, 1870, p. 508). (2) Elle est également, comme nous l'avons vu plus haut, d'un usage général en Allemagne ; c'est la seule actuellement suivie à Hunningue. Il est à remarquer, du reste, que plusieurs praticiens ont été, par les résultats de leurs essais, amenés à des résultats identiques. M. Seth Green, qui est un des vétérans de la pisciculture américaine, pratique depuis fort longtemps la mé- thode sèche, dont il a, pendant plusieurs années, conservé le secret. L'emploi de cette méthode lui donnait un avantage marqué sur les autres pisciculteurs, ses voisins, qui, procédant par la méthode humide, avaient toujours un déchet assez considérable d'œufs non fécondés. (3) Il résulte d'expériences faites par notre éminent Vice-Président M. de Quatrefages, que la vitalité des spermatozoïdes n'a pas une durée de plus de : 2' 10" dans la laitance de Barbeau. 2 40 — Perche. 3 » — Carpe. 3 10 — Gardon. 8 10 — Brochet. Encore faut-il considérer les chiffres ci-dessus comme des maxima qui ne sont pas toujours atteints (Mémoire lu à l'Académie des sciences, mai 1853). LA PISCICULTURE A L'ÉTRANGER. 7?» nant le soiû de faire parquer à l'avance (au besoin pendant cinq ou six mois, et au fur à mesure des captures qui peuvent être faites dans la rivière Penobscot) un grand nombre de Saumons (1). Ces Saumons sont retenus captifs jusqu'au moment du frai, époque où on les pêche de nouveau pour recueillir les œufs et la laitance. Tout d'abord, on les mettait en liberté dans un étang de 24 hectares ; mais, avec une pareille étendue d'eau, il devenait assez difficile de les reprendre quand on en avait besoin. Par suite, on fut obligé de les parquer dans un espace plus restreint. Une barrière en filet, établie en travers de l'étang, ne leur laissa plus que la disposition de 4 hectares environ. Mais cette barrière ne présentant pas une solidité sufilsante pour les plus forts su- jets, qui trouvaient le moyen de se frayer un passage au tra- vers, on fut obligé de la remplacer par une sorte de clayon- nage à demeure. Enfin, plus récemment, un petit cours d'eau, tributaire de la rivière Penobsco, le Dead Brook, a été affecté au parcage de ces poissons reproducteurs. Un enclos y a été créé au moyen de deux barrages établis en travers du courant et formés de pieux dont l'espacement a été calculé de façon à tenir les sau- mons emprisonnés, tout en laissant à l'eau un passage suffi- sant. Cet enclos reçoit tous les saumons que l'on peut se pro- curer vivants pendant la saison où la pêche est permise. Ces saumons sont achetés aux propriétaires de iveb's ou pêche- ries fixes, et des bateaux-viviers servent à les transporter jus- qu'à l'enclos. La profondeur de l'eau varie dans ce parc de O^jVO c. à 5 mètres. D'abondantes plantes aquatiques et des arbustes, dont les branches surplombent la rivière, fournis- sent aux poissons d'utiles abris contre les rayons du soleil; car, même dans les endroits où il y a le plus de profondeur, la température de l'eau atteint parfois, à la surface, dans les (1) En Suisse, on a parfois amené des Saumons vivants dans le voisinage de frayères où l'on désirait les voir pondre, ou bien l'on a parqué pendant quelques jours des sujets prêts à frayer, afin de se procurer soit des œufs, soit de la laitance pour des fécondations artificielles; mais nulle part, on n'a, que nous sachions, conservé captifs, aussi longtemps qu'on le fait à Bucksport, des Smmons adultes pour s'assurer un nombre suffisant de reproducteurs. 74 SOCIÉTÉ NATIONALE D'ACCLIMATATION. chaudes journées d'été, de 75 à 80 degrés Fahrenheit (24 à 26 degrés centigrades). Dans toute l'étendue de l'enclos, le fond est recouvert d'une épaisse couche de vase, afin d'en^pêcher les saumons de frayer ; ce que beaucoup ne manqueraient pas de faire, si des bas-fonds sableux étaient laissés à leur disposition. Le barrage supérieur, ou d'amont, est établi dans un endroit où le ruisseau n'a qu'une très faible profondeur et quatre mètres seulement de largeur. Un petit pavillon, construit tout â côté, renferme le matériel nécessaire pour la récolte des œufs et leur transport jusqu'au laboratoire d'incubation, dis- tant de près de cinq kilomètres. Quand arrivent les journées froides d'octobre, l'instinct de la reproduction commence à se faire sentir chez les saumons, qui se mettent en quête d'endroits favorables pour déposer leurs œufs. Ils quittent les endroits profonds où ils ont passé tout l'été et remontent le courant jusqu'à ce qu'ils rencon- trent le barrage supérieur, en face le pavillon de pêche. A vingt mèlres en avant de ce barrage, un solide filet, tendu en travers du ruisseau, ne laisse au milieu qu'un étroit passage en forme de nasse, par lequel les saumons entrent sans diffi- culté mais ne peuvent plus ressortir. Ils restent ainsi prison- niers dans un très petit espace, où la pêche en est facile au moyen d'échiquiers. On les répartit alors par sexes dans des boutiques ou cases flottantes, où les opérateurs puisent au fur et à mesure pour pratiquer les fécondations artificielles. Le nombre de ces poissons est généralement de cinq à six cents, fournissant une récolte qui varie de cinq à neuf millions d'œufs. Les œufs fécondés sont aussitôt placés sur des cadres garnis de toile métallique et portés à l'établissement, où ils sont immergés sans retard dans les rigoles d'incubation. Au bout de soixante jours, ils sont embryonnés et peuvent être expé- diés au loin (1), (1) Des envois ont été faits jusqu'en Australie, où plusieurs cours d'eau pos- sèdent aujourd'hui «^es saumons originaires de la rivière Penobscot. Quand tous les œufs sont recueillis, on en fait le total, ce qui est aisé, attendu LA PISCICULTURE A L'ÉTRANGEU. 75 On se servit tout d'abord, pour les envois de boUes en fer- blanc de diverses grandeurs. Mais le prix trop élevé de ces boîtes les fit promptement remplacer par des caissettes en bois léger, avec emballage dans un linge et de la mousse humide, suivant la mode généralement adoptée en Europe. Pour les expéditions à de grandes distances, on emploie une double caisse, avec une couche intermédiaire et isolante de sciure de bois, laquelle, suivant le cas, sert à protégerles œufs aussi bien contre le froid que contre la chaleur. Les résultats des travaux d'empoissonnement entrepris au moyen des ressources créées par l'établissement de Bucksport n'ont pas tardé à se manifester. Alors que le Saumon ordi- naire {Salmo salar) était précédemment inconnu dans la plupart des cours d'eau des États-Unis (on ne le trouvait que dans quelques rivières du Maine, telles que la Penobscot, la Kennebec,etc.), celte espèce existe aujourd'hui dans un nom- bre considérable de fleuves et de rivières, où elle a été intro- duite artificiellement. De fait, on la trouve dans presque tous les cours d'eau depuis la rivière Denny (Maine oriental) jus- qu'à la Susquehanna (Maryland). Le Merrimack, la Delaware et le Pewigemmasset en sont particulièrement peuplés. Il en est de même du Connecticut, où l'on pêche, par centaines, des sujets de 10 à 20 livres, lesquels vont, le plus habituellement, approvisionner les marchés de New-York. Tels sont les ré- sultats qui ont été obtenus en l'espace de six années ! Mais l'introduction du Saumon ordinaire ne peut avoir lieu partout. Cette espèce n'a de chances sérieuses de réussir que dans des eaux suffisamment fraîches et limpides. Aussi la Commission des pêcheries a-t-elle dû se préoccuper de la que chaque cadre d'incubation, jjanii d'une seule couche d'œufs, en contient environ 2000 ; il suffit donc de compter les cadres. On calcule, d'apics la déjiense totale de rétablissement pendant l'aiinée courante, le prix de revient du millier d'œufs, et ce prix de revient sert à déterminer la part d'œufs à attribuer à cha- que souscripteur d'après le montant de sa souscription. En 1881, les souscriptions et les parte proportionnelles ont été les suivantes : Gouvernement fédéral. .. . 1757 dollars. 950 010 œufs. État du Maine 2000 — 1080 000 — — Massachussetts . . 590 — 270 000 — — Connecticut 300 — 162 000 — 76 SOCIÉTÉ NATIONALE DACCLIMATATION. recherche d'une espèce moins exigeante sous le rapport de la qualité de l'eau. Son attention s'est, en conséquence, portée sur une espèce de Saumon (le Salmo quinnat) propre à un certain nombre de cours d'eau tributaires de l'océan Paci- fique (1), et particulièrement abondante en Californie, notam- ment dans le Sacramento et la rivière Mac-Cloud. Cette espèce très rustique et douée d'une remarquable faculté de résis- tance à la chaleur, était toute désignée pour devenir l'objet d'essais d'introduction dans tous les cours d'eau où le Salmo salar ne pourrait vivre par suite soit de la tempéiature trop élevée des eaux, soit de leur nature limoneuse. Nous avons déjà, dans un précédent travail (2), signalé l'in- térêt qui s'attache à la propagation du Saumon de Californie, et donné quelques renseignements sur les travaux entrepris par la Commission des pêcheries en vue de répandre le plus possible cette précieuse espèce. Nous croyons, toutefois, de- voir ajouter ici quelques détails susceptibles de donner une idée de l'échelle gigantesque sur laquelle sont effectués les travaux de la Commission. C'est en 1872 que les premiers essais furent entrepris, à la suggestion de M. Robert B. Roosevelt, membre de la Chambre des députés. M. Livingston Stone, chargé de ces essais, se rendit en Californie dans le courant de septembre, pensant arriver bien avant l'époque de la ponte. Mais il était déjà trop tard ; on ne put récolter que quelques milliers d'œufs, car le Saumon de Californie fraye beaucoup plus tôt que le Saumon ordinaire, soit dès la fin du mois d'août. M. Stone profita toutefois de ce premier voyage pour re- cueillir quantité de renseignements utiles, qui lui permirent de renouveler la tentative l'année suivante dans de meilleures conditions. La rivière Mac-Cloud fut choisie comme centre des (1) Le Saumon dit de Californie est considéré comme absolument identique au Saumon du Sacramento [Salmo qitùtnnf, Richard), Van des plus grands de la famille. Les sujets péchés dans le Sacramento pèsent en général une vingtaine de livres ; on en trouve qui atteignent jusqu'à 100 livres. La chair de cette espèce est égale en qualité à celle du Salmo salnr. (2) Raveret-Wattel, Le Saumon de Californie {Bulletin de la Société d'Accli- matation, ianyier i878). LA PISCICULTURE A L'ÉTRANGER. 77 opérations. Cette rivière, alimentée par la fonte des neiges du mont Shasta, roule des eaux abondantes, extrêmement froides et non troublées, comme celles de beaucoup de rivières californiennes, par le lavage des minerais aurifères. Aussi les frayères sont-elles toujours visitées par de nombreuses légions de Saumons. C'est donc sur les bords de cette rivière, en plein terri- toire indien et au milieu de tribus sinon hostiles, du moins assez mal disposées, en général, à l'égard des « visages pâles », que M. Livingslon Stone planta sa tente et jeta les fondementsMe la station de pêche et de pisciculture (i) où, depuis lors, il se rend chaque année, pendant quatre ou cinq mois, pour recueillir les œufs de Saumon, les féconder arti- ficiellement et les soumettre à un commencement d'incuba- tion, puisque c'est seulement lorsque ces œufs sont emhryonnés qu'ils peuvent être, avec moins de difficulté, expédiés à de grandes distances. En raison du nombre considérable de poissons sur lequel on opère (2), et du chiffre également très élevé de la récolte d'œufs (ce chiffre dépasse souvent 10 000000), ces diverses opérations représentent un labeur considérable. Un barrage, établi sur la rivière, arrête les saumons à la remonte, et permet de les capturer plus facilement à l'aide d'immenses seines. Il est nécessaire que ce barrage — qui est une palissade faite de pieux très rapprochés — présente une assez grande solidité, car les légions de Saumons, souvent monstrueux de grosseur, qui viennent se heurter en aval, y font parfois des brèches et réussissent à se frayer un passage. Or, la réparation de ces brèches, qui doit nécessairement être très promptement faite, exige un travail des plus pénibles, obligeant les hommes à se (1) Le lieu de campement a reçu le nom de Baird, en l'honneur de l'éminent Commissaire des Pêcheries des Étals-Unis. (2) Les œufs et la laitance que l'on récolte sont fournis par 5 ou 6 milliers de Saumons ; mais, pour se procurer ce nombre de poissons prêts à frayer immé- diatement, il faut en pêcher un nombre quarante ou cinquante fois plus considé- rable. 11 n'est pas rare que l'on capture, par jour, à la station de Baird, de 7 à 9 mille saumons^ car un seul coup de seine en ramène parfois 1200 ou 1400 ; mais, souvent aussi, sur plusieurs milliers, quelques centaines seulement sont en état de fournir immédiatement du frai. 7:8 SOCIÉTÉ NATIONALE d'ACCUMATATION. tenir plongés, souvent presque jusqu'au cou, dans l'eau de la rivière; cette eau, provenant de la fonte des neiges, est constamment très froide et paraît glaciale en été. Afin de pouvoir, au besoin, mettre en dépôt les poissons capturés, on a aussi établi un parc, ou corral, au moyen d'une palissade dans le lit de la rivière. C'est dans ce parc et parmi les produits directs de la pêche, que les opérateurs chargés des fécondations puisent les Saumons dont ils ont besoin. Mais ce n'est pas une mince besogne que de débarrasser ces poissons de leurs œufs ou de leur laitance, car presque tous sont des sujets de 15 à 20 livres, et souvent plus, qui ne se laissent pas aisément manier. C'est une véritable lutte qu'il faut sou- tenir avec le poisson, lutte d'autant plus fatigante que l'on doit constamment se tenir le dos courbé pour pouvoir recueillir le frai(i). Très souvent les hommes ont les mains déchirées par les rayons des nageoires ou les dents acérées des mâles, qui infligent des blessures douloureuses et longues à guérir. Ajoutons que la pêche se fait assez souvent pendant la nuit, et par une température extrêmement basse ; car, dans cette région montagneuse, les nuits sont relativement aussi froides, durant la belle saison, que les journées y sont chaudes. Les hommes de la station, qui ont eu parfois, pendant le jour, des travaux très pénibles à exécuter en plein soleil, et par une température de 54 degrés centigrades, se trouvent, pendant la nuit, en s'occupant de la pêche ou des fécondations artifi- cielles, soumis à un froid relatif de -{-il degrés, ayant, de plus, leurs vêtements constamment imprégnés d'une eau gla- ciale. Aussi peu d'entre eux échappent-ils aux conséquences de telles fatigues et de pareils écarts de température, lesquelles se traduisent généralement, dès la première semaine, par des atteintes de fièvre et des douleurs rhumastimales. Les tem- (1) Toutefois, comme on ne tient pas à conserver les poissons, et qu'on ne craint pas, par suite, de les blesser, d'habiles opérateurs se chargent souvent seuJs des Saumons les moins gros. Us serrent entre leurs genoux la tête du poisson, contiennent la queue de la main gauche et font, avec la main droite, sortir les œufs ou la lailance. Mais les fortes pièces exigent le concours de deux et souvent de trois hommes. Les Saumons opérés sont abandonnés aux Indiens du voisinage, dont on s'assure ainsi, jusqu'à un certain point, les bonnes grâces, et même le concours, pour quelques travaux pénibles. LA PISCICULTURE A L'ÉTRANGER. 79 péramenls" exceplionnellement robustes seuls résistent et peu- vent continuer sans interruption ce pénible travail. Malgré toutes ces difficultés, le nombre d'œufs récoltés et fécondés cliaque jour dépasse d'ordinaire 300000, et s'élève parfois jusqu'à 800000 ou 900000. La récolte, c'est-à-dire le frai, commence généralement vers le 20 août pour se termi- ner du 15 au 18 septembre. La mise en incubation des œufs a lieu dans des rigoles en bois qui sont établies parallèlement sur des tréteaux à hauteur d'appui et abritées par une vaste tente de 20 mètres de long sur 10 mètres de large. Ces rigoles, au nombre de dix, sont groupées deux à deux, afin de laisser entre elles un es- pace libre pour permettre la surveillance et les manipulations qu'exigent les oeufs. Chaque rigole est formée de trois auges de 5 mètres de longueur placées bout à bout, avec une difTé- rence de niveau de quelques centimètres pour donner de la chute à l'eau, dont il importe de faciliter l'aération. En effet, à l'extrémité des rigoles, malgré la vitesse et l'abondance du courant, les œufs pourraient être exposés quelquefois à man- quer d'oxygène, l'eau ayant déjà abandonné aux œufs placés en amont la plus grande partie de l'air qu'elle contenait (l). Dans chaque auge, les a^ufs sont placés sur des grilles en toile métallique, superposées d'après un système ingénieux (appareil Williainson) que nous décrirons plus loin. Ce sys- tème permet d'économiser beaucoup l'espace (ce qui n'est pas sans utilité quand on opère sur des quantités aussi considé- rables d'œufs), tout en aérant complètement l'eau par le mou- vement qui lui est imprimé. De longues planches, formant couvercles, doivent être posées sur les rigoles; car, pendant le jour, la lumière qui tamise à travers la toile de la tente suffirait pour faire périr les œufs. L'eau qui alimente les rigoles d'incubation est celle de la (1) M. Livingslon Stone a constaté que c'est surtout vers la dernière période de l'évolution embryonnaire (pie lus œufs ont besoin d'une eau largement aérée. ;Au début de riiicubation, on peut, sans grand inconvénient, entasser les œufs dans les appareils, et donner un l'aible couiant ; mais, dès que l'cmbryou est distinctement visible, il faut avoir gran-l soin de bien étaler les œufs sur les claies, et de donner à l'eau un couraot aussi rapide que possible. 80 SOCIÉTÉ NATIONALE D'ACCLIMATATION. rivière même. Cette eau est élevée à 3 mètres de hauteur et amenée dans les appareils au moyen d'une roue hydraulique portée par deux bateaux au milieu de la rivière, et garnie, à sa circonférence, de larges seaux ou baquets, qui, à chaque évolution de la roue, déversent leur contenu dans une rigole- aqueduc en bois élevée sur des pieux. Cette roue, placée au milieu de rapides et actionnée ainsi par im courant très- violent, suffit pour élever et fournir près de 300000 litres d'eau à l'heure. L'eau de la rivière Mac-Gloud, presque toujours limpide pendant la belle saison, devient généralement irouble pendant le frai des Saumons, ces poissons remuant le sable du fond pour faire leurs nids. Aussi, pour pouvoir servir aux incuba- tions, cette eau a-t-elle besoin d'être soumise à un filtrage préalable. Le filtre employé consiste en trois caisses en bois, dont Tune, plus grande que les deux autres, forme un premier récepteur. L'eau y traverse d'abord une cloison verticale, for- mée d'une grosse toile ou canevas, mis en double et tendu so- lidement sur un cadre, puis quatre autres cloisons analogues, en flanelle ou molleton de laine, représentant chacune une sur- face filtrante d'un mètre carré. Dans les deux autres caisses, l'eau traverse une cloison formée d'un triple canevas, et sept cloisons de flanelle. L'eau des rigoles d'incubation marquant, en moyenne, de 12 à 14 degrés centigrades, les œufs sont généralement em- bryonnés au bout de seize jours. Quand ils ont atteint le degré de développement voulu pour pouvoir être expédiés, ces œufs sont emballés dans de la mousse humide et placés dans des boîtes de 60 centimètres de côté sur 15 centimètres d'épais- seur. Cet emballage constitue, à lui seul, un travail assez con- sidérable, attendu qu'une dizaine de millions d'œufs repré- sentent environ un volume de cent décalitres. Plus de deux cents décalitres de mousse sont nécessaires pour emballer ces œufs dans un nombre à peu près égal de boîtes, lesquelles sont placées deux par deux, avec du foin, dans des caisses à claire-voie, ayant un compartiment supérieur destiné à rece- voir de la glace en cours de route. Le tout, ainsi emballé, LA PISCICULTURE A l'ÉTRANGER. 81 forme une centaine de colis, pesant ensemble plus de 20 tonnes. Ajoutons qu'en raison de la chaleur, l'emballage doit se faire très rapidement et nécessite la plus grande activité. Enfin tout est prêt ; il ne reste plus qu'à expédier les colis vers les pays et établissements destinataires. On les achemine, avec le moins de secousses possible, par une roule de 35 kilo- mètres, à peine frayée, sur Redding (Californie), la plus prochaine station d'un des tronçons de cette gigantesque ligne ferrée (Central Pacific Railroad) qui relie les côtes du Pacifi. que à celles de l'Atlantique, en franchissant les hautes soli- tudes des Montagnes Rocheuses et l'immensité des prairies du Far-VVest. Après un trajet de près de 1500 lieues, les œufs arrivent dans les États de l'Est, entre lesquels ils sont répartis d'après les demandes faites par les commissions locales. Ceux destinés à l'Europe sont d'abord dirigés sur New- York, où, par les soins de M. Fred. Mather, membre adjoint de la Com- mission des pêcheries, ils reçoivent, avant d'être embarqués, un nouvel emballage spécial, d'après le système imaginé par cet habile pisciculteur. On les place en couches minces, sur des espèces de tamis rectangulaires formés de légers cadres en bois sur lesquels est tendu une sorte de molleton en coton. Ces cadres sont assez épais pour qu'on puisse les superposer sans comprimer les couches d'œufs. Une caisse solide enve- loppe le tout, en laissant en dessus, et parfois aussi sur les côtés, un espace vide suffisant pour emmagasiner de la glace, afin d'entretenir une basse température autour des œufs et de retarder l'évolution embryonnaire. Grâce à cette disposi- tion ingénieuse, en prenant la précaution de renouveler la glace lorsqu'elle est fondue, on pourrait, sans aucune diffi- culté, faire franchir aux œufs une distance bien autrement grande encore que la traversée de l'Atlantique. Malgré le nombre considérable et toujours croissant des œufs mis en distribution (1), ce nombre est encore insuffisant pour satisfaire à toutes les demandes, chaque année plus (1) Le chiffre total des œufs recueillis et distribufjs jusqu'à ce jour s'élève à 80 000 000 environ. Afin de ne pas appauvrir la rivière Mac-Cloud par ces pré- lèvements sur les produils de ses frayèrcs. l'Établissement fait éclore chaque o- si.iut, T IX. — Février ISSi. (1 82 SOCIÉTÉ NATIONALE D ACCLIMATATION. nombreuses, en raison des qualités justement appréciées du Saumon de Californie. Cette espèce est certainement, de tous les Salmonidés, celle qui se prête le mieux à la multiplication artificielle. Quand ils sont convenablement emballés et tenus à une température suffisamment basse, les œufs peuvent être transportés presque sans perte aucune. Dans les ap|>areils d'éclosion le déchet est très faible pendant toute la durée de l'incubation. Quant aux alevins, ils sont extrêmement vigoureux et ils grandissent ra- pidement sans qu'on voie se manifester parmi eux ces morta- lités qui sévissent fréquemment sur les alevins des autres es- pèces. Quiconque en élève est bientôt frappé de la rusticité, de la vigueur des alevins et de leur robuste appétit, symptômes toujours favorables chez de jeunes poissons. Les sujets adultes s'adaptent facilement aux situations les plus variées, lis re- montent le Sacramento quand les eaux de ce fleuve sont ren- dues fangeuses par les pluies et les lavages de minerais. En juillet et août, ils s'engagent en troupes nombreuses dans le San-Joaquin, fleuve qu'ils remontent sur une longueur de 150 kilomètres, parcourant ainsi la vallée la plus chaude de la Californie, où la température de Fair, rarement plus basse que 26 degrés à midi, atteint souvent 40 degrés centigrades. Quant à fèau du fleuve, elle marque parfois jusqu'à 28 degrés à la surface et 27 degrés près du fond. En sortant pleins de vigueur des eaux chaudes et troubles du San-Joaquin, ils pé- nètrent, pour frayer, dans les afduents de ce cours d'eau : le Merced, le Stanislaus, etc., rivières formées par la fonte des neiges des montagnes. D'après la nature des eaux habitées coniinuellement par le Saumon de Californie, il parait certain que ce poisson peut être introduit avec succès dans un grand nombre de cours d'eau. Aussi, aux Etats-Unis paraît-il devoir se répandre beau- coup dans les États de l'Est, où peu de rivières, en eftet, ont des eaux soitaussi troubles que celles du Sacramento, soit aussi aimée 1000 000 ou 1500 000 œuf> pour en restituer les alevins à ce cours d'eau, lequel, par suite, est toujoura aussi peuple de Saumons, sinon plus, que par le passé. LA PISCICULTURE A L'ÉTRANGER. 83 chaudes que celles du San-Joaquin. D'autre part, les im- menses voyages accomplis chaque année par le Saumon de Californie, la force et l'énergie dont ce poisson fait preuve pendant ses migrations dans les eaux du Sacramento et de la rivière Mac-Gloud, tout prouve que nulle espèce ne l'égale quant à l'aptitude à remonter à des distances considérables de la mer pour aller frayer. La cataracte dite Shoslione Falls, sur la Snake River, un des affluents de la rivière Colombie, est le point d'arrêt des Saumons qui y frayent en grand nombre ; or cette cataracte est à plus de 700 lieues de la mer. Il ne paraît donc pas im- possible que le Saumon de Californie puisse réussir même dans le Mississipi, dont les affluents lui ofl'riraient des frayères nioins distantes de l'Océan. Quant aux eaux du golfe du Mexi- que, où l'entraîneraient ses migrations annuelles, elles ne sont pas plus chaudes, à une certaine distance de l'embou- chure du Mississipi que les eaux de la mer le long des côtes du Massachusetts et de la Nouvelle-Angleterre. Ces considérations ont engagé la Commission des pêcheries à essayer activement la propagation du Saumon de Californie dans les États du Sud, où sera prochainement créé un éta- blissement spécial pour la multiplication artificielle de cette espèce. Dès maintenant, ce Saumon est introduit dans un nombre considérable de cours d'eau. Il l'est également dans plusieurs lacs qui n'ont aucune communication avec la mer, et dans les- quels, néanmoins, il a déjà commencé à se reproduire. Point n'est besoin de faire ressortir l'intérêt qui s'attache- rait à l'acquisition pour nos eaux d'une espèce aussi remar- quable et aussi précieuse à tous égards. (A suivre.) NOTE SUR UNE ÉDUCATION D'ATTAGUS PERNYI FAITE SUR PRUNIER Par M. A. L. CLÉMENT Le 24 août 1881, je reçus, de la Société d'Acclimatation, une assez grande quantité d'œuhd'Attacus Perni/i, en pleine éclosion. Quoique cette seconde éducation présente toujours de grandes difficultés, je n'hésitai pas à l'entreprendre, et tentai même un essai qui réussit parfaitement et que je crois nouveau. Une partie des jeunes chenilles furent uniquement nour- ries avec du prunier. Elles hésitèrent d'abord quelque temps avant d'accepter cette nourriture ; mais peu à peu elles enta- mèrent les feuilles, et, ix part quelques individus qui préférè- rent se laisser mourir de faim, l'éducation maniha très régu- lièrement, plus régulièrement même que celle des chenilles provenant des mêmes œufs, qui étaient nourries avec du chêne ; car celles-ci ne commencèrent à filer qu'après deux mois révolus depuis l'éclosion de l'œuf; tandis que celles élevées avec du prunier avaient déjà donné des cocons avant la fm de la septième semaine. Dès les premières mues d'ail- leurs, elles avaient pris de l'avance et présentaient des diffé- rences sensibles : la couleur était plus fraîche, l'attitude plu-s ferme, le volume bien supérieur, et les déjections molles, noires et volumineuses indiquaient une santé vigoureuse ; tandis que celles des chenilles du chêne étaient sèches, vertes et se réduisaient facilement en poudre, quoique ces chenilles fussent arrosées aussi fréquemment. Le cocon ne présentant pas de différence sensible, il fallut attendre l'éclosion du papillon pour compléter cette observa- tion. Cette éclosion eut lieu au printemps suivant, de très bonne ÉDUCATION d'ATTACUS PERNYI. 85 heure, et donna des papillons normaux qui s'accouplèrent facilement. Quoique, au point de vue industriel, l'éducation avec du prunier paraisse peu pratique, vu la quantité de feuilles né- cessaires pour un grand nombre de chenilles, il n'en est pas de même au point de vue du grainage et de l'acclimatation. Bien' des entomologistes ont dû renoncer à terminer des éducations, parce que, habitant Paris ou de grandes villes, il leur était trop difficile de se procurer le chêne nécessaire, surtout par -le mauvais temps ; tandis que leurs jardins au- raient pu leur fournir en abondance du prunier, et avec le grand avantage de pouvoir reno'uveler les branches plus fré- quemment. Je terminerai en notant que les chenilles ont été élevées dans une pièce exposée au midi, dont la fenêtre restait large- ment ouverte tant que le temps le permettait ; qu'elles n'ont été arrosées que lorsque la température paraissait suffisam- ment élevée, ce qui revient à dire seulement pendant les pre- miers temps de l'éducation, et qu'enfin je n'ai observé ni ma- ladie ni mortalité, si ce n'est dans les limites ordinaires des éducations de nos espèces indigènes. • Dans cette éducation, j'ai obtenu un assez grand nombre de cocons doubles, ils contenaient tous un mâle et une fe- melle de taille normale ; mais presque toujours, à l'éclosion, l'un des deux avortait. Ces faits m'ont paru suffisamment intéressants pour appe- ler sur eux l'attention de la Société et des éducateurs, dont un grand nombre, obligés comme moi de faire toutes leurs expériences à Paris ou dans de grandes villes, pourront peut- être tirer parti de l'observation que j'ai l'honneur de faire connaître ici. II. TRAVAUX ADRESSES ET COMMUNICATIONS FAITES A LA SOCIÉTÉ. EFFETS DES GELÉES AU BOIS DE BOULOGNE 1879-1880 Par m. Angnste PISSOT Inspecteur des forêts, Conservateur du Bois de Boulogne. (Suite.) Les espèces du genre Juniperus, qui n'appartiennent pas à l'Europe, ont beaucoup souffert des dernières gelées, et un certain nombre ont été complètement détruites. Parmi ces dernières, il faut placer les suivantes : Junipn'us macrocarpa (Siblliorp), Genévrier à gros fruits, (Espagne) ; Jiiniperm reciirva (Hamilton), Genévrier à ra- meaux recourbés. Le Juniperus Phœnicea (Linné), Genévrier de Phénicie (Asie Mineure, 1680), a été gelé jusqu'au niveau de la neige; les branches qui se trouvaient au-dessous ont bien résisté. On les a laissées au moment du recepage et elles ont bien végété. Le Juniperus excelsa (^Yilldenow), Genévrier élevé (Ar- chipel grec, 1830), a perdu la plus grande partie de ses branches latérales et il est probable qu'il n'échappera pas à la mort. Quant au Juniperus Virginiana (Linné), Genévrier de Vir^ ginie, qui habite toute l'Amérique boréale, d'où il a été intro- duit en iOOi', il a résisté assez bien, ainsi que toutes ses va- riétés. Toutefois, de forts échantillons, ayant de 10 à 12 mè- tres de hauteur, ont perdu quelques branches sur la tige, mais la végétation a été passable. Les arbres dont je veux parler sont: Juniperus Virginiana glauca (Hort.), /. cine- rascens (Hort.), J. Chamberlai/nii (Hort.), /. pyramidalis (Hort.), /. pendilla (Hort.), J . variegata (Hort.). Les espèces indigènes, telles que le Juniperus conimunis DES GELÉES AU BOIS DE BOULOGNE. 87 (Linné) , Genévrier commun et ses variétés ; /. pt/ramidalis (Hort.), J. Suecica (Loudon), /. hibemica (Carrière), /, Hyhernica co?/^;)ms,sa (Carrière), seules n'ont éprouvé aucune souftVance. Les Junipenis Sabina (Linné), Genévrier sabine, que l'on trouve dans les parties subalpines de l'Europe. Ses variétés, Juïiipems Sabina tamariscifoUa (Ait.), Ge- névrier sabine à feuille de tamarin, Jumpenis Sabina varie^ gâta (Hort.), Genévrier sabine à feuilles panachées, ainsi que les Jimiperus squammata (Don.), Genévrier squameux, toutes plantes à rameaux traînants, qui, par conséquent, se sont trouvées sous la neige, ont très bien résisté. Cette cou- verture a pu les abriter et empêcherait de se prononcer sur leur rusticité. Cependant, j'ai heu de la croire réelle, parc que des branches, qui se trouvaient au-dessus n'ont aucu- nement été atteintes, Lariûû Europœa (DeCandolle), Mélèze d'Europe. Il se trouve presque dans toutes les contrées de l'Europe. En exami- nant son écorce au mois de mars, on pouvait croire que le h gelées avaient eu sur lui un effet désastreux, mais heureuse- ment il n'en était rien, et sa végétation s'est produite comme les années précédentes. Il en a été de môme pour les autres espèces : Larix AmerU cana (Michaux), ou Larix microcarpa (Forbes), Mélèze d'A- mérique (introduit en 1739); Larioo Dahurica (Turczaninow), Larix Sibirica (Ledebour), Mélèze de Daourie ou de Sibérie (Sibérie, 1827) ; Larix inter média (Hon.), Mélèze intermé- diaire; Lr^na? Jrtj)fm/cff (Carrière), Larix leptolepis (Siebold et Zuccarini), Mélèze du .Japon. Libocedrus Chilensis{En(\\kher), Libocedrus du Chili, dont l'introduction remonte à 18i