V r \\ t^s*i,\ ^#c:?'. WHITNEY LIBRARY, HARVARD UNIVERSITY THE GIFT OF .1. L). WHITNEY, Stuvf/îs Hooper Professor ' ^. .■; ^7'N\ w- J»;1 'ol^i. « '- ■ > MUSEUM OF COMPARATIVE ZOOLOGY ^^^\^-,\-'^.-^.V^oV P îU'-n ; i - ■ I ; ';^::rh^^. m^^'M^ '^fy\ ^"'mmmi. nf^m COMPTES RENDUS HEBDOMADAIllES DES SÉANCES DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES. rAUlï. — IMPRlJIEniE DE MALLET-BACHELIEB, RUE DE SElNE-SAINT-GERMAm, 10, PRÈS L'INSTITUT. COMPTES RENDUS HEBDOMADAIRES DES SÉANCES DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES PDBLIÉS CONFORMÉMENT A UNE DÉCISION DE L'ACADÉMIE PAR Min. LES SECRÉTAIRES PERPÉTUELS TOME CINQUANTE-CINQUIÈME. JUILLET — DÉCEMBRE 18G2. PARIS, MALLET- BACHELIER, IMPRIMEUR -LIBRAIRE DES COMPTES RENDUS DES SÉANCES DE l'acADÉMIE DES SCIENCES, Quai des Augustins, n" 55. ■^•^ 1862 COMPTE RENDU DES SÉATNCES DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES L'Académie, réunie le 3o juin poursa séance habituelle, a appris la p( rie qu'elle venait de faire dans la personne de M. deSenannont, décédé le matin même. Cette perte si récente et si peu prévue ne permettant pas à l'Académie de s'occuper pour le moment d'autres pensées, M. lk Président, sur la pro- position de plusieurs Rlembres, a renvoyé la séance au lundi suivant. L'Assemblée s'est aussitôt séparée. SÉANCE DU LUNDI 7 JUILLET 1862. PRÉSIDENCE DE M. DUHAMEL. MEMOIRES ET COMWUiMCATIOXS DES MEMBRES ET DES CORRESPONDANTS DE L'ACADÉMIE. A l'ouverture de la séance, M. le Pkésident explique à l'Académie pourquoi, lorsque les derniers devoirs ont été rendus à M. de Scnarnionl, aucun discours n'a été |irononcé sur sa tombe. Un Membre delà Section de Minéralogie s'était cliargé d'exprimer les regrets unanimes de l'Académie, et de rappeler en peu de mots le caractère et l'objet des travaux les plus re- marquables de celui qu'elle venait de perdre. Les auties corps savants aux- quels il appartenait se disposaient à remplir le même devoir, lorsque l'on a appris que l'iutentioi), formellement exprimée, de AJ. de Senortnont ét.nt qu'aucim discours ne fût prononcé sur sa tombe. Celle volonté a du cti*' religieusement respectée. (6) PHYSIQUE. — Sur la vitesse de propacjolion du son dans l'air; par M. Duhamel. « Newton est le premier qui ait étudié l'importante question de la pro- pagation du mouvement dans l'air. La solution qu'il en a donnée est encore l'objet de l'admiration des géomètres : Laplace l'appelle un monument de S071 génie. Toutefois elle n'était pas entièrement d'accord avec l'expérience; elle donnait pour la vitesse de propagation une valeur d'environ un sixième au-dessous de celle que donne l'observation. » Presque tous les grands géomètres depuis Newton se sont occupés de ce curieux problème, soit pour en établir la théorie mathématique, soit pour trouver la cause du désaccord entre le calcul et l'expérience. Lngrange est le premier qui l'ait soumis à l'analyse mathématique, en le ramenant aux équations générales de l'hydrodynamique : il considère un tube indé- fini rempU d'air, et dans lequel le mouvement a lieu par tranches perpen- diculaires à la longueur; c'est-à-dire qu'il suppose que tous les points ont des mouvements parallèles à la longueur, et dépendants seulement de la distance à l'origine : supposition très-naturelle à cause de l'obstacle opposé par les parois à toute expansion latérale. » Cette remarquable application de l'intégration des équations aux diffé- rences partielles à la question d'hydrodynamique, à laquelle il avait ramené celle de la propagation du son, conduisit Lagrange précisément au résultat de Newton. En le réduisant en nombre, il trouve 91 5 pieds par seconde pour la vitesse du son. « L'expérience, dit-il, donne environ 1088, « ce qui fait une différence de près d'un sixième; mais cette différence ne » peut être attribuée qu'à l'incertitude des résultats fournis par l'expé- » rience. Sur quoi voyez surtout un Mémoire de feu M. I^ambert, parmi » ceux de l'Académie de Berlin pour iy68. » » Euler, et Lagrange lui-même, ont étendu ces recherches au cas où l'air est considéré avec ses trois dimensions; mais en admettant pour plus de sim- plicité que le mouvement soit le même, à égale distance du centre d'ébran- lement. La vitesse de propagation est la même que dans le premier cas. » Pour concilier les résultats identiques de ces diverses théories avec le résultat donné par l'observation, Lagrange avait remarqué qu'il suffirait de supposer que l'élasticité de l'air augmentât plus rapidement que sa densité. Mais il observe lui-même que cette supposition n'est pas admissible, puisque Mariotte et tous ceux qui ont répété ses expériences ont trouvé (7) que la densité de l'air croît dans le même rapport que les poids qui le compriment, tant que la température reste invariable. » De son côté Euler avait pensé que la différence entre le calcul et l'ob- servation pouvait tenir à ce que l'on considérait la vitesse des molécules d'air comme très-petite, et que par suite on négligeait ses puissances supé- rieures à la première. Mais Poisson a prouvé que cette explication n'é- tait pas admissible, » Enfin Laplace, pensant qu'un désaccord aussi considérable et aussi constant entre l'expérience et la théorie, devait tenir à l'action de forces ignorées, conçut l'idée ingénieuse que l'excès d'élasticité de l'air devait tenir à la chaleur dégagée par la compression. Cette idée fut soumise au calcul par Poisson, et ensuite par Laplace qui formula le premier le résultat en ces termes : u La vitesse du son est égale au produit de la vitesse que donne la for- » mule newtonienne, par la racine carrée du rapport de la chaleur spéci- » fique de l'air sous une pression constante, à sa chaleur spécifique sous » un volume constant. » •> Les diverses théories que Laplace a voulu ainsi accorder avec l expé- rience, conduisaient à un même résultat, parce qu'elles étaient fondées sur un même principe, je crois pouvoir dire sur une même erreur, savoir que lorsque la température d'un gaz reste constante, sa force élastique varie proportionnellement à sa densité, aussi bien dans l'état de mouvement que dans l'état d'équilibre. Or c'est ce qu'il n'est plus permis d'admettre, d'a- près les travaux des géomètres modernes. Il était donc nécessaire d'étudier la question au point de vue des actions mutuelles des molécules, qui donnent lieu à des pressions dépendantes, non-seulement des changements de densité, mais encore des changements de disposition de ces molécules autour de chacune d'elles. » C'est là la recherche que je me suis proposée. J'ai considéré les mêmes cas qui avaient été traités par mes illustres devanciers, tant pour rendre la comparaison plus facile, que pour éviter des complications peu utiles. Je me suis donc borné à traiter : i" le cas dun tuyau cylindrique indéfini, dans lequel le mouvement a lieu par tranches, et parallèlement à la longueur; 2° le mouvement dans l'air libre, en supposant qu'il soit pai- tout dirigé vers le centre d'ébranlement. » Voici maintenant comment j'ai procédé : J'ai d'abord remarqué que les déplacements des molécules d'air étant très-petits par hypothèse, le chan- gement de pression qui en résulte sur un élément plan intérieur, se cal- ( 8 ) culerail de la inèiue iiiaiiiere que si cette hypotliè.se était ime condition de la nature mèuie du système, comme par exemple si ses molécules formaient un solide homogène soumis à une pression primitive constante pour tous les points et dans tous les sens. Il était alors inutile de refaire ce premier cal- cul, connu de tout le monde, et je suis parti des équations de Poisson [JouriKil (le [Ecole Polytechnique, t. XIII, p. 46). )' Ces formules sont, en désignant par u, c, i\' les accroissements des coordonnées x, j, z d'une molécule, par a, 6, y les angles que fait avec les axes la normale à l'élément plan sur lequel s'exerce la pression, et par /, [x, V ceux que fait avec les axes la diiection de cette pression : R I + *'| (•) p COS /. i=: ,.cos;j.= [k(i+ I) „ du dv div 3 ^- + -7- + -^ (Le dy dz ] COS « dx cosê [ du , [du d,v dx V du , dv — + A-- dx dy div ~dl [) COS V dw Ty ' du ydr dv \ Jz COS a dv cosê ^'Î I cosê f)] diV dx du ~dz os 7, COS y, COS a. 1) Ces équations renferment deux constantes K, A" dont la première est la pression primitive exercée à la surface, qui est donnée et que nous dési- gnerons par n : il n'en reste donc plus qu'une à déterminer. Mais ici le calcul pour le gaz n'a plus aucun rapport avec celui du corps solide. » La propriété particidière aux gaz et à laquelle il faut satisfaire, c'est que la pression varie proportionnellement à la densité, lorsque la tempéra- ture est constante, et que l'équilibre est rétabli. Car la loi de Mariotte n'a été démontrée que dans Je cas où le gaz comprimé ou dilaté est revenu dans un état d'équilibre; et dans ce nouvel état on suppose que les molécules ont cliangé de distance, mais forment un système semblable au premier; comme cela aurait lieu, parexcmple, si les rayons vecteurs tnenés d'un même point à toutes les molécules variaient dans un même rapport. 1) Dans un pareil changement, les points situés d'abord dans un même plan seront à la fin dans un même plan parallèle au premier; et de même ceux qui étaient en ligne droite seront sin- une droite parallèle à la pre- (9) mière. Tous les points qui avaient même x l'auront encore, et par consé- quent leur M sera le même; u ne dépendra donc ni de j ni de z; de même v sera indépendant de x, 2, et tv de jr, j. Comme de plus nous supposons que dans l'état primitif la distance moyenne des molécides est la même en tous sens, et que dans le second il y a similitude, la dilatation rapportée à l'imité de longueur sera la même en tous sens, et l'on aura du flv div dx dy dz Les équations (i) deviennent alors /jcosX= n + (n+5Â)-TÎ^ cosa, y9CosfjL= n + (n + 5A:)--^ cosê, pcosv = n + (n + 5A)-3^1cos7. La pression p est donc encore normale, et sa valeur est, abstraction faite du signe, si la densité était D avant le changement, elle sera après, ■P, / du dv dw\ ( du\ Or, d'après les expériences faites sur les états d'équilibre, la pression a dû varier proportionnellement à la densité, la température étant restée con- stante; et comme elle était 17, elle sera II f i — 3 -7^)- Donc n-3n^ = n + (n + 5/f);J^, dx ^ ' dx d'où 5 Les deux constantes R, k étant maintenant déterminées, en les substituant dans les équations (i) on aura les formules de la pression dans un gaz dont les molécules subissent de très-petits changements relatifs, tant dans la lon- gueur des droites qui les joignent que dans les directions de ces dioites. » Ces formules, qui ne conviennent pas aux solides ni aux gaz en géné- C. R., 1862, 2'n<^ Semeure. (T. LV, N» I.) 1 { io) rai, sont les suivantes, dans lesquelles i/, v, w représentent les accroissements (les coordonnées jc, j-, z d'une molécule quelconque; Il la pression primi- tive; ,, p., v les angles formés avec les axes par la direction de cette pression : i ^ „r/ 7'/" i^'" 4'/iv\ , /idu 4rfi.\ . , fidu 4r/,r\ 1 ;.cos^ = n[^,_^-_3-^--_jcosa+(^3^--^)cosg+(^^^-3^)cosvJ, Mouvement clans un tube cjlindriqne, 11 D'après ce que nous avons dit que nous admettions, avec tous les géo- mètres qui ont traité ce cas, le mouvement de chaque molécule doit être parallèle aux arêtes du tube, que nous supposerons parallèles anx x, et il ne doit dépendre que de x. Il faudra donc, dans les formules ^2), faire p = o, ïv = o, et elles deviendront /JcosX = n (1 -^£) cosa, „ / A du\ p />cos^= n (^I - g — j cosS, /.cosv=n(^.-g^jcos7. « On voit que la pression n'est pas normale au plan sur lequel elle s'exerce, puisque les cosinus des angles X, [x, v et des angles a, S, 7 ne sont pas proportionnels. Les changements de pression dans le sens de la longueur et dans le sens des parois, sont dans le rapport de 7; 4- Cela posé, l'équation du mouvement d'une tranche quelconque sera, en désignant le temps par t, et par D la densité primitive du gaz, d"- u 'j n rf^ Il liF ~ 5 D ^^' d'où résultera, comme on sait, pour la vitesse de propagation du mouve- ment, l'expression VWi Or i /— est la formule de Newton. » Le mouvement sphérique dont nous avons parlé conduirait à l'équa- ( " ) JC Y Z tion suivante, en posant u =^ f —■> v = (f —■, u' = y — » rf'tf _ 7 n / f/2^ 4 flf lît^ ~ 5 ï) \^^ 7 77r dont l'intégrale a été donnée par Poisson. Elle conduiiait encore à la iiiéiue expression v/t; v/i pour la vitesse du son. » H faut donc; multiplier la vitesse de propagation donnée par Newton par la racine carrée de ^? pour ol)tenir celle cpie doiuie ime théorie plus exacte, dans la même hypothèse d'une température constante. « En effectuant ce produit, on trouve, pour la tcmjjérature o", environ 330™, 43, c'est-à-dire une moyenne entre diverses déterminations de la vitesse du son données par l'expérience. » Nous arrivons donc à celte conséquence singulière que Ui vitesse théo- rique du son dans r air, en ne supposant aucune élévntion de température, est identique avec celle que donne l'exptrieïice. » L'hyi^othèse d'une élévation de température, qui paraît si vraisem- blable, et qui venait si à propos au secours de la théorie, deviendrait donc maintenant une difficulté; et l'on se trouvei'ait obligé, ou de démoiitrcr que cette hypothèse n'est pas légitime, ou de trouver tuie nouvelle cause ignorée jusqu'ici qui en neutraliserait l'effet. » ANALYSK MATlliiMATlQUE. — Sur la théorie des fonctions elliptiques et ses applications à l'arithmétupie , par M. Hermite. « La théorie des fonctions elliptiques présente deux points principaux où elle vient se liera l'arithmétique, et spécialement à la théorie des formes quadratiques à deux indéterminées de déterminant négatif. L'un s'offre lorsqu'on développe en séries simples de sinus et de cosinus des quotients de fonctions 0, et ne suppose que les considérations les plus élémentaires de la théorie ; l'autre tient à l'étude beaucoup plus profonde et difficile de ces équations algébriques à coefficients entiers dont dépendent les modules qui donnent lieu à la multiplication complexe. Si différents et éloignés que soient ces deux points de vue, ils présentent néanmoins un ensemble de résultats communs: nous voulons parler des déterminations nouvelles du nombre des classes de même déterminant, découvertes par M. Kronecker, et qui à bien juste titre ont attiré l'attention des géomètres. Dans une Lettre connnuni- quée par M. Lion ville à l'Académie l'année dernière, j'ai lapidement in- 2.. ( 1^ ) diqiié de quelle manière ces résultats pouvaient s'établir par la considé- ration élémentaire du développement en série de sinus et de cosinus. C'est sur cette méthode que je me propose de revenir pour en faire une étude plus complète, en mieux fixer le caractère et les limites, et surtout appro- fondir la nature des nouveaux éléments arithmétiques qu'elle met en jeu et qui lui semblent propres. Elle repose essentiellement sur l'emploi des ex- pressions en séries de deux systèmes différents de fonctions qu'il est néces- saire dedonner avant d'en exposer le principe. I. Le premier de ces systèmes est, à quelques exceptions près, l'ensemble fies fonctions doublement périodiques considérées par Jacobi dans le § 39 des Fundamenta. En écrivant, pour abréger, 0, (-),, H, H, au lieu de 0, (o), H, (o), de sorte qu'on ait : ^ = y—^ =1 — 2^+39* — 27»-f-27'« — 29"+..., ^) = y ~ ='+27+27*-|-27'' + 29'^-^2f/" + ..., /2/K 4- 4—- 4 4 "= \~r =2V7-4-2V7' + 2V7" + isq'^ +..., je les présenterai groupées de la manière suivante : 1 . /iB ~ =z 4 V^9 sin X 4 v^sin3-c 4 \l'q' s,\n5x >-? 1—9= l-q' 2 -r,^ ® ' , 47sin-ï 4'7'sin3x Aq^î,\n5x H sin X ' — 9 I — <;' ' — î' 3 W 5 — = 4 sjq cos j _ 4 \/y^co5 3.r 4 y/y"' co s 5 X 4. KO Qi_ _ 1 f\qco%.v 4?' cos 3 j 4î'cos5.r_ 'h, cosx 1—7 1 — 17^ I — q^ ■■ g fl H __ 4 V^ si" -g 4 vV' sin 3 j ^\fq<'%m5x 0, i+y I +9' I -h 9^ ■•■' g yi5 — !— 4'/ sinx 49'sin3.r 4?' sin 5x H ~ sin jr ,_(_^ ~ iH-9' i + ^^^ ~ ' ' " 7 flH, _ 4v/^cosx 4v^cos3x 4v'9'cos5.r S g _. ' 4?cos.T- 4?'<'os33: 4 9' es 5 j- H| cos X I -H 9 1 4-9^ I -(-^i ^ ■ ■ ■ 12. ( i3 ) ' e l -hq^ t + q* l -h q" 10. 9d,- = l — — h ^ j ^ h... ©, i-\-q' 1 + q' i-hq" ,. ^o H, . 4?'S'n2.r iq'iinAx iq^sin^x 11. ôô, — = cot.r — 2-î , 7 ^ z H l -hq' I -t-?' l + q" .. H iq'sin2x ^r/* s,\n ix Aq' sinôx 66, — = Uusjc — ^^ — + ^ ^ H, » l + q^ l +q' I+î» Aqsinix Aq^iitiAx Aq'sm6x COt X — ^-^ ^-^ ^ — ^-^ l-hq > -hq' l +q' 4'?sin2j; Aq-sinAx Aq^ s\n6x taii" X — ^^ h ^— ^-^ ^ l-hq I +9' I +7' • u ^n ©H, Aq s\n2x 47'sin4-ï^ Aq^ sindx 15. 9^. — - = cotx+ — , ; + ^ — 16. 91 ^-^ = tangx -i- ^^^^^^ + ^^^ 4- il!^ + ' 0H, ^ l — q l -hq^ l — q' 13. C2 '^^a, 14. g, ©H 0,H. 17. 18. „ HH| Si/sinax S^'sinBx 87'siniojr y} — =^ :, — I 1 — I r^ h ■ . ■ , ©©, I — q' l — q" 1 — q" 00, I Sq-siD2x Sq'^sinôx 8<7"'sinio.r HH, sinxcos.r 1 — q' 1 — q' i » Je joindrai en outre à ces l'ormules celles qui concernent la l'onction seconde espèce, savoir : 19 /.„©' 4'7sin2x 49'sin4ï^ Aq'sin6x '0 1 — q I — 7' I — 7' 20, 5^ g: ^ ,0,.,- + 47's.n...- ^ iq'.in^r^^q^^ 'H 1 — 7' I — î ! — 7' Ql -2 ©I 4'7*i"2-^ 49'*io4"C 4?'*'''6.r ' ©, • — 9' ' — ?' ' — 7° -^ = tan^J? 4- -î-^ ^ 4- — 7- . H, ^ I — 7- I — 7' 1 — 7 »<> ^o H', 47"sin2a: Aq'iinAx /^q^sm6x 22. 5? Tr- = tangj?4--2-^ ^ 4- ^^ ^ + ~ » Le second système compiend le développement en série de quotients dont le dénominateur est l'une des fonctions 0, le numérateur le produit do deux autres et qui par suite ne représentent plus de fonctions double- ment périodiques. En supposant différents l'un de l'autre les factours du ( '4 ) numérateur et posant, pour abréger, -A„ = f/ 4 + fy 4 + . . . _i_ ^ . ^ f^n = I -r 2 7~' + 2 (/-■'—...-)- 2ry-"-'', C« = I - 27-' -f +2^;-*- ...4-2 - f/r'"-'-'-, Voici maintenant de quelle manière les deux systèmes de fonctions conduisent à la considération des formes quadratiques à deux indéterminées de déterminant négatif. » II. Ayant, à cet effet, distingué quatre espèces de développements en série, suivant qu'ils se composent de termes en sin(2?i + i)3c, cos(2« -\-i)x, sin2«x, cosa/ix, nous multiplierons entre elles toutes les fonctions du pre- mier et du second système qui appartiennent à la même espèce, de manière que les produits obtenus ne comprennent que de termes en cosanr. En intégrant ces produits entre les limites zéro et - on donnera naissance à autantd'expressionsfonctions de la seule quantitité q, où le coefficient d un terme quelconque q^ ou q '^ dépendra d'une certaine manière du nombre des classes qnadiatiques de déterminant — A. Tel est donc le procédé ana- lytique très-simple qui, eu établissant un lien entre les formes quadratiques |. ( 17 ) de déterminant négatif et les transcendantes elliptiques, conduit à l'en- semble de résultats qne nous allons passer en revue. Ces résultats d'ailleurs se classent naturellement d'après les intégrales définies de fonctions 0, d'où ils sont tirés. Ainsi, en premier lieu, s'offrent les combinaisons obtenues en mullipliarit respectivement les équations la, 18, 1, 2, 11 du premier système avec les équations 5, 1, 3, 7, 5 du second, et où l'intégration s'effectue d'ellcméme, savoir : (A] (lo, H) (18, 1) (2, 7) (11, 5) X 11 Jo ' 2 ' Celles-ci seront étudiées ensuite, savoir (S, 7) (Bj et (i2. 1) (16, 2) (17, ^) (15, :.) dx =-A5, 2 4/0 r5-'S,^cb=-C0 f ' e 2 (6, 7) C.-R., 1862, 2""Scmcil;e. (T. LV, «<> 1.) I ■fl55,-^./.r = -C/,. ( i8 ) Elles sont, comme on voit, essentiellement distinctes, et toutes les autres de forme analytique semblable qu'on pourrait obtenir reproduiraient, en changeant suivant les cas le signe de i douleur dans ces parties. » [Hisloire pour servir à ilitsloire de Coyenne et de la Guyane française, etc., t. P% p. 62; Paris, fj'll.) « Que si, à l'époque où nous écrivons, il n'est plus permis de voir, dans les taches ou macules en question, une lésion de nature gangreneuse, que devons-nous y voir? Ceux de nos contemporains qui en parlent, se taisent sur ce point. Je pourrais faire ici de nombreuses citations; je m'en abstien- drai, me bornant à renvoyer, sur ce sujet, aux ouvrages les plus récem- ment publiés sur la fièvre jaune, en France et à l'étranger. » Selon nous, les macules noires dont nous parlons ont été successivement pendant la maladie, d'abord des ecchymoses ou, en d'autres termes, des extravasalions sanguines au-dessous de l'épithélium et dans tout le tissu muqueux qu'il recouvre, puis des surfaces saignantes, hémorragiques. Et remarquons en passant que, dans la fièvre jaune, ce n'est pas seulement sur la muqueuse de l'estomac et autres. parties des voies digestives qu'on ren- contre des ecchymoses : on en rencontre aussi sur la génito-urinaire et sur la séreuse des différentes cavités qu'elle tapisse, cavités péritonéale, pulmo- naire, cardiaque et céphalique. » Toutes ces ecchymoses ou extravasations sanguines s'opèrent alors que la réaction qui constitue la première période de la fièvre jaune, après avoir projeté, avec plus ou moins d'impétuosité, le sang dans l'organisme, mais plus particulièrement sur les voies digestives, commence à se ralentir, se ra- lentit de plus en plus, tombe enfin tout à fait, et que tout l'organisme passe insensiblement sous l'empire des lois physiques. C'est un de ces phéno- mènes pathologico-physiques dont jusqu'à ce jour on n'a pas tenu assez compte dans l'examen des cadavres, non-seulement dans la fièvre jaune, mais encore dans bien d'autres maladies. » Le passage de l'état d'ecchymose à l'état hémorragique, des ecchv- nioses gastriques, doit s'effectuer alors que leur épithélium, de plus en plus distendu par l'accumulation du sang dans le tissu qu'il recouvre, le tissu muqueux, se rompt, se déchire, déchirure à laquelle peuvent concourir des plissements de l'épithélium sur lesquels nous allon.« bientôt revenir. » De l'accumulation plus ou moins grande du sang dans le tissu mii- cfueux, siège de l'ecchymose, résulte pour celui-ci une transformation en une sorte de détritus ou bouillie noirâtre qui n'est autre que la lésion dont nous parlons. C'est une désorganisation d'une nature particulière qui peut se icprèsenter en même temps sur le derme, alors qu'il s'y trouvait, pen- dant la maladie, des surfaces saignantes, telles que plaies de saignées, de ( ^3 ) sangsues, de vésicatoires et autres plaies récentes, et dont serait propre à donner une idée la surface plus ou moins noire et désorganisée des pustules des sujets morts de variole confluente. » Le détritus ou bouillie dont nous parlons peut manquer totalement, ou seulement en partie, à l'ouverture des corps, et nous en rapporterons ail- leurs un exemple fourni par la nécropsie d'un soldat de Lisbonne. C'est lors- qu'elle s'est détachée, pendant la vie, du tissu sous-jacent, phénomène au- quel ne sont sans doute pas étrangers les violents efforts de vomissement qui terminent la scène pathologique. Le ventricule, alors vide et se contrac- tant sur lui-même, fait éprouver aux macult-s des plissements plus ou moins violents, et qui doivent en provoquer la chute. Par suite de celle-ci, le tissu sous-jacent se trouve entièrement constitué par la membrane ou tunique musculaire, qui apparaît alors sous l'aspect d'une surface dépolie, terne, grisâtre, déprimée et enceinte par un rebord libre de la muqueuse. Ce re- bord a ceci de remarquable, qu'il sendilerait avoir été comme coupé pej- j»endiculairement à la surface de la membrane, caractère qui ressort plus particulièrement encore du rebord des plus petites macules, de celles qui ne mesureraient, ])ar exemple, que le diamètre d'une lentille plus ou moins forte. Ici, en effet, la portion de membrane faisant défiUit paraîtrait avoir été enlevée comme par un emporte-pièce, mode de lésion que rappelle assez bien l'ulcération syphilitique, et dans lequel nous serions disposé à voir ces ulcérations mentionnées dans la fièvre jaune ])ar quelques auteurs qui ont ainsi perdu de vue qu'une ulcération quelconque suppose une maladie de quelque durée, non compris celle de l'inflammation préalable à toute ulcération. Or, ime maladie de quelque durée n'est pas le fait de la fièvre jaune, dont la marche est généralement si rapide. Il est pourtant juste de dire que les pathologisles qui ont mentionné des ulcérations gastriques dans la fièvre jaune, avouent ne pouvoir s'en expliquer la formation. Re- marquons que ces ulcérations des auteurs, et c'est d'ailleurs ce qui résulte de ce que nous avons dit précédemment, peuvent être simulées sur le ca- davre en enlevant, avec rextrémilé du scalpel, le détritus ou magma noi- râtre des macules auxquelles elles doivent leur formation. Aussi Pariset a-t-il mis le bout du doigt sur la nature de la lésion dont nous parlons, lorsque, après avoir mentionné les pomfs brunâtres, plus ou moins étendus, qu'on observait quelquefois sur les sujets morts de la fièvre jaune à Barce- lonne, en 1821, il ajoute : o Ces points ratisses avec le manche du scalpel se détachaient facilement, » et cette portion de la muqueuse se réduisait ainsi en une espèce de boni!- ( M ) )• lie, ce qui pourrait être considéré comme une dégénérescence appro- » chant de l'état gangreneux. » (Pariset, Op. cit., p. 352.) » Comme on l'a vu plus haut, les taches ou macules qui font le sujet de notre communication, sont pour nous, pendant la vie, des surfaces sai- gnantes, hémorragiques on, mieux peut-être, hémorragico-phlecjmaliques ; car, à part les cas assez rares de fièvre jaune foudroyante, il faut bien ad- inellre qu'au premier abord du sang dans les parties qui en sont le siège, cell(;s-ci conservent encore assez de force, de vitalité pour réagir sur le sang el devenir le siège d'un léger travail inflanunaloire. Ce travail, toutefois, lorsqu'il se développe, cesse bientôt pour faire place au phénomène passif de l'hémorragie; car l'inflammation et l'hémorragie, comme on sait, s'excluent mutuellement. Envisagées sous ce point de vue, les macules en question seraient donc le produit d'une sorte de phlegmasieou inflammation avortée, tout à rencontre de la gangrène qui, elle au contraire, est le produit d'une inflammation portée à ses dernières limites, à son summum d'intensité. » Ce n'est pourtant pas que les phénomènes de réaction dont la mu- queuse gastrique est sans doute le siège au début de la maladie ne puissent se continuer, comme ils se continuent en effet pour peu que la réaction se maintienne; mais l'inflammation qui se produit alors, ou qu'elle s'é- tende à tout l'organe, ou qu'elle se borne à quelques-uns de ses points, ne se termine jamais par gangrène. Et, pour le dire par anticipation, car ce sujet est trop important pour que nous n'y revenions pas ailleurs, les cas de fièvre jaune où une inflammation gastrique peut se développer, constituent les cas les moinsgravesde la maladie, et ceux, parconséquent, qui comptent des guérisons, à part pourtant ceux où la réaction avorte à son début. Sans doute, c'est dire assez que, pour nous, la fièvre jaune n'est pas une phleg- masie gastrique, en tant que cette phlegmasie constituerait la maladie elle- même; la fièvre jaune, pour nous, est une maladie générale, de toute la substance, comme on dit, maladie dont l'inflammation gastrique, lorsqu'elle a pu s'établir, n'est que la manifestation d'un effort critique semblable à celui constituant l'inflammation dermique dans la variole et quelques autres maladies éruptives. Aussi ne serions-nous pas éloigné de croire que c'était en irritant l'estomac, ou en ajoutant à son irritation lorsqu'elle existait déjà, qu'agissait un mode de traitement prôné de mon temps dans nos colonies des Antilles, où il n'est même pas, je crois, tout à fait abandonné. Nous voulons parler du traitement par le suc de citron administré sans mélange par cuillerée à bouche, et nous en dirons autant de quelques autres traitements égalementpréconisés aux Antilles, à différentes époques, mais se ressemblant f 25 ) tous plus OU moins, au point de vue de leur action commune, l'excitation, tels que le traitement par le gingembre en infusion (Gillespie) et celui par le poivre de Cayenne en pilules (Wright, Cabanellas), ainsi que le traite- ment brovv'nien en général, par le madère ou toute autre boisson plus ou moins alcoolisée. » Je ne terminerai pas ma communication sans faire remarquer que, tout en établissant la nature de la lésion qui en fait le sujet, elle me paraît éta- blir en même temps celle des prétendues ulcérations mentionnées dans la fièvre jaune par quelques auteurs. » M. Flourens fait hommage à l'Académie au nom de l'auteur, M. Lecoq, d'un ouvrage ayant pour titre : « Botanique populaire contenant l'histoire complète de toutes les parties des plantes et l'exposé des règles à suivre pour décrire et classer les végétaux » . RAPPORTS. MÉCANIQUE PHYSIQUE. — RapporL sur un Mémoire de M. Ecgèxe Rolland, intitulé : Recherches sur la réglementation de la température dans les four- neaux ou réservoirs traversés par un flux variable de chaleur. (Commissaires, MM. Combes, Clapeyron, de Senarmont rapporteur.) « L'Académie a décerné en 1857 à M. E. Rolland un prix pour l'appli- cation d'un torréfacteur mécanique à la dessiccation des tabacs et a décidé que le Mémoire couronné serait inséré dans le Recueil des Savants étran- gers (i). » Poiu maintenir dans ce torréfacteur une chaleur toujours égale, la combustion est réglée par des prises d'air et au moyen de soupapes d'éc[ui- librequi s'ouvrent ou se ferment automatiquement par les plus légers chan- gements de température. L'idée d'emprunter à l'activité du foyer les moyens de la modérer elle-même n'est pas nouvelle ; mais M. Rolland l'a réalisée par un mécanisme très-original, dont l'invention lui appartient; ce mécanisme est d'ailleiu's éprouvé par ime longue expérience, car il n'a pris cessé de fonctionner depuis huit années avec toute la précision d'un instrument de physique et la sûreté pratique d'une machine industrielle. (i) Comptes j-endus pour i858, t. XLVI, p. 283. G. R., 1863, -î^" Semestre. (T. LV, N» 1.) 4 ( 26) » L'appareil imaginé par M. E.Rolland trouvera sans doute plus d'une application dans les arts, et comme la régularité des effets qu'il produit dé- pend essentiellement d'nn ensemble de combinaisons délicates qui doivent être calculées à l'avance, l'auteur a voulu eu donner une théorie complète et poser les règles à suivre pour eu assurer le succès. » Dans le tlierniorégutaleur de M. E. Rolland les soupapes d'équilibre sont gouvernées par le fléau d'une balance qui se relève ou s'abaisse selon qu'un thermomètre à air pèse plus ou moins sur le plateau porté par l'ex- trémité opposée. Ce thermomètre est l'organe fondamental du mécanisme; nous en exposerons les principes avec quelque détail. » Attachons à un support fixe la branche fermée d'un manomètre à mer- cure, tandis que sa cuvette libre est suspendue au fléau d'une balance ; ce fléau supporte d'abord tout un ensemble de poids invariables, vases, mer- cure, etc., et en outre il est pressé par deux forces variables: de haut en bas par l'élasticité du gaz emprisonné dans le manomètre, de bas en haut par l'élasticité de l'atmosphère (i). » Si donc on équilibre actuellement et une fois pour toutes le système par des contre-poids, cet équilibre tendra continuellement à se rompre à me- sure que l'une ou l'autre élasticité viendra à changer, mais se rétablira con- tinuellement par l'inclinaison du fléau, puisque le déplacement vertical de la cuvette mobile modifie à la fois la capacité manométrique et l'élasticité du gaz emprisonné. » Tout changement spontané dans l'élasticité de ce gaz ou, en d'autres termes, s'il fonctionne comme thermomètre à air, tout changement de tem- pératru-e du réservoir se traduira par un mouvement du fléau de la balance. 11 se produirait donc ainsi une force déjà capable d'un effet régulateur si elle ne se compliquait elle-même de toutes les perturbations barométriques. » Il est plusieurs manières de la soustraire à ces perturbations. « A l'extrémité du fléau cjui porte, comme on l'a dit, la cuvette mobile d'un manomètre à tube fixe, suspendons encore le tube mobile d'un baro- mètre à cuvette fixe, nous aurons débarrassé ce fléau de toute influence des changements de pression atmosphérique. Leurs effets simultanés et con- traires sur le baromètre et le manomètre se neutraliseront en se compensant, pourvu que les sections des tubes soient égales. (i) On fait ioi, pour simplilier le raisonnement, al)straction des poussées verticales que le mercure exerce sur les parties plongées des tubes de verre. ( 27 ) » M. Rolland a d'abord employé un autre mode de compensation : la cu- vette suspendue du manomètre flotte dans le mercure de la branche ouverte d'un baromètre à siphon ; une poussée hydrostatique va-riable s'ajoute alors aux deux forces inverses elles-mêmes variables qui tirent en sens contraires cette extrémité du fléau, et les perturbations s'équilibreront comme précé- demment si les sections des tubes sont convenablement calculées. » Tel est l'artifice mécanique au moyen duquel le tlierinorégulateur fonctionne sous l'action exclusive des changements de température et dans une indépendance complète de toute autre influence. On poiu'ra varier les dispositions matérielles de l'instrument, gouverner par exemple le fléau par deux plongeurs qui flottent simultanément dans le mercure de la branche ouverte d'un manomètre et d'un baromètre à siphon ; l'auteur lui-même a décrit et réalisé plusieurs combinaisons de ce genre qui satisfont aux mêmes conditions d'indépendance ; mais si la forme diffère, le principe reste le même et nous ne pouvons nous occuper ici que des principes. » Une fois les effets thermométriques transformés en force motrice (et l'on s'assurera facilement que cette force est plus que suffisante pour le travail qu'elle doit produire), on peut chercher les conditions d'établisse- ment propres à restreindre les écarts de température entre les plus étroites limites, quelle que soit d'ailleurs la situation actuelle du fléau ; on peut, eu d'autres termes, se proposer de déterminer les meilleures dispositions de linstriunent pour qu'd soit à la fois sensible et régulier, dans toute l'ampli- tude de ses excursions. » M. E. Rolland a traité ce problème dans toute sa généralité pour l'état d'équilibre ou de mouvement, et même en tenant compte des résistances passives ; il établit dans son Mémoire des formules simples qui expriment les conditions de sensibilité maximum et de sensibilité constante, et tire de leur discussion la disposition des appareils propres à les réaliser. » Nous ne pourrions suivre l'auteur dans ces détails difficilement intelligi- bles sans le secours du calcul ou des figures. Nous dirons seulement qu'il se montre partout aussi versé dans les théories abstraites qu'ingénieux dans les applications. » Votre Commission a vu avecle plus grand intérêt la pratique industrielle emprunter à la physique des moyens de précision et s'approprier des mé- thodes qui récemment encore paraissaient exclusivement à l'usage des sciences expérimentales. Elle regarde le Mémoire dont nous venons de ren- dre compte comme un complément très-important et très-utile des travaux ( 28 ) qui ont déjà mérité à M. E. Rolland un prix de l'Académie et vous propose d'en ordonner l'insertion dans le Recueil des Savants étrangers, o Les conclusions de ce Rapport sont adoptées. MÉMOIRES LUS. PHYSIOLOGIE VÉGÉTALE. — Suite à une précédente communication sur les Mycodermes. — Nouveau procédé industriel de fabrication du vinaigre ; par M. L. Pasteur. (Commissaires précédemment nommés : MM. Chevreul, Boussingault.) « J'ai eu l'honneur de faire connaître à l'Académie, dans une de ses séances du mois de février de cette année, la faculté que possèdent les Mycodermes, notamment la fleur du vin et la fleur du vinaigre, de servir de moyens de transport de l'oxygène de l'air sur une foule de substances organiques et de déterminer leur combustion avec une rapidité parfois sur- prenante. L'étude de cette propriété des Mycodermes m'a conduit à un procédé nouveau de fabrication du vinaigre, qui me paraît destiné à prendre place dans cette industrie. » Je sème le Mycoderma aceti, ou fleur du vinaigre, à la surface d'un liquide formé d'eau ordinaire contenant 2 pour 100 de son volume d'alcool et I pour 100 d'acide acétique provenant d'une opération précédente, et en outre quelques dix-millièmes de |)hosphates alcalins et terreux, comme je le dirai tout à l'heure. La petite plante se développe et recouvre bientôt la surface du liquide sans qu'il y ait la moindre place vide. En même temps l'alcool s'acétifie. Dès que l'opération est bien en train, que la moitié, par exemple, de la quantité totale d'alcool employée à l'origine est transformée en acide acétique, on ajoute chaque jour de l'alcool par petites portions, ou du vin, ou de la bière alcoolisés, jusqu'à ce que le liquide ait reçu assez d'alcool pour qua le vinaigre marque le litre commercial désiré. Tant que la plante peut provoquer l'acétificalion, on ajoute de l'alcool. Lorsque son action commence à s'user, on laisse s'achever l'acétificalion de l'alcool qui reste encore dans le liquide. On soutire alors ce dernier, puis on met à part la plante, qui par lavage peut donner un liquide un peu acide et azoté capable de servir ultérieurement. » La cuve est alors mise de nouveau en travail. Il est indispensable de ne pas laisser la plante manquer d'alcool, parce que sa faculté de transport de ( ^9 ) l'oxygène s'appliquerait alors d'une part à l'acide acétique qui se transfor- merait en eau et en acide carbonique, de l'autre à des principes volatils, mal déterminés, dont la soustraction rend le vinaigre fade et privé d'arôme. En outre, la plante détournée de son habitude d'acétification n'y revient qu'avec une énergie beaucoup diminuée. Une autre précaution, non moins nécessaire, consiste à ne pas provoquer un trop grand développement de la plante; car son activité s'exalterait outre mesure, et l'acide acétique serait transformé partiellement en eau et en acide carbonique, lors même qu'il y aurait encore de l'alcool en dissolution dans le liquide. Une cuve de i mètre carré de surface, renfermant 5o à loo litres de liquide, fournit par jour l'équivalent de 5 à 6 litres de vinaigre. Un thermomètre donnant les dixièmes de degré, dont le réservoir plonge dans le liquide et dont la tige sort de la cuve par un trou pratiqué au couvercle, permet de suivre avec facilité la marche de l'opération. » Les meilleurs vases k employer sont des cuves de bois rondes ou carrées, |3eu profondes, analogues à celles qui servent dans les brasseries à refroidir la bière et munies de couvercles. Aux extrémités sont deux ou- vertures de petites dimensions pour l'arrivée de l'air. Deux tubes de gutta- percha fixés sur le fond de la cuve et percés latéralement de petits trous servent à l'addition des liquides alcooliques sans qu'il soit nécessaire de soulever les planches du couvercle ou de déranger le voile de la surface. » Les plus grandes cuves que la place dont je disposais m'ait permis d'utiliser avaient i mètre carré de surface et 20 centimètres de profondeur. J'ajoute que les avantages du procédé ont été d'autant plus sensibles, que j'ai employé des vases de plus grandes dimensions et que j'ai opéré à une plus basse températiu-e. » J'ai dit que le liquide à la surface duquel je sème le Mycoderme devait tenir des phosphates en dissolution. Ils sont indispensables. Ce sont les aliments minéraux de la plante. Bien plus, si au nombre de ces phosphates se trouve celui d ammoniaque, la plante emprunte à la base de ce sel tout l'azote dont elle a besoin; de telle sorte que l'on peut provoquer l'acétifica- tion complète d'un liquide alcoolique renfermant environ un dix-millième de chacun des sels suivants : phosphates d'ammoniaque, de potasse, de magnésie, ces derniers étant dissous à la faveur d'une petite quantité d'acide acétique, lequel fournit en même temps que l'alcool tout le carbone néces- saire à la plante. 1' Quels sont les avantages de ce nouveau procédé d'acétification? Avant de les indiquer, je rappellerai qu'il existe aujourd'hui deux procédés indus- ( 3o ) triels (le fabrication du vinaigre. L'un, connu sous le nom de procédé d'Or- Jéans, est surtout en usage dans le Loiret et dans la Menrlhe. On ne peut l'appliquer qu'au vin. Dans des tonneaux de 200 litres environ de capacité, disposés par rangées horizontales, on place dn vinaigre de bonne qualité, environ 100 litres par tonneau, et un dixième du volume en vin ordinaire de qualité inférieiu'e. Après six semaines ou deux mois d'attente, plus ou moins, on retire tous les huit ou dix jours 10 litres de vinaigre et on ajoute 10 litres de vin. Une fois en travail, chaque tonneau fournit donc environ 10 litres de vinaigre tous les huit jours. On ne touche d'ailleurs aux ton- neaux que lorsqu'ils on besoin de réparations. » Un autre procédé est connu sous le nom de procédé des copeaux de hêtre, ou procédé allemand. Le liquide que l'on veut acétifier tombe goutte à goutte par les extrémités de tuyaux de paille ou de ficelle sur des copeaux de bois de hêtre entassés dans de grands tonneaux. Les copeaux reposent sur un double fond placé vers la partie inférieure, où se rassemble le liquide, que l'on repasse à plusieurs reprises sur les copeaux. Des trous pratiqués dans les douves du tonneau permettent l'arrivée de l'air qui s'é- chappe par le haut après avoir passé dans les interstices des copeaux où il est en contact avec le liquide alcoolique descendant. Ce procédé est très- expéditif, mais il ne peut s'appliquer au vin, ni à la bière en nature, et ses produits sont de qualité inférieure, surtout quand on les retire d'alcools mauvais goût. Le prix des vinaigres de vin est environ deux fois plus élevé que celui des vinaigres d'alcool, dénomination par laquelle ou désigne or- dinairement les vinaigres fabriqués par le procédé des copeaux. Ce procédé donne lieu en outre à des pertes considérables de matière première, parce que le liquide alcoolique très-divisé est toujours soumis à un courant d'air échauffé par suite de l'acétification elle-même. » Je ferai remarquer d'ailleurs que la supériorité des vinaigres d'Orléans ne tient pas uniquement, comme on serait porté à le croire, à ce qu'ils sont fabriqués avec du vin, mais surtout à leur mode même de fabrication qui conserve au vinaigre ses principes volatils indéterminés, d'odeur agréable, principes qu'enlèvent à peu près entièrement le courant d'air et l'élévation de la température dans la fabrication des vinaigres d'alcool. Grâce à ces principes, le vinaigre d'Orléans paraît plus fort à l'odorat et au goût que les vinaigres d'alcool, lors même que la proportion d'acide n'y est pas supé- rieure et quelquefois moindre. » Mais il est utile que j'entre dans quelques détails sur un incon- vénient très-singulier du procédé d'Orléans, qui a été tout à fait inaperçu ( 3i ) jusqu'à présent. Cet inconvénient est dû, comme je vais l'expliquer, à la présence bien connue, clans les tonneaux de fabrication, des anguilluies du vinaigre. 1) Tous les tonneaux, sans exception, dans le système de fabrication d'Or- léans en sont remplis, et, couuiie on ne les enlève jamais que partiellement, puisque de loo litres de vinaigre on ne retire que lo litres tous les huit jours, en rajoutant lo litres de vin, leur nombre est quelquefois prodigieux. Or ces animaux ont besoin d'air pour vivre : d'autre part, mes expériences établissent que l'acétification ne se produit qu'à la surface du liquide, dans un voile mince de Mycoderma aceti qui se renouvelle sans cesse. Supposons ce voilebien formé en travail d'acétification active, toutl'oxygène qui arrive à la surface du liquide est mis eu œuvre par la plante qui n'en laisse pas du tout aux anguilluies. Ceux-ci alors se sentent privés de la possibilité de respirer, et, guidés par un de ces instincts merveilleux dont tous les animaux nous offrent à des degrés divers de si curieux exemples, se réfugient sur les parois du tonneau où ils viennent former une couche humide, blanche, épaisse de plus d'un millimètre, haute de plusieurs centimètres, tout ani- mée et grouillante. Là seulement ces petits êtres peuvent respirer. Mais on comprend bien que ces anguilluies ne cèdent pas facilement la place au My- coderme. J'ai maintes fois assisté à la lutte qui s'établit entre eux et la plante. A mesure que celle-ci, suivant les lois de son développement, s'étale peu à peu à la surface, les anguilluies réunis au-dessous d'elle, et souvent par paquets, s'efforcent de la faire tomber dans le liquide sous la forme de lambeaux chiffonnés. Dans cet état elle ne peut plus leur nuire, car j'ai mon- tré qu'une fois que la plante est submergée, son action est nulle ou insen- sible. Je ne doute pas que presque toutes les maladies des tonneaux dans le procédé d'Orléans soient causées par les anguillides et que ce soient eux qui ralentissent et souvent arrêtent l'acétification. » Tout ceci posé, les avantages du procédé que j'ai l'honneur de commu- niquer à l'Académie peuvent être pressentis. J'opère dans des cuves munies de couvercles, à une basse température. Ce sont les conditions générales du procédé d'Orléans, mais je dirigea mon gré la fabrication. Il n'y a qu'une chose qui acétilie dans le procédé d'Orléans, c'est le voile de la surface. Or je le fais développer dans des conditions que je détermine et dont je suis maître. Je n'ai pas d'anguillules, parce que, s'ils prenaient naissance, ils n'au- raient pas le temps de se nuilliplier, puisque chaque cuve est renouvelée après que la plante a agi autant qu'elle peut le faire. Aussi l'acétification ( 32 ) est-elle au moins trois à quatre fois plus rajîide qu'à Orléans, toutes choses égales d'ailleurs. » Relativement au procédé des copeaux, les avantages sont d'une part dans la conservation des principes qui donnent (/«/ montant au vinaigre, parce que l'acétification a lieu à une température basse, et d'autre part dans une grande diminution de la perle en alcool, parce que l'évaporation est très- faible pour lui liquide placé dans une cuve couverte. EnBnle nouveau pro- cédé peut être appliqué à tous les liquides alcooliques. » Je n'ignore pas cependant que l'auteur d'un nouveau procédé indus- triel est toujours prompt à s'en exagérer l'importance, et je n'ai pas la pré- tention d'être à l'abri de ce préjugé. Je livre donc le résultat de mes études à la discussion et à l'expérience des personnes compétentes ou intéressées, sans y rechercher autre chose que le progrés de la science et de ses appli- cations. » PHYSIOLOGIE VÉGÉTALE. — De l'importance comparée des agents de la pro- duction végétale. L'urée ayant une action favorable sur la végétation, pour- quoi Vélhylurée se montre-t-elle inaclive? par M. Georges Ville. (Commissaires précédemment nommés : MM. Brongniart, Payen, Peligot.) » L'ammoniaque admet dans sa composition deux éléments différents : l'azote et l'hydrogène (AzH'). Douée de la propriété de se combiner avec les acides, l'ammoniaque possède de plus, à l'état de sel, la faculté de servir à la production des végétaux. A côté des sels ammoniacaux, il existe une classe remarquable de" produits qui en manifestent les principaux carac- tères. Sous le rapport de la composition, ils n'en diffèrent qu'en ce qu'une partie ou la totalité de l'hydrogène de l'aihmoniaque aété remplacée par la substitution d'un groupe hydrocarboné. La conservation de la propriété basique, dans les dérivés dont je parle, indique évidemment que l'azote y a conservé son rapport initial de position à l'égard des autres constituants. En nous bornant à l'éthylamine et à la méthylamine, les formules suivantes font ressortir l'intime connexitéde ces bases avec l'ammoniaque leur géné- rateur : Ammoni.ique. Éthylamiue. MelhyLimine. jH (H (H Az H Az H Az H ( 33 ) » A ne considérer que la composition élémentaire, l'élhylamine et la mé- thylamine différent profondément de l'ammoniaqne. A ne considérer que leurs propriétés et leur mode de génération, il existe entre ces deux pro- duits et l'ammoniaque les liens delà plus étroite coynexilé. Pour ce motif, ils m'ont paru singulièrement favorables pour étudier les rapports de dé- pendance pouvant exister entre les propriétés chimiques et physiologiques des corps. » Dans un sol de snble calciné pur de toute matière azotée étrangère, mais pourvu de phosphate de chaux, de phosphate de magnésie et de silicate de potasse, on a institué trois séries de cultures, avec le secours de o^'', iio d'azote employés sous les trois états de chlorhydrate d'ammoniaque, de chlorhydrate d'éthylamine et de chlorhydrate de méthylamine. Dans ces trois conditions, la végétation s'est montrée également prospère. Dans les trois cas les plantes ont fleuri et fructifié. L'éthylamine et la méthylamine ne se sont pas montrées moins efficaces que l'ammoniaque. » Il résulte donc de ces observations que le changement opéré dans la constitution de l'ammoniaque par la substitution des groupes C^ H% C^H' à 1 équivalent d'hydrogène n'a porté aucune atteinte aux propriétés phy- siologiques de l'ammoniaque. » Les résultats sont donc favorables à l'opinion, t]u'il existe une solida- rité réelle entre toutes les propriétés des corps? » J'ai l'honneur de placer sous les yeux de l'Académie la photographie de ces trois cultures. Je vais rapporter le poids exact des récoltes. Expériences de i86i. — Culture dans le sable calciné. — Récolle desséchée h ioo"(*). Semence : 22 grains de sarrasin. Avec Paille et Racine, chlorhydrate d'ammoniaque. . . 1 6,2 2 6,1 Chlorhydrate de méihylamine. . I 5,3 2 5.1 Chlorhydrate d'éthylamine 1 ^,6 2 4,3 (*) Un peu avant la récolte de ces cultures, M. Malaguti, de la Faculté de Rennes, étant venu visiter mon laboratoire en compagnie de M. Pasteur, ce dernier m'apprit que des essais analogues tentés par lui sur la multiplicalion des ferments avaient accusé de la part des sels d'éthylamine et de méthylamine une action au moins égale à celle des sels ammoniacaux. C. R., iSra, 2m= Semetlre. (T. LV, ^'■ 1.) 5 Moyenne Graines des deux récoltes gr 1,01 I ,26 1 7,78 .,73 7,o5 0,45 1,08 5.46 ( 34 ) » A côté des ammoniaques composées, les chimistes ont coutume de pla- cer un groupe non moins remarquable, celui des urées composées. Cette classe de corps a pour point de départ l'urée qui entre dans la composition de l'iuine humaine. Or il est possible de remplacer dans l'urée un ou plu- sieurs équivalents de l'hydrogène par les groupes C^IP, C^H', si bien qu'il existe une éthyiurée correspondant à l'élhylamine. Sans avoir la préten- tion d'exprimer la véritable constitution de l'urée, je la représenterai comme de la di-ammoniaquc dans laquelle 2 atomes d'hydrogène sont remplacés par le radical di-atomique, le carbonile : ( "' Az' H' ( C^O' » L'inspection de cette formule nous apprend en outre que l'urée ne dif- fère du carbonate d'ammoniaque que par les éléments de l'eau en moins. On ne sera donc pas surpris lorsque je dirai que l'urée est un puissant auxi- liaire pour la végétation ; elle s'est toujours montrée plus efficace que le carbonate d'ammoniaque (i). Dans un sol de sable, son influence favo- rable se manifeste immédiatement. Frappé de ces effets, les raisons qui m'avaient sollicité à étudier faction de l'éthylamine me conviaient pareil- lement à étudier celle de l'éthylurée. « Je viens de dire que l'urée peut exercer une influence des plus actives sur la végétation. Dans les mêmes conditions, l'éthylurée employée à pro- portion égale d'azote ne produit pas le moindre effet. Avec l'éthylurée, la vé- gétation est chétive, languissante et rabougrie, absolument conune si le sable n'avait pas reçu l'addition d'une matière azotée. Depuis deux ans, j'ai répété l'expérience un grand nombre de fois. Le résultat n'a pas varié. Lorsque le sol a reçu une addition d'éthylurée, les plantes prospèrent beau- coup moins et accusent fa présence par un symptôme particulier. » La gei-mination se fait comme à l'ordinaire, ni plus vite, ni plus lente- ment; mais lorsque les jeunes plantes commencent à pousser leurs premières feuilles, l'extrémité devient tout à fait blanche et se dessèche. La résorption de la matière verte s'étend au reste de la feuille et continue de se produire sur une partie des feuilles suivantes, « Sur plus de vingt cultures que j'ai été à même d'instituer, il est arrivé . (i) H faut employer le sel qui se dépose lorsqu'on fait passer un courant d'acide car- bonique dans une dissolution de sous-carbonate d'ainmoniaque. (35) deux fois où le phénomène s'est nianifeslé d'une manière un peu différente. Au début, les choses se sont passées comme je viens de le dire; l'état souffre- teux des cultures s'est ])rolongé pendant un mois à six semaines; puis, sans que rien d'apparent pût m'expliquer ce changement, les plantes ont reverdi et la végétation s'est ranimée. J'incline à penser que, dans ces deux cas, l'éthylurée a changé d'état, et que le réveil de la végétation doit être rap- porté aux produits de sa décomposition. Si donc nous nous bornons aux cas où léthylurée a été absolument inactive, voici le poids des récoltes obtenues à son aide, comparé au poids de celles obtenues avec le secoui's de l'urée. lîîGl. Cultures instituées dans un sol de sable calciné [pourvu de tous les minérauj- nécessaires) avec o"'', iio d'azote à l'état d'urée et d'éthylurée. Moyenne des Semences. Paille et Racine. Grains. deux récolles er gr l Urée u • 1 2 l3,25 1 5 , oa 4,6o. . 4,91.. \ '8^%8y- 22 gi-ains de froment. Ethyluiée. • 1 2 2,23 2.99 0,06. . 0,06. . } 2^%07- » Ici se présente naturellement cette question : Pourquoi l'urée est-elle active à l'égard de l'ammoniaque, et pourquoi l'éthylurée est-elle absolu- ment inerte? » Le premier point auquel nous devions avoir égard, c'est que la sub- stitution du groupe C* II' n'a point fait perdre à l'ammoniaque la faculté de servir à la nutrition végétale. Dans l'urée, la substitution du groupe C*0- à H' n'a pas produit non plus d'effet défavorable sous ce rapport. Pourquoi doue la substitution du même groupe C* H'' à II, tout à l'heure sans inconvénient, frappe-t-elle l'urée de neutralité au point de la rendre ab- solument inactive à l'égard des végétaux? » La comparaison des formules particuHères à l'ammoniaque, à l'éthyla- mine, à l'urée et à l'éthylurée me semble de nature à jeter une utile lumière sur cette question. Ammoniaque. Ethylamioe. Urée Eihyluréc. H' H /H / H= H Az I H kl? \ H= H \ OW C'O- TT Az ^ H Az J H kl? \ H= Az' ' • ( 36 ) » L'atteinte portée à la constitution de l'ammoniaque par l'introduction du groupe C* H^ est plus profonde dans l'éthylurée que dans l'éthyla- miue. » L'inertie de l'éthylnrée peut donc tenir à la position particulière du troupe C* H' dans ce composé, ou à la coexistence des deux groupes » Si l'on considère d'un point de vue plus général les effets qui nous oc- cupent, il en ressort clairement, ce me semble, que les cliangements appor- tés dans la composition d'un corps par la substitution d'un groupe composé venant prendre la place d'une molécule élémentaire peuvent altérer les propriétés physiologiques du dérivé, alors que le type chimique du géné- rateur persiste encore dans toute son intégrité. » J'avoue que ce ne sont là encore que des conjectures. A ce titre, il con- vient de ne les accueillir qu'avec beaucoup de réserve. Je ne me serais pas laissé entraîner à les exprimer, si l'existence de la diéthylamine et de la diéthyloxamide ne nous permettait pas de les soumettre au contrôle d'une vérification immédiate. » Toute réserve faite à l'égard des résultats éventuels de cette vérifica- tion, il n'en demeure pas moins établi un fait intéressant : la neutralité, l'inertie, à titre d'agent de la production végétale, d'un composé azoté soluble, voisin de l'ammoniaque par sa composition, — l'éthylurée, — résultat que dans l'état de nos connaissances rien n'aurait pu nous faire pressentir. » ORGANOGÉiNlE. — Mémoire sur le développemenl embryonnaire des tissus musculaires chez tes Vertébrés; par M. Ch. Rouget. (Commissaires, MM. Andral, Bernard, Longet.) « Dans les muscles de la vie animale la substance contractile, à l'époque de sa première apparition, consiste en stries linéaires granuleuses, aux- quelles un certain degré de cohésion fait seul défaut pour qu'elles puissent être isolées en fibrilles semblables à celles des muscles complètement déve- loppés. Ces stries linéaires, continues d'une extrémité à l'autre de l'organe, sont comme plongées dans une gangue liquide ou demi-liquide très-riche en noyaux arrondis ; cette gangue et ces noyaux représentent la forme em- bryonnaire du tissu conjonctif des muscles. A cette période le muscle est un tout indécomposable; il est impossible d'en isoler naturellement rien ( 37 ) qui ressemble à un élément anatomique; les tentatives faites dans ce but n'aboutissent qu'à la séparation violente et irrégnlière de fragments de substance musculaire, qui renferment un ou plusieurs noyaux et des por- tions plus ou moins étendues du mucus conjonctif et des stries fibrillaires. » Plus tard la substance unitive augmente de cohésion, se condense en membranes qui, à la suite d'une espèce de segmentation longitudinale, en- ferment un certain nombre de fibrilles, de la substance conjonctive demi- liquide et des séries de noyaux. Des cylindres canaliculés peuvent alors être isolés naturellement. Ils s'étendent sans interruption, sans présenter ni renflements ni rétrécissements naturels dans toute la longueur du muscle. Les noyaux occupent la partie centrale ; d'abord assez écartés les uns des autres, ils se multiplient au point que, serrés les uns contre les autres, séparés seulement par un peu de mucus conjonctif riche en globules grais- seux, ils forment une série continue dans le canal central des cylindres musculaires. Ces cylindres ne sont que le premier état de segmentation de la masse muscidaire primitive. Ils ne se transforment pas directement en faisceaux primitifs, par l'effacement de lacavitécentraleet la disparition plus ou moins complète des noyaux; ils correspondent en réalité aux fais- ceaux secondaires ou tertiaiies, et c'est par des segmentations successives qu'ils se décomposeront en fibres ou faisceaux primitifs. » Les faisceaux primitifs des muscles striés naissent des cylindres em- bryonnaires de la fîiçon suivante : le cylindre croît en longueur et en épais- seur par l'accroissement de la couche corticale de fibrilles; des fissures parallèles à l'axe partant de la cavité centrale divisent cette couche corti- cale en segments de plus en plus distincts ; en même temps la substance conjonctive se condensant et se solitlifiant sur les parois des fissures forme à chaque segment du cylindre un sarcolemme distinct. Le sarcolemme pri- mitif du cylindre, s'épaississant de son côté, se divisant en lamelles et en fibres, devient un véritable perimysium. Le cylindre embryonnaire s'est transformé en faisceau secondaire dont les segments pourvus de leur sarco- lemme représentent les faisceaux primitifs. Les noyaux qui occupaient le centre du cylindre se trouvent maintenant au point de jonction et dans l'épaisseur des cloisons de tissu conjonctif à la périphérie des segments, des faisceaux de fibrilles contractiles. Ceux-ci peuvent à leur tour se seg- menter encore, et des générations plus ou moins nombreuses de faisceaux primitifs proviennent ainsi d'un seul cylindre embryonnaire. » Quant aux stries fibrillaires primitives, devenues par un simple ac- croissement de cohésion de véritables fibrilles, elles croissent en nombre ( 38 } probablement par une seginentalion analogue à celle des faisceaux eux- mêmes. » Les muscles de la vie organique des vertébrés ne présentent à aucune époque les cylindres creux à canal central rempli de noyaux pressés les uns contre les autres. A cette différence près l'évolution est la même : la masse musculaire primitive se divise en 6bres ou groupes de fibrilles dans lesquels les noyaux à substance conjonctive sont situés tantôt au centre^ tantôt à la périphérie; le nombre des fibres augmente par des segmentations succes- sives des groupes primitifs de fibrilUis, par la prolifération des corps cellu- laires de la substance conjonctive et par la condensation en lames et en lamelles. « Le développement des fibres musculaires du cœur ne diffère pas à beaucoup près autant qu'on l'a cru de celui des autres fibres musculaires. » Les prétendues cellules musculaires ramifiées et anastomosées n'exis- tent pas plus là que les cellules soudées en séries dans les faisceaux primi- tifs des muscles striés. » Dès qu'on peut apercevoir nettement les batlements du cœur chez l'embryon de poulet vers la trente-sixième heure, on constate que la tiuiique musculaire, interposée aux grandes celhdes du péricarde et à celles de l'endocarde, forme un réseau complet à mailles entre-croisées, analogue à ce que l'on observe si nettement chez l'adidte dans les points les plus minces de la paroi des oreillettes. Ce réseau très-délicat, que la pression ou la distension transforme en un magma confus, demi-liquide, est essentiel- lement constitué par des stries fibrillaires, granuleuses, pâles, empâtées dans une substance conjonctive homogène, parsemée de granulations molé- culaires graisseuses, brillantes, et de noyaux nombreux et rapprochés; la substance conjonctive périphérique des trabécules du réseau se solidifie d'abord en fermant les stries fibrillaiies dans des espèces de gaines anhystes plus ou moins résistantes. A cette époque les fragments du réseau, dilacérés et munis de noyaux, présentent l'aspect des prétendues cellules muscu- laires ramifiées et anastomosées. Le développement ultérieur se borne à l'accroissement et à la segmentation des trabécules du réseau d'après un mode qui se rapproche beaucoup de celui des muscles lisses. Les cylindres à série centrale de noyaux font en effet également défaut ici; les trabécules du réseau se segmentent directement en faisceaux primitifs, caractérisés par un sarcolemme très-délicat et par la présence des noyaux plasmatiqucs aussi bien au.centre qu'à la périphérie des faisceaux. » ( 39) 31É»I0IIIES PRÉSENTÉS. M. 3IoQi'iîi-TASDON présente, au nom de M. P. Bories, un Mémoire sur les nids des Salanganes et sur la mousse du Japon. « Les ornithologistes connaissent cinq espèces de Salanganes on Callo- calies, qui se trouvent presque toutes dans l'archipel des Indes. Une seule se rencontre dans l'île de la Réunion. M. Bories a étudié le nid de cette dernière. » Ce nid est composé d'une espèce de lichen, V Alectoria luteola (Bory .Saint-Vincent), qui croît abondamment sur les arbres de l'île, et d'une quantité variable de mucus sécrété par les glandes salivaires de l'oiseau. i\I. Bories a surpris une Salangane portant dans son bec des filaments de ce lichen. » Les nids des Salanganes sont le résultat d'un grand nombre de géné- rations successives. Ceux qu'on trouve dans le commerce sont débarrassés du lichen et réduits à la partie sécrétée. » Suivant M. Bories, la mousse du Japon n'est pas préparée avec le nid des Salanganes, mais avec une algue du genre Gelidium. » (Commissaires, MM. Milne Edwards, Payen , Valenciennes, Moquin- Tandon.) (;iil>ilE GÉNÉRALE. — Recherches sur les ajfinités. — Combinaison de diuers arides avec vn même alcool et de divers alcools avec un même acide ; par MM. Bekïhelot et L. Péan de Saixt-Gilles. (Commissaires précédemment nommés: MM. Pelouze, Balard, Fremy.) « On sait depuis longtenips que certains acides présentent des aptitudes diverses à l'éthérification; mais cette noiiou est demeurée fort vague, et Ton ne saurait conclure de l'énoncé des faits assez peu précis sur lesquels elle s'appuie, jusqu'à quel point il est permis de s'en servir, soit pour pré- voir la vitesse des réactions, soit pour calculer les proportions pondérales qui répondent à l'élat d'équilibre. Nous allons traiter aujourd'hui la pre- mière de ces deux questions : quant à la seconde, nous rappellerons seule- ment que, d'après nos expériences, les mélanges d'acide et d'alcool formes en proportions équivalentes tendent vers un état d'équilibre sensiblement le même pour tous les acides et tous les alcools. ( 4o ) I. Combinaison de divers acides avec un même alcool. » Nous avons comparé la formation des éthers acétique, butyrique, valé- rique, stéarique; les résultats que nous avons obtenus sont à quelques égards en opposition avec les idées généralement reçues. Voici les faits : ). 1° On a maintenu à ioo° pendant 5 heures les mélanges suivants : Proportion d'acide élhérifié. Nature du mélanje. en ceniièmes de l'acide primitif. 1 équivalent alcool ordinaire ) ~ I équivalent acide acctique ) I énuivalenl alcool ) 1 équivalent acide butyrique ) » Cette expérience établit que la combinaison de l'alcool avec l'acide acétique s'effectue beaucoup plus rapidement que celle du même alcool avec l'acide butyrique. B a" On a maintenu à la température ordinaire, dans les mêmes condi- tions, un mélange formé d'acide acétique et d'alcool à équivalents égaux, et un autre mélange formé d'acide valérique et d'alcool à équivalents égaux ; l'on a dosé de temps en temps l'acide éthérifié. Proportion d'acide élliérifié, en centièmes. Durce de contact, en jours. Acide acétique. Acide valérii|ue. 22 jours '4)0 ^'^ ■J2 . 38,3 i8,o 128 » 46,8 • 21,8 i54 » 4^)' 22,8 277 » 53,7 3i,4 » Ces résultats établissent entre l'acide acétique et l'acide valérique une différence encore plus sensible qu'entre le premier de ces acides et l'acide Inityrique. 11 3° Rappelons enfin que, d'après une ancienne expérience de l'un de nous, l'acide stéarique et l'alcool, chauffés à 100° pendant une centaine d'heures, n'ont fourni que des traces à peine sensibles d'éther neutre. » D'après ces faits, la vitesse de combinaison des acides d'une même série, C'"IP"0*, avec l'alcool est d'autant moindre que leur équivalent est plus considérable et leur point d'ébullition plus élevé. ( 4t ) » Nous avons ég;ileinen[ comparé des acides de séries différentes, tels que l'acide benzoïqiie et l'acide acétique : ce dernier a encore l'avantage. » Enfin la combinaison des acides polybasiqiies avec l'alcool s'opère plus rapidement que celle des acides monobasiqnes dont l'équivalent leur est comparable : ceci résidie d'expériences comparatives faites sur les acides acétique (équivalent =: 60), tartrique (équivalent = i 5o:2 -— 75) et citrique (tribasique, équivalent = 192 : 3 = 64). II. Combinaison de divers alcools avec un même acide. » 1° L'alcool étliylique et l'alcool amylique ont été mélangés à équiva- lents égaux avec l'acide acétique, et les deux mélanges, abandonnés à la température ambiante, ont été analysés chaciui cinq fois dans l'espace de 277 jours. Proportions d^alcool étherifié, en centièmes. Durée de contact, en jours Alcool éthylique Alcool aniylique. 22 jours j4)0 12,6 72 K 38,3 37 ,2 128 » 46,8 45,0 i54 • 4^5 ■ 47)6 277 » 53,7 55,5 » Les deux alcools présentent, comme on voit, une concordance foit remarquable, qui s'est maintenue pendant toute la durée d'un contact trés- prolongé, sauf une légère inversion, presque négligeable, dans les vitesses de combinaison. Cette concordance est d'autant plus utile à signaler, que les poids équivalents de ces alcools diffèrent presque du simple au double (■C*H''0- = 4G et CH'-O-^ 88), et qu'elle donne lieu, en outre, au con- traste très-frappant que voici : » Les acides acétique et valérique d'une part (C*H^O^ et C'H'OO'), les alcools éthylique et amylique d'autre part(C*H^O- et C'H'^O^) sont les termes correspondants de deux séries entièrement parallèles, la série acide C="H="0' et la série alcoolique C'"H'"+'0=. Or, .si l'on se reporte à la com- paraison que nous avons faite plus haut entre les vitesses de combinaison des acides acétique et valérique à la température ambiante, on constate entre ces acides une différence profonde qui ne se retrouve plus entre les deux alcools correspondants. Il résulte de là que la formation des éthers mé- tamères, éthylvalérique et amylacétique, s'opère avec des vitesses très-dis- semblables. C. R., 1862, 2'°= Semestre. (T. LV, W" I.) 6 ( 4^ ) » 2" A la température de 100°, l'analogie que nous venons de signaler se reproduit avec la même netteté; en effet, deux mélanges chauffés pendant 4 heures ont fourni à l'analyse les résultats suivants : Proportions d'alcool élhéi'ifié, Désinnation des mélanges . en centièmes . 24 >9 I é(]uivalent acide iicétique I équivalent alcool éthylique ! équivalent acide acétique ) ^ I équivalent alcool aniylique ) « 3" Il sera intéressant de com|)arer maintenant l'alcool éthylique à un autre alcool plus éloigné encore dans la même série C-"H'"-^'-0-, tel que l'alcool éthalique (éthal). Les poids équivalents de ces deux alcools différent comme les nombres li6 et 242, on comme i'.5^. » Voici les résidtats: Proportions d'alcool élhérifié, en centièmes. Durée dn contact à loo". Alcool éthylique. Alcool éthalique. 9 heures 4 ' t ^ 38 , ■j 4o » 59,8 63,7 » D'après ces faits, les alcools d'une même série, C^"H-"+^0-, se combi- nent à un même acide avec des vitesses presque identiques. » 4° I' '1 6n est plus de même si l'on compare des alcools appartenant à des séries différentes, tels que les alcools éthylique, cholestérique, nien- tholique : Proportions d'alcool élhérifié, en centièmes. Durée de contact à 100°. Alcool éthylique rholeslérine. g heures 4')2 '^jS 4o >' ^s»^ 34,1 Alcool éthylique. Alcool menthulique. 4 heures 24,8 5,2 lo » 43)7 • ') ' » 5° Nous avons également comparé un alcool polyatomique, la glycé- rine, avec l'alcool ordinaire. L'affinité de la glycérine pour l'acide acétique s'exerce bien plus rapidement à la température ordinaire que celle de l'alcool. (43) m. Décomposition des éthers par l'eau. » En général, les expériences relatives à la décomposition des éthers sont plus délicates et moins concluantes que celles relatives à leur formation, en raison de la difficulté qu'on éprouve à obtenir des systèmes homogènes. Voici cependant quelques résultats généraux qui nous semblent sutfisam- ment établis : » i" Les éthers formés par les acides monobasiqnes paraissent résister à l'action de l'eau plus longtemps que les éthers formés par les acides poly- basiques, dont l'équivalent leur est comparable. » 1° La résistance plus ou moins grande qu'un éther oppose à l'action décomposante de l'eau est déterminée par la nature de l'acide générateur de cet éther, et non par celle de l'alcool. En génér.il, les éthers corres- pondants aux acides les plus lents à éthérifier sont aussi ceux qui opposent le plus de résistance à l'action de l'eau et même à celle des alcalis. Cette différence est surtout frappante, si l'on compare les corps d'une même série, celle des éthers des acides C-"H^"0', par exemple. L'éther butyrique est plus difficile à dédoubler que l'éther acétique, et l'éther acétique que I éther formique. » STATISTIQUE MÉDICALE. — Fréquence de la surdi-mutité chez des enfants nés de mariacjes consanguins; extra il d'une Note de ill. Brochard. « Dans la séance de l'Académie des Sciences du 16 juin 1862, M. le D' Boudin a lu un Mémoire sur le danger des mariages consanguins, au point de vue de la surdi-mutité envisagée comme une conséquence très-fréquente de ces alliances. Cette question ayant fait depuis longtemps l'objet de mes études, l'Académie me permettra de lui présenter un résultat sommaire des observations que j'ai recueillies, observations qui viennent confirmer en tout point les idées émises par M. Boudin ainsi que celles de M. Devay, de Lyon. » Dans une période de quinze années, l'Institution des Sourds-muels de NogentleRotrou, dont je suis le médecin, a reçu 55 enfants sourds-nuiels de naissance. Sur ces 55 enfants, i5 sont nés de parents cousins germains, I est né de parents cousins issus de germains. « Je connais en outre à la Ferté-Mesnard" (Sarthe) li famille C . , qui se compose de 8 enfants, dont 4 sont sourds-nuiets de naissance. Le père et la mère sont cousins germains. La naissance de ces enfants a présenté ceci 6.. ( 44 ) de remarquable, que la naissance d'un enfant soiii'd-muet a toujours alterné avec la naissance d'un enfant ayant l'usage de la parole. •; Surles i6 sourds-muets de l'Institution de Nogent-le-Rotrou, nés de pa- rents cousins germains ou cousins issus de germains, j i appartiennent à la classe bourgeoise ou à de riclies cultivateurs, 5 appartiennent à des journa- liers qui vivent de leur travail, mais qui ne sont pas malheureux. La famille C. . . , de la Ferlé-Mesnard, est seule une famille pauvre. » Il n'y a que 2 enfants uniques parmi les iG sourds-muets de Nogent. Une jeune sourde-muette, très-intelligente, et qui est fille unique, est, en outre, atteinte d'héméralopie congéniale. Les autres ont eu des frères et des soeurs bien portants pour la plupart et en général intelligents. Cependant l'un a eu une sœur sourde; un autre a eu un frère sourd-muet de nais- sance. » Les parents de ces enfants sont bien constitués, bien portants. Rien dans leurs antécédents de familleoudesanté ne pouvait faire supposer qu'ils donneraient le jour à des enfants sourds-muets. L'alliance consanguine des parents doit donc, dans tous ces cas, être regardée comme la cause de la surdi-mutité des enfants. » Ces faits confirment hautement les conclusions qu'a formulées M. le D"^ Boudin. En effet, je trouve qu'à Nogent-le-Rotrou, sur 55 sourds-muets de naissance, il y en a 16 issus de mariages consanguins, soit 29 pour 100. Or la proportion indiquée par mon savant confrère est : A Lyon, au moins de aS pour 100, A Paris, — de 28 pour 100, A Bordeaux, — de 3o pour 100. 1) Le directeur de rinslifution de Nogent-le-Rotrou, M. l'abbé Leboucq, m'a dit qu'il croyait pouvoir affirmer que dans les autres établissements de sourds-muets qu'il connaît, la proportion des sourds-muets de naissance, issus de mariages consanguins, était à l'ensemble des sourds-muets de nais- sance exactement ce qu'elle est dans l'Institution de Nogent. », Cette Note est renvoyée à l'examen de la Commission nommée pour le Mé- moire de M. Boudin, Commission qui se compose de MM. Andral, Rayer et Bienavmé. (45) M. Eue. Robert adresse une Note ayant pour titre : « Gisement celtique (le la montagne Saiiite-Geneviéve à Paris ». Nous en extrayons le passage suivant qui en indiquera suffisamment l'objet. « Les grands travaux entrepris pour mettre le sol du jardin du I.uxem- boiu'g de niveau avec la chaussée du boulevard de Sébastopol, l'abaissement de l'ancienne rue d'Enfer devant le Luxembourg, et surtout le creusement du jardin botanique de l'Ecole de Médecine avant de le remblayer avec des décombres, mettent à nu un nombre considérable d'objets de la plus haute antiquité ou de l'époque purement celtique... Ce sont, comme le rend manifeste la Note que j'ai l'honneur de soumettre aujourd'iini au jugement de l'Académie, identiquement les mêmes objets celtiques que j'ai ramassés en i845 dans les barrows ou allées couvertes de Meu- don et de Marly-le-Roy, qui renfermaient tant de squelettes humains associés à des ossements des principaux représentants de notre faïuie actuelle. Indubitablement il y a contemporanéité entre ces trois gisements celtiques; et là, sur la montagne Sainte-Geneviève, pas plus qu'àMeudon ni à Marly, il ne s'y est trouvé le plus petit débris de grands pachyden-mes perdus, ten- dant à faire prévaloir l'opinion que l'homme a été leur contemporain ou a vécu à l'époque quaternaire, du moins dans le nord de notre hémi- sphère. » Cette Note est renvoyée à l'examen de la Commission nommée pour les précédentes communications de l'auteur sur la même question, Commission qui se compose de MM. Serres, Dumas, de Quatrefages et d'Archiac. .ANALYSE MATHÉMATIQUE. — Mémoire sur la clasiifualion des pennulatiom de n lettres en groupes de permutations inséparables et sur leurs applications à la détermination des nombres de valeurs que prennent les Jonctions par les permutations des lettres cpi' elles renferment ; par M. Despeykous. (Commissaires, MM. Bertrand, Serret. ) ÉCONOMIE RURALE. — Recherches sur la transformation des matières animales en engrais et leur application à l'agriculture; prir M. Hérouard. (Commissaires, MM. Decaisne, Bussy, Maréchal Vaillant. M. Dagonet, en adressant au concours pour les prix de Médecine et de Chirurgie son « Traité élémentaire et pratique des maladies mentales » , y joint, (46) pour se conformer à une des conditions imposées aux concurrents, une indi- cation de ce qu'il considère comme neuf dans son ouvrage. (Réservé pour la Commission du prix Montyon de i863.) C01lRES8H)M)ArVCE. « M. Payes présente, au nom de l'auteur, les deux premiers volumes de l'ouvrage publié sous le titre : Les grandes Usines de Fiance, accompa- gnés de gravures intercalées dans le texte. » Eu rédigeant cet ouvrage, M. Turgnn s'est proposé de mettre en évidence les principaux résultats obtenus par l'installation des usines im- portantes où se manifestent les progrès des applications scientifiques à l'industrie; c'est plutôt un tableau de ces progrés matériels qu'un traité ex projesso. » M. Velpeau présente au nom de .)/. OulmonI, médecin en chef de la compagnie des chemins de fer de l'Est, une Note sur linflueuce exercée par les chemins de fer sur la santé des employés. Cet opuscule est renvoyé à titre de renseignement à la Commission char- gée de l'examen d'un Mémoire de M. Gallard sur la même question. .ASTRONOMIE. — Découverte d'une nouvelle (omète par M. Tempel; Note de M. Yvox Villarceau. n J'ai l'honneur de présenter à l'Académie l'extrait d'une dépèche télé- graphique que j'ai reçue de M. ïempel. Cet astronome a découvert une nouvelle comète à Marseille, dans la nuit du 2 au 3 juillet (minuit). La comète était alors près de l'étoile |3 de la constellation de Cassiopée, et :-:e dirigeait d'iui mouvement tres-ra|)ide vers la Polaire. » MÉCANIQUE. — Sur le priîicipe de la moindre action ; par M. J. Sokoloff. " Le principe tle la moindre action, considéré comme im moyen d'ob- tenir les équations du mouvement, n'est sans doute d'aucune importance, parce qu'on a d'autres moyens conduisant au même but d'une manière plus naturelle et plus directe. Mais si on l'envisage sous ini autre point de vue, notan)ment si l'on considère que ce principe, présentant un rappro- ( 47 ) chenieiit remarquable entre un théorème de l'analyse pure et une question de dynamique, peut, par cela seul, conduire à des recherches et des décou- vertes importantes, soit dans l'analyse, soit dans la mécanique, alors il jirend tout à fait un autre aspect. Je crois que c'est dans ce principe que se cache la source primitive des travaux éminents de Hamiltou, de Jacobi et de plusieurs autres géomètres distingués, travaux qui ont jeté tant de lu- mière sur la nature des intégrales des équations différentielles du mouve- ment, et par lesquels l'analyse mathématique en général a été si enrichie. » En m'appuyant sur ces considérations, j'ai pensé qu'on ne verrait |)as sans intérêt un théorème nouveau qui a le même sens que le piincipe en question, mais qui est plus général que ce principe, et qui renferme ce dernier comme cas particulier. Voici en quoi consiste ce théorème. )) Soient m,, m^,-.., m„ les masses d'un système de points matériels en mouvement; jr,j-|Z,, .r2i'nZn,...,.T„j„z„ les coordonnées rectangulaires de ces points au bout du temps t, et ?/, v, u',, ^/j^'a '^'2 •••> "«(^«'in 'es com- posantes parallèles aux axes des coordonnées des vitesses des mêmes points. En supposant que les composantes parallèles aux axes des coordonnées, des forces appliquées au système s'expriment par les dérivées partielles prises par rapport aux coordonnées d'une même fonction, désignons cette fonction par y et soient (1) J = 0, /, =0, . . ., /a = o, les équations qui expriment les liaisons entre les points matériels. Les fonctions f ,/)/, , •• -Jk peuvent toutes, outre les coordonnées jc^ , >', , z, , contenir aussi le temps t. En faisant 71 (2) 1^, /,.(,,; + t,; + ,v;) = T, où /'doit prendre successivement les valeurs i, 2, 3, . . ., //, je prends l'ex- pression n (3) [f — F)dt -+- "^nijiTdjc, -f- i^-^/j- -+- iVjr/Zi), 1 et je dis que si l'on cherche les conditions pour que cette ex|)ression soit une différentielle exacte d'une fonction des variables t, x,,j',, z,, .x'^, > 2, So, •^/n7«,2«, "n''o '»'ij «2,*'2,H'2, • • ■ ,w«, *'„,"■«, en ayant égard aux équations ( 48 ) de condition (i), on trouve les équations du mouvement du système donne et on les obtient à volonté sous l'une ou l'autre des formes connues avec la plus grande facilité. » En effet, si l'on prend la variation de l'expression (3), en y regardant t comme une variable indépendante et ne faisant varier que les quantités •^tîJoZ.jXjjjajZî,..., x„,j„,z„,z/,,ç;,,iv,, «/2,^2,"'2, ««, v,„ w„, on trouve pour la partie de cette variation qui n'est pas une différentielle exacte, l'expression Y-dl — m^ diii \ &JC, -+- ( j^/it — in^dv, \ dj, (~dt — in.dw, ) c?z, + C-r-dt — m. duo]àjc..-+- . (4) { ) ,^ ^ ' ■ -\- (m, dz, — ^ ] &w, 4- iin..djC2 — —\ âu-^-h . . . , qui, étant égalée à zéro, eu égard aux équations (5) -j- âz, +^c?x., -1- ... =o, rt2i a.T2 4 dx, dfs . :^ + X, 4- - ' dt dz, dz, dz, m., du. ■t dt dx, dx. ^df . df. (49) où X, ).,..., sont des fadeurs qui doivent être déterminés au moyen des équations (i). » Ce sont les équations du mouvement du système donné dans la foime la plus usitée. « Pour avoir les mêmes équations sous d'autres formes, remarquons d'abord qu'en regardant :r,j',z,, a'j j'jZo, . . . , et «<, c, ii',, ;/oi'., iv^, . . • , comme deux systèmes des variables, indépendants entre eux, et faisant çp — T = II, on peut évidemment remplacer dans l'expression (4) les dé- dm da rf

respectivement par -— ; -; dy, dz, 1 r ^j.^ iiy^ dT r/T f/ï f/H f/tl r/H r/«, di\ f/if, rivées partielles -7-^, -r^-, -7^5 ■ • • ■, respectivement par -— ; -p-i -7—) • • -i et les • f/x, rt| , dz, ' ' ri.r, f//, dz, ... , . ,, f/T f/T f/ï f/H f/tl r/H dérivées partielles -^-5 -r-? -7—? • • • 5 par —^ —^ — -^-7 • • • • De celd ' ««, rtC, rt»', ' manière les équations du mouvement se présenteront sous la forme dj:, _ du. dy; _ dH dz, _ d H d.v, _ dl\ dt (/«, ' dt f/c, ' ' dt ' dw, - dt du'' du, an . (1/ . rf/, ' dl dx, ' dx, ' dx, ; r/.', du . df , dj, /// div, _ d\\ df df, 'in-dr,^^di,'^^'ih,-^---^ qui est, comme on le voit, celle que leur a donnée Hamilton. » Supposons maintenant que les variables .r, j\z^,x^ ..., «, t', (v^, ..., ne forment pas deux systèmes indépendants entre eux, mais qu'on ait les rela- tions /Q^ dx, dy, dz, dx. n Dans ce cas la somme ^mi[uidxi -f- i^,-^",-^ iVidzi) devient 1 n I et l'expression (3) se réduit à celle-ci : (y -t- T)dt. En faisant subir à cette expression les opérations analogues à celles qu'on a exécutées sur l'expres- / 0\ ^ ,,. , : I I 1 If-/ <^^: ffji ''^1 '^-t'' sion (^0) et en désignant par j:, ;^ r,, ^2 .,., les dérivées — -. 'j"' ^i"" Ht"'""'' C. R. , 1S62, Q">s ScmM/re. (T. LV, ^» 1.; 7 on aura 4^^'] ( 5o) h A T- + A, -7- + . . ., dt clx, dx, dx, ,d\'!k±I}'\ (9) L y, J ^ik_ti)^>.f _^)..j^.^..., ' ^< 4)-, rf>-, ' rfr, L r/< J_rf( ^< rfc, A rf/ , ^ '//; -Y 4- )., :t-' + . . . . C'est la forme des équations du mouvement donnée par Lagrange. Il Remarquons en passant que si l'on change les variables x,,j-,,z,, JTo, ..., en d'autres, dont les premières sont des fonctions quelconques, les équations (7) et (9) ne changent pas de forme : c'est ce dont il est facile de s'assurer en faisant sur l'expression (3), après la substitution des nouvelles variables, les mêmes opérations qu'on a faites précédemment. De cette ma- nière on obtient précisément les équations transformées auxquelles Lagrange et Hamilton ne sont parvenus qu'au moyen de calculs assez compliqués. » Si la variable indépendante t n'entre ni dans la fonction (f, ni dans les fonctionsy,y, , ..., dans ce cas le principe des forces vives ayant lieu, on a entre les variables jr,, 7 ,,z,, jr-j, ...,«,, t»,, îv,, it.,,..., l'équation n (10) '-^m,[u] + ^'] + w])=^(f + h, où h est une constante, au moyen de laquelle l'expression (3) se réchiit a celle-ci n (11) —hdt-\-'^ nii ( Ui dxi + r,- d) ,■ + î\ ■, dzi). 1 La variation de cette expression, en prenant t pour ui>e constante, est évi- demment la même que celle de l'expression n (la) 2 nh{i^idjci-hi'idfi -+- Widzt), d'où l'on conclut que, dans le cas où le principe des forces vives a lieu, ou ( 5i ) aura les équations du mouvement en cherchant à rendre inlégrable l'ex- pression (12), en ayant égard aux équations (i) et (10). C'est à ce cas par- ticulier que se rapporte le principe de la moindre action. On énonce ordi nairenient ce principe d'une autre manière; mais, présenté sous la formcv que nous venons d'indiquer, il a l'avantage de faire tout de suite soupçonner n que l'ijifégrabilité de l'expression ^ nij {uidxi+ Vjdji + -iVidz-j) , condui- I sant aux équations différentielles du mouvement, ne doit pas rester sans un rôle important dans l'intégration même de ces équations, ce qui a lieu effectivement et ce que nous nous proposons de faire voir de la manière la plus élémentaire dans un autre article. « ctUMiE ORGANIQUE. — Synthèse de l'acétylène; Note de M. HIorren. (Présentée par M. Dumas.) « J'avais espéré que la première Lettre que j'ai eu l'honneur de vous adresser, rendant hommage aux résultats obtenus par M. Berthelot, termi- nerait entre ce cliimiste et moi un débat que je n'avais pas fait naître; à mon grand regret, il n'en a pas été ainsi. Avant de répondre, j'ai voulu interroger avec soin, et sans me hâter, l'expérience, obéir aux exigences de pureté que m'a signalées M. Berthelot et apporter à l'Académie la seule réponse qui soit digne d'elle, des faits attentivement et scrupuleusement observés. " J'ai purifié du charbon de cornue au moyen du chlore et de la plus vive chaleur, soutenue pendant une demi-journée. J'ai employé ces nou- veaux électrodes, et je n'ai pas avec eux trouvé d'autres résultats que ceux que j'avais obtenus en iBSg. Mais cette fois, fort de l'analyse, par le proto- chlorure de cuivre ammoniacal, par l'eudiomèlre, et j'ajouterai, en y ap- puyant, par les réactions spectrales, je suis en mesure d'affii'mer que le gaz que j'avais obtenu est l'acétylène, positivement l'acétylène. Dans la dernière de mes expériences, j'ai produit 48 centimètres cubes de ce gaz, environ le treizième du volume de l'hydrogène employé (i). M. Berthelot sait mieux (1) La durée pendant laquelle le carbone et l'hydrogène ont été soumis à l'étincelle d'in- duction a été de quatre heures. La distance des électrodes placés parallèlement et non bout il bout a été de 8 à lo millimètres. Les charbons devant s'user sous l'action du courant qui passe, l'étincelle quitte le point oii la distance augmente pour aller user le charbon un peu plus loin, et (le cette manière la distance d'explosion reste const.inte. •7- ( 52 ) que personne combien, surtoiil avec celte quantité, les réactions de l'acé- tylène sont nettes, précises, faciles, et rendent toute illusion impossible. » , L'insuccès de M. Berihelol me paraît aisément explicable et devait être j)révu. Coiumcnt, lorsqu'il faut cinquante à soixante couples de Bunsen pour produire directement l'acétylène, pouvait-on espérer atteindre le but en attachant six à huit couples à un appareil d'induction? Pour se rapprocher autant que possible de mes procédés, M. Berlhelot m'a écrit avoir consulté Mn travail dont l'exposé est entre les mains de M. de Senarmont, et une photographie de l'ensemble de mes appareils; mais cela ne suffisait pas, il aurait fallu examiner dans ce travail les motifs qui m'ont engagé à construire moi-même la machine d'induction qui m'a servi. Si je me suis décidé à ten- ter, sans expérience pratique, une œuvre aussi délicate, surtout en présence des appareils dont la perfection assure le monopole à M. Buhmkorf, c'est que je voulais essayer d'obtenir dans cet instrument des qualités spéciales. Je voulais avant tout pouvoir le faire marcher, sans crainte de rupture, sous l'action d'iui nombre indéfini de couples. J'ai eu soin, suivant le conseil de M. Poggendorff, de diviser celui que j'ai construit en quatre bobines par- tielles, afin que la rupture, si elle devait avoir lieu, ne me laissât que le quart de l'appareil à réparer. J'i.i pu ainsi, et sans l'intervention de batterie ou de bouteille de Leyde, porter jusqu'à soixante couples la force élec- trique, sans qu'aucun accident se soit produit. Mais, pour obtenir l'acéty- lène, ces forces extrêmes, bonnes dans un essai, ne sont pas nécessaires; vingt couples m'ont parfaitement suffi, et j'ai obtenu ce gaz en assez grande quantité pour le soumettre, comme je le désirais, à l'analyse chimique. Du reste, si M. Berthelot le désire, je serai heureux de mettre à sa disposi- tion l'appareil qui m'a si bien réussi, ou les renseignements nécessaires pour en construire un semblable. » .Te terminerai par quelques mots sur l'analyse spectrale. » Ce serait se méprendre sur la j^ortée des Mémoires de MM. Swan et Van der Villigen en faisant dire à ces savants qu'on ne peut par l'analyse spectrale distinguer entre eux les différents gaz hydrocarbiu'és. Ces, Mes- sieurs n'en ont pas eu la pensée; ils affirment, et personne jusqu'à présent ne le leur a contesté, que lorsqu'on brûle à l'air libre les différents carbures, on ne peut les distinguer entre eux par la réaction prismatique. Mais ce ne sont pas là les procédés de M. Plucker et les miens. Nous enfermons les gaz très-purs dans des tidjes spéciaux, où ils sont raréfiés; et ce n'est pas l'oxy- dation, mais l'électricité qui rend ces substances incandescentes, sans qu'il y ait d'autre réaction chimique que celle qui peut avoir lieu entre leurs élé- ( 53 ) ments, et crnutrc changement que celui qni résulte de leur action ou de leur dépôt sur les électrodes. Ces phénomènes, tantôt permanents, tan!ôt transi- toires, offrent pour l'analyse des indications précieuses par leur netteté. » Dans ces conditions, et sans parler des spectres et de lein-s raies, ce qui m'entraînerait trop loin, voici les caractères précis qui perinctlent à l'œil le moins exercé de distinguer entre eux les gaz suivants : « \° Hydrogène très-pur. — Ce gaz présente dans le tube capillaire une couleur rouge magnifique, du carmin le plus vif. L'auréole du pôle négatif est rose, et les stratifications qui l'as-oisincnt d'un blanc rosé. » 2" Hydrocjène prolocarboné. — Le tube capillaire est d'un rose Ires- doux. L'auréole est blanc-bleuàtre ; les stratifications d'un blanc vert tres- |)rononcé, connue dans l'acide carbonique. Le métal des électrodes, qui dans tous ces tubes est en aluminium brillant et i)oli, reste net et pur. « 3'^ Hydrogène bicarboné. — Au début, le tube capillaire est d'un blanc vif et brillant ; l'auréole est blanc-bleuâtre. Au bout de quelques instants, le tidje diminue d'éclat, lalnmine de l'un des électrodes se couvre d'une couche de charbon et se teinte des diverses couleurs de l'aciei'. Les bords du tube capillaire se nuancent d'un filet rose. L'améolc passe au bleuâtie. » 4° Acétylène d'une grande pureté. — Le tube est admirable par son tres- vif éclat d'une blancheur éblouissante. Tout ici est blanc, l'auréole elle- même, le tube capillaire et les belles stratifications. An bout de quelques moments, l'auréole négative parait bleuir im peu, et l'aluminium .semble indiquer im léger dépôt de charbon. Ce gaz paraît cependant plus stablr (pie le précédent. » J'ajouterai qu'il faut du soin et une grande propreté pour ces ])ré|)aia- tions. Ainsi, |)ar exemple, pour l'hydrogène pur, qui semble passer avec la plus extrême facilité à l'état d'hydrogène carboné, la moindre trace tic sidj- stance organique soit sur les électrodes, soit dans le tube, suffit potu- dimi nuer la réaction rouge-carmin et la teinter de blanc. » CHIMIE ORGANIQUE. — Transformation des aldéliydes et des acétones en (drools: par M. C. Fr.iEDEi,. (Note présentée par M. II. Sainte-Claire Dcville.) i< M. Wuriz a annoncé, il y a quelque teuips, à l'Académie (i) qu'il avait réussi à transformer l'oxyde d'éthylène en alcool, par l'action de l'hydro- gène naissant, tel qu'il se dégage au contact de l'eau avec l'am.ilgame de (1) Compte rendu, 10 février 1862. (54 ) socliiim. Cette réaction remarquable semblait devoir s'appliquer aux aldé- liydes et permettre ainsi de remonter aux alcools par une transformation inverse de celle qui fournit une aldéhyde en partant d'un alcool. Toutefois, en faisant agir sur l'aldéhyde vinique l'hydrogène provenant de la dissolu- tion du zinc dans l'acide suifuriqne étendu, M. Wurtz avait obtenu des résultats négatifs, et il ne paraiss;iit pas qu'on pût espérer plus de succès en employant l'amalgame de sodium, puisque la soude, qui devait prendre naissance dans la réaction, jouit, comme on sait, de la propriété de rési- nifier l'aldéhyde. » I/hydrure de benzoyle n'étant pas modifié de la même manière par la soude, j'ai pensé que la transformation à laquelle l'aldéhyde vinique sem- blait se refuser serait possible à réaliser sur ce corps. C'est en effet ce qui a lieu. Lorsqu'on met en contact, avec de l'amalgame de sodium, un mélange d'hydrure de benzoyle et d'eau, on remarque, au bout de quelques jours, que la couche surnageante ne se combine plus qu'en partie au bisulfite de soude. Après avoir laissé pendant quelque temps le produit en contact avec ce réactif et avoir fréquemment agité le mélange, si l'on ajoute de l'eau, on voit le bisulfite de benzoyle-sodium se dissoudre, et il reste un liquide huileux qu'on décante au moyen d'un entonnoir. Ce liquide, d'une odeur tout a fait différente de celle de l'essence d'amandes amères, entre en ébul- lition à 2o3° et passe presque entièrement à la distillation avant iio°. Desséché à l'aide d'un fragment de baryte et distillé deux fois, il a la com- position de l'alcool benzoïque G'H'O'. » Comme pour l'oxyde d'éthyléne, o. atomes d'hydrogène se sont portés sur une molécule d'aldéhyde benzoïque, pour donner naissance à l'alcool correspondant. » Cette réaction peut être employée avantageusement pour la préparation de l'alcool benzoïque. » Elle se j)roduit aussi dans une liqueiu' acide. Mais on ne peut pas remplacer l'amalgame de sodium par le zinc, l'hydrure de benzoyle ayant la singulière propriété d'arrêter la dissolution du zinc dans l'acide sulfurique Le métal se couvre de grosses bulles d'hydrogène, mais le dégagement du gaz est à peine appréciable, et au bout de plusieurs semaines les lames de zinc, quoique corrodées, se trouvaient encore entières dans une liqueur for- tement acide. En même temps, il s'était formé de l'acide benzoïque par l'action de J'air sur l'aldéhyde benzoïque. » Depuis cette expérience, M. Wuriz a reconnu que l'aldéhyde vinique, quoique en partie résinifiée par l'action de la soude, donne pourtant nais- ( 55 ) sauce à une proportron notable d'alcool, lorsqu'on la met en contact avec l'amalgame de sodium en présence de l'eau (i). » La réaction peut donc être considérée comme générale pour les aldé- hydes, du moins pour celles des séries G"H'"0 et G"H-""'H;). C'est ce (]ui résulte encore d'une expérience que j'ai faite sur l'iiydrure de valéryle. Le produit de la réaction ayant été traité par l'acide sulfurique et le mélange saturé par le carbonate de baryte, on a obteiui des cristaux de stdfamylate de baryte renfermant 3o,84 pour loo de baryum (théorie 3i,ao). 11 s'était donc formé de l'alcool amylique. » Le fait de la fixation de l'hydrogène sur les aldéhydes étant ainsi cou staté, il devenait intéressant de rechercher si les acétones, si voisines des aldéhydes par beaucoup de leurs propriétés, ne seraient pas susceptibles de s'hydrogéner de la même manière pour fournir soit nu étiier mixte, soit un alcool : €»H«0 + H' = e'ïl^ = ^'h î^- Acétone.' ^-"^ ■ ~^'^~ ^, Elher misle. Alcool. «r C'est la seconde hypothèse qui s'est trouvée conforme aux faits. » Lorsque l'amalgame de sodium a réagi pendant plusieurs jours sur un mélange d'acétone et d'eau, on voit se séparer à la surface une couche plus légère qui s'augmente si l'on ajoute au liquide aqueux une certaine quan- tité de carbonate de potasse. Cette couche décantée, deshydratée au moyeu du carbonate de potasse et soumise à la distillation, commence à bouillir vers 75°, ou même seulement vers 80°, si la réaction a été suffisamment ])rolongée. Une grande partie passe entre 80 et 90°, beaucoup moins entre 90 et 100°, et à partir de cette température le thermomètre s'élève rapi- dement jusqu'à 175", où l'on recueille une portion notable d'un liquide visqueux. M Le produit qui a passé entre 80 et 90" est formé d'un mélange d'acétone, d'eau et d'un alcool ayant la composition de l'alcool propylique. Eu effet, en y dissolvant de l'iode et ajoutant du phosphore, comme pour la prépa- ration des éthers iodhydriques, on obtient un iodure bouillant entre 90 et 95° et présentant la composition de l'iodure de propyle. » Cet iodure réagit facilement sur l'acétate d'argent, et donne de l'iodure (i) Compte rendu, 28 avril 1862. ( 56 ) d'argent et un ctlier bouillant de 90 à g'S", et donnant à l'analyse les nombres qui conduisent à la formule r-arn l©' » Le même éther a été obtenu en distillant le produit bouillant entre 80 et 90° avec un mélange d'acétate de potasse et d'acide sulfurique, ou bien en chauffant le même produit avec de l'acide acétique, en vase clos, à i3o ou i4o° pendant quelques heures. )) On a également préparé l'éther butyri([ue par l'action directe de l'acide butyrique à i3o ou i4o°. Le liquide huileux obtenu avait l'odciu- caractéristique des éthers butyriques, bouillant entre 124 et i3o'',et sacom- position répondait à laformule ^.jtii \^' » Quant à l'alcool lui-même, on peut le régénérer en décomposant par la potasse l'acétate obtenu par un des procédés indiqués plus haut. Mais il y a un moyen plus simple de l'isoler, c'est d'agiter le liquide bouillant entre 80 et 90° avec une solution concentrée de bisulfite de soude et à le laisser longtemps en contact avec elle. L'excès de bisulfite étant séparé par décan- tation (lu liquide surnageant qui tient en suspension la combinaison cristal- lisée de bisulfite et d'acétone, le mélange est soumis à la distillation dans le vide. La distillation se fait à une température très-basse, à laquelle on n'a pas à craindre que la combinaison d'acétone et de bisulfite se décompose. Le liquide passé dans le récipient est ensuite rectifié plusieurs fois sur la baryte; il bout d'une manière presque constante entre 84 et 86". Plusieurs rectifications sur la baryte n'ont pas suffi pour le déshydrater, et pour achever de lui enlever toute l'eau qu'il renfermait, il a fallu faire réagir le sodium sur une partie du liquide et distiller ensuite le reste sur le produit cristallisé qui avait pris naissance. Après cette nouvelle rectification, l'alcool passé à la distillation entre 86 et 88° a donné h l'analyse des nombres qui conduisent à la formule G'H'O. » M. Berthelot a bien voulu comparer ce produit avec l'alcool propylique qu'il a obtenu au moyen du gaz propylène (i). Il a reconnu que l'alcool provenant de l'acétone comme le sien jouit de la propriété caractéristique de se dissoudre à froid dans une solution do chlorure de calcium d'un cer- tain degré de concentration et de s'en séparer à chaud. Traité par l'acide (l) C/iimie organique /om/èe sur la synthèse, t. I, p. i i^. ( 57 ) snlfiirique, il a fourni un gaz ayant l'odeur du propylène et absorbable par l'acide sulfurique. « D'après ces faits, il semble que l'on pourrait conclure que le produit de la réaction de l'hydrogène naissant sur l'acétone est l'alcool ])ropyli(|ue. Toutefois, depuis que M. Cannizzaro a fait voir ( i ) que, dans la série aroma- tique, la réaction de la potasse sur les éthers cyanhvdriques fournit des pro- duits isomériques, mais non identiques avec les homologues supérieurs des corps de la série dont on est parti, il est doublement nécessaire d'être réservé dans ses conclusions lorsqu'il s'agit du passage d'un alcool à l'un de ses homologues supérieurs par I intermédiaire de l'acide et de l'acétone. Avant d'identifier l'alcool dérivé de l'acétone avec le véritable homologue de l'alcool ordinaire, je me propose de soumettre ce produit à une étude approfondie (2). » Le produit bouillant entre 176 et i85° est identique avec le corps obtenii par M. Fittig par la réaction du sodium sur l'acétone, et appelé pinakone par M. Staedeler. Ce dernier chimiste le regarde comme uii hydrate du corps €* H'- O dérivé de l'acétone par doublement et par désoxy- génation. Il paraît toutefois assez singulier de voir un hvdrate bouillir sans décomposition à 180°, et l'on peut bien se rendre compte de la formation du corps G*H'*0' en supposant que i atome seulement d'hydrogène se porte sur une molécule d'acétone et constitue ainsi une sorte de radical monoafomique capable de se combiner avec lui-même. » Les analyses ont en effet donné les nombres suivants : Trouvé. !• II. Théorie. (180-190) (175-180) (G''H»'0-^) C 61,27 60,73 61,01 H 11,78 12,09 11,86 » Le corps G* H'*©' parait, dans quelques réactions, se comporter comme un glycol. L'acide chlorhydriqne gazeux le transforme à froid en un (1) Compte rendu, 16 juin 1862. (2) Ce travail sera abrégé considérablement par la facilité que l'on a maintenant à se procurer de l'acétone. Il se produit des quantités notables de ce corps dans la fabrication de l'aniline, et je dois une partie de celui qui a été employé pour mes expériences à l'obligeance de M. Cnblentz, chimiste chez M. Collin, à la Briche-Saint-Denis. C. R., 1862, 2n>e Semestfe. (T. LV, N» 1.) ( 58 ) liquide chloré se décomposant à la distillation avec dégagement d'acide cldorhydrique et donnant par l'action de la polassc nne huile d'une odeur éthérée et camphrée à la fois. Celle huile bout entre i lo et 120", et possède nne composition qui répond à peu prés à la formule G^H'-Ô. Je dois ajouter pointant que je n'ai pas encore réussi à combiner la piuakone avec 1 molé- cules d'acide acétique pour la transformer en diacétate. » CHIMIE. — Sur l'alomicité de V acide et du cidoride phosplioriques ; par MM. A. Béchamp el C. Saixtpieriîe. n [.'un de nous, dans un Mémoire présenté à l'Académie des Sciences [Comptes rendus hebdomadaires, t. XMI, p. 2^4, i856), touchant les prépa- rations des chlorures d'acides par le protochlorure et l'oxydilonire de phosphore, a montré que dans cette action roxychloriu'e de phosphore engendrait de l'acide métaphosphorique; or il est généralement admis que, dans la formation de ces chlorures organiques par l'oxychlornre, il se pro- duit du phosphate ordinaire. D'autre part, il est certain qu'il est impossible d'attaquer le perchlorure ou l'oxychlornre de phosphore par l'eau sans produire immédiatement du phosphate d'eau ordinaire, P0% 3IIO. M Ce dernier fait est sans contredit la cause de l'opinion qui est enseignée ; et de ce que l'acide P0% 3110 se forme, on en a conclu que l'oxychlo- rnre de phosphore, aussi bien que le perchlorure, sont tribasiques et que leur formule représente 3 équivalents. Nous n'avons jamais partagé cette manière de voir, et la découverte de l'acide métaphosphorique parmi les produits de la réaction étudiés dans le Mémoire signalé en commençant, n'a fait que confirmer notre conviction. Toutefois cette question nous a paru mériter une démonstration directe. Pour cela, il suffisait évidemment de substituer dans PCl'O', et par suite dans PCP, l'oxygène au chlore, en évitant avec soin, à la fin de la réaction, la présence d'une base oxydée, cette base fùt-elle l'eau. » I. Pour atteindre ce dernier but, nous avons attaqué l'oxychlornre de phosphore par l'acétate d'argent complètement sec. On versait l'oxychlo- rnre sur l'acétate, ou bien on introduisait ce dernier dans l'oxychlornre. Cette seconde manière d'opérer est préférable; on risque moins de voir apparaître des produits de réactions secondaires qui colorent fortement le mélange dans le premier cas : au contraire, dans le second, si l'on a soin d'éviter l'élévation de la température, les produits sont peu colorés. Après vingt-quatre heures de contact, on distille; il passe du chlorure d'acélyle et ( 59) plub lard l'excès d'oxychloriire. Si l'on a pris la précaution d'expulser tous les chlorures volatiles par un courant d'hydrogène sec, au bain d'eau bouil- lante, il ne reste dans la cornue qu'un résidu sec formé essenliellenienl de chlorure d'argent et d'acide phosphoiique anhydre, ce qui se conçoit par- faitement d'après la nature des éléments employés dans la réaction. « Comme nous allons le montrer, l'équation aPCPO' + 3(C*H'0=AgO; = 3AgCl -+- 3C^H^O=CI -+- aPO^ se trouve vérifiée; car, en reprenant par l'eau la matière absolument privée de chlorure d'acétyle et d'oxychlorine de phosphore, on obtient du chlo- rure d'argent insoluble et une dissolution très-acide, totalement exempte à la fois et d'acide chlorhydrique et d'argent. Mais connue la dissolution est très-légèrement colorée, on la décolore par le charbon purifié. Cette liqueur ne contient absolument que de l'acide métaphosjihorique, puisqu'cllecoa- gule immédiatement l'albumine, précipite le chlorure de baryum, et si on la sature à point parle carbonate de potasse ou de soude, on obtient nn sel qui précipite en blanc le nitrate d'argent; de plus, si, après avoir versé le sel de ])Otasse dans une dissolution d'albumine sans obtenirde précipité, on ajoute quelques gouttes d'acide acétique, l'albumine est aussitôt coagulée. » Il n'y a donc pas de doute : par la substitution de l'oxygène au chlore dans l'oxychlorure, et par conséquent dans le perchlornre de phosphore, on engendre l'acide phojphorique anhydre, lequel, en présence de l'eau, produit du métapliosphate, c'est-à-dire lui composé monobasique. Par con- séquent, les deux composés chlorés sont eux-mêmes monobasiques. " IL 11 y a plus, la molécule PO^ contenue dans ce que l'on est con- venu d'appeler acide phosphorique ordinaire ou tribasique, cette molécule isolée est monobasique, Voici co;nment nous avons démontré ce point capital : » Le phosphate de soude ordinaire est transformé en phosphate d'argent. Ce sel est desséché avec le plus grand soin, mais sans le faire fondre et seu- lement en le laissant séjourner un temps suffisant dans le vide sec. Ce sel d'argent peut être traité de deux manières, en versant le chlorure d'acétyle sur lui ou eu le projetant dans le chlorure. I^a seconde manière est préfé- rable, les produits sont plus nets. Le chlorure d'acétyle était en excès. Après vingt-quatre heures de contact, nous avons décanté le liquide surnageant, et la distillation nous a permis d'y reconnaître, en fractionnant, d'abord l'excès de chlorure, puis l'acide acétique anhydre. » La masse solide et blanche qui reste dans le flacon est débarrassée des 8.. (6o) produits volatils par un courant d hydrogène sec et par un séjour prolongé dans le vide sur la chaux vive. La masse solide, reprise par l'eau, donne une solution très-acide. Toutefois cette liqueur contient des traces de phos- phate d'argent. Nous nous débarrassons de ce métal par un courant d'hy- drogène sulfuré, et de celui-ci, à son tour, par u-u cotu'ant rapide d'acide carbonique et un séjour dans le vide. Dans cet état la liqueur possède tous les caractères de l'acide métaphosphorique et son sel de soude tous ceux des métaphosphates. L'équation suivante se trouve donc justifiée : PO=3AgO + 3CM1^0-C1 = AgCl + 3CMI=0» + 1^0% et la molécule PO' qui provient de l'acide tribasique,dil acide phosphorique ordinaire, en redevenant libre et anhydre, redevient monobasique. » IIL Pour obtenir cet acide monobasique, il suffit que la molécule PO' naisse à l'abri de toute inQuence basique; car si l'on décompose le phosphate d'argent (comme nous l'avons fait) par le gaz chlorhyilrique, même en laissant la température s'élever, l'eau qui se produit s'unit à l'état naissant avec l'acide phosphorique, aussi à l'état naissant, et détermine, en remplaçant l'oxyde d'argent équivalent par équivalent, sa modification tri- basique. Dans cette dernière expérience, il n'y a pas de trace d'acide méta- phosphorique. » IV. Les faits qui viennent d'élre énoncés nous paraissent importants à un second point de vue. L'analogie de l'azote, du phosphore, de l'arsenic et de l'antimoine, si grande lorsque l'on considère ces corps dans leurs com- posés hydrogénés ou organiques, disparaît lorsque l'on compare, dans la manière de voir généralement adoptée aujourd'hui, l'acide azotique avec l'acide phosphorique que l'on appelle à tort ordinaire. Le véritable acide phosphoricpie ordinaire est celui de Lavoisier, c'est PC; c'est celui que l'on obtient en brûlant le phosphore et dont les sels correspondent pour l'atomicité aux nitrates. Les deux acides pyrophosphorique (/jJ'G'aHO) et phosphorique ordinaire des auteurs (oPO'3HO) ne sont donc, comme l'avait prévu M. Graham, que des modifications moléculaires, entraînant modification de l'équivalent, du véritable acide phosphorique, » CHIMIE APPLIQUÉiî. — Jnalyse de divers échnnlillom de kaolins et d'une argile rouge de la province d^ Aimer ta [Espagne); par^l. A. Terreil. (Présenté par M. Chevrenl.) « J'ai l'honneur de soumettre à l'Académie l'analyse de divers kaolins provenant des montagnes qui bordent le cap Cabo-Degata, dans la province ( Cl ) d'Almeria (Espagne), à a kilomètres de la mer et à 28 kilomètres d'Almeria, ainsi que l'analyse de deux échantillons d'uueargile rouge, trouvée dans la même province où elle existe en grande quantité, dans une ancienne exploi- tation où les Maures, suivant les gens du pays, fabriquaient les ornements en terre cuite qui décorent les anciens monimients d'Espagne. » Les kaolins portent les noms des montagnes où ils ont été pris; ils oui fourni à l'analyse, ainsi que les échantillons d'argile, les compositions qui se trouvent dans le tableau suivant : KAOLIN (l'Almanzor KAOLIN de Moabdil. KAOLIN ordinaire d'Alambra KAOLIN lavé (i'Alaratjra ARGILE rouge urtiinaire AI'.GILE rouge Irês-liiie Silice 37 .99 3., 07 traces 0,98 .,60 traces lr:ices i> 28, 3o traces 3o,i3 traces traces 1.32 traces traces » ■22, 3 1 traces 61 ,40 24,21 traces 0,65 1,26 traces traces '2.19 traces 4 1,63 ;!i,8i ! races 0,18 traces traces 2(i,32 traces 26,84 !5,42 9,81 traces sens. traces 1,62 traces traces 26,65 traces ,5,17 48,26 7,67 traces sens, traces 0,82 traces tiaces traces 27,21 traces Peroxyde de fer Potasse à Pétat de silicate. .. . Chlorure de potassium Chlorure de sodium Chaux et magnésie Eau Matières organiques azotées.. 99» 1)4 1 00 . y3 99.7' 99,94 iou,88 99. '3 >) Le kaolin d'Almanzor et le kaolin lavé d'Alambra correspondent à la formule 2(A1^0'), 3(SiO'), roHO; le rapport de l'oxygène de la silice à l'oxygène de l'alumine et à 1 oxy- gène de l'eau est comme 4^3:5. » Le kaolin de Moabdil peut être représenté par la formule A1='0% 2(SiO'j 4 HO; le rapport de l'oxygène de la silice à l'oxygène contenu dans l'alumine et dans l'eau est comme 5:3;4- M Le kaolin ordinaire d'Alambra correspond à la formule APO% 3(SiO'), 3HO; ( 6a ) le rai)porl de loxvgerie de la silice à l'oxygeiie de l'alumine el de l'eau étant coninie 6; 2; 2. » Dans les argiles rouges le rapport de l'oxygène de la silice à l'oxygène des bases et à l'oxygène de l'eau est connue 3:4:5 pour l'argile ordinaire et comme 1 :3:3 pour l'argile très-fine. » Par leur comi)osition, les kaolins du cap Cubo-Degata se rappruclRul sensiblement des kaolins de Limoges. Ils sont blancs, happent fortement la langue et laissent dans la bouche une saveur salée due à du chlorure île potassium et non à du chlorure de sodium comme leur proximité de la mer pourrait le faire croire; ils ne sont pas trop pulvérulents, mais ils s'écrasent facilement sous le pilon; ils ne présentent aucune trace de silice à l'état quartzeux ni de |)artie micacée. » Quelques fragments de ces kaolins chauffés au chalumeau à gaz ont fondu sur leurs arêtes en un émail blanc translucide, d'autres fragments ont lésisté el se sont cuits en porcelaine seidement. >• L'argile rouge diffèie par sa composition des argiles ordinaires; elle renferme beaucoup d'alumine et peu de silice, ce qui fait qu'elle est réfrac- taire au plus haut degré ; en effet, chauffée au chalumeau à gaz et à air, elle n'a point changé d'aspect, elle ne s'est même pas cuite en porcelaine. Cette ))ropriélé éminemment réfractaire devra faire rechercher l'argile rouge de Cabo-Degata pour la construction des fours ou fourneaux devant supporter les plus hautes températures. » PHYSIOLOGIE. — Quelques observaliom sur le suc cjaslrique, les peplunes cl leur action sur la lumière polarisée ; par M. L. Corvisart. (Note i)résentée par M. Longpt.) « M. William Marcet a fait connaître dans ces derniers temps (1) quelques observations faitesà l'aide du polarimètre de Soleil sur le j)ouvoir optique du suc gastrique et des peptones. Des études ancieinies me permettent de com- pléter cette recherche par quelques réflexions et quelques faits. » M. Marcet déclare que le suc gastrique ne dévie point le plan de la lu- mière polarisée. Je pense que, si M. Marcet n'a point obtenu de déviation, c'est que le procédé qu'il a employé et qui consiste à exciter la membrane muqueuse stomacale à l'aide d'une baguette de verre, est susceptible de ne fournn- souvent cju'une sécrétion seulement aqueuse et acide. (i) Annakn der Chimie urnl Pharmacie, t. CXX, p. 9.5o, 1861, et Répertoire de Chimie pure, 186?., p. 208. ( 63 ) ■ )) Le meilleur moyeu d'obtenir le vrai suc gastrique digestif, c'est de provoquer la sécrétion par la présence d'aliments solides et très-tardivement solubles, et de recueillir le suc dès les dix premières minutes de l'expé- rience. Dans ces conditions, nous avons vu le suc gastriipie digestif, c'est- à-dire pourvu de pepsine, dévier de 8 à io° et à gauche le plan de la lumière polarisée, chez des chiens pourvus des fistules de l'estomac, teisque ceux que M. Marcet a observés. La pepsine isolée du suc gastrique jouit de la même propriété. » Des observations de M. Marcet il résidterait que la digestion des carti- lages par le suc gastrique (en faisant entrer en dissolution dans ce dernier la substance connue depuis Miahle et Lehman sous le nom d'albuminose ou peptoiie) communique à ce suc un pouvoir rotatoire correspondant à la somme de chondrine-peptonc dissoute de telle façon que o8'',o()6 de cette peptone dissoute dans loo centimètres cubes d'eau (i) dévierait à gauche le plan de polarisation de i". M. Marcet regrette de n'avoir pu examiner toutes les peptones à ce sujet. ') Nous avons constaté : )' 1° Que toutes les peptones dévient à gauche le plan de la lumière pola- risée ; » 2° Que toutes le dévient inégalement ; ainsi nous avons vu que pour dévier à gauche de i" il faut observer une dissolution de o,o8o de fibrine-peptone. ... o,ioo de musculine-peptone. o,io4 de gélatine-peptone. . o,i4o d'albumine-peptone. . . I dans loo centimètres cubes d'eau. » La peptone de fdjrine (a) aurait le pouvoir le plus haut; celle d'albu- mine (3) le plus bas. » Nous avons encore constaté : » 3° Que chaque peptone a le même degré d'action sur la lumière pola- risée que l'aliment azoté particulier dont elle émane, quoique les caractères chimiques de ce dernier soient modifiés. » Ces éléments sont utiles à connaître pour le médecin ; car les peptones, qui peuvent passer dans les urines, dévient à des degrés divers, mais tou- 0,024- (a) De sang de bœuf. > dans aS cenlimètres cubes d'eau. (3) D'œuf de poule. . j ( 64 ) jours à gauche, la lumière polarisée, et par leur préseiice peuvent diminuer l'intensité de la déviation produite par le sucre de diabètes. L'acétate de plomb, souvent employé pour précipiter et éliniiner des urines les matières albiiininoïdes, ne précipitant pas tontes les sortes de peptones, l'emploi dn charbon animal est préférable pour éliminer les peptones des urines suppo- sées diabétiques. » ANALYSE MATHÉMATIQUE. — Sur l'équntion du troisième dey ré; Remarques de M. EisENLoiiR à l'occasion d'une Note de M. Catalan. " Dans une Note sur l'équation du troisième degré, présentée à l'Aca- démie des Sciences le 24 mars 1862, M. Catalan donne la formule géné- rale pour A,i, somme des puissances n''""' des racines de l'équation x' ■+- px -h q ^ o, en particulier de l'équation x' -1- o" — i, et les valeurs des vingt- neuf premiers A„ appartenant à cette dernière équation qui doi- vent satisfaire à l'équation o ^ A„ -I- A„_2 — A„_3. » U énonce la règle que, jusqu'à une certaine valeur de n, le nombre entier A„ est ou n'est pas divisible par n, suivant que n est ou n'est pas premier. Or la généralité de la première pai lie de cette règle suit de la for- mule (3) de la Note de M. Catalan ; mais la seconde partie ne se trouve pas être générale, et le critérium que croyait entrevoir M. Catalan devient donc illusoire. » En effet, on prouve par la définition des A„ que o = A„ — A,„ . A n—m » Soit m un nombre premier impair ; alors A,„^o (mod 7rt), A,,^^ — 2 (modm) (voir la formule (4) de la Note de M. CatalanX Donc o = A„ -t- A„_2,„ — A„_3„ ( niod m), ^km^ A,^_2„„ — A,A_3;,„ ^ Aj -+- A^o — Aa_3 (mod m), Ajjn^Ao, A,„^A,, Ao,„^Ao (mod m), et de là A^,„s;A^ [mod m). n Exemple : A,, = 0^0 (modôi), Aj, = 22881 1 H=o (mod II), A(j7i = A,, Cl ^ A,, (mod6i) ^ A^, (mod i i") ^o (mod 671). ( 65 ) 11 Ainsi A„ est divisible par n pour le nombre « = 671, qui n'est pas premier, w M, Bazet adresse un manuscrit ayant pour titre : « Mémoire sur les boissons g.izeuses artificielles, étudiées sous le rapport de la sécurité, delà salubrité et de l'économie ». M. Peligot est invité à prendre connaissance de ce Mémoire et à faire savoir à l'Académie s'il est de nature à devenir l'objet d'un Rapport. M. GoRDOJi, bibliothécaire par intérim de la Faculté de Médecine de Montpellier, prie l'Académie de vouloir bien comprendre la bibliothèque à laquelle il est attaché dans le nombre des établissements auxquels elle accorde ses Comptes rendus. Les fonds destinés à l'achat des livres ayant été considérablement réduits depuis 1848, la bibliothèque craint d'être forcée de renoncer à ce Recueil, qu'elle s'était procuré jusqu'à ce jour par voie d'achat. M. Pelhach adresse une Note concernant un enfant âgé de deux ans et demi qu'il a observé à l'hospice de Bernay (Eure), et qui lui a présenté, surtout dans le système tégiunentaire, certaines anomalies supposées de na- ture à intéresser l'Académie. Renvoi à l'examen de M. Rayer qui jugera s'il est nécessaire de deman- der à l'auteur les nouveaux renseignements qu'il offre de transmettre. La séance est levée à 5 heures et demie. F. BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE. L'Académie a reçu dans la séance du 7 juillet 1862 les ouvrages dont voici les titres : Botanique populaire, contenant l'histoire complète de toutes les parties des plantes et l'exposé des règles à suivre pour décrire et classer les végétaux, avec application à l'agriculture et à l' horticulture ; par HenrihECOQ, Correspondant de l'Institut. Paris, 1862, vol. in-12. Traité élémentaire et pratique des maladies mentales, suivi de considérations pratiques sur l'administration des asiles d'aliénés, par H. DagONET. Paris, C. R., 1862, 2">« Semestre. (T. LV, N" 1.) 9 itiGi ; vol. iii-8". (Destiné au concours pour les prix de Médecine et de Chi- rurgie de i863.) Exposition analytique et expérimentale de la théorie mécanique de ta chaleur; par G. -A. ITirn. Paris. 1862; vol. in-S". Histoire d'une bouchée de pain; par J. Macé. 1" édit. Paris, 1862; vol. in-i2. (Présenté par M. Miine Edwards. Paléontologie française. — Terrain crétacé. — Livr. 5; texte (f. 12 à i4), atlas (pi. 1043 à 10J2). Paris, 1861; in-S". (Présenté par M. d'Archiac.) Théorie nouvelle des normales aux surfaces du second ordre; par M. Des- HOVES. Paris, 1862; iu-8". L atomisme opposé au dynamisme dans la solution des grandes questions de (himie et de physique ; par Emile Martin, deVervins. Paris, 1862; in-8°. Des kystes de l'ovaire ou de i hydrovarie et de Vovariotomie, d'après la méthode anglaise du D'' Baker-Brown ; par le D'' Labalbary. Paris, 1862; br. in-8". Les grandes Usines de France; tableau de l'industrie française au XlX* siècle ; par TuRGAN. Paris, 1862 ; 2 vol. in-4°. (Présenté par M. Payen.) Dictionnaire français illustré et Encyclopédie universelle ; livraisons i4i et 142. Hydi ographie médicale de Strasbourg et du déparlement du Bas-Rhin ; par MM. V. Stoeber et G. Tourdes. Strasbourg, 1862; in-8''. (Destiné au con- cours pour le prix de Statistique de i863.) Note sur l'influence exercée par les chemins de fer sur la santé des employés; par M. OuLMONT. Paris, 1859; br. in-8°. (Présenté par M. Velpeau.) Des importations et de l'acclimatement des races d'aninmux étrangers; par M. G. Baillet. (Extrait du Journal d' agriculture pratique et d'Economie rurale pour le Midi de la France.) Toulouse, 1862; br. in-8°. Des bains de mer de la Tremblade [Charente-Inférieure] \ par le D'' Bro- chard. Paris, 1862; br. in-S". Sur la théorie physique des odeurs et des saveurs ; par M. J. NiCKLÈS. Nancy, 1862 ; br. in-8°. Molbisques terrestres et d'eau douce obseivés dans la haute Kabylic; par M. le baron II. Aucapitaine. Paris, 1862; br. in-8°. Rapport adressé à M. le Préfet de la Drôme sur les expériences de séricicultun de M. Sauvageon, de Faïence ; par M. Dumas. Valence, 1862; br. in-8°. • Nouvelles recherches analomiques et physiologiques sur les Oscillaires. (Thèse j our les Sciences naturelles présentée à la Faculté des Sciences de Bor- deaux ); /^nr M. CI). .Musset. Toulouse, 1862; in-4°. ( 67 ) Exposition universelle de Londres en 1862. — Ihipporl du Jury lo( al sur les tiroduils agricoles et industriels de la Loire-Inférieure admis à l' Exposition. Nantes, 1862; m-lf. Mémoire sur le coefficient de contraction de la veine liquide; pat Th. d'Es- TOCQUOIS. Besançon, 1862; br. in-S". Notice sur deux expériences d' oérométrie ; par M. Ordiinaikk de Laco- LONGE. Bordeaux, 1862; br. in-8". Report... Rapport sur la géologie du Canada; par M. LOGAN. Montréal. 1862; vol. in-8°. Descriptive... Catalogue descriptif des minéraux économiques du Canada et des roches cristallines envoyés à l'Exposition internationale de Londres de 1862; par le même. Montréal, 1862; in-8°. Traité de Dynamique; par M. SOROLOFF, professeur à l'université de Kharkov (en russe). Kharkov, 1862; vol. in-8". Divinazione... Détermination conjecturale du principe fondamental em- ployé par les géomètres anciens pour résoudre les problèmes de maxima et de minima; Mémoire tiré des manuscrits de N. Fergola, par V. Flauti. Naples, 1861 ; in-4°. (Présenté par M. Chasles.) Bolerin... Bulletin de la Société mexicaine de Géoi^raphie et Statistique; t. VIII, n° 8. Mexico, 1862; in-4''. ERHJTJ. (Séance du 23 juin 1862.) Page 1254, ligne 6, après le mot attendu, ajoutez d'ailleurs. Page 1277, ligne 22, au lieu de très-soluble, lisez très-peu soluble. Page 1278, ligne 12, au lieu de P : P, lisez M : P. Même page, ligne i3, an lieu de M : n' = 71° l3', lisez P : a' = 81" i3'. COMPTE RENDU DES SÉANCES DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES. SÉANCE DU LUNDI li JUILLET 1862. PRÉSIDENCE DE M. DUHAMEL. MEMOIRES ET COMMUNICATIONS DES MEMBRES ET DES CORRESPONDANTS DE L'ACADÉMIE. PHYSIOLOGIE. — Note sur [a curabililé des blessures du cerveau; par M. Flourens. « M. Cuvier, dans un de ses Rapports sur mes expériences, s'exprime ainsi : « M. Flourens, obligé de faire tant et de si grandes plaies aux cer- )i veaux des animaux pour arriver à résoudre des questions si importantes » pour l'humanité, a eu l'occasion de faire de nombreuses observations sur » la cicatrisation des plaies de cet organe, ainsi que sur les phénomènes » correspondants qu'offre l'animal dans ses facultés à mesure que cette » cicatrisation avance. Pour analyser ces observations, faites jour par jour, il » faudrait les copier, et les détails en seraient assez curieux poiu' cela, si les )) bornes prescrites à notre travail le permettaient (i). » » Le travail, que je faisais alors pour la détermination des fonctions des diverses parties de l'encéphale, je l'ai repris depuis dans la vue expresse d'étudier la curabililé des plaies de cet organe. » Nos livres de chirurgie sont pleins d'observations importantes sur les plaies du cerveau. Que dis-je, nos livres de chirurgie? Nos simples livres (i) Analyse des Travaux de f Académie pendant Vannée 1824. C R., i86-2, 2"= Semestre. (T. LV, N" 2.) 'O iio) d'histoire en contiennent souvent, et de très-curieiises. Je me souviens d'avoir lu, dans une Histoire des guerres delà Fronde, qu'un jeune officier que con- naissait Mazarin, mais que Mazarin refusait d'avancer, parce que, disait-il, il ne lui trouvait pas assez de cervelle, reçut une énorme blessure sur le crâne. Le chirurgien qui le soignait, étonné de la quantité de cervelle qui sortait de la blessure, la recueillit dans un vase, et dès que son jeune malade fut guéri, il la lui montra. « Oh! s'écria celui-ci, envoyez bien » vite cela au Cardinal : il verra que j'ai plus de cervelle qu'il ne le croit. » » Mais, à s'en tenir même à nos livres de chirurgie, les cas fourmillent : ici c'est une balle qui est entrée dans le cerveau, ou dans le cervelet, ou dans toute autre partie de l'encéphale; là c'est une lame de couteau ou d'épée qui a pénétré dans le cerveau, s'est rompue et y a laissé un de ses fragments. Quant aux symptômes, ils ont été différents selon la diversité des sièges, et quelquefois il n'y en a point eu. 1) Parmi les observations de ce genre, celle-ci m'a toujours paru une des plus curieuses. Je la tire du beau Mémoire de Lapeyronie sur le Siège de l'Ame, siège qu'il plaçait dans le corps calleux. « Un jeune homme de seize ans, dit Lapeyronie, fut blessé d'un coup de » pierre au haut et au devant du pariétal gauche •, l'os fut contus et ne parut » point fêlé; il ne survint point d'accident jusqu'au vingt-cinquième jour, » ce qui fit qu'on n'eut en vue dans les pansements que de procurer l'ex- » foliation de l'os. Le malade commença alors à sentir que l'œil droit s'af- >' faiblissait. . . Au bout de trois jours, il perdit la vue de cet œil, et presque » en même temps l'usage entier de tous les sens, et il tomba dans un affai- » blissement absolu de tout le corps (i). » » Lapeyronie fit plusieurs incisions sur le crâne et pratiqua jusqu'à trois trépans; la dure-mère fut débarrassée de quelques esquilles qui la pres- saient; enfin l'habile chirurgien se détermina à l'ouvrir. Beaucoup de pus sortit, et dès que ce pus, qui pesait sur le corps calleux, fut vidé, l'assou- pissement cessa, la vue et la liberté des sens revinrent. Et ce ne fut pas seu- lement une fois que cette alternative de perte et de retour des sens se mani- festa. 'Lt?, fonctions de l'âme, comme on disait alors, étaient alternativement et comme à volonté, de la part du chirurgien, suspendues ou rétablies, selon qu'avant ou après le pansement le corps calleux se trouvait surchargé ou délivré de la matière étrangère qui le pressait. C'est Lapeyronie lui-même qui faisait les pansements et qui vit ainsi plusieurs fois, comme je viens de (i) Mémoires de l' Jcndémie des Sciences, année 174'» !'• 212. ( 7' ) le dire, la raison et le sentiment du malade s'éclipser et reparaître. « Au bout » de deux mois, dit enfin Lapeyronie, le jeune homme fut entièrement » guéri; il eut la tète entièrement libre et ne ressentit plus la moindre in- » commodité, quoiqu'il eût perdu une portion très-considérable de la substance » du cerneau (i). » » Mais à propos de perte plus ou moins considérable du cerveau, rien n'a été fait, je crois, de comparable à ce qu'on a vu dans mes expériences de 1822(2). Le cerveau proprement dit se compose, comme chacun sait, de deux lobes ou hémisphères, un hémisphère ou lobe de chaque côté, un droit et un gauche. Eh bien! j'ai enlevé un lobe entier sur plusieurs animaux. L'a- nimal a parfaitement survécu et n'a perdu que la vue du côté opposé. Toutes les autres fonctions du cerveau se sont conservées. Un seul lobe suffit donc à l'animal; un seul peut suppléer aux deux. » Mais le fait le plus remarquable, et même le plus étonnant de mutila- tion, c'a été quand j'ai enlevé le cerveau proprement dit tout entier, les deux lobes. L'animal, privé de son cerveau tout entier, a survécu plus d'une année. Il avait perdu tous ses sens, toute son intelligence; il était ré- duit à l'état de pur automate. » Un fait du même ordre a été celui où j'ai enlevé le cervelet tout entier. L'animal a parfaitement survécu aussi, et pendant plus d'une année. Il n'a jamais réacquis la régularité de ses mouvements; il était réduit à l'état d'un homme ivre. » La perte du cerveau avait fait perdre l'intelligence, et la perte du cer- velet l'équilibre ou la régularité des mouvements. Quand on a saisi le fil du labyrinthe, le fil de la physiologie expérimentale, on sépare les facultés par les organes, et c'est là le dernier terme de la science. » Je citerai encore une observation de Lapeyronie. Un enfant de huit ans reçut par une chute un coup au pariétal droit, à côté de la fontanelle. L'os fut considérablement fracturé ; on eut recours au trépan ; on débarrassa la dure-mère des esquilles qui la pressaient; malgré cela, l'enfant tomba dans un assoupissement continuel. Lapeyronie ouvre la dure-mère ; il soup- çonnait un épanchement comme celui qu'il avait trouvé dans son précédent malade; mais il n'en trouva point, et il n'osa poursuivre plus loin son (t) ISJémoiies de V Académie des Sciences, année 174'; P- 2l3. (2) Voyez mon livre inlitulé : Recherches expérimentales sur les propriétés el les fonctions du système nert'cux. 10.. ( 7^ ) opération. L'enfant mourut au bout de trois mois, ayant totalement perdu pendant le dernier mois l'usage de tous ses sens et de la raison. » Après la mort, le cerveau fut ouvert et l'on trouva un abcès situé sous le coj'ps calleux. « Je m'aperçus alors, mais trop tard, » s'écrie le grand chi- rurgien, ou plutôt le grand homme, car ce sont de grands hommes que ceux qui tiennent ainsi nos vies dans leurs mains habiles, « que si, lorsque j'avais » ouvert la dure-mère, j'avais plongé, comme j'en avais eu en effet le des- » sein, une lancette dans le lieu où j'avais soupçonné ini abcès, j'aurais » peut-être sauvé la vie à cet enfant, ce qui fait voir que ces observations » ne sont pas simplement cin-ieuses, mais qu'elles peuvent être, outre cela, K très-utiles (i). » >) Qui pourrait en douter? Si Lapeyronie eût connu mes expériences, il n'eût pas hésité à plonger sa lancette à travers le corj)s calleux, assuré, d'une part, de l'innocuité parfaite d'une telle blessure, et certain, d'autre part, de sauver la vie à son malade. » J'ai fait, dans ces derniers temps, une suite d'expériences, qui méritent, je crois, d'être ajoutées à celles qui précèdent. •) J'ai eu l'idée d'introduire une ou plusieurs balles de plomb du poids de ^ d 20 grammes dans le cerveau de lapins et de chiens. Ces balles ont été placées sur divers points de la région supérieure de l'encéphale, tantôt sur la région supérieure des lobes cérébraux, tantôt sur la région supérieure du cervelet, etc. » Voici le procédé suivi pour ces expériences : » On pratique un trépan sur le crâne; et, sous le trépan, on fait une incision de la dure-mère; puis, sous cette incision de la dure-mère, on en fait une autre très-légère dans la substance même du cerveau ; et c'est dans celte incision de la substance du cerveau qu'on place la balle. » Là, la balle, abandonnée à son propre poids, pénètre peu à peu dans la substance du cerveau, s'y fraye un chemin, en écartant ou divisant lente- ment le tissu cérébral, et, au bout de quelques jours, elle se trouve sur la dure-mère qui recouvre le plancher du crâne. L'espèce de fistule, faite par son trajet, reste canal pendant quelque temps, et puis se referme et se cica- trise. Et, ce qu'il y a de plus de curieux, c'est que, si la balle n'a pas été trop grosse, toute l'épaisseur de l'organe, lobe du cerveau ou lobe du cer- (i) Mémoires de l'Académie des Sciences, année i74', ?• 2i4- ( 73 ) velet a été traversée, sans avoir été accompagnée ou suivie d'aucun symp- tôme d'aucun accident, d'aucun trouble des fonctions (i). » Le vase n*" i contient un cerveau de chien, sur lequel une balle du poids de 4 grammes a été mise sur la partie supérieure du lobe cérébral eauche; la balle a traversé toute l'épaisseur du lobe, et maintenant on la voit sur le plancher du crâne, où elle est encore recouverte par la pie-mère. Pendant le trajet de la balle, nul symptôme n'a paru. » Le vase n° a contient un cerveau de chien sur le cervelet duquel une balle a été mise au côté gauche; la balle n'a pénéiré qu'à peine la substance du cervelet, et son passage n'a produit encore aucun symptôme. Dans d'autres expériences, à mesure que la balle a avancé dans son trajet, des symptômes de locomotion irrégulière ont paru. » Le vase n° 3 contient un cerveau de lapin, sur le cervelet duquel une balle a été mise tout à fait à la partie postérieure de cet organe, perpendicu- lairement sur le nœud vital. Dès que la balle est arrivée sur le nœud vital el a pu y exercer une certaine pression, l'animal est mort. « Les vases n°' 4 et 5 contiennent des cerveaux de chien dont il a été re- tranché une certaine portion. On voit, sur ces pièces, la cicatrisation qui s'est faite, et le tissu cicatriciel qui est jaunâtre, dur et résistant. )) Je me borne à cette simple indication de mes nouvelles expériences: le travail entier paraîtra dans les Mémoires de l' Académie. K Ce qui m'attache, à un degré que je ne puis dire, à ces expériences, c'est que j'y acquiers à chaque instant de nouvelles preuves de la cuvc.bilité des plaies du cerveau, et de la facilité singulière avec laquelle elles se guérissent. » Je me représente la physiologie une sonde à la main, et fouillant avec ardeur un sol inconnu pour y découvrir les sources de la vie, et les en faire jaillir au profit de l'humanité. » PHYSIOLOGIE PATFtOLOGiQUE. — Observations sur la guérison des paralysies pai la cicatrisation du cerveau; par M. Sekres. « A l'occasion de la Note qui vient d'être lue par M. Flourens, je de- mande à l'Académie la permission de lui rappeler les études si anciennes que j'ai publiées sur la cicatrisation du cerveau. I) On sait que dans un long Mémoire inséré en 1819 dans V Annuaire médico-chirurgical des hôpitaux, j'ai divisé les apoplexies en deux classes. (i) Si la balle est trop grosse, ou s'il y en a plusieuis, il survient des abcès Je parierai (les abcès dans une autre Note; et, plus tard, des apoplexies. ( 74 ) celles d'une part qui ont leur siège spécial sur les enveloppes du cerveau, et qui généralement n'affectent pas les mouvements volontaires, et d'autre part celles qui ont leur siège dans la substance même de cet organe, et qui tou- jours sont accompagnées de la perte de ces mouvements. « Or l'étiologie de ces dernières apoplexies que j'ai nommées cérébrales, réside dans un épanchement sanguin qui s'effectue dans la substance de l'encéphale, et leur guérison ou le retour des mouvements volontaires n'a lieu que lorsque l'épanchement sanguin est résorbé et remplacé par une cicatrice formée par une reproduction de la matière cérébrale. » La reproduction de la matière cérébrale qui doit former la cicatrice est précédée par la formation d'une membrane vasculaire sur laquelle Riobé et Marandel ont appelé l'attention des physiologistes, membrane qui sert en quelque sorte de support aux nouvelles fibres nerveuses qui opèrent la cica- trisation. M D'après ce qui précède, toute paralysie à la suite d'apoplexie cérébrale coïncidant avec une solution de continuité des fibres de l'encéphale, le mouvement ne se rétablit que lorsque la réunion des fibres divisées est opérée. Cette réunion est le but final de la cicatrisation. » Il suit de là que si im paialytique recouvre l'exercice des mouvements et qu'il succombe à une autre maladie, on trouve la cicatrice dans le lieu où s'était produite la division ou la rupture de la substance de l'encéphale. J'en ai rapporté des exemples dans le second volume de Y Ànalomie comparée du cerveau dans les qualre classes des animaux vertébrés, ainsi que dans le Mémoire sur la guérison des paralysies par la cicatrisation du cerveau. » Les cicatrices du cerveau sont plus ou moins fermes, les lèvres de la division sont plus ou moins bien rapprochées, selon que les mouvements volontaires sont devenus plus ou moins libres. » Les cicatrices sont, ou linéaires, la guérison est alors complète, et les mouvements volontaires reviennent dans leur état normal; ou elles sont aréolaires, et alors la guérison est imparfaite et les mouvements sont plus ou moins gênés. « Une paralysie étant complètement guérie, il arrive quelquefois que, sans cause connue et sans ime nouvelle attaque d'apoplexie, la perte du mouvement reparaisse. Dans ce cas il y a infiltration de la cicatrice qui s'était produite. De linéaire qu'elle était, la cicatrice devient aréolaire; les aréoles se remplissent d'une sérosité jaunâtre, les lèvres de la plaie de l'encéphale sont alors imparfaitement léunies. Ces cas ne sont pas rares, surtout chez les vieillards affaiblis. ( 75) » D'autres fois une nouvelle attaque d'apoplexie, une chute ou un coup porté sur la tête rompent la cicatrice et aussitôt la paralysie se reproduit. Cet effet n'a lieu que dans les cicatrices récentes. En général les cicatrices anciennes résistent plus que les parties de l'encéphale qui les avoisinent. J'ai rencontré quelquefois des foyers sanguins récents creusés à côté de cica- tricesqui avaient résistéaux efforts par lesquels avaient été rompues les fibres du cerveau qui les avoisinaient. On ne saurait trop admirer à ce sujet les ressources de la nature. » GÉOLOGIE. — Sur les émanations, à gaz combustibles, qui se sont échappées des fissures de la lave de 1 794, à Terre del Greco, lors de la dernière éruption du yésuve ; par MM. Ch. Sainte-Claire Deville, F. Le Blanc et F. Fouqué. « Nous extrayons d'un travail non encore terminé, qui contiendral'étude complète des gaz recueillis lors de l'éruption du 8 décembre i86r, la mention d'un fait qui nous semble offrir un intérêt particulier. » Dans les Lettres écrites de Naples et insérées aux Comptes rendus., il a été fait mention de la présence de l'hydrogène carboné que deux d'entre nous ont eu l'occasion de reconnaître dans les gaz émanés des fissures de la lave de 1794» à Torre del Greco. « Quant à l'hydrogène libre, était-il dit 1) dans une de ces Lettres (i), on ne pourra affirmer qu'il n'y en existe pas » qu'après avoir fait à Paris l'analyse des gaz recueillis dans les tubes » fermés. » » Or c'est précisément l'existence de cet hydrogène que nous venons de constater dans ces émanations et que nous désirons annoncer aujourd'hui à l'Académie. » Nous avons examiné successivement : » 1° Le gaz recueilli le 2'5 décembre au bord de la mer; » 2° Le gaz recueilli le même jour en mer, à 10 ou 1 5 mètres de la côte ; » 3° Le gaz recueilli le i*' janvier en mer à 200 mètres du rivage. » Nous avons reconnu que ces gaz n'avaient aucune odeur sensible, que le chlorure de cuivre ammoniacal n'y décelait la présence ni de l'oxyde de carbone, ni de l'acétylène ou autre carbure d'hydrogène absorbable (2). (i) Troisième Lettre à M. Eiie de Beaumont; Comptes rendus , t. LIV, p. 338. (2) Un seul échantillon, recueilli le 5 Icvrier, au bord de la mer et à la lame même, nous a présenté une forte odeur analogue à celle de la benzine et tout à fait semblable à celle qui se faisait sentir sur les lieux, et aussi de petites quantités d'une matière bitumineuse qui ( 76) EnOn, après le trailement par la potasse et I acide pyrogallique , et défal- cation faite de l'azote restant, la petite quantité de gaz combustible se trouvait composée d'hydrogène protocarboné et d'hydrogène, dans les pro- portions suivantes : Pour le premier gaz C* H* : H : ; i ; 3,07 Pour le deuxième C^ H* ; H ; ; i : 2,60 Pour le troisième C^ H* : H ; : i : 2, 27 « Dans chacun de ces gaz, l'hydrogène se trouve donc en proportion plus considérable que l'hydrogène carboné. 1) C'est poiu- la troisième fois que lliydrogène se trouve signalé dans des émanations de ce genre. La première fois il a été trouvé par M. Bunsen, avec l'hydrogène sulfuré, dans les solfatares de l'Islande. Puis deux d'entre nous l'ont trouvé, associé à l'hydrogène carboné et k l'acide sulfhydrique, dans les gaz qui accompagnent l'acide borique dans les Lagoni de la Tos- cane. Mais c'est la première fois que la présence de l'hydrogène libre est constatée dans des émanations en rapport direct avec une éruption propre- ment dite. » GÉOLOGIE. — Remarques sur les accidents stratigrnpitiques du départemenl de la Haute-Marne ; par M. Eue de Beaumont. « J'ai eu l'honneur, il y a environ deux ans, dans la séance du 10 sep- tembre 1860, de mettre sous les yeux de l'Académie la carte géologique du département de la Haute-Marne, par ftu M. Duhamel, ingénieur en chef des Mines, complétée et publiée par M. de Chancourtois ot par moi. Cette carte, exécutée à l'Imprimerie impériale par repoi t sur pierre de la nouvelle carte de France dite d'État-major, n'était encore enluminée qu'à la main. Depuis lors les exemplaires imprimés en 1860 ont été enluminés à l'Impri- merie impériale par le procédé de l'impression en couleurs établi par M. Dérénemesnil, et je demande à l'Académie la permission de lui faire hommage de l'un de ces nouveaux exemplaires. Le coloriage en est conforme à celui de l'exemplaire de 1860; les contours des terrains, les indications salissait l'intérieur du tube. Il est très-probable que cet échantillon contenait de l'acétylène ou un autre carbure d'hydrogène ; mais la faible proportion du gaz combustible dans le gaz total (il y avait près de -^ d'acide carbonique) n'a pas permis de constater rigoureusement le fait. ( 77 ) des failles et autres accidents géologiques sont nécessairement les mêmes, puisqu'ils étaient déjà gravés lors de la première présentation, et je n'ajou- terai rien à la courte Note qui a été insérée dans le Compte rendu de la séance du lo septembre 1860; seulement je demande à l'Académie la per- mission de lui soumettre en ce moment les remarques que nous avions exprimé l'intention de faire ultérieurement, au sujet de la rose des directions gravée dans un des angles de la carte (i). » Cette rose est le résumé graphique des observations que nous avons faites, M. de Chancourtois et moi, sur les orientations des failles et autres accidents stratigraphiques, qui sillonnent le sol du département de la Haute- Marne. Afin de rendre les rapprochements auxquels ces accidents donnent lieu plus faciles à saisir, on a enluminé les lignes qui les représentent, en appliquant une même couleur sur toutes les lignes qui ont une même orien- tation et sur la ligne qui leur correspond dans la rose des directions. » Le tracé de ces lignes a été de la part de M. de Chancourtois et de la mienne l'objet d'un travail qui, par suite de diverses circonstances, s'est prolongé pendant plusieurs années, et auquel nous avons apporté l'un et l'autre tous les soins dont nous étions capables. Nous ne nous sommes pas contentés de relever simplement les directions à la boussole, nous avons perfectionné nos relèvements en étudiant la manière dont les accidents stratigraphiques s'adaptent aux détails des accidents topographiques figurés avec une rare précision sur les cartes du Dépôt de la Guerre. Nous nous sommes aidés en même temps de la remarque presque séculaire de Werner et des mineurs de l'Allemagne, que les fentes ou failles dans lesquelles ont été déposés les filons métallifères sont coordonnées entre elles par faisceaux dans chacun desquels toutes les directions sont sensiblement pa- rallèles entre elles. Nous sommes parvenus de cette manière à représenter toutes nos observations par 16 faisceaux de lignes parallèles, dont chacun correspond à l'un des rayons de notre rose des directions (a). » Ces 16 rayons représentent en même temps les directions suivant les- quelles M. de Chancourtois a constaté que s'alignent les nombreux gîtes de minerais de fer qui sont exploités dans le département de la Haute-Marne, (1) Comptes rendus, t. LI, p. \ii (séance du 10 septembre 1860). (2) Dans la gravure de la rose des directions on avait oublié deux des directions gravées sur la carte. Elles ont été rétablies à la main dant l'exemplaire présenté à l'Académie. C. R., 1S62, 2""= Semcitre. (T. LV, N" 2.) I I ( 78 ) ainsi que les masses de gypse et les sources minérales. Ces alignements, que M. de Chancourtois a tracés avec la plus scrupuleuse attention, sont figurés sur la carte par des lignes en points longs imprimées en rouge. » Malgré tous les soins que nous avons apportés à ce travail, exécuté avec les instruments usuels, nous ne pouvons espérer d'avoir atteint une pré- cision indéfinie, et nous avons indiqué nous-mêmes la limite de nos préten- tions à cet égard, en nous bornant à coter en degrés et quarts de degré (N. 20° 45' E., N. 34° E., N. 37° i5'E.,...) les orientations figurées sur notre rose des directio)is. L'exactitude de ces orientations demeure même sujette à quelques réserves que je signalerai plus loin, et peut-être quelques failles ont-elles été tracées d'une manière trop continue, surtout dans les ter- rains argileux. i> Notre travail étant terminé, gravé et irrévocablement tiré depuis un certain temps, j'ai été curieux de savoir quels rapports nos 16 directions relevées dans la Haute-Marne pourraient avoir avec les directions que j'avais antérieurement adoptées pour les différents systèmes de montagnes de l'Europe occidentale. La comparaison dont il s'agit a été l'objet d'un assez long travail, qui a dû être précédé de préliminaires plus longs encore. n En effet, le résultat ne pouvait me satisfaire complètement qu'autant qu'il s'appliquerait aux grands cercles que j'ai choisis dans le réseau penta- gonal pour représenter les différents systèmes de montagnes. Il me fallait donc préalablement compléter les données nuvnériques qui fixent sur la sphère terrestre la position de chacun de ces cercles, et c'est ce que j'ai fait en calculant pour chacun d'eux la longitude L du méridien auquel il est perpendiculaire, et la longueur de l'arc b de ce méridien compris entre le point où il est coupé perpendiculairement par le cercle et le pôle de la terre. » J'ai calculé les quantités L et b pour un grand nombre de cercles du réseau pentagonal, et j'espèie avoir l'horuieur d'en mettre un jour le tableau sous les yeux de l'Académie; mais je ne m'y arrêterai pas pour le moment. » Revenant au département de la Haute-Marne et k notre rose des direc- tions, dont le centre est placé à Buxières-lès-Belmont par 47" 4^' i5" de lati- tude Nord et 3" 12' i5"de longitude Est de Paris (i), je me suis proposé de (i) Notre infenlion prcniièro avait ctc de placer le centre de notre rose des directions sur le pointemcnt graniliijue qu'on rencontre près de Buxières-lès-Belmont et qui est un des (79) mener par ce point une ligne parallèle à l'élément correspondant de chacun des grands cercles de comparaison des différents systèmes de montagnes de l'Europe occidentale (i). Ces parallèles devaient former une rose des di- rections lliéoriques susceptible d'èlre comparée à la rose des directions obser- vées déjà gravée sur la carte. Rien n'exigeant que je me limitasse dans la composition de celte rose des directions théoriques, j'y ai fait entier aussi des parallèles à une grande partie des cercles principaux du pentagone européen, ainsi qu'à |)lusieurs cercles auxiliaires qui, parleur analogie avec les cercles déjà emjJoyés pour représenter des systèmes de montagnes, me paraissaient susceptibles d'être pris utilement en considération. Excluant seulement les cercles qui passaient évidemment à une trop grande dis- tance de Biixières-lès-Belmont pour que leur influence pût s'y faire sentir, j'ai calculé les orientations de parallèles menées par Ruxières-lès-Belmont à 43 cercles différents. Considérant, en outre, que lorsque des accidents stratigraphiques se sont produits parallèlement à une certaine direction, des fissures ont dû se produire aussi, quoique sur une moindre étendue, perpendiculairement à cette direction , j'ai tenu compte également des perpendiculaires aux grands cercles pris en considération. J'ai eu ainsi, pour en composer la rose des directions théoriques, 86 orientations per- pendiculaires entre elles deux à deux, parmi lesquelles il me paraissait rationnel de cherchera retrouver les 16 directions observées. " Le tableau n° 1, placé ci-après, donne pour chacun des cercles consi- dérés l'orientation de la parallèle qui lui est menée par Buxières-lès-Belmout, la longueur de la perpendiculaire abaissée du même lieu sur ce cercle et l'orientation, à son point de départ, de cette perpendiculaire que la pa- rallèle coupe à angle droit en ce même point. points les plus remarquables de la structure stratigraphique ilii déparlement de la Haute- Marne. Malheureusement, par l'effet d'une inadvertance dont je ne me suis aperçu >^ O ot "co «J O eo •ÎT M V, « s« ^4 M ©« et + 01 1 o 1 ? t» e» C5 «> « :.^ ^ w e< w 01 »? t-i ^ «« ©« 0» o 1 o 1 o 1 ceci 090* C5S « I + H z o » c. -- 2;2 < z u s: o o p» — ZZ ZZZ «WW ZZK rco es es w tq EiJ [£4 Czj :£: E3J ZZZ z; ?=; & S 2: S 2 z; 00 r^ t^ r^O te -^rco CXJ tij ûLj U fïj U tJ M C=J E£] m ;o in l^ ^ — P! 00 es m - O 00 (M U-; es d Ln d cTi en in - es m R = a ■ n- Ci O r- oo co es - es es m o m *=■ o M " co es LTl M m m ^ - O ceo ~ W - O "* 'Z G l>> O O (O "^ — " -O - « o 1 Z g o s: u o z o -^ = 5 oZz i = o • - - ■" c ^ c ^ -as 3 •5 s =_ o " f< ^ 3 '^ — 5 :r-= s O P ô-.S P = S Si:;; "3 r z« S « 5 3.2 C — -5 -— -5 -.< C- s-a-a. <;-!î =5 'H éâo - - ^"3 = ^ ^ .n .3 <; CJ^ V « « '-^ « «^ 3 = il -93-^ - '=J -n-3 .- Tl = = .2 -1 frS--:^ ' r-l - ■— g O. oui- le quart de circonférence compris entre le N. o" i'53",io E. et l'E. o"i'53", loS. i" Faisceau o.35!33''85 2» 0. 3.^9,88 5* 0. 0. 0,00 4' 0.27.20,51 S" 1.58.18, 23 6' 0.58.36,48 7= 2.39.39,50 8° 0. o. 0,00 9" 1.20.55,57 10° 3. 9.14,12 11 nous ferons usage de ces formules, qu'il est aisé d'obtenir : X 2 cotx ûxi-xnxdx = -; J' tangx sin2«x£, A = 2 7i — 2/;£-t-i + rt, on trouve toujours la même valeur a(« + i)^A + A-l-B + C+i (mod 2). » Il en résulte que pour tout déterminant le facteur ( — i^^C'^*) sera égal à + 1 si l'un au moins des termes extrêmes A et C est impair, et à — i si tous deux sont pairs. En faisant cette distinction dans les formes réduites, nommons ^q le nombre total de ces formes, ho-, h\ celui des formes ambi- guës des deux espèces dont nous avons parlé, où l'un des termes extrêmes est impair, et |î,, A,, //^ , les expressions de même signification dans le cas où les deux termes extrêmes sont pairs, on aura évidemment 2;(-,)''(-)g"'— *'= V [(3JP„ - 2/.0 - h',) - (3^. - 2/^ -h\)]q'^, = 32(^0 -i^.)7^ + I:(^^< + ^^--^'o-^'o)9^ ce qui donne la loi du développement suivant les puissances de q, de la série A , 1 / — y,' J-"i partie que nous avons isolée a dessein s'évalue à l'aide des résultats qui suivent. ( 90 ) Soit d'abord A = m, m étant impair, on aura -') m -+■ I 3 y (m), h, = o, i + ( — i) ^ , > //, = — I — ^' 9 (m). Et ensuite pour A = 2 »i , ^'o = 9 ('»), j A'o = o, h, = o, \h\ =o. A = 4 ''i > A = 4-3'''«j 7?o = (p(/n), ;/4 = 9(/n), 1 j, (7+ I . ^ j, a — I , , On en conclut J^{^h,+h\'-^h,-h',)q^ » Il en résulte qu'en remplaçant dans l'équation fondamentale les trois séries par leurs valeurs, on verra les deux premières détruire cette partie qui provient des formes ambiguës, et il restera simplement ( 91 ) Toutefois si A est un carré ou le triple d'un carré, le terme général doit être remplacé par OU ^).- IW^„-^, + l 7 3n' Mais on peut éviter ces deux cas d'exception en ajoutant deux séries de termes de la forme 5"' et q^"' ; si l'on fait, pour abréger, ^ = 27'"'-Ô,(f/), o« aura de celte manière 6?=2i2(i^o-J^.)7^ + 35 + 4£-6. C'est le résultat auquel est parvenu M. Rronecker, en employant la consi- dération des modules qui donnent lieu à la multiplication complexe, car, d'après les dénominations de ce savant géomètre, on aura ^o = F[A), ^, = G(A)-F(A), et, par suite, ^0- ^, = 2F{A) - G{A)=E{A). On a donc deux méthodes absolument distinctes qui rattachent par un double lien à la théorie des fonctions elliptiques les propositions de Legendre et de Gauss sur la décomposition des nombres en trois carrés. Ces illustres géo- mètres, en poursuivant au prix de tant d'efforts leurs profondes recherches sur cette partie de l'arithmétique supérieure, tendaient ainsi à leur insu vers une autre région de la science et donnaient un mémorable exemple de cette mystérieuse unité qui se manifeste parfois dans les travaux analytiques en apparence les plus éloignés. » M. Ddchartre fait hommage à l'Académie de trois Mémoires qu'il a publiés récemment et dont il indique l'objet de la manière suivante : « Le premier des travaux que j'ai l'honneur d'offrir à l'Académie a pour titre : Recherches expérimentales sur les rapports des plantes avec la rosée et les brouillards. Il a paru dans les Annales des Sciences naturelles (4* série, t. XV). 11 renferme le lésumé d'expériences qui ont été poursuivies pendant cinq ( 9^ ) années consécutives, et qui m'ont démontré que les feuilles des plantes vivantes n'absorbent pas l'eau déposée à leur surface par la rosée ou par les brouillards. Ayant déjà eu l'honneur de lire, il y a trois ans, devant l'Aca- démie une Note dans laquelle j'exposais la marche et les résultats de mes recherches, lorsqu'elles n'avaient été encore poursuivies que pendant deux années, je ne crois pas devoir appeler de nouveau son attention sur ce sujet. — Le second Mémoire est relatif à deux Orchidées, dont l'une avait été nommée par A. Richard, dans son herbier, Oncidium splendidum, mais n'a- vait pas été décrite par ce savant botaniste , dont l'autre a reçu de du Petit- Thouars le nom iVJngrecum sesquipedale. Je décris la première de ces plantes, et je donne relativement à la seconde quelques détails historiques et orga- nographiques. — Le troisième Mémoire est intitulé : Note sur le polymor- phisme de lajieur chez quelques Orchidées. Il a pour principal objet de faire connaître avec les détails nécessaires un nouvel exemple, observé récem- ment sur le Vanda Loiuei Lindl., de la singulière propriété que possèdent certaines Orchidées de réunir sur le même pied ou dans la même inflores- cence des fleurs dissemblables pour la coloration ou même pour la confor- mation de leurs parties. Dans le but de montrer que le polymorphisme n'est pas limité à la fleur, je rappelle ensuite quelques exemples déjà connus de feuilles qui se présentent sous des formes entièrement différentes sur le même piedj enfin j'ajoute les résultats de mes observations sur une curieuse Fuma- riacée de l'Algérie, le Ceratocapnos umbrosa DR., qui réunit deux natures fort dissemblables de fruits dans chacun de ses épis. Je montre, par l'his- toire du développement de ces fruits, qu'ils proviennent d'ovaires tout à fait semblables entre eux dans le jeune âge, mais dans lesquels les parois ova- riennes et lesdeux ovules offrent, à partir d'un état peu avancé, des différences de plus en plus marquées dans leur accroissement et dans la formation de leurs parties constitutives. — Ces deux derniers travaux ont été insérés dans \e Bulletin de la Société Botanique de France {cahiers àe janv. e{ fév. 1862). » ASTRONOMIE. — MÉTÉOROLOGIF,. — Observation de Canneau de Saturne. — Courants électriques durant tes orages; Lettre du P. Secchi à M. Elie de Beaumont. « Semeslre. (T. LV, N<>2.) '^ (9^4 ) régions éloignées de la terre. Cette explication est le résultat direct des observations faites sur l'électricité statique de l'atmosphère pendant les orages et les pluies, conabinées avec celles de l'électricité dynamique sur le fi! télégraphique. » 3" Ces courants influent toujours sur les magnétomètres, mais eu général leur coefficient d'action paraît assez petit et paraît beaucoup dépen- dant de l'extension de l'orage. Aussi malgré de forts courants dans le fil les déviations niagnétométriques sont petites si l'orage est concentré et de peu d'étendue; elles sont au contraire assez fortes si l'orage occupe une grande superficie. Cela n'a rien d'étonnant, vu la manière d'agir des cou- rants terrestres sur les aimants. » 4° M. de la Rive a rappelé l'attention sur les phénomènes de polarisa- tion des conducteurs qui terminent les fils télégraphiques, et a fait voir que cette cause pourrait expliquer les renversements des courants qu'on observe toujours si fréquemment pendant les perturbations magnétiques. Pour voir jusqu'à quel point ces phénomènes pouvaient avoir d'influence, j'ai fait une suite d'observations en un jour calme, introduisant une forte pile de Bunsen de 6 couples de grande dimension, ce qui produisait un courant dans le fil égal à celui qu'on emploie communément en télégraphie. La pile fut introduite de manière à donner un courant tantôt dans un sens et tan- tôt dans l'autre. » Les résultats ont été : i" que la polarisation subsiste effectivement, et qu'en ôtant le courant de la pile il se produit lui courant contraire, mais infiniment plus faible (i); 2° la grandeur de ce courant dépend beaucoup de la durée du temps que la pile a été en communication avec les fils télé- graphiques : ainsi après 3 minutes, la polarisation était 2° du galvanomètre; après 10 minutes, elle montait à 2°^; après i heure de temps, elle n'est montée qu'à 6°, ce qui prouve que l'augmentation n'est pas rigoureusement proportionnelle au temps ; 3° le courant produit par la polarisation s'éva- nouit assez vite : ainsi la polarisation par 5 minutes d'action était presque évanouie après 10 minutes de temps; celle de i heure se réduisait de 6° à i°7 en 25 minutes. Ces résultats prouvent que les courants instantanés des orages ne peuvent produire que des effets insensibles ou très-passagers de polarisation, et que les courants constants observés pendant longtemps (i) Il est difficile dVvaluer l'intensité du courant inducteur et du courant produit par polarisation : la pile lançait l'aiguille du galvanomètre à 90°, comme le foDt les éclairs, et le courant d'induction était très- faible, comme on le verra ci-dessous. (95) après les orages ou avant eux ne sont pas dus à la polarisalion, luais sont des courants réels, occasionnés parles décharges atmosphériques qui, élec- trisant une |)ortion du globe tantôt dans un sens, tantôt dans un autre, mettent le fluide électrique des régions environnantes dans une circulation générale. Parmi ces décharges, on doit compter encore celles de l'aurore boréale, qui ne se fait pas toujours dans les hautes régions de l'atmosphère, mais bien plus souvent dans les plus basses, comme il est prouvé par nombre de faits, comme la projection des rayons de l'aurore contre les objets terrestres ; la lumière aurorale qui a été vue couronner les mon- tagnes terrestres (Farquaison en Ecosse) et les montagnes de glace en plein Océan (Ross, Fo/., vol. H, p. 221). On doit du-e que, outre le mode de transmission de l'électricité au sol par voie obscure, comme c'est le cas pour nos légions, il y en a une autre par voie lumineuse, qui est jH-opre aux régions froides et qui s'accomplit par le moyen de petits glaçons, mais qui au fond revient toujours à une décharge entre l'atmosphère et le sol. » I^es faits exposés ci-dessus montrent quelle est l'origine des perturba- tions magnétiques qui précèdent ou accompagnent toutes les grandes bour- rasques,'et je l'ai mise hors de doute par une suite d'observations recueillies pendant quatre ans (i). On y trouvera encore l'explication de l'influence des vents sur les barreaux des instruments magnétiques : cet effet est seulement indirecte! dépend du changement del'état atmosphérique qui est apporté par les vents et qui devient sensible aux magnétomètres par les courants électri- ques beaucoup de temps avant que la bourrasque arrive au-dessus de l'obser- vatoire. Ce qu'on voit sur une petite échelle pendant un orage du courant terrestre marchant tantôt dans un sens, tantôt dans un autre selon la place re- lative de la pluie, montre que le même phénomène doit se produire en grand dans une bourrasque assez étendue. » Ces raisons répondent aux critiques faites par M. A. Broun de mes résul- tats sur lesquels il revient encore dans les Comptes rendus (26 mai) en insis- tant toujours sur ce que mes observations n'ont pas été réduites de la tempe, rature; je dirai pour la troisième fois (et elle sera la dernière) qu'il ne s'agit pas de fractions de division qui puissent s'attribuer à des variations de quel- que fraction de degré, mais qu'il s'agit de quantités s'élevant à 10, i5^ 20 divisions sur lesquelles toute méprise est impossible, et que le bon sens (1) Un essai de ces recherches a été envoyé à l'Académie sous forme de frontispice et pour cela anonyme; je m'empresse d'en envoyer un autre. i3.. (96) défend de corriger les observations des fractions et négliger les dizaines. 11 ditencorequeje n'ai pas fait dediscussion numérique: j'ai dit et jerépèteque des tableaux numériques accompagnent partout mes Mémoires et mes Rap- ports;maissi ceux-ci ne sontpas le résultatd'opérations aritlimétiques^'ûs sont bien le résultatd'opérations grapliiques qui sont beaucoup plus opportunes pour faire connaître la corrélation des phénomènes. J'ajoute enfin que tes moyennes ne sont pas propres toujours à résoudre toute espèce de pro- blème, et que celui-ci est du nombre de ceux qu'on ne peut pas résoudre par cette voie. En effet, l'influence météorologique sur les aimants peut se résumer d'ordinaire dans les phases suivantes : » i" Exagération de l'oscillation diurne; » 2"^ Diminution de l'oscillation diurne; » 3° Retard ou déplacement notable des heures tropiques dans les instruments. » Or il est évident que les moyennes ne peuvent rien montrer sur ces trois points : si nous ajoutons encore que les perturbations 4° avancent ou retardent sur les bourrasques, et 5° que la bourrasque passant à une petite distance seidement de la station peut avoir une influence électrique assez forte, on sera persuadé qu'avec les moyennes on ne pourra arriver à aucun résultat satisfaisant, et c'est pour cela que M. Broun annonce qu'il n'a pas trouvé de rapports. J'ajouterai encore que pour connaître cette influence les observations horaires sont quelquefois insuffisantes et qu'il faut veiller les instruments et les comparer avec l'état atmosphérique. Ceux qui dési- reront voir les détails de nos observations pourront consulter les publica- tions en délai! faites par le Bulletin de notre observatoire qui est publié par la munificence du prince Buoncompagni, et qui est destiné principalement à donner au public savant la démonstration détaillée des énonciations gé- nérales que nous avons plusieurs fois communiquées à l'Académie. La pu- blication graphique serait sans doute préférable à celle en chiffres, mais pour le moment celle-ci peut suffire. » RAPPORTS. GÉOMÉTRIE. — Rapport verbal de M. le général Poxcelet sur une communi- cation de M. Zmurka concernant un instrument destiné à tracer d'un mouvement continu les sectioiis coniques. « L'écrit, en polonais, adressé par M. Zmurka de Lemberg, séance du 16 juin, est un extrait (préface) d'un ouvrage de mathématiques imprimé ( 97 ) dans cette ville; il concerne, ainsi que la Lettre en français qui l'acconipagne, un instrument en pièces métalliques propre à tracer d'un mouvement con- tinu les sections coniques, mais sans dessins ni descriptions à l'appui. L'auteur se propose de les adresser plus tard à l'Académie des Sciences, 3° Que dans le vide la combustion du coton -poudre s'effectue lente- ment par couches successives en commençant par les parties les plus voi- sines du foyer de chaleur, et qu'une fois commencée elle continue jusqu'à la disparition complète du coton-poudre, sans qu'il soit nécessaire que cette poudre soit en contact avec le foyer incandescent ; enfin, que cette combustion a lieu sans produire de lumière, même dans l'obsciuité la plus complète. » 4° Qu6 les produits de la combustion ne sont pas les mêmes que dans l'air. » 5" Que la combustion de la poudre s'effectue dans l'azote, l'acide car- bonique et autres milieux gazeux impropres à la combustion, avec une promptitude et une vivacité presque égale à celle qui a lieu dans l'air. « Dans un prochain travail, que j'aurai l'honneur de communiquer à l'Académie, j'entrerai dans quelques développements théoriques et j'expo- serai les méthodes expérimentales et les résultats des analyses que j'aurai obtenus. » On attendra, pour renvoyer à l'examen d'une Commission le travail de M. Bianchi, la communication de la seconde partie de son travail. MÉMOIRES PRÉSENTÉS. M. LE Chargé d' affaires d'Espagne transmet un Mémoire écrit en espa- gnol et ayant pour titre « Dynamique des corps flottants », par don Guil- lierino de Uliacjon. « Dans ces recherches, qui m'ont occupé sans interruption pendant huit années, j'ai eu en vue, dit l'auteur, la solution d'un problème qui apla- nira jusqu'à un certain point la grande route de la mer aujourd'hui par- courue par tant de navires dont la marche serait bien plus rapide si leur construction eût été conforme aux règles de la science, règles encore mai déterminées jusqu'à ce jour, malgré les efforts de tant d'hommes éminents, » (Commissaires, MM. Morin, Combes.) ( 99 ) ANALYSE MATHÉMATIQUE. — Sur l'intégration des équations différeriticllts du mouvement; par M. J. Sokoloff. (Commissaires, MM. Bertrand, Serret.) « Dans l'écrit que j'ai eu l'honneur de communiquer à l'Académie le 7 du mois courant, j'ai fait voir qu'en cherchant à rendre intégrabie l'expres- sion ( I ) {f — T)dt-h lini{ui dxi + t',- dji -\- Wi dz^ , on obtient les équations du mouvement. Maintenant je vais montrer que la considéi'ation de la même e.xpression conduit de la plus simple manière aux théorèmes relativement aux intégrales des équations du mouvement, aux- quels on ne parvenait que par de longs calculs. » Pour plus de simplicité, nous supposons que le système considéré soit entièrement libre et que le nombre des points matériels dont il se compose soit n. D'après cela, le nombre des variables ;/,,i',,î»',-, jrj,/,-,z, sera 6« et on aura aussi 6 «équations différentielles du premier ordre pour déterminer ces variables en fonction du temps /. » Admettons qu'on ait trouvé 3 m intégrales de ces équations et qu'ayant exprimé au moyen d'elles les quantités «/,, p,, u'j en fonction des variables t, Xi,ji, Zi etdes constantes arbitraires que nous désignerons par a, , a^^ • • • j^sh? on substitue ces expressions dans l'expression (i). Il est facile de s'assurer que si, après la substitution indiquée, on différentie l'expression (i) successi- vement par rapport à a, , a^, . . . , «3», chacune de ces différentielles au moyen des équations du mouvement, qui restent encore à intégrer, c'est-à-dire d7,-P'^ 77,-P'-'---^ d^ = ^'"- 1! Il s'agit donc de rechercher si l'expression A est une différentielle exacte. Sans entrer dans les moindres détails, nous pouvons affirmer qu'en général l'expression A n'est pas une différentielle exacte et que, par consé- quent, le simple procédé d'intégration qui vient d'être indiqué, nepeut pas toujours trouver d'application. Le seul cas où l'on peut prouveren général l'intégrabilité de l'expression A, est celui où cette expression, outre la va- riable t, ne contient qu'une seule variable. Ayant en vue ce cas exception- nel, je pensais que l'expression A, n'étant en général intégrable dans le cas de plusieurs variables, pourrait le devenir peut-être par l'élimination de quelques-unes des variables au moyen des intégrales trouvées, et je suis parvenu à démontrer que quand on a poussé l'intégration des équations du mouvement à tel point, qu'on puisse exprimer foutes les variables a:,, ^,, z, au moyen de t et d'une quelconque d'entre elles, par exemple de .r,, l'ex- pression A réduite à la forme Vdt -1- Qc^j:-, , où P et Q sont fonctions de t et o",, est toujours intégrable. » Eu effet, nous savons qu'en prenant la variation de l'expression A et égalant à zéro la partie de cette variation qui n'est pas une différentielle complète, on obtient les équations du mouvement. Maintenant je remarque que si, ayant obtenu quelques intégrales de ces équations et ayant éliminé au moyen d'elles, de l'expression A, le nombre des variables égales à celui des intégrales trouvées, on fasse subir à cette expression les mêmes opérations ( 'oi ) qu'on a exécutées en cherchant les équations du mouvement, on obtiendra les équations différentielles qui restent à intégrer pour achever la solution du problème, sous une autre forme seulement. Si l'on élimine de ces équa- tions, au moyen des équations primitives du mouvement, c'est-à-dire celles qui ont été trouvées au commencement, toutes les différentielles des va- riables, les équations résultantes doivent être identiques, parce qu'autre- ment il en résulterait des équations de condition qui ne doivent pas avoir lieu. Supposons maintenant qu'on ait trouvé autant d'intégrales des équa- tions du mouvement, qu'au moyen d'elles l'expression A se réduise à la forme Pdt -+- Qdjc,. En prenant la variation de cette expression, en ne fai- sant varier que la seule variable x, , nous trouvons pour la partie de cette variation qui n'est pas une différentielle exacte et qui doit, d'après ce qu'on vient dédire, après l'élimination des différentielles (Yj: et <:/f, devenir iden- tiquement égale à zéro, l'expression ( -^J (YZc?jr,, qui, pour être iden- tiquement égale à zéro, exige évidemment que le facteur -; -^ le soit, et ^ «.r, ctt ' que, par conséquent, l'expression Pdt-hQdx, soit une différentielle exacte. » Ayant établi ce théorème, on en déduit tout de suite, comme une con- séquence immédiate, le théorème dû à Jacobi, que quand on a intégré toutes les équations du mouvement, excepté une seule du premier ordre entre deux variables, cette dernière équation s'intègre toujours par une quadrature. » Quand le problème proposé est tel que le principe des forces vives a lieu, on a T= (f + h, où h est une constante. L'expression (i) devient, dans ce cas, ( 5 ) — hdt -i-^mi{ Ui dxi + v^ dji + w,- dz-i) , et les équations (a) prennent la forme 2 '«'■ (â' ^■^'- + S ^' '• + iK d') = ^^' > nii dXi + dji + :; rfz, C. R., 1862, 2'^' Semestre. (T. LV, IN" 2.) l4 ( I02 ) » Les quantités Ui, t',, iv, s'expriment, dans ce cas, par les seules variables Xi^ji, z,, sauf ij et, par conséquent, [)our pouvoir trouver la fonction Q il suffit que l'expression ^ nii[uidxi-\- i>iiij'i-\- n'idz;) soit une différentielle exacte d'une fonction des variables x,-, ji, z, . » I^a démonstration indiquée plus hautde l'intégrabilitédel'expression (i), réduite à la forme Vdt -+- Qtl.r,, s'applique mot pour mot à l'expression ^ m, (;/,(/j", + Vid}i-\- u'idz-i), d'où l'on conclut que, dans le cas dont il s'agit, deux des équations différentielles du mouvement se réduisent à des quadratures, notamment l'équation différentielle entre deux des variables ^iij'n Z,, et l'équation par laquelle une de ces variables se détermine par le temps t. n PHYSIQUE. — Description de trois nouveaux thernwmètres à minima el maxima ; par MM. Doclcet et Baudin ( Note présentée par M. Cli, Saitite- Claire Deville.) (Commissaires, MM. Pouillet, H, Sainte-Claire Deville.) « I** Thermomètre à maxima et à minima, à alcool. — M. Doulcet ayant eu entre les mains un thermomètre à minima dont l'index, terminé par une tète trop petite, sortait fréquemment de l'alcool, et ayant remarqué combien l'index dans celte position adhérait fortement à l'intérieur du tube thermo- métrique, a eu l'idée d en faire lui thermomètre à maxima. Il communiqua l'an dernier cette idée à M. Baudin qui, après quelques tâtonnements, réa- lisa cette idée d'une manière très-satisfaisante. » Le thermomètre à minima ordinaire de Rutherford, pour devenir un thermomètre à maxima, n'a besoin que d'être muni d'un index manquant de tète d'un côté. Ainsi construit, le thermomètre se place en observation, renversé et vertical. Tant que la température croît, l'alcool s'éloigne du ré- servoir et par conséquent descend, l'index le suit ; mais aussitôt que la tem- pérature décroît, l'alcool remonte, l'index se dégage du liquide et reste adhérent au verre dans la position qu'il occupait au moment de la plus haute température. Pour faire rentrer l'index dans l'alcool, il suffit de re- dresser le thermomètre et de le chauffer jusqu'à ce que le haut du liquide atteigne lindex ; des secousses un peu vives dans le creux de la main suffi- sent aussi pour le faire rentrer. » En donnant au réservoir du thermomètre une forme sphérique d'un ( lo;^ ) diamètre plus grand que la longueur de l'index, cet index peut sy mouvoir d,ins tous les sens et s'engager dans la colonne dans une position inverse de celle qu'il avait tout à l'heure. Si donc il a la forme d'un clou et qu'il soit muni d'une seule tète, il fonctionnera dans cette seconde position absolu- ment comme le thermomètre Rutherford ordinaire, et indiquera le minimum quand on le placera horizontalement. Ou peut donc obtenir avec le même thermomètre, le matin le minimum, et le soir le maximum, en renversant l'index. » Tant que le thermomètre est placé verticalement pour indiquer le u)axi- murn de la température, rien de son alcool ne se sépare et l'indication du maximum est exacte ; mais au moment où l'index se dégage du liquide, une petite quantité d'alcool reste adhérente à l'index et il en descend un peu aussi le long de la paroi intérieure; au bout de quelques jours, le thermo- mètre finit par marquer notablement trop bas ; il faudrait donc, pour faii'e servir cet instrument à des observations journalières, le comparer chaque jour avant de le mettre en expérience avec un thermomètre à mercure bien connu. C'est là sans doule un grave inconvénient. Mais ce thermomètre ren- dra de grands services quand il s'agira de constater le maximum de la tem- pérature au fond d'un puits ou d'un trou de sonde, la température d'une source thermale, celle des gaz volcaniques, etc.; néanmoins, dans ce der- nier cas, on ferait bien d'employer un thermomètre construit avec de l'al- cool amylique ou autre liquide à point d'ébullition élevé. « 2° Thermomèlre à minima, à alcool et à marteau. — Le thermomètre à minima à alcool de Rutherford, que chacun connaît, donne parfaitement le minimum de la température, mais il ne se prête pas aux observations du minimum de la températureau fond des rivières, despuits, des sources et en- core au fond d'un trou de sonde. On a souvent employé dans ces cas le thermomètre de Six à alcool et mercure, mais ce thermomètre, fragile et coIj- teux, esta peu près impossible à transporter en voyage. )) M. Baudin a essayé de réaliser le thermomètre à minima à alcool avec un index semblable à celui du thermomètre de Six ; mais ces index, pour pouvoir être ramenés par ini aimant, ont besoin d'avoir un assez gros vo- lume et de plus de n'adhérer que très-peu dans l'intérieur du tube thermo- métrique. M. Doyère a conseillé alors à M. Baudin de construire un index sans acier dans l'intérieur et de placer dans le thermomètre une aiguille d'acierd'un poids tel, qu'en renversant l'instrument, elle pût agir sur l'index comme un marteau et le pousser à l'extrémité de la colonne d'alcool. Après quelques essais, M. Baudin a fini par reconnaître que l'aiguille d'acier avait 1/,.. ( io4 ) plusieurs inconvénients et il l'a remplacée par une aiguille de verre; cette aiguille est plus longue que le réservoir cylindrique du thermomètre, de manière qu'engagée en partie dans la lige elle empêche l'index, pendant le transport, de descendre dans le réservoir. » Ainsi construit, le thermomètre à niinima s'observe vertical ; l'index y possède une grande fixité; descendu au bout d'une ficelle, au bout d'une ligne à pécher dans une source qui se dissémine au fond d'un bassin, dans un puits, etc., il indique la températine du fond quand cette tempéralure est un minimum. Il rendra les plus grands services aux voyageurs et à tous ceux qui voudront faire des expériences sur les températures minima simul- tanées en différents points de la campagne, car le placement d'un thermo- mètre à minima est généralement fort embarrassant ; l'instrument dont il est ici question se suspend à la première branche d'arbre ou autre premier support venu, sans autre précaution. » 3° Thermomélrc à maxima, à mercure et à marleait.— M. Baudin a appli- qué le même principe au thermomètre à mercure pour en faire un thermo- mètre à index fixe, conservant son indication pendant le mouvement. Ce thermomètre est muni supérieurement d'un index en verre avec pointe re- courbée et effilée, dont le ressort le maintient par frottement, comme dans le thermomètre de Six, mais c'est une aiguille d'acier qui le fait descendre; seulement, pour que cette aiguille ne porte qu'à volonté sur l'index, l'artiste a soufflé dans la chambre supérieure du thermomètre un petit renflement coudé qui la retient pendant que le thermomètre fonctionneet ne redescend que quand l'observateur en a besoin. » Cet instrument fonctionne très-bien, mais il demande à être manié avec précaution pour que le mercure ne laisse pas passer quelques gouttelettes par-dessus l'index; le même accident arrive aussi fréquemment dans le trans- port, et pour remettre le thermomètre en état, il faut une certaine habileté de main. Son avantage réside dans la fixité de l'index qui le rend propre à déterminer des températures maxima, surtout des températures élevées comme celles des sources thermales bouillantes et des émanations volca- niques. )) PALÉONTOLOGIE. — Sur les silex travaillés de Saint- Acheiil : explication proposée pour l'absence d'ossements humains dans ces gisements ; Lettre de M. MoNTccci à M. le Secrétaire perpétuel. « Voyant que la question des silex travaillés trouvés à Sairit-Acheul ( io5 ) occupe encore l'esprit des savants, je prends la liberté de vous prier de vouloir bien soumettre à l'Académie des Sciences une idée qui pourrait peut-être expliquer le grand fait de l'absence d'ossements humains dans le gisement des silex, où pourtant se trouvent les restes fossiles de rhinocéros et d'autres animaux qui ont disparu de nos latitudes depuis la période qua- ternaire. » A-t-on, jusqu'ici, songé k \a. crémation des cadavt^es? En supposant l'exis- tence de l'homme quaternaire, n'y aurait-il pas eu chez lui l'usage de brûler les morts, soit par superstition, soit dans un but d'hygiène? La crémation des cadavres se rencontre à toutes les époques des temps historiques, et rien ne semhle s'opposer à l'idée qu'une race d'homme antérieure à ces époques ait pu détruire tout vestige de ses morts par le feu. Le laps de plusieurs milliers d'années expliquerait suffisamment la disparition de toute trace de cendres ou de fragments informes d'os calcinés, et même des tombes ou fosses dans lesquelles on les aurait recueillies, puisqu'il nous serait permis d'admettre que ces hommes quaternaires n'avaient aucune connaissance ni des tissus incombustibles, ni de l'art de la poterie. » (Renvoi à l'examen des Commissaires nommés pour diverses communica- tions relatives à la question des silex travaillés : MM. Serres, Dumas, de Quatrefages, d'Archiac.) M. Marcel de Serres adresse comme pièce à l'appui de sa communi- cation siu' les « gouttes de pluie de l'ancien monde », un morceau d'argile sur lequel il a produit, aii moyen d'une pluie artificielle, des empreintes semblables. « Cet échantillon, dit M. Marcel de Serres, a les plus grandes analogies avec celui que M. Lyell a fait figurer dans le tome II de sa Géologie élémen- taire, fiij. 4o5, et a décrit, même volume, page 99. Il diffère cependant de l'empreinte naturelle en ce qu'il n'olfre pas des empreintes convexes et en relief, mais seulement des cercles creux et assez profondément concaves. Nous ne sommes pas encore parvenu à en former desaillantes, mais nous espérons y parvenir, en variant les procédés que nous avons suivis pour fabri- quer de pareilles empreintes et les rendre transportables. » Quoi qu'il en soit, les empreiutes que nous prions M. le Secrétaire perpétuel de soumettre .à l'attention de l'Académie, ont un grand intérêt, en ce qu'elles prouvent que les géologues qui ont rapporté celles dont il a été question plus haut à l'effet des pluies nese sont pas tron)pés; elles confiriueuf ( loG ) pleinement les conclusions que nous en avons déduites dans les Comptes iniidits des séances de l'Académie. » (Commissaires précédemment nommés : MM. d'Archiac, Daubré.) M. TiGRi adresse une Note écrite en italien sur des observations quil a faites concernant la reproduction des vers à soie. Ces observations le portent à penser que les cas de partliénogénie cités par plusieurs naturalistes, c'est- à-dire d'œufs féconds pondus par des femelles sans le concours du mâle, ne forment qu'un écart apparent à la loi générale de la reproduction chez les Lépidoptères. Il a porté son attention sur les cocons doubles, c'est-à-dire sur ceux qui sont le travail commun de deux larves. Ces cocons sont le plus souvent d'une forme qui permet de les reconnaître à la première vue, mais quelquefois aussi ils peuvent être aisément confondus avec les cocons nor- maux. liOrsque l'enveloppe commune renferme deux êtres de sexe différent, on conçoit la possibilité d'un accouplement entre les deux papillons avant ou pendant la sortie, et M. Tigri donne les raisons qui le portent à croire que cela avait eu lieu en effet pour certaines femelles, à l'apparition desquelles il avait assisté. 11 arrive parfois que dans les cocons doubles, la dernière métamorphose opérée, les deux papillons se gênant mutuellement et ayant à percer une paroi en général plus épaisse, ils ne parviennent pas à sortir de leur prison. Dans un de ces cocons où les deux papillons étaient morts, il a trouvé des œufs, les uns d'une couleur jaune clair, les autres d'une teinte violacée; il suppose que ces derniers étaient des œufs fécondés. La Note de M. Tigri est renvoyée à l'examen de la Commission des vers à soie. M. Guicuox DE Graxdpoxt envoie de Brest, comme documents à joindre à son Mémoire du 16 mai dernier « Sur l'emploi de trémies uniformes pour le mesurage des grains », la copie de deux Lettres qu'il a reçues, l'une de M. le Ministre de la Marine, l'autre de M. le Ministre de l'Agriculture et du Commerce; il présente à la suite quelques réflexions que ces Lettres lui ont suggérées. (Renvoi à l'examen des Commissaires précédemment nommés : MM. Chevreul, Pouillet.) M. Mareuse adresse, sur la demande de M. Maumené, et comme pièce à consulter par la Commission chargée de se prononcer sur la réclamation ( I07 ) soulevée par ce chimisie à l'égard de MM. Perrier et Possoz, une courte indication du mode de traitement auquel est soumis le jus de betterave dans la fabrique qu'il dirige h Anizy-le-Château (Aisne), mode de traite- ment qu'il y a introduit depuis plusieurs années. (Renvoi à l'examen des Commissaires déjà nommés : MM. Dumas, Pelouze, Payen.) M. MusTON envoie une nouvelle rédaction, annoncée comme plus com- plète, d'un jMémoire qu'il avait précédemment adressé, et qui porte aujour- d'Iiui pour titre : « Mémoire siu' la dissolfition du cliarbon, précédé d'une introduction sur les phénomènes produits par les matières colorantes ». (Renvoi à l'examen de M. IL Sainte-Claire Deville, déjà désigné.) M. RÎARMissE adresse un travail intitulé : « Mortalité par affection diph- téritique (angine et croup) dans la ville de Bordeaux pendant les années i858-6i ». Ce Mémoire est renvoyé à la Commission de Statistique déjà saisie (séance du 26 juin) d'un Mémoire de l'auteur sur la mortalité des enfants au-des- sous de deux ans dans la même ville de Bordeaux. M. Marie soumet au jugement de l'Académie une Note sur un système qu'il a imaginé pour le filtrage de l'eau destinée à la consommation des grandes villes. M. Daubrée est prié de prendre connaissance de cette Note et de faire savoir à l'Académie si elle doit être renvoyée à l'examen d'une Commission. CORRESPOADANCE . M. QuETELET, Secrétaire perpétuel de l'Académie des Sciences de Bel- gique, remercie pour l'envoi fait à ce corps savant de six nouveaux volumes des Mémoires de [Académie, et du XVP volume des Savants étrangers. « M. Combes présente à l'Académie un ouvrage de M. G.-A. Him, ui- titulé : Exposition analytique et expérimentale de la théorie mécanique de la chaleur. •> C'est une exposition claire, méthodique et complète de l'ensemble de ( io8 ) nos connaissances sur un sujet qui intéresse également la physique, la mé- canique et leurs applications. Un des chapitres est la traduction du livre publié par M. le professeur G. Zeuner de Zurich, sous le titre : Grundzûcje (1er inecitanischen TFcirme-lheorie, avec d'importantes additions du traducteur. L'ouvrage contient les résultats des expériences bien connues de INI. Hirn sur la chaleur développée par les frottements, les phénomènes qui accom- pagnent l'action de la vapeur saturée ou surchauffée dans les machines, etc., et la description d'expériences inédites, qui jettent une nouvelle lumière siu' ces questions difficiles. « MINÉRALOGIE. — Sur le soufre arsénijère des solfatares de Naples et la préparation du sélénium ; par M. T.-L. Phipson. « Ce corps est de couleur orangée, partiellement soluble dans le sulfure carbonique (différant par là du soufre cristallisé de la Sicile, qui se dissout totalement dans le sulfure carbonique). Il contient du sélénium et de l'arse- nic, le derniei en grande quantité. L'analyse d'un échantillon moyen m'a donné Soufre 87 ,600 Arsenic 11, 162 Sélénium • 0,264 99,026 OU bien Soufre 80,458 Sulfure d'arsenic AsS' i8,3o4 Sélénium o ,264 99,026 » Il se volatdise complètement par la chaleur, sauf une trace de matière noire, insoluble dans l'acide nitrique et qui donne la réaction de la silice devant le chalumeau. » Des 87,600, soufre total contenu dans cette substance, 64,26 se dissol- vent aisément dans l'eau régale, mais les 2 3,34 parties restantes ne se sont pas dissoutes après avoir été pendant deux heures dans de l'eau régale bouillante et en excès. » Pour préparer le sélénium avec ce soufre, on le dissout clans l'eau ré- gale, la solution diluée est filtrée pour la séparer du soufre non dissous. Quelques cristaux de sulfite de soude sont alors ajoutés à la liqueur jusqu'à ce que celle-ci conserve une forte odeur d'acide sulfureux, et on laisse ( 109 ) reposer le tout pendant quarante-huit heures. Au bout de ce temps tout le sélénium est précipité sous forme de poudre rouge-rose. On obtient ainsi o,3 à 0,4 pour 100 des échantillons que j'ai examinés, mais il est probable que d'autres en fourniraient par cette méthode des quantités bien plus grandes. »Si, au lieu d'oxyder la substance par de l'eau régale, on se sert de car- bonate de soude et de nilre par la voie sèche, on n'obtient pas du tout de sélénium. » MÉTÉOROLOGIE. — Observation J aile à Bougie le 21 juin d'un météore lumineux; extrait d'une Lettre adressée à M. 3JATiiiEr. « M. Massetot, <\ncie^^ élève de l'Ecole Polytechnique, lieutenant de vais- seau, directeur du port à Bougie, a vu, le vendredi 21 juin, à 'j^^o'" du soir, un météore lumineux cjui a sillonné le ciel dans la direction E.-S.-E. à O.-N.-O. >' Il n'a pas vu le commencement de sa course, et la fin a été masquée par un monticule qui existe entre Bougie et l'établissement de la marine qu'il habite. L'arc parcouru sous ses yeux était d'environ 3o°. » Des parcelles de feu se détachaient de ce météore comme il s'en dé- tache d'une fusée après l'explosion. « Après son passage et pendant dix minutes, il a subsisté un ruban sinueux de vapeur blanche comme un résidtat de combustion. » Les circonstances qui ont accompagné ce météore portent M. Masse- lot à supposer qu'il a dû passer près de la terre. » M. DE CoMMixEs DE Marsilly euvolc, pouf faire suite à sa communication du 23 juin dernier, vme Note concernant l'Action des dissolvants sur la houille. « En résumé, ditl'auteuren terminant cette Note, l'action des dissolvants établit seulement une différence caractéristique entre les houilles maigres et les autres espèces de houille, en ce qu'ils n'agissent point sur elles, tandis qu'ils agissent sur celles-ci : ils permettent d'en extraire de petites quantités de carbures d'hydrogène liquide, l'un coloré, l'autre incolore ; le premier a une densité beaucoup plus grande que l'autre, c'est une huile lourde, le second une huile légère ; ils se décomposent à une tempéra- ture de 180° environ, en laissant un résidu charbonneux et en exhalant une forte odeur de vinaigre de bois. » C. R., 18G2, i'"" Semeslre. (T. LV, K" 2.) l5 (I.O) MM. C.vvAiLLÉ-CoLL aniionceiit qii'ils viennent de terminer dans l'église de Saint-Siilpice un grand orgue de 3i pieds, qui se distingue des instruments de ce genre, non-seulement par ses proportions, mais encore parce qu'il comprend dans sa construction des éléments tout à fait nouveaux, tant sous le rapport mécanique que sous le rapport instrumental. MM. Cavaillé- Coll ex|)rimenl le désir que cet orgue soit examiné par une Commission mixte formée de Membres de l'Académie des Sciences et de l'Académie des Beaux-Arts. Cette Lettre sera transmise à l'Académie des Beaux-Arts, avec l'indication des Commissaires nommés par l'Académie des Sciences, MM. Pouillet, Babi- net, Despreiz. M. LE Maire d"' Amiens, dans ime Lettre adressée à M. Élie de Beaumont, exprime le désir de connaître l'opinion de l'Académie sur les cliances de succès que présenterait le forage de puits artésiens dans la ville d'Amiens. a Le Conseil municipal, dit M. le Maire, a récemment voté une somme de 100,000 francs pour compléter et améliorer le service hydraulique de ma- nière à étendre largement la distribution des eaux potables, mais il n'a pris encore aucun parti quant à la manière de procurer ces eaux. Cette question était à l'ordre du jour lorsque M. de Marsilly a publié le résultat de ses études géologiques et exprimé la conviction que le forage fournirait l'eau jaillissante dans une proportion considérable. L'Administration municipale, tout en rendant hommage aux lumières et à l'expérience de M. de Marsilly, souhaiterait voir son opinion appuyée par celle d'autres juges compé- tents y La Lettre de M. le Maire d'Amiens est renvoyée à la Commission chargée de faire un Rapport sur le Mémoire de M. de Commines de Marsilly, concer- nant les chances de forages artésiens dans le département de la Somme, Commission qui se compose de MM. Élie de Beaumont, Combes et Daulii'ée. M. M. Cabvalho transmet deux ouvrages publiés à Coïmbre par deux de ses collègues, professeurs à la Faculté de Médecine : un Traité de Toxico- logie, parAL Macedo Pinto, et la première partie d'im Traité de Physiologie de l'homme, par M. Da Costa Simôes. Ces ouvrages sont renvoyés pour Rapports verbaux, le premier à M. Rayer et le second à M. Bernard. ( •!• ) M. Bexvexisti, en adressant deux opuscules écrits en italien et intitulés : « Sur la formation par métamorphose régressive du sucre et de l'amidon », et « Études ultérieures sur les opérations assimilatives », y joint une anayse en français de ce douijle travail. Renvoi à M. Bernard, qui jugera, s'il y a lieu, de faire de ces deux opus- cules l'objet d'un Rapport verbal ou de les réserver pour le futur concours du prix de Physiologie expérimentale. A 4 heures trois quarts, l'Académie se forme en comité secret. La séance est levée à 5 heures et demie. E. D. B. BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE. L'Académie a reçu dans la séance du i4 juillet 1862 les ouvrages dont voici les titres : Recherches expérimentales sur les rapports des plantes avec la rosée et les brouillards; par M. P. Duchartre, Membre de l'Institut. (Extrait des Annales des Sciences naturelles, 4" série, t. XV, cahier n° 2.) Paris, 1862; br. in-8°. Note sur deux Orchidées; par le même. (Ejf trait du Bulletin de la Société Botanique de France.) Paris, 1862; br. in-B''. Note sur le polymorphisme de In fleur chez quelques Orchidées; par le même. (Extrait du même Recueil.) Paris, 1862; br. in-8°. Eerste... Première contribution pour la connaissance des crânes des popula- tions de r archipel Indien; par le D' C. SwAViNG. (Extrait du Kon. nat. Tijd.) Sulle... Sur les inductions électriques , et sur un courant induit continu; par Vincenzo RiATTi (fasc. 1 et 2). Reggio, 1860; 2 br. in-12. ( 112 ) SiiUa... Sur lajonnatioii par mëlainorpfiose réqresiive du siicre el de l ami- r/on; prtr le D'^Benvenisti. Padoue, i858; br. in-8°. Ulterini'i . . . Etudes ultérieures sur les opérations assimilatioes ; par le même. Padoue, i858; br. in-8°. (Renvoyés à l'examen de M. Bernard.) Toxicologia... Toxicologie judiciaire et législative; par 3. -F. DE MacEDO PlNTO. Coïmbre, 1860; vol. in-8°. (Renvoyé à l'examen de M. Rayer.) Elementos... Eléments de physiologie humaine; par Antonio-Aiigiisto DA Costa Simoes. Coïmbre, i86r; vol. in-8°. (Renvoyé à I examen de M. Bernard.) COMPTE RENDU DES SÉANCES DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES. SÉANCE DU LUNDI 21 JUILLET 1862. PRÉSIDENCE DE M. DUHAMEL. MEMOIRES ET COMMIJNICATIOIVS DES MEMBRES ET DES CORRESPONDANTS DE L'ACADÉMIE. M. LE Président fait connaître à l'Académie le décès de M"'" la marquise de Laplace; il a cru devoir s'écarter pour cette fois de l'usage qui borne de telles annonces aux Membres et aux Correspondants de l'Institut, non- seulement parce que M'"*^ de Laplace était la veuve d'un des plus illustres Membres de l'Académie, mais encore parce que son nom retentit dans cha- cune des solennités de l'Académie à l'occasion du prix qu'elle a fondé pour l'élève sortant le premier de l'École Polytechnique. GÉOLOGIR. — Remarques sur les nccidents slratigrapliiques du département de la Haute-Marne; par M. Elie de Beaumont. (Suite.) « La cinquième colonne du tableau n° 1, consacrée aux différences mi- nium, contient les différences qui existent respectivement entre les i6 orien- tations observées et celles des orientations calculées dont elles se rap- prochent le plus. Ces différences sont considérées comme positives et affec- tées du signe + lorsque l'orientation observée s'éloigne plus du nord que l'orientation calculée à laquelle on la compare. Dans le cas contraire, elles sont considérées comme négatives et affectées du signe — . » Ces différences sont une première clef des rapports qui existent entre les orientations observées et les orientations calculées. Si elles étaient toutes nulles, il y aurait coïncidence parfaite entre les résultats de l'observation et un nombre égal de résultats du calcul. C. R., 1862, 2m= Semestre. (T. LV, ^<' 5.) '6 ( ll/i ) » J'ai réuni toutes ces différences minima dans un tableau s|3Pcial, n" 5, dans lequel je les ai classées de deux manières. Dans la première colonne, je les ai rangées par ordre de grandeur, abstraction faite de leurs signes. Dans la seconde colonne, j'ai séparé les différences négatives des différences positives, et j'ai rangé séparément les unes et les autres par ordre de gran- deur, en commençant par les différences négatives les plus fortes et en finis- sant par les plus grandes des différences positives. TABLEAU N- 3. IjCs 16 difTérences aiinima rang^ées d'après leurs grandeurs et d'après leurs signes. DIFFÉRENCES DIFFÉRENCES NEGATIVES rangées par ordre de grandeur, rangées par ordre abslracl on faite do leurs signes. de grandeur. 1 " / Il — 0. 1 .23,29 " / Il i - 2.29. 4,44 2 — 0. 6.57,88 (i) 2 — 0.42.33,72 5 - 0.12.40,92 (i) ô — 0.28.22,80 4 — 0.21.42,59 4 - 0.27.31,77 5 -+- 0.21.58,20 S — 0.21.42,69 6 - o-27-3i,77 6 — 0. 12.40,92 7 — n. 28.22,30 7 — 0. 6,57,88 8 -t- 0.29.17,87 8 — . 1 . 23 , 29 9 10 11 — 0.42.33,72 (i) -I- 0.55.14,29 -H I .25. 14,29 4.5o. 16,91 Moy. 0.36.17,11 12 -f- 1.27.58,73 M- I. 5-. 18,78 15 DIFFÉRENCES POSITIVES 14 -t- 2.21.49,77 rangées par ordre de grandeur. 13 — 2-29. 4,44 16 -+- 2.36.18,78 1 -H 0.21 .58,20 2 -f- 0.29.17,87 -h 0,55. 14,29 16. 19.27,62 Moy. I. 1.12.97 4 -)- 1 .25. 14,29 5 -1- 1.27.58,73 C -4- 1.51.18,78 7 -1-2.21.49,77 8 -\- 2.36.18,78 11.29.10,71 Moy. 1.26. 8,84 » Si l'on considère d'abord les 16 différences minima rangées dans la première colonne par ordre de grandeur absolue, on voit que 8 d'entre elles, ou la moitié, sont inférieures à un demi-degré et peuvent être considérées comme assez petites en tant qu'elles résultent d'une opération graphique I 13 ; dans laquelle nous avons renoncé à tenir compte dans les orientations me- surées des quantités inférieures à un quart de degré. Les 8 autres diffé- rences varient par sauts assez brusques de [\i' à 2° 36' et présententles carac- tères de résultats accidentels. La moyenne des 16 différences n'est encore que de 1° i' 12", 97. » Si maintenant nous jetons les yeux sur les deux parties de la seconde colonne du même tableau n° 5, nous voyons dans la première 8 diffé- rences négatives et dans la seconde 8 différences positives. Mais si elles se ressemblent par leur nombre, ces deux classes de différences ne se res- semblent pas par leur grandeur, car la moyenne des différences négatives est de o"^36' 17", 12, tandis que la moyenne des différences positives est de 1° 26' 8", 84, c'est-à-dire plus que double de la première; et on peut même observer que la disproportion serait plus grande encore si on rejetait comme étant probablement la plus accidentelle de toutes la plus grande différence de chacune des deux séries. )) On pourrait être tenté au premier abord d'attribuer cette inégalité des différences positives et des différences négatives à un défaut d'orientation du réseau [jeiitogonal et de la rose des direcUons calculées qui en est déduite, et essayer de faire tourner cette rose sur elle-même de manière à la mettre plus exactement en harmonie avec la rose des directions observées. Mais si on faisait tourner la rose des directions calculées d'une petite quantité, par exemple de 10', dans le sens négatif, de manière à augmenter de — 10' chacune des différences inscrites dans la deuxième colonne du tableau n°3, on n'altéiuierait que de 20' la différence entre la moyenne des différences négatives et celle des différences positives, et ou augmenterait les valeurs absolues de plusieurs de ces différences de manière que 5 seulement, au lieu de 8, seraient inférieures à un demi-degré et que la plus petite de toutes serait de 0° i l'aS", 89, au lieu de 0° i'23", 39. Si ou faisait tourner la rose des directions calculées d'une quantité plus grande dans le même sens, par exemple de 4o', au lieu de 10'^ on arriverait à la vérité à rendre la moyenne des différences négatives presque égale à la moyenne des différences posi- tives, mais alors on n'aurait plus que 3 différences inférieures à un demi- degré. De plus le nombre des différences négatives cesserait d'être égal à celui des différences positives. Il y en aurait 10 de la première espèce et 6 seulement de la seconde. De ces considérations et d'autres du même genre qu'il est facile de faire naître par d'autres essais de changement, je conclus qu'aucun de ces changements ne serait une amélioration; que la série de différences obtenue directement doit être conservée dans sa simplicité, sa 16.. ( "G ) symétrie naturelle, et qu'il n'y a pas lieu de toucher à l'orientation de la rose des directions calculées, niàcelle du réseau penlagonai. » Il y aura plutôt lieu de chercher nltérieurenient dans le mode de for- mation des accidents stratigraphiques 1 explication de cette prédominance accidentelle des différences positives. » Les plus grandes même des différences dont nous venons de nous occu- per ne sont pas très-considérables et les personnes qui ont quelque habitude de relever à la boussole les orientations des accidents stratigraphiques doi- vent certainement être disposées à faire assez bon marché de différences qui ne dépassent pas 2 à 3"; cependant on voit déjà par ce qui précède que les orientations que nous avons obtenues, en perfectionnant les relevés à la boussole par des opérations graphiques exécutées sur une topographie bien faite, pourraient mériter une discussion plus serrée qu'on n'aurait pu le croire au premier abord. » Je reviendrai bientôt à cette discussion, mais je chercherai d'abord à la préparer en jetant un coup d'œil sur les rapports d'ensemble qui existent entre la rose des directions observées et la rose des directions calculées, dont nous venons de voir que les situations respectives doivent être accep- tées telles que le calcul nous les a données, c'est-à-dire telles qu'elles sont exprimées dans le tableau n" 1 et figurées dans le diagramme de la page 84. " On voit dans ce diagramme que 3 des orientations observées, aux- quelles se rapportent les lettres (/') inscrites dans le tableau n" 5, tombent dans l'intérieur des faisceaux de la rose des directions calculées; que plusieurs autres tombent tout près du bord des faisceaux, mais un peu à l'extérieur; que d'autres enfin corresponde^it à des points de l'intérieur des intervalles. Pour les trois premières, l'harmonie entre les orientations observées et les orientations calculées est manifeste. Elle est encore tres-sensible pour les orientations observées qui tombent à l'extérieur des faisceaux, mais très-près de leur bord. Elle devient obscure pour les orientations observées qui tom- bent dans l'intérieur des intervalles. » Ou peut observer d'abord à cet égard que plusieurs des faisceaux ayant une amplitude de quelques mituites, de quelques secondes seulement, ou même tout à fait mille (quand ils se réduisent à une seule orientation), il aurait fallu que les orientations observées eussent été déterminées avec un bonheur auquel nous n'avons pas même aspiré, pour tomber en correspon- dance exacte avec ces faisceaux si étroits. Elles devaient presque nécessai- rement tondxT un peu à côté, et c'est le cas de 5 d'entre elles. ( '17 ) » On doit remarquer, en outre, que les orientations observées qui se rap- prochent d'orientations calculées faisant partie de faisceaux d'une certaine largeur, peuvent elles-mêmes tomber à l'extérieur aussi bien qu'à l'intérieur des ftusceaux, si elles se rapportent à des orientations calculées placées sur leurs bords. Il y en a encore 5 siu* lesquelles cette remarque se vérifie, quoiqu'elles ne présentent, avec les orientations calculées, que des diffé- rences assez faibles. » Pour se rendre un compte exact et général de ces corrélations, il finit se rappeler que je n'ai placé de barres pour partager les orientations calcu- lées en faisceaux que là où deux orientations consécutives sont éloignées de plus de 2°. AHu que tout soit égal entre les orientations calculées placées au bord des faisceaux et celles qui sont placées dans leur intéiienr, il faut à chaque faisceau, quelle que soit sa largeur, et même aux faisceaux linéaires, adjoindre de chaque côté, comme une sorte de pénombre, un petit secteur ayant une amplitude de i", et considérer toutes les orientations observées qui tombent dans l'intérieur des faisceaux ainsi élargis, comme étant dans une situation aussi favorable que si elles tombaient au milieu même des faisceaux non élargis. » A ce compte toutes les orientations observées qui ne s'éloignent pas de 1° des orientations calculées seront considérées comme tombant dans l'in- térieur des faisceaux, et toutes celles pour lesquelles l'écart est plus grand, comme tombant, indûment pour ainsi dire, dans l'intérieur des intervalles et comme devenant luie sorte d'embarras pour la comparaison des deux roses. D'après les tableaux n° 1 et u" 5, le nombre de ces dernières est de 6 et le nombre de celles qui tombent dans l'intérieur des faisceaux est de lo. » Les orientations observées dont la position est favorable à la mise en rapport des deux roses, ont donc la prépondérance dans la proportion de lo à 6, et on peut se demander quelle probabilité la comparaison abstraite de ces deux nombres lo et 6 donnerait à la supposition que les orientations observées ne sont pas disposées au hasard par rapport a celles qui composent la rose des directions calculées. » Or, ou peut remarquer que les 28 intervalles vides d'une demi- circonférence, dont le tableau n° 2 donne les grandeurs et la somme, étant diminuées chactme de 1° sur chaque bord, c'est-à-dire de 56° en tout, cooservent une amplitude de i45°8'26",98 — 56°= 89°8'26",98, et que l«s 28 faisceaux élargis chacun de i" sur chaque bord, ou de 56° eu tout, acquièrent une amplitude totale de 34''5i'33",02 4- 56°= 90°5i'33",02. Les amplitudes totales des faisceaux élargis et des intervalles réduits sout ( ti8 ) (loiK presque égales et se partagent à peu près par moitié l'étendue totale (le la flemi-circonférence. » Sans me livrer ici à uu calcul qui sera mieux placé dans une note (B), je me bornerai à dire que parmi le très-grand nombre de combinaisons que peuvent produire i6 orientations tracées au hasard dans la demi-circonfé- rence partagée comme il vient d'être dit, celles de ces combinaisons qui placent lo orientations dans les faisceaux élargis et 6 dans les intervalles réduits, ont en leur faveur une probabilité d'environ |. Les autres combi- naisons ont donc toutes ensemble une probabilité exprimée par |, d'où il résulte qu'il y a 7 à parier contre i que la combinaison réalisée n'est pas l'effet du hasard. Si on comparait seulement la combinaison 10 et 6 aux combinaisons dans lesquelles la proportion des nombres d'orientations ob- servées tombées dans les faisceaux et dans les intervalles serait moins favo- rable aux premiers et exprimée par g et 7, 8 et 8, 7 et 9, etc., on trouverait que les probabilités relatives Dans la cinquième colonne du tableau n" 1 j'ai placé les différences minima, c'est-à-dire celles qui existent entre chaque orientation observée et l'orientation calculée la plus voisine; mais rien ne prouve que l'orientation observéedoive être rapprochée de l'orientation calculée la plus voisine plutôt que d'une autre un peu différente, car l'altération que l'orientation réelle- ment existante a subie par l'effet des imperfections de l'observation, peut l'avoir fait chevaucher par-dessus une ou plusieurs des orientations calcu- lées. Il peut arriver aussi qu'un faisceau de directions tracées sur la carte et considérées comme rigoureusement parallèles entre elles renferme con- fondues ensemble des directions légèrement différentes les unes des autres et se rapportant à des orientations calcidées voisines, mais distinctes. C'est ( i»9 ) ce qu'une discussion altentive, éclairée par les considérations géologiques qui se rattachent aux diverses directions, va nous permettre d'apprécier. .) L'orientation observée IN. 20°45'E. se rapproche phis que de toute autre de l'orientation calculée N. i8° 53'4i",22 E., dont elle diffère de i" 5r i8", 78. Cette orientation calculée est celle de la perpendiculaire à l'octaédrique du mont Sinai, qui représente le système des Pyrénées. Nous devons voir plus loin qu'il existe dans le département de la Haute-Marne des failles qu'on peut rapporter à ce système, et dès lors il est naturel qu'il y existe en même temps des fissures dirigées perpendiculairement à ces failles. Il n'y a donc pas lieu de rejeter le rapprochement fourni directemenl par les résultats du calcul. » Mais, après l'orientation calculée précédente, l'orientation observée N.20°45',E. se rapprochele plus de l'orientation calculée N. 18" 36' 46", iq£. qui est celle du primitif de la Nouvelle-Zemble, représentant du système flu Rhin, dont elle ne s'éloigne encore que de 2° 8' i3",8i. Or on sait, et j'ai signalé ce fait depuis longtemps, que les failles du système du Rhin, remises en jeu par des dislocations plus modernes, se montrent fréquemment en Alsace, en Lorraine, dans la Côte-d'Or, etc., où elles affectent le terrain jurassique et même des formations plus récentes. On devait s'attendre à les voir apparaître aussi dans le département de la Haute-Marne, dont le pri- mitif de la Nouvelle-Zemble passe à moins de 2°3o' et le rapprochement si naturellement indiqué des orientations qui nous occupent doit porter à conclure qu'elles y existent en effet. Je supposerais même que la plupart des accidents stratigraphiques orientés N. 20°45'E., qui sont nombreux et très- étendusdansle département de la Haute-Marne, appartiennent à ce système. N'excluant cependant pas complètement les fissures perpendiculaires à la direction des Pyrénées, je pense qu'on doit regarder l'orientation observée N. 20° 45' E. comme renfermant confondues ensemble les deux classes d'ac- cidents dont les orientations calculées diffèrent entre elles de moins de 1 7'. » H est en effet certain que si ces deux systèmes d'accidents stratigraphi- ques coexistent dans le département de la Haute-Marne, nous avons dû, M. de Chancourtois et moi, les réunir dans un même faisceau d'orienta- tions parallèles ; car, n'étant avertis alors par aucune considération théo- rique, nous aurions eu difficilement l'idée de distinguer dans notre travail graphique deux classes d'orientations qui n'auraient guère différé que d'un quart de degré, et je crois que, même en reprenant l'opération actuelle- ment, il ne nous serait pas très-aisé de faire avec certitude une séparation si délicate. ( 120 ) » En conséquence, j'écris les deux différences + 2''8'i3", 8i et 4- i°5i'i8", 78, données par l'orientation observée, comparée aux deux orientiilions calculées dont nous venons de nous occuper, dans la sixième colonne du tableau n" 1, consacrée aux différences relatives aux observa- tions cboisies, où, d'après la convention déjà suivie pour les différences minima, elles doivent être regardées comme positives et affectées du signe + . » L'orientation observée N. 34° o' E. se rapproche le plus de l'orientation calculée N. 36° 29' 4", 44 E., dont elle diffère de 2° 29' 4", 44- Cette orientation se rapporte à la perpendiculaire au primitif de Saint-Kilda, qui représente le système du Thuringerwald. Il n'y a rien d'improbable à ce que certains accidents stratigraphiques de ce système se soient produits dans le sous-sol du département de la Haute-Marne avant le dépôt du terrain jurassique, et V aient été accompagnés de la formation de fissures perpendiculaires à leur direction, qui plus tard, et par le contre-coup d'autres dislocations plus récentes, se seraient reproduites dans les dépôts jurassiques. Cette supposi- tion est d'autant moins difficile à admettre, que les accidents stratigraphi- ques auxquels correspond l'orientation observée N. 34°o' E. se sont trou- vés trop peu considérables pour être gravés sur la carte, sur laquelle cette orientation ne figure que parmi les alignements des gîtes de minerais de fer. Je maintiens, en conséquence, le rapprochement fourni f/irectemen( par le cal- cul, et j'inscris dans la sixième colonne la différence négative — 2" 29' 4", 44- »> L'orientation observée N. 37° i5' E. tombe dans l'épaisseur du sixième faisceau entre deux des orientations calculées qui le composent. Elle se rap- proche le plus de l'orientation calculée N. 37° 27' 4o", 92 E., dont elle ne dif- fère que de 0° 12' 40", 92. Mais il est peu probable que cette orientation, qui est celle de l'octaédrique de l'ile Triuidad, soit représentée dans le départe- ment de la Haute-Marne par aucun système de dislocations, attendu la dis- tance à laquelle se tient le cercle en question, dont la plus courte distance à Buxières-lès-Belmont est de 1 1"47'26", 4'^- Or le second côté du petit inter- valle dans lequel tombe l'orientation observée, est formé par l'orientalion calculée N. 36°34'2", 69 E., dont la première ne diffère encore que de o°4o'57",4i- Cette orientation calculée appartient au bissecteur de l'île d'Alboran, qui représente le système du mont Seny, formulé par M. Vézian, et qui passe à i°o'53",28 seulement de Buxières-lès-Belmont. Ce système est antérieur aux dépôts oolithiques; mais il peut, comme ceux dont j'ai déjà parlé, les avoir affectés par le contre-coup de dislocations postérieures. Je crois que l'orientation observée N. 37° i5'E. doit lui être attribuée, et j'inscris dans la sixième colonne la différence positive + o°4o'57",4i- ( 121 ) » L'orienfalion observée E. 4i''45' N. se rapproche le plus de l'orienta- tion calculée E. 42°6'58", 20 N., dont elle diffère seulement de o°2i'58", 9.0. Cette orientation calcuU'e appartient à l'auxiliaire T)a, représentant théo- rique du système de la Côte-d'Or, dont la plus courte distance à Buxières- lès-Belmont n'est que o°4'35", 77, et qui traverse la partie méridionale du département de la Haute-Marne. Le rapprochement fourni direrlement par le calcul est tellement heureux, qu'il n'a pas besoin de commentaire. J'in- scris donc dans la sixième colonne la différence positive -f o°2i'58", 20. » L'orientation observée E. Sa^So'N. se rapproche le plus de l'orienta- tion calculée E. 32°2'28",23 N., dont elle ne diffère que de o°27'3i",77. Cette orientation calculée appartient à l'auxiliaireTc, représentant théorique du système du Hnndsruck, qui passe à o°2'3i",35 seulement, c'est-à-dire à moins d'une lieue^ deBuxières-lès-Belmont, en traversant la partie méridio- nale du département de la Haute-Marne. Quoique le système du Hnndsruck soit beaucoup plus ancien que le terrain jurassique, il n'y a rien d'étonnant à ce que, de même que le système du Rhin, il ait exercé son influence sur ce terrain par l'effet de dislocations postérieures, et le nouveau rap- prochement que le calcul nous fournit directement n'est guère moins heu- reux que le précédent. J'inscris dans la sixième colonne la différence néga- tive — o°27'3i",77. « Il est remarquable que les deux systèmes dont la considération est ici le plus autorisée, si je puis m'exprimer ainsi, par suite de la très-petite distance à laquelle leurs grands cercles de comparaison théoriques passent de Buxières-lès-Belmont, nous donnent des différences presque égales et de signes contraires -+- 0° 21' 58" ,20 et — 0^27' 3 1", 77 ; et cette circon- stance tend à confirmer la conclusion que j'ai adoptée précédemment con- cernant l'inopportunité de chercher à faire aucini changement important dans l'orientation du réseau pentagonal. « MÉMOIRES LUS. PHYSIOLOGIE. — Note sur la consanguinité; par M. A. Sa\sox. (Extrait.) « Des inconvénients graves ont été attribués depuis longtemps aux mariages consanguins. Dernièrement, le secours de la statistique a été invo- qué pour fournir la démonstration de ces inconvénients. On a donné le chiffre précis des cas de certaines infirmités qui seraient dues aux mariages consanguins, et l'on a calculé d'une manière non moins précise les chances C, R., i86j, 2™'= Semestre. (T. LV, N» 3. ) 1 7 ( 122 ) de procréation de ces infirmités imputables à la seule influence de la con- sanguinité. Les faits qui ont servi de base aux conclusions ainsi formulées n'ayant pas été publiés, il est absolument impossible de contrôler leur va- leur, et il n'en reste que l'impression des difficultés presque insurmontables que présentent des recherches de cette nature appliquées à l'espèce humaine, si l'on veut les rendre quelque peu rigoureuses. Dans l'état de cette impor- tante question, elle m'a paru susceptible de recevoir quelque lumière des observations telles qu'on peut les recueillir sur les espèces animales, où tous les éléments du problème sont d'une facile appréciation, où chacun de ces éléments se présente avec sa signification la plus simple. » Si la consanguinité a de réels inconvénients, c'est là qu'ils devraient apparaître de manière à ne laisser aucun doute; car dans la reproduction de nos races domestiques elle n'est point, comme pour l'espèce humaine, un pur accident. Les zootechniciens considèrent, au contraire, les accou- plements consanguins comme le moyen le plus prompt et le plus efficace d'étendre leurs perfectionnements. Les habiles éleveurs qui ont amélioré celles que nous admirons le plus, ont accouplé leurs animaux précisément en proche parenté, in and in, comme disent les Anglais. « L'histoire généalogique des chevaux anglais de course nous montre d'abord que bon nombre des plus célèbres vainqueurs du turf étaient issus d'accouplements consanguins. On accordera que pour déployer la somme d'énergie qui assure la victoire dans les exercices des courses, ils devaient être en possession de toutes leurs facultés. Ces sujets d'éhte sont parfaite- ment connus de ceux qui sont au courant de ces choses. Je vais les dési- gner par leurs noms, glorieux dans les annales du sport. » Ainsi Flyincj-Childers, un des plus fameux étalons de la race dite de pur sang, avait pour deuxième grand'mère une fille de S}>anker, et pour mère la propre mère de ce dernier. Il était donc le frère de son trisaïeul maternel. Racket, poulinière qui a marqué dans l'histoire de la race par les succès de sa descendance, et notamment par ceux de son fils Hicjhflyer, était fille de Blanck et petite-fille de Regulus. Or Blanck et Régulas étaient tons deux fils de Godolphin-Àrabian. Le célèbre coureur Fox, souche de l'une des familles les plus estimées de la race anglaise, était né dans des conditions absolument identiques, sauf que dans sa généalogie consan- guine il faut substituer le père à la fille et la mère au fils. Un autre héros du tiu'f anglais, Goldfinder, fils de Snap, avait pour mère une jument qui était fille de Blanck et petite-fille de Régulas, lesquels, comme je viens de le dire, étaient frères. Bucklainler. qui fut nommé plus tard \e Carlisle-Hongre, ( «^3 ) avait pour grand'nière une fille de Bald-Galloway, son propre père. Sa mère était issue de Lord Carlisle-Turck. » Le plus remarquable de tous ces faits de consanguinité, empruntés au Slud-Book anglais, et par conséquent d'une précision et d'une authenticité qui excluent tous les doutes, est celui qui concerne le Chevalier de S cnnt- Georges, l'un des vainqueurs du Saint-Léger. On sait que cette victoire est le plus haut triomphe qu'un cheval de course puisse atteindre. Or voici la généalogie du Chevalier de Sainl-Georges. Je \a donne dans le langage usité. I! était par Irish-Birdcatcher. Sa mère par Hetman-Ptalojf. Sa grand'- nière JValerwitch par Sir Hercules. Birdcatcher étciit fils de Sir Hercules. Ce dernier étalon, à juste titre célèbre dans les fastes du sport, était donc, d'une part, grand-père, et de l'autre grand-grand-père du Chevalier de Saint-Georges, qui lut vainqueur du Saint-Léger. u Si de l'espèce chevaline nous passons à l'espèce bovine, nous rencon- trerons des faits non moins significatifs. Hubback, le premier taureau dont se servit Charles CoUing, le créateur de la race courte-corne améliorée, était un magnifique animal. Il était remarquable par l'ampleur de ses formes, unie à ce que nous appelons en zootechnie une grande finesse. Son caractère dominant était surtout une aptitude très-accusée de l'engraissement. Les produits qu'il donna se firent eux-mêmes remarquer par des qualités ana- logues. Mais en raison de sa tendance à l'obésité, il devint bientôt lourd et infécond. Il dut être réformé. » L'influence qu'il avait exercée sur l'amélioration du troupeau de Charles Colling, dans le sens de la précocité et de l'aptitude à prendre la graisse, qui sont les mérites principaux de la race de Durham, cette influence menaçait cependant de s'éteindre en raison de son exagération même, car Hubback avait communiqué à sa descendance sa propre tendance à l'infécon- dité. C'est dans ces circonstances qu'apparaît le fJameux Favourite, qui, de l'avis de tous les historiens de la race, a pris la plus grande part à sa multi- plication et à son amélioration. Cet animal joignait à une ampleur incom- parable une solidité de constitution et une vigueur extraordinaires, grâce auxquelles Charles Colling put l'employer d'une manière indiscontinue durant seize ans à la monte dans son troupeau )) Il n'y a plus guère lieu d'insister, après cela, pour ce qui concerne lin- fluence de la consanguinité chez l'espèce bovine. Cependant notis avons des faits dans nos races françaises, que je veux sommairement indiquer. » Tous ceux qui sont au courant de ce qui se rapporte à l'histoire de l'a- mélioration de notre race charolaise, qui, loin de s'amoindrir, tend au con- ( »24 ) traire de plus en plus à s'étendre dans la région du centre de la France, tous ceux-là, dis-je, savent que les plus célèbres éleveurs de cette race, MM. Louis Massé, de Bouille, Chamard, etc., dont les vacheries fournissent des reprodnctem^s à toute la région, ont fait depuis plus de trente ans un trés-fréquent usage des accouplements consanguins, dans le même but qui avait déjà guidé les plus habiles éleveurs de l'Angleterre. Malgré cela, la race n'a point cessé de s'améliorer. « Ne pouvant nier les faits de ce genre, on a prétendu que les inconvé- nients de la consanguinité étaient moindres pour les races de boucheiie, l'affaiblissement du tempérament qui lui est attribué étant précisément fa- vorable à la destination de ces races. Il est facile de prouver que c'est là purement une opinion préconçue? Cela ne me sera pas difficile. » La petite race bretonne du Morbihan ne le cède assurément à aucune autre sous le rapport de la sobriété, de la rusticité, de la vigueur. Elle vit et donne son lait si riche en excellent beurre dans des landes où pas une autre ne saurait subsister. Eh bien! elle se reproduit en général par des accouplements consanguins » Sans m'occuper des races ovines améliorées de l'Angleterre, qui tontes depuis Bakervvell ont été créées par la sélection et la consanguinité, je veux citer un seul cas qui peut dispenser de tous les autres. » Tout le monde a entendu parler de ce qu'on appelle la race à laine soyeuse de Mauchamp. Cette race forme maintenant de nombreux liou- peaux purs ou croisés. Elle peuple la bergerie impériale de Gévrolles, qui a fourni des béliers jusqu'aux colonies les plus éloignées. Elle a rendu célèbre le nom de son créateur, M. Graux, mort récemment, en laissant à son fils un troupeau prospère et le soin de continuer son œuvre. Or sait-on comment a commencé celte prétendue race, qui n'est qu'une famille de la race mé- rine? Il s'agit là d'un fait contemporain, sur lequel ne peut planer aucun doute. Un beau jour, M. Graux vit parmi les agneaux de son troupeau de mé- rinos un agneau qui n'avait pas la laine comme les autres. Au lieu d'être frir sée et de former ce que nous appelons une toison fermée et tassée, elle était lisse, brdlante, formant des mèches pointues et légèrement ondulées. C'était ini mérinos à laine longue. Eh bien, c'est cet unique agneau qui fut le pre- mier père de toute la population actuelle des moutons soyeux » J'arrive enfin à l'espèce porcine. Les races anglaises, qui sont de véri- tables machines à fabriquer économiquement de la graisse, tant les cellules adipeuses dominent dans leur économie, comme toutes les races de bétail de l'Angleterre, ont été amenées à ce degré de perfection relative précisément ( 1^5) par le concours des accouplements consanguins. L'aptitude développée par le régime chez les individus a été multipliée et fixée dans la famille d'abord, puis dans la race. Mais en raison de cette aptitude spéciale, dont les physio- logistes saisissent facilement la conséquence la plus immédiate, l'élevage des porcs perfectionnés présente des difficultés contre lesquelles les hommes ex- périmentés savent seuls se mettre en garde. La vertu jjrolifique, chez lesindi- vidusarrivés à cetétat vraiment pathologique, caractérisé par la facultéd'ac- cumuler en si peu de temps autant de graisse, est fort limitée. On conçoit que les accouplements consanguins, dans ce cas, lorsqu'ils sont effectués au mépris des règles d'une hygiène judicieuse, aient pour conséquence l'infécondité, caractérisée chez les mâles surtout, par la cryptorchidie ou absence de testicules apparents. Mais c'est là tout simplement un fait d'Iié- rédité, que la consanguinité favorise, non pas qu'elle produit par sa seule influence )) En résumé, et sans pousser plus loin des recherches auxquelles l'éle- vage des oiseaux de basse-cour, par exemple, pourrait fournir encore une ample moisson de faits, ceux que j'ai cités dans cette Note, et qui sont em- pruntés à l'hi.stoire authentique des races chevalines, bovines, ovines et por- cines de l'Angleterre et de la France, autorisent à conclure que pour ce qui concerne au moins les animaux domestiques, les inconvénients attribués à la consanguinité n'ont aucun fondement dans l'observation. » Et s'il est permis d'appliquer à la physiologie humaine des faits si rigoureusement précis empruntés à celle des animaux, on ne voit point, d'après cela, qu'il puisse être sage d'accepter sans défiance les résultats purement numériques qui semblent appuyer l'opinion que certains hygié- nistes ont conçue sur les dangers des mariages consanguins. » (Renvoyé à l'examen de la Commission nommée pour de précédentes com- munications sur les effets des mariages consanguins, Commission qui se compose de MM. Andral, Rayer, Bienaymé.) MÉMOIRES PRÉSENTÉS. M. LE Ministre DE l'Agriculture, du Commerce et des Travaux publics transmet ime Note écrite en allemand sur le traitement du typhus et du cho- léra-morbus, Note adressée de Dietz (duché de Nassau) par l'auteur M. G. Dunkelberg, qui la destine au concours pour le prix du legs Bréant. (Renvoi à la Section de Médecine et de Chirurgie constituée en Commission spéciale.) ( Ï26) L'Académie renvoie à l'examen de la même Commission un Mémoire ayant pour titre : « Le choléra-morbus : observations sur son caractère, suivies d'une méthode de guérison basée sur ces observations. » L'auteur, M. Alb. Wolfert, médecin à Berlin , a écrit son Mémoire en français et y a joint une analyse également en français. PHYSIQUE. — Recherches sur les indices de réfraction des corps qui ne prennent l'état gazeux qu'à des températures élevées. — Dispersion anomale de la vapeur d'iode; par M. F. -P. Leroux. (Commissaires précédemment nommés : MM. Babinet, Faye, Delaunay.) « La bienveillance avec laquelle l'Académie a bien voulu (i) accueillir mes premières tentatives sur l'étude de la réfraction produite par les mi- lieux gazeux, m'a encouragé à continuer ces recherches, malgré les nom- breuses difficultés expérimentales qu'elles présentent. Je me suis proposé non-seulement de les étendre à un plus grand nombre de substances, mais encore d'étudier la dispersion produite par les milieux gazeux. » Dans la présente communication, je demanderai la permission d'atti- rer l'attention de l'Académie sur la dispersion produite par la vapeur d'iode. Ce corps mérite, en effet, une mention spéciale, tant à cause des difficultés de tout genre qu'il oppose à l'observation que par la nouveauté du phéno- mène auquel il donne lieu. » La vapeur d'iode disperse la lumière en sens inverse de toutes les substances étudiées jusqu'ici, c'est-à-dire qu'un prisme rempli de vapeur d'iode réfracte les rayons rouges d'une quantité plus grande que les rayons bleus. » Lors de la première communication que je fis sur ce sujet (a), je disais qu'en remplissant de vapeur d'iode le prisme de mon appareil, « l'image » d'une fente lumineuse fortement éclairée apparaissait composée de deux » parties distinctes juxtaposées, l'une bleue, l'autre rouge. » J'avais remar- qué dès lors que l'ordre de ces deux couleurs n'était pas le même que dans les spectres produits par toutes les substances étudiées jusqu'ici. Je ne vou- lais cependant annoncer ce résultat, si contraire à ce que 'l'on a l'habitude d'observer, qu'après l'avoir étudié dans tous ses détails, et surtout avoir disposé mes appareils de façon à pouvoir rendre quelques personnes témoins du phénomène. (i) Comptes rendus, 1860, t. LT, p. 800. — Rapport de M. Babinet. (2) Comptes rendus, 3o juillet 1860, t. LI, p. 171. ( 12? ) » Après diverses tentatives, j'eus d'abord à faire faire des prismes de porcelaine, les prismes en métal, même doré ou émaillé, ne résistant pas à l'action de la vapeur d'iode. Je dus ensuite combiner mon système d'éclai- rage de manière à vaincre par une intensité lumineuse suffisante l'opacité de la vapeur d'iode. Je fus ensuite conduit, pour mettre mes expériences à l'abri de toute contestation, à étudier les apparences que l'on observe lors- qu'on regarde une image éclairée par un petit nombre de lumières simples. J'eus ainsi l'occasion de mettre en évidence le défaut d'achromatisme de l'œil, d'en exposer un grand nombre de conséquences; tel est le sujet d'un travail que j'ai communiqué à l'Académie il y a environ six semaines, qui est mentionné seulement aux Comptes rendus, et s'imprime en ce moment dans les Annales de Chimie et de Physique. » Voici maintenant, comme confirmation du fait que j'avance, les diverses épreuves auxquelles je l'ai soumis : » 1° L'effet observé ne dépend pas d'une disposition particulière et acci- dentelle de l'appareil ou des verres qui ferment le prisme, puisque des prismes différents fermés par des glaces différentes donnent toujours le même résultat. 1) 2° Un prisme de verre donnant une déviation de même sens que le prisme de vapeur d'iode et à peu près égale à la sienne (i i' environ) achro- matise sensiblement l'image; la dispersion de la vapeur d'iode est donc bien inverse de celle du verre. » 3° En éclairant successivement la fente de mon collimateur par du rouge et du bleu-violet provenant de la dispersion d'un faisceau solaire par un prisme de flint, on voit l'image rouge et l'image bleue se produire en des endroits différents. On peut faire une expérience du même genre en inter- posant des verres colorés. Ceci montre que la réfrangibilité du rayon rouge est réellement plus grande que celle du rayon bleu dans la vapeur d'iode; on ne peut donc expliquer le phénomène par une transformation de radia- tions, puisque la lumière qui entre rouge dans le prisme en sort ronge, et ainsi de suite. » 4° Le prisme étant placé dans l'air, l'effet se complique de la disper- sion produite par ce milieu; mais l'expérience faite directement m'a démon- tré que la dispersion produite par l'air dans les mêmes circonstances était de quelques secondes seulement, tandis que celle de l'iode est d'environ 3o". " Le pouvoir dispersif de l'iode varie en raison inverse de la température. » Outre le rouge et le bleu, l'iode laisse passer des rayons ultra-vio- lets; aussi augmente-t-on la netteté du phénomène en épurant, au moyen (,.8) d'mi verre d'urane, la lumière solaire qui éclaire la fente du collimateur. » Tels sont les phénomènes que j'étudie depuis bientôt deux ans toutes les fois que le soleil le permet. Je suis maintenant en mesure d'en rendre témoins les Membres de l'Académie que cela peut intéresser. » PHYSIOLOGIE. — De la surdi-mittité parmi les hrnéliles, considérée par rapport à la question des m ariacj es consanguins; Lettre de M. Isidok, grand rabbin de Paris, à M. le Secrétaire perpétuel. « Un Mémoire de M. le D'' Boudin sur les dangers des mariages con- sanguins, lu à l'Académie des Sciences le iG juin dernier, renferme, à l'égard des juifs, des opinions qui me paraissent exagérées, sinon erronées, et contre lesquelles j'éprouve le besoin de protester. i> M. Boudin, après avoir avancé que la surdi-mutité est commune parmi les juifs des autres pays, dit que nous ne possédons pas de documents statis- tiques sur la population Israélite de France, mais qu'il y a lieu de présumer « qu'ici comme à l'étranger, les mêmes causes produisent les mêmes effets. » Je ne me permets pas de discuter avec M. Boudin sur le danger des mariages consanguins; supposant ce fait incontesté, il y aurait toujours à remarquer que les mariages de cette nature ne sont pas aussi fréquents parmi les juifs que M. Boudin semble le croire. La loi mosaïque, il est vrai, permet le mariage entre oncles et nièces, mais la loi civile le défend, et les dispenses ne s'ob- tiennent pas très-facilement. Entre cousins et cousines, les alliances sont permises partout, avec la légère différence des empêchements du droit cano- nique, que l'on fait disparaître sans difficulté. M Je n'ai pas de données certaines, irrécusables, pas plus que M. Boudin, sur notre population israélite en France; mais dans notre communauté de Paris, composée de aSooo âmes au moins, j'affirme qu'il n'y a pas quatre sourds-muets. L'établissement de la rue du faubourg Saint-Jacques en ren- fermait trois, il y a quelques semaines; il n'en reste plus que deux; ces deux sont de Bordeaux, et le premier était de la Prusse rhénane. n On compte généralement looooo israélites en France. Or, en prenant pour base la proportion qui existe à Paris, nous arrivons au chiffre de i 2 à i5 pour la France entière, et nous sommes loin de celui supposé par M. Boudin. » Je ne m'explique pas la statistique de M. le D"^ I^iebreich de Berlin, qui trouve 27 sourds-muets sur une population de 10000 âmes, bien moins encore le fait avancé par M. Elliotson de Londres, qu'on ne voit nulle part ( '29 ) plus d« louches, de bègues, etc., qu'en Angleterre. Ces opinions, je le répète, ne me paraissent pas avoir une base certaine, et, jusqu'à preuve du contraire, je prends la liberté de ni'inscrire en faux contre elles. ;) Je sais que M. Boudin, comme M. Elliotson, comme M. Liebreicli, ne parlent qu'au nom de la science, et qu'aucune pensée mécliante ne les anime; mais ce sont de ces appréciations qui ont leurs dangers surtout iiiiand il s'agit de juifs, et il est de mon devoir de relever des erreurs, même innocentes, qui peuvent devenir nuisibles. Je le fais avec tout le respect que je porte et que je dois à un iiomme aussi instruit et aussi honorable que M. Boudin. » fRenvoi à la Commission nommée pour le Mémoire de M. Boudin, Commission qui se compose de MM. Andral, Rayer, Bienaynié.) HVDRAULlQtJE APPLIQUÉE. — Extrait (l'un Mémoire sur les nouvelles expériences des turbines à large évasement latéral; par M. L.-D. Girard. Extrait par l'auteur. (Présenté par M. Combes.) « Dans diverses précédentes Notes que j'ai eu l'honneur de présenter à l'Académie depuis i85i , j'ai constamment cherché à prouver que le mode d'action de l'eau motrice dû aux chutes grandes ou petites par libre dévia- lion des veines liquides, pouvait se réaliser d'une manière plus complète que le mode d'action par réaction , qui a été l'objet de sérieuses études théoriques du savant Euler, et dont plusieurs habiles ingénieurs et con- structeurs ont su tirer un parti très-avantageux dans ces derniers temps. » D'après les études auxquelles je m'étais livré sur l'appréciation des deux principes, je n'ai pas tardé à reconnaître pourquoi on avait cherché à mettre en pratique le principe de la réaction au lieu de celui que j'ai ca- ractérisé par la libre déviation ; c'est que ce dernier demandait des étu- des plus approfondies de la loi des mouvements relatifs. En effet, quelques tentatives de sa réalisation ont eu lieu sans jamais avoir amené un résultat satisfaisant qui dût lui faire donner la préférence-, mais lorsque j'ai cherché quel était celui des deux principes qui devait l'emporter sur l'autre dans les applications variées que présente l'utilisation de la force motrice des cours d'eau, je n'ai pas tardé à reconnaître que c'était celui de la libre déviation. Les nombreuses études que j'ai faites à ce sujet mont ptrniis de déterminer douze systèmes de turbines qui ont reçu leur application appro- priée à chaque cas différent. » Aujourd'hui plus que jamais j'ai acquis cette conviction, depuis que C. R., 1863, -'"« Semestre. (T. LV, N" 5.) '8 ( i3o ) j ai pratiqué un large évasement latéral dans les aubes mobiles, qui permet (le faire circuler l'eau à sa sortie dans son mouvement relatif en lames très- minces, et par suite d éteindre presque complètement son mouvementabsolu. » .^e dois ajouter que le large évasement des aubes mobiles permet de réduire la largeur de la couronne distributrice et de diminuer considéra- blement l'épaisseur des aubes directrices à cause du moindre effort qu'elles ont à supporter, et par suite d'ojjtenir des veines liquides injectées un meil- leur effet, se rapprochant des données de la théorie. » Deux de ces turbines à large évasement ont été essayées au frein, l'une dans l'usine de Persan (Oise), l'autre à Amilly (Loiret). » Pour la première, le frein a été appliqué sur l'arbre même de la turbine; l'eau di'pensée était jaugée par déversoir; on a pu vérifier ainsi autant que possible le coefficient de dépense par les orifices injecteurs, qui est en moyenne de 85 pour loo. Dans ce premier essai, la force a varié de lo a 16 chevaux, et le rendement de ^5 à 8.^ pour 100, la chute étant de 2™, 60 environ. La largeur de la couronne mobile était à l'entrée de o", 1 10 et a sa sortie de o",35o; le rapport de l'évasemeut est donc de —ijj » Pour la seconde, celle d'Amilly, le frein était placé sur un arbre inter- médiaire, ce qui a contribué nécessaireUient à une diminution de rendement. » Pendant la série d'expériences qui a été faite sur cette turbine, sa force a varié de 21 chevaux à 97, et le rendemeiU de 69 a 79 pour 100, la chute étant de i'",8o en moyenne. La largeur de la couronne mobile à l'entrée était de 0^,24'J et à sa sortie de o™,9O0; le rapport de l'évasement est donc de — i- » Je dépose à l'Académie le commencement de la publication de la série des turbines que j'ai pu imaginer sur le principe de la libre déviation, et qui ont reçu chacune de nombreuses applications, et, si l'Académie le permet, je donnerai la suite dans une prochaine communication. » On attendra la communication annoncée avant de nommer une Commis- sion pour l'ensemble de ce travail. M. Legeay présente relativement aw My coder ma acei/ quelques remarques provoquées par les communications récentes de M. Pasteur sur le rôle de ce cryptogamedans la formation du vinaigre. Remarquant le rapport qui existe en hébreu entre les noms du vinaigre et du ferment, il en conclut que des l'époque ou ces noms ont été créés on avait aperçu, quoique d'une manière vague, le genre d'action qu'exerce la mère du vinaigre dans l'acétification. Poursuivant ces considérations philologiques, il s'occupe du mo\. inyxoderme, ( '3> ) lîour faire voir qu'il eût été plus conforme aux règles de la dérivation éty- mologique de dire muciderine,el il part de là pour se livrer à des considéra- tions sur la nécessité d'apporter plus de soin qu'on ne le fait en général à la formation des noms nouveaux qu'appellent les nouveaux faits dont s'enri- chit la science. (Renvoi à la Commission chargée de l'examen du Mémoire de M. Pasteur, Commission qui se compose de MM. Chevreul, Boussingault.) COUllESPOXDANCE . PHYSIQUE APPLIQUÉE. — Question des paraloni terres au point de vue des nnuja- sins à poudre; Lettre de M. lk Ministre de la Giterre à M. le Président de l'Académie. u l'aris, le ifi juillet i86'2. » Monsieur le Président, le (hrecleur d'artillerie à Saint-Omer m'a rendu compteque, dans la journée du 5 juillet coiuaiit, la foudre était tom- bée en gerbe de feu sur le paratonnerre il'un magasin à poudre à Béthune, sans causer le moindre dégât, et (|ue, dans la visite n)inutieuse faite le len- demain de toutes les parties du paratonnerre, le commandant de l'artillerie de la place n'avait aperçu aucune trace du passage de la foudre. >. H résulte de ces circonstances cjue ce paratonnerre, établi conformé- ment à l'Instruction du 23 juin iSaS, a bien rempli son but; mais j'aurai l'honneur de vous faire connaître à cette occasion, qu'après l'adoption, en i854) par l'Académie des Sciences de modifications importantes dans l'éta- blissement des paratonnerres, il m'avait paru nécessaire de faire procéder à la révision de l'Instruction du aS juin iSaS, en ce qui concerne les éta- blissements militaires et notamment les magasins à poudre, dont il n'avait pas été fait mention dans les nouvelles dispositions recommandées par l'Académie. « J'avais en conséquence fait réunir divers documents relatifs aux para- tonnerres des établissements militaires, dont l'examen pouvait être utile pour celte révision et je les ai envoyés dans le courant de janvier i855 à M. Pouillet, qui m'a annoncé, le 4 juin i855, qu'après l'étude de ces docu- ments, qui lui avaient paru précieux, il avait l'intention de m'adresser un Rapport, afin de me mettre à même d'apprécier s'il y avait lieu de saisir l'A- cadémie des Sciences de cette question. » Les nombreux et importants travaux de M. Pouillet l'ayant, sans aucun i8.. ( i'32 ) doute, empêché de donner suite à ses intentions, il devient indispensable d'être fixé définitivement sur les meilleures dispositions à adopter pour préserver des atteintes de la foudre les magasins à poudre dont l'explosion amènerait des désastres incalculables. » J'ai, en conséquence, l'honneur de vous prier de vouloir bien deman- dera M. Pouillet, qui en est informé, les documents restés entre ses mains et de saisir l'Académie que vous présidez, de l'examen de cette question, dont la solution est d'une grande importance pour mon département. « Les documents en question seront remis par M. Pouillet à la Commission, qui se compose de MM. Becquerel, Pouillet, Babinel, Duhamel, Desprelz, Fizeau, Regnault, et de M. le Maréchal Vaillant, en remplacement de M. de Senarmont, décédé. M. LE Secrétaire perpétuel met sous les yeux de l'Académie xui ouviage de M. le professeur Bocck, de Christiania, sur la Syphilis, et lit l'extrait sui- vant d'une Lettre de M. Aiizias-Twenne^ chargé par l'auteur de faire en son nom cet hommage : « On a toujours pensé qu'un certain nombie de maladies chroniques résultaient de la syphilis, mais on n'avait que des conjectures à cet égard, de même qu'on n'avait que des données fort approximatives sur les résultats des divers modes de traitement de la syphilis. M. Boëck a cru qu'une statis- ticjue bien faite pouvait conduire à la solution de ces questions, et que cette statistique ne pouvait être menée à bien que dans un petit pays dont les ha- bitants pauvres se représentent dans le même hôpital quand ils redeviennent malades. Le Storthing (chambre des députés de Norvège) a voté les fonds nécessaires pour la publication de ce grand travail, en stipulant la condition qu'il sérail écrit en langue française. M. Boëck a fait le relevé de tous les malades, au nombre de 3542, qui ont été traités pour la syphilis dans les. hôpitaux de Christiania depuis l'année 1826 jusqu'à la fin de l'année i856. Les derniers sujets dont il est fait mention dans cette statistique ont été traités par l'inoculation méthodique du virus syphilitique et ont ainsi été guéris. » PHYSIOLOGIE. — Migration des Enlozoaires : réj)onse à la Note de MM. Pouchet e< Verrier aîné; par M. Van Beneden. << MM. Pouchet et Verrier aîné ont prétendu que le Tœnia seirata et le Ténia provenant du cœnure du mouton sont pour moi le même ver. J'ai fait voir que, dans plusieurs de mes écrits, j'avais exprimé précisément l'o- ( «33 ) pinion contraire (i). MM. Pouchet et Verrier aîné veillent se justifier en cirant un extrait d'un ouvrage par M. Davaine, dans lequel cette opinion m'est attribuée. Il me semble que ces savants auraient dû s'assurer d'abord si les assertions de M. Davaine étaient exactes. » Pour prouver qu'ils n'ont pas commis l'erreur que je leur reproclie, MM. Pouchet et Verrier aîné citent à l'appui de leur assertion l'opi- nion de M. V. Siebold. La question n'est pas de savoir si M. V. Siebold a confondu ces deux vers avant eux; il s'agit de déterminer si ces deux Ces- toïdes sont, oui ou non, distincts l'un de l'autre. Or tontes les expériences faites, tant en France qu'en Allemagne et en Belgique, prouvent que les œufs de Tœnia cœnurus seuls produisent le loitrnis du mouton, et que les œufs de Tœnia serrata seuls produisent le Cysticerqne pysiforme dans le lapin. » Je le répèle : que MM. Pouchet et Verrier aîné administrent à de jexmes moutons des œufs mûrs de Ténia provenant de cœnure (laissons de côté la question d'espèce), et leurs expériences auront le même succès que celles qui ont été faites à Toulouse par M. Baillet, à Berlin par M. Gurlt, à Dresde par M. Haubner, à Vienne par Rôll, à Copenhague par M. Eschricht, et à Giesseu par M. Leuckart, sans parler de celles que j'ai faites à Louvain. » M. Baillet, professeur à l'École impériale vétérinaire de Toulouse, après de nombreuses expériences fort habilement conduites et des recherches microscopiques faites avec soin, disait en iSSg (2) : Plusieurs espèces de Ténia, provenant devers hydatiques particuliers, peuvent vivre dans le tube digestif du chien domestique, et c'est probablement à cette circonstance, ajoute-t-il, qu'il faut rapporter une partie des insuccès de certains expérimen- tateiu's, lorsque, pour produire le tournis des bêtes à laine, ils ont fait usage indifféremment de tous les anneaux de Te/n'as provenant du chien. » On le voit, déjà en iSSg M. Baillet explique par anticipation l'insuc- cès des expériences auxquelles MM. Pouchet et Verrier aîné se sont livrés sans résultat en 1862. » Nous nous dispenserons d'entrer pour le moment dans des explications plus étendues. Nous attendrons, avant de répondre encore, que MM. Pou- chet et Verrier aîné aient fait de nouvelles expériL'nces. » (i) Mémoire sur les Vers intestinaux (Mt'iiioire qui a obtenu le grand prix des Sciences physiques), p. i46 et i48, et Zoologie médicale , par MM. Paul Geivais et Van Beneden, )). 266. (2) Journal des Vétérinaires du Midi Q\ Annales des Sciences naturelles, 4° série, vol. XI, 1,859, P- 3o3. ( i34) HISTOIRE DES SCIENCES. — Document pour servir à l'histoire de l'auteur des Raisons des forces mouvantes, Salomox de Cacs ; Extrait d'une Lettre de M. Ch. Read. « Je viens de découvrir un document historique qui me semble de na- ture à mtéresser l'Académie. Il s'agit d'un homme dont l'illustration pos- thume est due à ses travaux scientifiques; il s'agit de l'auteur des Raisons îles forces mouvantes puhïiées en 161 5, des Mémoires présentés au roi Louis XIII en 1621 pour le nettoyement des rues de sa bonne ville de Paris, et du Traité pratique sur les horloges solaires, dédié à Richeheu eu 16-24; eu lui mot, de l'ingénieur hydraulicien Salomon de Caus, qu'Arago a célébré comme ayant un des premiers imaginé la machine à feu et reconnu la force d'expansion de la vapeur. [Annuaire du Bureau des Longitudes, 1837.) » Bien des gens ont cru et croient sans doute encore que Salomon de Caus a fini ses jours dans un cabanon de fous à Bicétre, où il aurait été vu en 164 I . Un document apocryphe et un portrait de fantaisie signé du nom de Gavarni, publiés par le Musée des Familles en décembre i834, ont accré- dité cette donnée, que la poésie, la peinture, le drame ont tour à tour adop- tée et propagée, snns y regarder de plus près. Quelques écrivains judicieux l'ont cependant contestée, en s'appuyant sur les présomptions qui devaient faire rejeter le document du Musée des Familles,, et surtout sur son manque d'authenticité. C'est aussi d'après de simples probabilités que les auteurs de la France protestante ont revendiqué Salomon de Caus comme un des leurs et lui ont consacré un excellent article où ils tliscutentet rejettent éga- lement la version de son emprisonnement à Bicétre. >' Le document inédit et positif que j'ai eu la bonne fortune de rencon- trer vient couper court à toute discussion, en substituant aux raisons de vraisemblance l'autorité d'un fait avéré. Il prouve tout à la fois qu'à bon droit ou a considéré Salomon de Caus comme huguenot, et qu'à bon droit aussi l'on a refusé créance à la prétendue lettre de !64i publiée en i834 par le Musée des Familles. Ce document est en effet l'acte d'inhumation de Sa- lomon de Caus, que j'ai trouvé dans un des registres d'enterrements des protestants de Paris conservés au greffe du Palais de Justice, et à la date de l'année 1626. Il est ainsi conçu : » Salomon de Caus, ingénieur du roj, a esté enterré à la Trinité le samedy dernier jour de fehvrier 1626, assisté de deux archers du guet. » ( i35 ) MÉCANIQUK. — Sur une solution de nsoclironisnie du pendule conique; par M. LÉON Foucault. « Le modéraleur de Wntt à force centrifuge jjeiit être considéré comme une des formes du pendule conique. 11 a même sur ce dernier l'avantage de tendre rapidement vers l'uniformité du mouvement angulaire; de plus les articulations qui se relient aux branches où les masses sont suspendues permettent d'agir sur le système en mouvement par des forces variées de ma- nière à lui rendre l'isochronisme qu'il perd dans les grandes amplitudes. I) Considérons sur l'axe de l'appareil le point qui marque la limite infé- rieure des excursions du parallélogramme articulé, et supposons qu'on éta- blisse comme guide une droite fixe horizontalement dirigée vers ce point: l'axe étant nécessairement vertical forme avec cette ligne un angle de 90" dans lequel luie droite rigide de longueur constante et quelconque se meut en s'appuyant par un bout sur la droite fixe et par l'autre sur l'articulation du parallélogramme. Si dans ces conditions on applique à l'extrémité infé- rieure de la droite mobile une force horizontale et égale an poids P des deux masses, nuiltij)liéparsa projection sur la droitefixe, on transmetà cesmasses une pression ascendante qui dans toutes les positions du système l'oblige à conserver pour la durée de sa révolution la valeur limite ^= -m y -■ » Pour s'en rendre compte, on suppose que l'appareil, gardant sa durée limite de révolution, l'angle a des branches avec la verticale soit arbitraire- ment augmenté. Il suffit alors de prendre d'iuie part l'expression de l'excès croissant de la composante de la pesanteiu- sur celle de la force centrifuge, et d'autre part l'expression de la pression transmise par le système articulé. » On trouve d'un côté ., 2sina — sinaa r 5 1 et de l'autre .sin 2 a — 2sina P- Ces deux forces étant égales et de signes coniraues, les masses restent en équilibre pour toutes les valeurs de a et changent la position dès que la durée de la révolution tend a s'écarter de la valeur limite. » Le principe de cette construction, facile à traduire par des organes simples, est réalisé à l'Observatoire dans un rouage moteur établi par M. Se- ( i36) crétanetqui, malgré la variation du ressort moteur, a fourni dés les premiers essais une marche constante à -g-p'^près. » CMIMIE organique:. — Formation de ['acétylène : réponse de M. Berthelot à la Note de M. Morren. (Présenté par M. Balard.) « La Note présentée par M. Morren dans la dernière séance m'oblige à faire une réponse. » r.a nouvelle expérience de M. Morren me paraît une expérience rec- tifiée d'après les indications que j'ai fait connaître et tout à fait différente de celle de i85g. » Aujourd'hui M. Morren applique à un appareil de Ruhmkorf un nombre d'éléments tout à fait inusité, disproportionné avec la destination (les machines d'induction, et dont il parle pour la première fois. » Il réussit ainsi d'une manière détoin-née à produire l'arc voltaïque, lequel ne se forme pas dans les conditions ordinaires avec l'appareil de BTihmkorf. » Or j'ai montré que l'arc est la condition essentielle pour former l'acé- tylène; il n'est donc pas surprenant que M. Morren en obtienne cette fois. Seulement les conditions de sa nouvelle expérience sont loin de constituer !e meilleur usage d'inie pile puissante : en effet, M. Morren annonce qu'il vient d'employer 4 heures pour préparer /|8'''^ d'acétylène. Or, dans les conditions de l'expérience que j'ai faite devant l'Académie, avec l'arc vol- taïque obtenu sans intermédiaire, 4 à 5 minutes suffisent pour atteindre le même résultat. Cette nouvelle expérience peut donc être regardée comme une transformation peu favorable de la mienne. » Ce n'est pas que je prétende mettre en doute la bonne foi de M. Mor- ren. Mais, quelle qu'ait été son expérience de iSSg, les moyens de purifica- tion (élimination de l'hydrogène du charbon par l'hydrogène libre) et les procédés d'analyse qu'il a annoncé depuis avoir employés étaient abso- lument insuffisants pour établir la production d'un hydrogène carboné. )) ]^es méthodes que j'ai données et que M. Morren emploie maintenant à son tour, .sont les seules démonstrations. « CHIMIE OHGANIQUE. — Recherches sur i acétylène et l'acétylène hronié ; par M. Reboiîi,. (Présenté par M. Balard.) (< J'ai annoncé dans une précédente Note que, lor.squ'on fait tomber goutte à goutte du bromiue d'éthylène brome dans un excès d'une solulior; ( '3? alcoolique bouillante de potasse contenue dans une fiole purg('>e d'air par une ébullition préalable de quelques instants, il se forme, outre de l'éthy- lène bibromé C^H-Br^, un mélange gazeux composé d'acétylène et d'acé- tylène brome. Pour débarrasser ce mélange des vapeurs d'alcool et d'étliy- lène bibromé qu'il entraîne, on le fait passer dans deux ou trois flacons laveurs aux trois quarts remplis d'eau, et dont l'air a été remplacé par de l'acide carbonique, qu'on absorbe ensuite en agitant rapidement le gaz recueilli siu- le mercure avec une petite quantité d'une dissolution aqueuse de potasse caustique. » Le gaz ainsi obtenu s'échauffe lorsqu'il arrive au contact de l'air, avec production d'une lueur phosphorescente et de fumées blanches îrès-odo- ranles contenant de l'acide bromhydrique, mais sans dépôt de charbon. Introduit dans l'oxygène pur, il détone immédiatement en donnant une flamme pourpre brillante, de l'acide bromhydrique, de l'eau, de l'acide carbonique et un abondant résidu de charbon. )) Ce mélange, qui contient C* sous 4 volumes comme l'acétylène iui- mème, est totalement absorbé par le brome avec formation de bromure d'éthylène bibromé C* II" Br* et de bromure d'éthylène bibromé C' H Br^; l'acétylène ne donnant avec le brome que le premier de ces deux composés sans traces sensibles du second, on se trouve amené à supposer que le gaz qui accompagne l'acétylène est de l'acétylène brome. « Cette supposition acquiert un très-haut degré de probabilité si on étudie l'action qu'exerce le protochlorure de cuivre ammoniacal sur le mélange gazeux. Celui-ci est, en effet, intégralement absorbé sous l'influence de ce réactif, avec formation d'un précipité rouge d'acétylène cuivreux et destruc- tion totale du gaz brome qui concourt à la formation du précipité en vertu d'une réaction représentée par l'équation C* H Br 4- 3 Cu= O = C^ H Cu^' + Br Cu + 3 Cu O, de sorte que, comme on opère en présence d'un excès d'ammoniaque, à chaque atome d'acétylène brome doivent correspondre 4 atomes d'oxyde cuivrique CuO. C'est bien eu effet ce qui se passe; car si on détermine préalablement la proportion d'acétylène brome qui se trouve dans le mé- lange par un dosage de brome au moyeu de la chaux, et si on fait absorber une volume connu de ce mélange par un volume également connu de protochlorure de cuivre ammoniacal incolore, préparé dans la petite cloche graduée où se fait l'absorption, on trouve, en comparant la teinte bleu foncé qu'a prise la dissolution avec celle d'une dissolution ammoniacale c. R., 18G2, 2'n« Semestre. (T. LV, N» ô.) IQ ( -38 ) titrée d'oxyde ciiivrique qu'on place dans une petite cloche identique à la précédente et qu'on étend d'eau jusqu'à ce que les teintes soient égales, qu'à chaque atome de C* H Br il y a 4 atomes environ d'oxyde cuivrique CuOmis en liberté. Quant au biome de l'acétylène brome, on le trouve dans la liqueur qui surnage le précipité rouge à l'état de broniiiydrate d'ammoniaque. » Cette action du protochlorure de cuivre ammoniacal sur l'acétylène brome fournit un nouveau moyen d'obtenir d'assez grandes quantités d'acétylène dans un temps très-court. Le mélange gazeux, obtenu couune il a été dit plus haut, étant absorbé par la solution cuivreuse, l'acétylène et l'acétylène brome qui le composent sont tous deux transformés en acétylure cuivreux, qu'il suffit de laver par décantation et de traiter par l'acide chlor- hydrique étendu pour avoir un gaz qui est de l'acétylène pur ne contenant que des traces insignifiantes, i à 2 millièmes au plus, d'un corps brome. Il présente la composition et la plupart des caractères de l'acétylène de M. Berthelot, avec cette différence pourtant, qui pourrait bien tenir à un cas particulier d'isomérie, que par l'action du brome il donne le bromure C^ H^ Br* accompagné d'une petite quantité (6 à 8 pour 100 environ) d'un composé cristallisé sur lequel je reviendrai plus tard, et dont la formule est C*HBr^ » C'est en vain que j'ai tenté d'obtenir l'acétylène brome complètement exempt d'acétylène; mais j'ai pu me procurer un nîélange de ces deux gaz contenant 80 et même 8") pour 100 du premier (le mélange dont il a été question jusqu'ici n'en contient que [\o pour 100 environ). Pour cela, on prend le liquide brome qui s'est déposé au fond du premier flacon laveur, et qui n'est qu'une dissolution d'acétylène brome retenant encore de l'acétylène dans de l'éthylèue bibromé. Ce liquide, qu'il ne faut manier qu'avec précaution, car il s'enflamme au contact de l'air, est chauffé dou- cement dans un petit appareil distillatoire rempli d'acide carbonique jusqu'à ce que l'éthylene bibromé commence à distiller, ce qui a lieu vers 80° en- viron. On obtient ainsi un gaz qu'on purge d'acide carbonique en l'agi- tant rapidement avec une solution aqueuse de potasse, et dont le volume est 5o à 60 fois plus considérable que celui du liquide brome d'où il provient. Il s'enflamme spontanément à l'air, en produisant ime flamme pourpre, de l'acide bromhydrique, de l'eau, de l'acide carbonique et du charbon. Les dernières portions donnent, d'après la quantité de brome qu'elles con- tiennent, 84 à 85 poiu" 100 d'acétviène brome. ( '39 ) « L'acétylène brome, gazeux à la température ordinaire, se liquéfie sous une pression d'à peu près 3 atmosphères. Il est assez soluble dans l'eau, très-soluble dans l'éthylène bibromé, qui à i5° paraît en dissoudre 5o à 60 fois son volume, tandis qu'il ne dissout que 2 volumes d'acétylène. M Si l'on remarque que le mélange gazeux d'acétylène et d'acétylène brome ne contenant que 35 à 40 pour 100 de ce dernier ne fait que s'oxy- der incomplètement à l'air sans flamme brillante et sans dépôt de charbon, et ne brûle immédiatement que dans l'oxygène pur, tandis qu'il y a com- bustion immédiate à l'air, avec flamme pourpre et dépôt de charbon lorsque la proportion d'acétylène brome a doublé, il me semble démontré que la propriété de s'enflanuner spontanément appartient bien à l'acétylène brome, et non à un»^ trace possible d'un composé oxygéné dans le mélange gazeux qui, à ce point de vue, devrait toujours se comporter de la même manière, c'est-à-dire s'enflamuier à l'air, quelle que soit la proportion d'acétylène brome qui s'y trouve. Cette propriété est d'autant plus curieuse dans le dérivé brome d'un hydrocarbure, qu'on ne la trouve nullement dans l'hydrocarbure lui-même; toutefois il est possible de s'expliquer cette différence en remarquant qu'à la double affinité de l'oxygène pour le car- bone et l'hydrogène vient se joindre une troisième affinité, celle du brome pour l'hydrogène, qui concourt avec les deux premières pour déterminer la destruction du composé ternaire lorsqu'il est mis en contact avec l'oxygène ou avec l'air. » Ainsi le bi-oiinire d'étliylène brome donne, sous l'influence de la potasse alcoolique, trois produits différents qui proviennent de trois réactions simul- tanées distinctes : » 1° L'éthylène bibromé C* H^ Br^, résidtant de l'élimination d'une mo- lécule d'acide bromhydrique, CMPBr^ - HBr = C^H^Br^; )i 2" L'acétylène brome provenant de l'élimination dune seconde molé- cule d'acide bromhydrique, C* H= Rr^ - H Br =r C* H Br, action comparable à celle qui a donné à M. Sawitsch l'acétylène au moyen de l'éthylène brome; d'ailleurs l'éthylène bibromé donne directement avec la potasse alcoolique le gaz inflammable; » 3° L'acétylène lui-même, provenant de la perte simultanée de HBr et deBr% C/ H' Br= - H Br - Br= =-- C* H^ ; 19.. ( '4o ) dans ce dernier cas, le brome éliminé oxyde l'alcool sans s'oxyder lui-même, car on trouve dans le résidu du formiale de potasse sans trace de bromate. » En se laissant guider par l'analogie, on se trouve tout naturellement amené à essayer d'obtenir l'acétylène brome pur, en remplaçant le bromure d'éthylèue brome par le brouiure d'éthylène bibromé. Si les trois réactions qui se passent avec le premier se reproduisent avec le second, le produit de la dernière, étant seul gazeux, pourra être isolé facilement : C^ H- Br" - II Br - Br- = C* H Br. » C'est en effet ce que l'expérience confirme, et l'on obtient ainsi du premier coup un gaz qui brûle à l'air avec une flamme pourpre et très- fuligineuse, mais qui contient encore pourtant, quoiqu'en petite propor- tion, de l'acétylène provenant peut-être de l'élimination deBr*. » CHIMIE ORGANIQUE.— Formation de i alcool œnanlliylique ; p«r MM. J. Boiis et H. Carlet. (Présenté par M. Dumas.) « Nous avons fait, il y a plusieurs années, un grand nombre d'essais dans le but de transformer l'œnanthol en son alcool correspondant et d'arriver à connaître la constitution fie l'aldéhyde œnanthylique. Nos résultats ayant laissé à désirer, nous avons repris dans ces derniers temps cette étude, en- couragés par le succès des expériences de M. Wurtz. Notre but était d'a- bord de combler une lacune dans la série des alcools et de caractériser les alcools œnanthylique et caprylique, que l'on paraît quelquefois avoir confondus. » Les aldéhydes œnanthylique et caprylique sont parfaitement distinctes; leurs propriétés sont nettement définies et il n'est pas possible de les con- fondre. Si donc l'on parvenait à reconstituer les alcools correspondants, on aurait \m moyen certain de contrôle et l'on donnerait ainsi d'une manière exacte les caractères comparés de ces deux corps. )i Connaissant déjà les propriétés de l'alcool caprylique que l'iui de nous a signalées, nous avons commencé notre étude par l'aldéhyde œnanthylique. Nous avons essayé dans ce but plusieurs réactions dont quelques-unes mé- riteront peut-être une étude plus approfondie; pour le moment, nous nous sommes arrêtés au procédé suivant : Une certaine quantité d'œnanthol pur a été dissoute dans l'acide acétique cristallisable, et ce mélange a été placé dans un vase avec du zinc; afin de faciliter la réaction de l'hydrogène, nous avons chauffé au bain-marie et soumis l'appareil à une certaine pression. ( i4i ) Plus tard nous ferons connaître les dispositions qui nous ont le mieux réussi. » L'hydrogène naissant s'est uni à l'aldéhyde, et l'alcool formé en pré- sence de l'acide acétique a produit de l'éther œnanthyl-acétique. En effet, en lavant le produit de la réaction à l'eau, le traitant ensuite par le bisulfite de soude pour enlever l'aldéhyde non attaquée, nous avons obtenu un liquide oléagineux, surnageant l'eau, insoluble dans ce véhicule, d'une odeur agréable de fruits, bouillant vers i8o°. Ce liquide, soumis à l'analyse, adonné la composition de l'éther œnanthyl-acétique C'*H"0, C*H^O'. Du reste, traité par la potasse, il s'est dédoublé en acétate de potasse et en alcool œuanthyUque C'H'^O^ « L'alcool œnanthylique ainsi obtenu est un liquide incolore, insoluble dans l'eau, d'une odeur se rapprochant de celle de l'alcool caprylique, bouillant sans décomposition vers i65°. Sa composition s'accorde avec la fornude C'^H'^O^, et elle a été confirmée par la production de ses dérivés. » Traité par l'acide sulfurique ordinaire, l'alcool œnanthylique se dissout en se colorant légèrement et l'addition de l'eau n'en sépare rien. La liqueur acide saturée par les carbonates de potasse, de baryte ou de chaux a donné les sulfosels correspondants. » Le sulfo-œnanthylate de baryte est soiuble dans l'eau, dans l'alcool; il cristallise en paillettes micacées, grasses au toucher, qui supportent la température de ioo° sans se décomposer. 1) L'analyse de ce sel lui attribue la formule S='0%C''H' = 0,BaO. Les sels de potasse et de chaux sont également solubles dans l'eau et l'alcool et ont une composition analogue. L'alcool œnanthylique distillé sur du chlorure de zinc fondu donne naissance à un liquide très-mobile, très- léger, Hisoluble dans l'eau, bouillant au-dessous de 100°. La composition et la densité de vapeur de ce liquide conduisent exactement à la fornuile C'M1'* = 4 volumes de vapeur. C'est donc l'œnanthylène dérivant de l'alcool œnanthylique par la perte de 2 équivalents d'eau. » L'ensemble de ces réactions nous permet de conclure que l'aldéhyde œnanthylique, sous l'influence de l'hydrogène naissant, se transforme en son alcool correspondant. » En complétant cette étude dans une prochaine communication, nous indiquerons les résultats fournis par l'aldéhyde caprylique, et nous ferons connaître notre manière de voir sur la constitution de ces composés. » ( '42 ) CHIMIE. — Noie sur la solubilité d'un corps dans un mélange rie ses dissolvants; par M. A. Gerardix. (Présenté par M. Dumas.) « La solubilité d'un corpsdansun mélange de ses dissolvants est toujours plus petite que la somme de la solubilité dans chacun des dissolvants iso- lés. En effet, si l'on prend deux dissolutions saturées d'un même corps à la même température, et qu'on les mêle ensemble, on observe immédiatement une précipitation du corps dissous. » Je me contenterai de citer les exemples suivants : Sulfure de carbone saturé de soufre, d'iode ou de phosphore, auquel on ajoute de l'alcool, de l'esprit-de-bois, de l'huile de pomme de terre, de l'élher, du chloroforme, de la benzine, du bichlorure d'étain, saturés de soufre, d'iode ou de phos- |)hore. Précipitation des solutions aqueuses par l'alcool et des solutions al- cooliques par l'eau, etc Je n'ai encore trouvé aucune exception à cette loi. Je pense qu'on peut la regarder comme générale. » En faisant ces expériences, on reconnaît que la quantité du corps dissous qui se précipite par l'addition d'un nouveau dissolvant saturé, est variable, suivant la température, la proportion du dissolvant ajouté et la manière dont on fait le mélange. I^a précipitation est d'autant plus consi- dérable que la température est plus élevée, ou que l'on ajoute une plus grande quantité d'un moins bon dissolvant. Un mélange obtenu par agita- tion détermine une précipitation presque complète. Un mélange obtenu par diffusion détermine luie précipitation moins considérable, variable avec la durée du contact et atteignant un maximum constant après vingt-quatre heures. » En opérant à o" et en laissant les dissolutions saturées au contact pen- dant plus de vingt-quatre heures, l'expérience fournit des résultats d'une constance satisfaisante : ce qui n'a pas lieu à une température plus élevée. Voici ceux que j'ai obtenus l'hiver dernier, en profitant, à trois reprises différentes, de la température ambiante. J'ai employé une quantité con- stante de sulfure de carbone saturé de soufre, quantité que je représente par 2 équivalents et que j'ai mise en contact dans des tubes bouchés avec \, 1, I v> 2, .^, 4 équivalents des autres dissolvants saturés de soufre pendant vingt-quatre heures, la température restant invariable à o" pen- dant toute la durée de l'expérience. ( >43 ) Tableau de la quantité de soufre dissoute qui se précipite quand on laisse au contact, pen- dant vingt-quatre heures et à o°, 2 équivalent! de sulfure de carbone saturé de soufre, et des quantités variables de ses dire/s autres dissolvants saturés à la même température. j- IILILE NOMERE d'équivalents. ALCOOL. ESPnlT- DE-BOIS. DE POMME UE lEKllE. lilHER. CULOnOFORME. UENZINE, 2 „ 1) o,5o ^ „ o,5o 1 o,5o » o,58 0,62 0,/|0 o,5i 'T "- o,25 0,80 .. » 0,52 2 o,:5 " 0,84 0,80 ■■ 0,71 3 o,8o 0,40 0,8^ 0,80 ■> , t-'o 4 o,8o o,4o 0,84 u 0,68 0,80 » On voit que la précipitation n'est jamais complète, et qu'elle temi vers une limite constante pour un même corps, et variable d'un corps à tin autre. » CHIMIE MINÉRALE. —iîec/ierr/iCi sur les alliages métalliques; pnrM. Alf. Riche. (Présenté par M. II. Saiute-i'.Iaire Deville.j << Tl n'est pas d'étude plus délaissée que celle des alliages métalliques. Cet abandon presque général tient à ce que les caractères auxqtiels on a re- cours lorsqu'on veut déterminer la pureté des corps, sont à peu près inap- plicables à ces substances. » En effet, leur point d'ébullition ne peut être déterminé, soit parce que leur décomposition se produit avant qu'on ait atteint la température à la- quelle il se trouve, soit parce qu'on n'a pas de moyens précis pour déter- miner ces hautes températures. En deuxième Heu, leur forme cristalline n'est pas un gage de leur pureté, car M. Cooke et ?.ÎM. Matthiessen et de Bose ont fait voir récemment que la forme cristalline de certains alliages ne varie pas, alors même qu'on remplace iG pour 100 d'uTi des deux métaux par 16 pour 100 de l'autre. Enfin, la liquation s'oppose souvent à la déter- mination précise du point auquel ils se fondent et se solidifient. » Cette dernière propriété a permis cependant à M. Rudberg de démon- trer l'existence de véritables combinaisons chimiques parmi les nombreux alliages de deux métaux, mais on ne peut l'utiliser que dans iui nombre de ( '44 ) cas fort restreint, lorsqu'il s'agit d'alliages fondant à une température peu élevée. » Il est un autre caractère dont on a tiré parti dans diverses circontances, et notamment lorsqu'on s'est proposé de déterminer les combinaisons que l'eau forme avec les acides minéraux: c'est le maximum de contraction. » Ce caractère m'a paru devoir s'appliquer à tous les alliages et il n'existe, à ma connaissance du moins, aucune donnée sur ce sujet. On sait seulement que certains alliages sont plus denses que la théorie ne l'indique et qu'il en est d'autres au contraire chez lesquels la densité donnée par l'expérience est moindre que la densité moyenne des métaux constituants. I. Alliages détain et de plomb. Densité de l'étain fondu employé. . . 7 ,3o Densité du plomb fondu employé. . . 11 ,364- )) Le tableau suivant renfermant dans une première colonne verticale la densité théorique de ces aUiages, dans une deuxième leur densité fournie par l'expérience, et dans luie troisième la différence entre ces deux densités, montre qu'il y a tantôt dilatation et tantôt contraction et que le maximum de contraction correspond exactement à l'alliage Sn- Pb. Le signe — indique une dilatation ; le signe -+- indique une contraction. Densité théorique. Densité expérimentale. Différence. Sn'Pb 8,o47 8,046 — 0,001 Sn' Pb 8,198 8,195 +0,002 Sn''Pb 8,289 8,2915 +0,0025 Sn^Pb 8,407 8,414 +0,007 Sn'^Pb 8,562 8,565 +o,oo3 Sn- Pb 8,764 8,7662 +0,0022 Sn''Pb 9io44 9>o46 +0,002 SnPb 9>455 9j45i — 0,004 Sn Pb' io,ii5 10,110 — o,oo5 SnPb' 10,437 io,4iq — 0,018 <) Les différences étant assez faibles, j'ai fait surtout aux environs de l'al- liage Sn^Pb un grand nombre de déterminations; c'est pourquoi j'ai pris la densité des alliages dont la formule serait, Sn'^ Pb, Sn^= Pb, Sn''Pb. J'ai fait pour l'alliage Sn^ Pb seul dix-sept déterminations, qui ont toutes donné des nombres oscillant entre 8,417 et 8,4i 1. J'ai opéré chaque fois sur des produits nouveaux préparés avec des quantités variant de 45 à 76 grammes, à des températures variables. ( i45 ) » Les alliages étaient préparés directement en fondant dans des creusets en terre des poids équivalents des deux métaux, brassant avec soin, puis coulant dans une lingotière en fonte, longue et étroite, de façon que la solidification se fît presque instantanément et par suite que la liquation fût sans effet sur le produit obtenu. « On a pris la densité sur tout le lingot et non sur une de ses parties. On a fait usage du procédé de la balance hydrostatique. Les nombres obtenus correspondent à la température de 18°. >i L'analyse de l'alliage Sa' Pb et des alliages voisuis a été faite ensuite et les nombres donnés par l'expérience se confondaient avec ceux auxquels conduit la théorie. » L'alliage Sn'Pb est-il une espèce chimique distincte? Cela ne me paraît pas douteux, car c'est le point de saturation, le point de contraction maximum, et ce point correspond à une combinaison atomique. >. D'ailleurs, et c'est pour ce motif que j'avais commencé mes recherches parles alliages de l'étain et du plomb qui ont surtout fait l'objet des tra- vaux de M. Rudberg, cet alliage est précisément le seul composé chimique qu'il admette entre ces deux métaux. Deux méthodes différentes conduisent donc à la même conclusion. II. Alliages de plomb et de bismuth. Densité du plomb 11, 364 Densité du bismuth 9)83o Deosîtc Densité théorique. cxpérinienlalo. DiiTérence. Bi'Pb lOjOgg 10,282 ■+■ i33 Bi Pb 10,288 10,519 +23i Bi Pb- 10, 536 iO)93i +395 BiPb'=' 10,622 ii,o38 +416 Bi Pb' 10,448 1 1 , 108 -(- 660 Contraction maximum, Bi Pb4 io,j48 11,166 +418 BiPlj*' 'O.797 ïi»i94 +397 Bi Pb* 10,874 11,209 -f-335 Bi Pb* 10,982 11,225 +293 Bi Pb' 10,97g ' ' '^35 -1-254 » La contraction maximum correspond donc à l'alliage f»i Pb% et on re- marque de chaque côté une diminution d'une réguluiité très-grande dans la contraction, C. R., 1862, 2'n<^ Semestre. 'Jï. LV, N" 3.) 20 ( 146) » Les différences étant très-grandes soit entre la densité théorique et la densité donnée par l'expérience, soit entre la densité de chaque alliage et celle de ses voisins, je me suis contenté de faire deux déterminations pour chaque alliage. L'analyse des extrémités et du centre du lingot formé par l'alliage Bi Pb' fournissant les mêmes nombres, il me semble que cet alliage doit être considéré comme un composé chimique. » M. Rudberg n'a pas fait porter ses expériences sur cet alliage Bi Pb% qui est d'un blanc gris et formé de tout petits cristaux. L'eau distillée l'attaque assez rapidement pour donner naissance à de petites paillettes na- crées blanches qui entrent en suspension dans ce liquide lorsqu'on l'agile. m. Alliages d'antimoine et de plomb. Densité de l'antimoine 6,64 1 Densité du plomb 12, 364 Densité théorique Sb'Pb 7,237 Sb'Pb 7,385 Sb=Pb 7,65i Sb Pb 8,271 Sb Pb= 9,046 Sb Pb' 9,5io Sb Pb> 9.819 Sb Pb° I o , 040 Sb Pbi^ 10,206 Sb Pb: 10,335 Sb Pb« 10,438 Sb Pb' 10,521 Sb Pb'» io,5g2 Sb Pb" 10, 652 Sb Pb" 10,702 Sb Pb" 10,746 Sb Pb" - 10,785 » Le maximum de contraction correspond encore à un alliage atomique Sb Pb'", qui a une composition peu simple, et il y a vers l'alliage SbPb" un maximum de dilatation. Les phénomènes sont donc plus compliqués que dans les cas précédents. w Ces alliages sont cristallisés. Les alliages voisins de SbPb' cristallisent en écailles assez volumineuses. Pour les suivants, les cristaux sont très-fins, quoique très-nets. Densité expérimentale. Différence. 7,214 -23 7,36r -24 7,622 — 29 8,233 -38 8 '999 — 47 Dilatation maximum. q,5o2 — 8 9,8.7 — 2 io,o4o nulle 10,21 I + 5 .0,344 + 9 10,455 + 17 10,541 4- 20 10 ,6i5 + 23 Contraction maximum 10,673 -1- 21 10,722 + 20 10,764 -+- 18 10,802 + .7 Densité expérimentale. Différence. 9.434 -+- 8 9. '45 + 10 8,754 + .4 8,5o6 + i5 8,327 -+- 21 8,199 + 25 Contraction maximum. 8,097 + 24 8,017 + 23 ( 147 ) IV. JUiages d'étain et de bismutlt. B Je n'ai pu faire qu'une seule série d'expériences du bismutli pur. Je vais en préparer du nou^e^u poiu- la vérifier. Densité théorique. Bi'Sn 9,426 Bi Sn g , 1 35 BiSn= 8,740 BiSn^ 8,491 BiSn' 8,3o6 BiSn- 8,174 BiSn" 8,073 BiSn- 7,994 » Le maximum de contraction aurait donc lieu pour l'alliage BiSn^, qui est un métal d'un blanc d'argent, formé de petits grains cristallins enche- vêtrés les uns dans les autres. Cet alliage n'est pas attaqué par l'eau distillée au bout de quelques heures, il y garde son brillant et son éclat ar- gentins, n CHIMIE GÉNÉKALK. — Reclierclies sur les acides condensés; par M. Hugo ScHiFF, à Berne. " Dans une Note précédente [Comptes rendus, t. LIV, p. 1070) nous avons signalé l'existence des acides ditartrique et disuccinique, et nous avons comparé ces acides à l'acide sulfurique de Nordhausen, à l'acide chromosul- furique obtenu autrefois par M. Colley et aux chromâtes dits acides. Aujour- d'hui nous rapporterons des faits qui peuvent servir d'appui à cette manière de voir; nous avons réussi à obtenir ces composés par les mêmes méthodes dont on s'est servi pour produire les combinaisons à types condensés du glycol et de l'acide lactique. Nous avons pris pour point de départ le chlorosulfate potassique de M. Rose, le chlorochromate potassique de M. Peligot et le chlorosulfate hydrique produit de la distillation de l'acide sulfurique concentré avec le perchloride de phosphore, et nous avons fait agir ces composés sur les chromâtes et les sulfates potassiques. » Nous avons obtenu le disulfate potassique (le sulfate acide anhydre) ou par la fusion du sulfate acide de potasse avec le chlorosulfate ©^ + j^ O = HCl + ^Aq\ K.H Cl 20.. ( '48 ) ou en chauffant le sulfate neutre avec le chlorosulfate hydrique Cl » Pour obtenir le dic.hromate potassique, nous avons fait agir le chloro. chromate sur le chromate neutre Cl La réaction s'accomplit déjà à froid, lorsqu'on mélange les solutions aqueuses concentrées. Comme le chlorochromate est décomposé par l'eau pure, nous avons dû nous servir d'eau acidulée par l'acide chlorhydrique, mais nous nous sommes assuré que la formation du dichromate est indé- pendante de la petite quantité d'acide ajoutée. » Enfin nous avons préparé le chromosulfate de potasse en fondant les sulfates neutres ou acides avec le chlorochromate K.H)^ HCl SOM ou + ^'^k'!® "" °" Grô' ô'. • SGM^, Cl ï^c' ^^' K Cette dernière réaction ne s'opère pas aussi nettement que les précédentes, parce que le chlorochromate, en partie décomposé par la fusion, fait naître du chlorure oxychromique Grô^'Cl*. » Le chromosulfate potassique est décomposé par l'eau KM La solution aqueuse dépose par l'évaporation un mélange de sulfate et de dichromate neutre. Ce n'est pas une combinaison chimique à équivalents égaux, conmie M. Reinsch l'a avancé; il est vrai que le mélange contient les deux sels eu proportions à peu près équivalentes, et dans la description détaillée de nos expériences nous donnerons une exposition des circon- stances qui sont la cause de ce rapprochement. )) En général, les acides de la chimie minérale se prêtent plus facilement o ( i49 ) à la {onnation d'acides condensés que ceux de la chimie organique. Les polysilicates, introduits dans la science, ne tarderont pas à nous donner des notations simples pour les combinaisons compliquées des minéralogistes. C'est Laurent qui, il y a quinze ans, a déjà proposé une manière analogue de formuler ces corps, et c'est ce même chimiste qui nous a fait connaître les polyborates et les polytungstates. » Dans une recherche sur les stannates et les antimoniates stanneux, nous avons aussi obtenu des combinaisons qui peuvent être ramenées aux polystannates *"t!o-, '""^.lô-, ''"%\^', "^-^.je", et aux polyantimoniates aSbO 1 ^. 4Sbô 1 6Sba 1 8Sbô » Nous avons souvent eu occasion dans nos travaux antérieurs de faire ressortir que la méthode doit être la même pour la chimie minérale et pour la chimie organique; les expériences que nous rapportons aujourd'hui déuiontrent de nouveau que les lois qui président aux transformations des corps organiques, peuvent immédiatement être appliquées aux composés de la chimie minérale. » GÉOLOGIE. — Nouvelles observations relatives au calcaire à Lophiodon de Provins. Son extension dans ta Beauce; par M. Hébert. ( Présenté par M. Delafosse.) « Dans une Note que j'ai eu l'honueur de soumettre à l'Académie, à la séance du 3 mars dernier, j'ai montré que le calcaire à Lophiodon de Pro- vins, considéré jusqu'alors soit comme du calcaire de Brie, soit comme du calcaire de Saint-Ouen, était plus ancien que ce dernier, puisque la couche marine qui le recouvre, et qu'on avait généralement considérée comme le prolongement des marnes à Intilres de Montmartre, renferme exclusivement des fossiles des sables de Beauchamp, dont plusieurs même descendent dans le calcaire grossier. D Les caractères minéralogiques de ce calcaire lacustre permettraient dif- ficilement de le distinguer des autres travertins du bassin de Paris, quoique le partie inférieure, ordinairement caractérisée par une structure bréchoide toute spéciale, puisse aisément fixer l'attention et servir de point de repère ; ( ï5o ) mais il y a des lieux où cette slrucîure ne se montre pas, comme il v en a où la roche est complètement dépourvue de fossiles. » Heureusement cette irrégularité dans les caractères minéralogiques ou paléoiitologiques de ce dépôt est exceptionnelle, et on peut reconnaître le calcaire de Provins à de grandes distances, comme vient de le démontrer une découverte tout à fait inattendue. )) M. de Boisvillette, ingénieur en chef des Ponts et Chaussées, ayant eu l'obligeance de m'envoyer quelques échantillons du département d'Eure- et-Loir, dans le but d'éclairer quelques points de la géologie du Perche que nous avions précédemment discutés, je reconnus que l'un de ces échan- tillons appartenait à un dépôt de même âge que celui de Provins. Il renfer- mait en effet en abondance les deux espèces de Planorbes si communs à Provins et à la côte Saint-Parres, près Nogent-sur-Seine, le même Bithynia, etc. Une excursion que j'ai faite récemment dans cette région m'a permis de compléter ces données. D'après les renseignements que m'avait fournis M. de Boisvillette, j'ai trouvé à 7 kilomètres au sud de Chartres, sur la petite route de Chamblay et sur le territoire de Morancez, une carrière ouverte à une altitude de i38 mètres, et j'ai été surpris de retrouver exactement la même roche qu'à Provins, avec les mêmes variétés de structure, compacte, crayeuse, celluleuse et bréchoide. En outre, les fossiles de ces deux localités, éloignées de plus de 120 kilomètres, sont dans le même état de conserva- tion dès qu'on les recueille dans la même variété de roche. J'y ai trouvé, outre les espèces précédemment citées, trois Hélix, dontdeux se rencontrent à la côte Saint-Parres, une Lymnée et une Paludine qui paraît différer de celles de Provins. » Comme je l'ai déjà dit dans ma Note du 3 mars, cette faune lacustre ne se rattache à aucune de celles des autres dépôts de ce genre, si nombreux dans le bassin de Paris, et par conséquent il n'est pas possible d'hésiter sur le synchronisme que j'établis entre les calcaires de Morancez et ceux de Provins. » En examinant le gisement de ces calcaires, qui ne sont exploités que sur une épaisseur de 3"", 5o, j'ai vu qu'ils étaient recouverts, vers Chamblay, par une marne blanche friable, tout à fait semblable à celle de Trappes, qui ap- partient au calcaire de Beauce. Au-dessus vient un calcaire siliceux, sur le- quel est bâti le village de Chamblay (ait. = i45 mètres), et qui constitue le sol du plateau de la Beauce, où sont ouvertes, à peu de distance de là, les grandes carrières de Berchères(alt.= i 56 mètres), qui ont fourni les pierres employées à la construction de la cathédrale de Chartres. ( >5. ) )) Le calcaire de Morancez [calcaire de Provins) ne s'élève pas a plus de i4o mètres d'altitude ; il se retrouve à Coranccz et à Ver, toujours en par- faite concordiuice de stratification avec le calcaire de Beauce, sous lequel il s'étend régulièrement, de manière à pouvoir être atteint lorsque les carrières sont suffisamment profondes. Il y a donc lieu de se demander si l'épaisseur considérable, assignée en quelques localités au calcaire de Beauce ne pro- viendrait pas de la présence, sous ce calcaire, de travertins plus anciens et notamment du calcaire de Provins. » Le calcaire de Provins s'est-il déposé dans le même lac que celui de Morancez, ou bien ces deux dépôts appartiennent-ils à deux lacs distincts et contemporains? 11 est difficile de le dire dans l'état actuel de nos con- naissances. Le cidcaire de Provins, qui est à l'est, s'étend jusqu'à Sézanne, se continue à l'ouest vers Mon lereau ; mais bientôt il disparaît sous le calcaire de Brie, et la plaine de Beauce ne montre au jour que des couches beau- coup plus récentes. Je considère cependant cette jonction comme très-pro- bable. Quoi qu'il en soit, la concordance parfaite de ce calcaire éocène avec le calcaire de Beauce et leur commun adossement aux collines du Perche viennent confirmer ce que j'ai établi dans un précédent travail (i), dont j'ai l'honneur de faire aujourd'hui hommage à l'Académie, à savoir, que ces collines, qui sont le résultat de mouvements du sol, de véritables plisse- ments dirigés à peu près du N.-O. au S.-E., qui ont été formées avant la fin de l'époque crétacée. )' Cette plaine de la Beauce, qui nous représente encore si bien, sur nos cartes géologiques, l'ancien lac dont les sédiments ont formé son sous-sol, avait donc déjà été longtemps auparavant occupée par un autre lac, et nous constatons que les eaux de ces deux lacs, séparés dans le temps par un in- tervalle assez considérable pour que plu.sieurs faunes tout à fait différentes se soient successivement remplacées à la surface du globe, ont cependant tracé le long de leurs rivages des courbes de niveau exactement parallèles. Cette région n'avait subi dans ce long intervalle aucun changement dans ses traits orographiques. » Dans le travail auquel je viens de me référer, j'ai montré que Varqileà iilex du Perche était d'une époque antérieure à nos sables de Beauchanip. J'aurai bientôt de nouvelles observations à faire connaître sur ce sujet; pour le moment je me contenterai de dire que le calcaire de Morancez, plus an- ( I ) Sur l'argile à silex, les sables marins tertiaires et les calcaires d'eau douce du nm-d- oui st delà France. — Bull. Soc Géol. de France, i^ série, t. XIX, p. 445, janvier 1862. ( i52) cien lui-même que les sables de Beauchamp, est cependant encore plus ré- cent que l'argile à silex. Celle-ci, et l'observation directe en est facile, se trouve toujours entre ila craie et les assises tertiaires les plus inférieures de ia contrée. » Enfin, qu'il me soit permis d'ajouter que cet horizon des calcaires de Provins me paraît appelé à s'étendre en Europe d'une manière remarquable. C'est à cet horizon que je rapporte les calcaires à Lopliiodon du Batsberg, près Bonxwiller, bien qu'il y ait quelque différence dans la faune : mais j'y trouve encore quelques espèces identiques, le même Bithynia, au moins un Planorbe et lui Hélix. Les caractères minéralogiques confirment tout à fait ce rapprochement. » Il en est probablement de même des calcaires d'Heidenheim (Wur- temberg), que l'on confondrait aisément avec ceux de Provins, et dont les fossiles, que je n'ai pu malheureusement étudier suffisamment, rappellent beaucoup ceux des dépôts dont il est ici question. « M. Legraxd adresse une Note ayant pour titre : « Troubles de l'intelli- gence et de la coordination des mouvements; double lésion du cerveau et du cervelet. » L'auteur, dans une Lettre adressée à M. Flourens, donne de cette Note une analyse, dans laquelle il rapproche les phénomènes observés pendant la maladie, qui ne dura pas moins de cinq années, des lésions constatées par l'autopsie cadavérique, et exprime dans les termes suivants la liaison entre les altérations organiques et les troubles fonctionnels : « 1° I^es phénomènes de paralysie progressive ont coïncidé avec une compression du cerveau causée par l'hypérémie de toutes les veines qui rampent à sa surface. « 2° L'altération des fonctions intellectuelles se manifestant d'abord par une idée fixe, puis par des actes de monomanie caractérisée, enfin par de véritables accès de folie et couronnée par le suicide, a trouvé sa raison d'être dans une inflammation des hémisphères cérébraux. » 3" La diminution sans cesse croissante de la faculté coordinatrice des mouvements, un manque d'aplomb, le sentiment qu'on est tiré en arrière, ont trouvé leur explication dans le ramollissement du cervelet. » 4" Quant aux autres phénomènes pathologiques, les mouvements dés- ordonnés de la langue, la perte du sens du goût, l'immobilité des traits, n'ont pu être expliqués, en l'absence de lésions directes, que par des réac- tions sympathiques exercées sur les nerfs de la sensibilité et de la myotilité situés dans le voisinage de la lésion du cervelet. » ( i53) M. Marié-Davy, en présentant le second fascicule de ses a Recherches théoriques et expérimentales sur l'électricité considérée au point de vue mécanique », prie l'Académie de lui permettre de déposer pour tui temps dans ses Archives les registres dans lesquels il a consigné les observa- tions dont le fascicule imprimé dont il fait hommage aujourd'hui ne donne qu'un résumé. Ce dépôt a pour objet de permettre aux physiciens que peuvent intéresser ces recherches la vérification des expériences et des cal- culs. M. ViLLAiNE adresse un Mémoire ayant pour titre : « (Considérations sin- les services que la vapeur doit rendre à la marine militaire par le moyen du propulseur bivalve ». (Ce Mémoire est renvoyé à l'examen de la Commission du prix concernant l'application de la vapeur à la marine militaire, Commission qui se com- pose de MM. Dupin, Combes, Duperrey, Ponceletet Clapeyron.) M. LAnALBARY prie l'Académie de vouloir bien comprendre dans le nombre des pièces de concours pour les prix de Médecine et de Chirurgie un opuscule qu'il vient de publier sous ce titre : « De l'hydrovarie et de l'ova- riotomie d'après la méthode anglaise du D'' B. Brown ». (Réservé pour la Commission des prix Montyon de r863. ) M. Bach (Peter Witibsohn) adresse luie Note écrite en allemand concer- nant l'action de la lumière et de la chaleur .sur les plantes, action variable aux diverses époques de leur végétation en rapport avec les besoins chan- geants de ces végétaux. M. Fremont prie l'Académie de vouloir bien considérer comme non avenue sa demande à l'effet de rentrer en possession d'un travail statistique sur le département du Cher qu'il avait précédemment adressé. Il annonce être en mesure de présenter sans cela au concours pour le prix de Statistique de i863 un ouvrage sin- le même sujet et dont une partie est déjà sous presse. La séance est levée à 5 heures. F. C. R., i8G2, -jine Semestre. (T. LV, N» 5.) ^I ( «54 ) BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE. r/Académie a reçu dans la séance du 21 juillet 1862 les ouvrages dont voici les titres : Recherches théoriques et expérimentales sur l'électricité considérée au point de vue mécanique; par M. MariÉ-Davy ; 2® fascicule. Paris, 1862, in-8°. Sur (argile à silex^ les sables marins tertiaires et les calcaires d'eau douce du nord-ouest de la France; par M. Ed. HÉBERT. (Extrait du Bulletin de In Société Géologique de France.) Paris, 1862; br. in-S". (Présenté au nom de l'auteur par M. Delafosse.) Mémoires de Médecine et de Chirurgie pratique; par le D"^ P. HuLLiN. Paris, 1862; vol. in-8°. De l'éducation des enfants; conseils aux parents pour l'hygiène à suivre; par M. E. Le Roy. Paris, 1862; vol. in- 12. Principes élémentaires de la théorie chimique des types appliquée aux com- binaisons organiques ; par M. A. Scheurer-Kestner. Paris, 1862; in-8°. Essai d'économie rurale et d'agriculture pratique ; par M. L. DesTREMX DE Saint-Christol. Paris et Alais, 1862; vol. in-8°. Notice sur Eugène Bonamj. Documents inédits sur le magnolia de la Maillar- ilière; par M. DE RoSTAiNG DE RiVAS. Nantes, 1862; br. iu-8°. Recherches sur la syphilis, appuyées de tableaux de statistique tirés des yir- chives des hôpitaux de Christiania; par M. W. BOECK. (Ouvrage publié aux frais du Gouvernement.) Christiania, 1862; vol. in-4°. Dissertazione.,. Dissertation sur l'allotiopie; thèse présentée à la Faculté des Sciences de Turin pour te concours à une place de docteur agrégé; par M. G. Gallo. Turin, 1862; br. in-8°. Beschreibung. . . Description de L' Alexandrite ; par N. V. Kokscharow, Membre de l'Académie impériale des Sciences de Saint-Pétersbourg. ( Extrait des Mémoires de cette Académie, 3^ série, t. V.) PUBLICATIONS PÉKIODIQUES REÇUES PAR l'aCADÉMIE PENDANT LE MOIS DE JUIN 1862. Comptes rendus hebdomadaires des séances de l' Académie des Sciences ; i " se- mestre 1862, n"' 20 à 24 ; in-4''. Annales de Chimie et de Physique; par MM. Chevreul, DumaS, PelouZE, BOUSSINGAULT, Regnault, DE Senarmont, avec une Revue des travaux de ( i55 ) Chimie el de Physique publiés à l'étranger; par MM. WuRTZ et Vehdkt ; 3« série, t. LXIV, juin 1862; in-S". Annales de r Agriculture française ; t. XIX, n'" 10 et 11; in-8°. Annales forestières et métallurgiques ; 21" année, mai i862;in-8°. Annales de la Société d hydrologie médicale de Paris; comptes rendus des séances; t. Mlll, ii"* livraison; in-8". Bulletin de r Académie impériale de Médecine ; t. XXVU, n°' i6et i7;in.8". Bulletin de l'Académie royale de Médecine de Belgique; 1^ série, t. V. n" Zj ; in-8°. Bullettino... Bulletin météorologique de l' Observatoire du Collège romain; n" 7 ; in-4''. Bulletin de la Société impériale et centrale d Agriculture de France; t. XVII. n" 6; in-S". Bulletin de la Société d'Encouragement pour l'industrie nationale, rédigé par MM. Combes et Peligot; t. IX, avril 1862; in-4''. Bulletin de la Société de Géographie ; 5' série, t. III; avril 1862; in-8". Bibliothèque universelle. Revue suisse et étrangère ; t. XIII, n° 53; in-S". Bulletin de la Société française de Photographie; 8^ année, mai [862; in-8". Bulletin des travaux de la Société impériale de Médecine de Marseille; 6" an- née; avril 1862; in-S". Bulletin de l'Académie royale des Sciences, des Lettres et des Beaux- Arts dt Belgique ; 3i* année, 2® série, t. XIII, n°4 ; m-8°. Bulletin de la Société académique d'Agriculture, Belles-Lettres, Sciences et Arts de Poitiers ; n° 67 ; in-8''. Cosmos. Revue encyclopédique hebdomadaire des progrès des Sciences et dt leurs applications aux Arts et à l'Industrie ; tables du tome XIX ; t. XX, n"' 23 à 24 ; in-8°. Chronique orientale et américaine; 5*^ année; n° 7. Gazette des Hôpitaux; n°^ 63 à 72; in-8°. Gazette médicale de Paris ; 32* année, n°* 22 k 25; in-4''. Journal d' Agriculture pratique ; 26^ année, n" 12; in-8°. Journal de Chimie médicale, de Pharmacie et de Toxicologie; t. VIII, 4*^ série, juin 1862. Journal de la Société impériale et centrale d'Horticulture; t. VIII, juin 186a; in-8°. Journal de Pharmacie el de Chimie; 21^ année, t. XLI, juin 1862 ; in-8". Journal des Vétérinaires du Midi ; 25* année, t. V, juin 1862; in-8°. ( i56) Journal des Connaissances médicales et pharmaceutiques; 29* année, n°' i5, 16 et 17; in-8°. Journal d' Agriculture de la Côte-d'Or; mars et avril 1862 ; in-8°. Journal de Médecine vétérinaire; t. I, n" i ; juin 1862; in-8°. Le Moniteur des Brevets d'Invention; i"'* année; mai 1862. La Culture; 3* année, n°' 28 et 24; in-8°. L'JgriciUteur praticien; 2* série, t. 1II_, n"' 16 et 17; in-S". L'Art médical; juin 1862; in-8°. LJrt dentaire; 6*^ année, juin 1862; in-8°. L'Abeille médicale; 19" année; n°' 22 à zS. La Lumière; 12" année, n" 11. L'Ami des Sciences; 8" année; n°' 22 à 25, La Science pittoresque ; 7® année; n°' 5 à 8. La Science pour tous; 7^ année; n"' 26 à 28. La Médecine contemporaine ; li^ année; n°' i3 et i4- Le Moniteur scientifique du chimiste et du manufacturier; t. IV; i32° livrai- son; in-4°- Le Moniteur de la Photographie ; i'" année, tables du P' volume. Leopoldina. . . — Organe officiel de l'Académie des Curieux de la Nature ; publié par son Président le D' Rieser; 3^ livraison ; mai 1862; in-4°- Le GaZ; 6® année ; n° 4- Le Technolocjiste ; ']u\n i862;in-8°. Magasin pittoresque ; 3o^ année ; mai 1862; in-4°. Montpellier médical: Journal mensuel de Médecine; t. VIII; juin i86a; in-8°. Monthly... Notices mensuelles de la Société royale d' Astronomie de Londres ; vol. 22 : n" 7. Nouvelles Annales de Mathématiques; 2* série, t. I", mai et juin 1862; in-8°. '!iachv'ichten... Nouvelles de l'Université de Gœttingue; n" 11. Presse scientifique des Deux-Mondes; année 1862, 1. 1", n°' 1 1 et 12; in-8°. Revue maritime et coloniale; t. V, 18^ livraison, juin 1862; in-8°. Revista... Revue des Travaux publics ; Madrid; t. X, n" 11 ; in-4*'. Répertoire de Pharmacie; t. XVlII,juin 1862. Revue de Thérapeutique médico-chirurgicale ; 29*année, n°' 1 1 et 12; in-8". Revue viticole ; 4^ année; avril et mai 1862; in-8°. COMPTE RENDU DES SÉANCES DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES. SÉANCE DU LUNDI 28 JUILLET 1862. PRÉSIDENCE DE M. VELPEAU. ME1»I0IRES ET COMMUNICATIOIVS DES MEMBRES ET DES CORRESPONDANTS DE L'ACADÉMIE. M. LE Président de l'Institut invite l'Académie des Sciences à procédet- au choix des lecteurs qui devront la représenter dans la séance annuelle du i5 août. M. LE Secrétaire perpétuel annonce que le XV volume des Savants étrangers est en distribution au Secrétariat. M. le Secrétaire perpétuel présente au nom de M. Duhamel, qu'une in- disposition empêche de prendre part aux travaux de l'Académie, un exem- plaire du premier volume de la troisième édition de son Cours de Mécanique. CHIRURGIE. — Réflexions cliniques sur la Ulhotripsie chez les enfants; par M. JoBERT DE Lamballe. <( Lalithotripsie vésicale a depuis longtemps attiré l'attention des méde- cins, et dans une des précédentes séances, notre savant confrère M. le ba- ron Séguier faisait lire un passage très-ancien qui avait rapporta cette inté- ressante opération. » La lithotripsie chez les adultes n'a pas été d'abord acceptée sans de grands débats; mais si les préventions dont elle était l'objet se sont dissipées devant l'évidence des faits, il n'en est pas de même de son application aux enfants, qui est encore aujourd'hui l'objet d'une sérieuse controverse. Défendue avec talent par quelques-uns, elle a été vivement attaquée C. R., 1862, 2<»' Semestre. (T. LV, N» fi.) 22 ( >58 ) dans certains ouvrages dogmatiques, où on ne balance pas à lui préférer la lithotomie. » Il serait à désirer que toutes les opérations de ce genre, avec leurs phases et leurs péripéties diverses, fussent portées à la connaissance de l'A- cadémie. Je suis convaincu que la lumière ne tarderait pas à jaillir d'un pa- reil ensemble d'observations soumis à son examen. » Un fait acquis à la science, grâce aux travaux accomplis dans ces der- nières années, c'est la possibilité, naguère contestée, de pratiquer chez les enfants de 5, 6 et 8 ans, l'opération de la lithotripsie. » Après les recherches de M. Civiale, qui a ouvert la voie ; après les résul- tats si concluants obtenus par plusieurs autres praticiens, le doute n'est plus permis à cet égard, et justice est faite de l'opinion qui regardait cette opé- ration comme impraticable. » En ce qui me concerne, et ma clinique en fait foi, il y a déjà plusieurs années que je me suis prononcé en faveur de cette méthode, qui a l'avantage (l'être exempte de ces complications que l'on rencontre si fréquemment chez l'adulte ou le vieillard, à savoir : » Les rétrécissements de l'urètre, les engorgements et les hypertrophies de la prostate, les altérations de la vessie, etc. » Je suis loin d'ailleurs de me dissimuler les obstacles sérieux qu'elle présente : l'irritabilité plus grande du sujet, la difficulté de maîtriser les mouvements volontaires, involontaires, et l'impossibilité de lui faire com- prendre combien il importe qu'il se soumette à l'opération; mais je pense que ce ne sont pas là des empêchements insurmontables : l'agitation que la crainte communique aux enfants se calme généralement après le cathété- l'isme et l'introduction des instruments lilhotriteurs. » Quant à leur indocilité, elle n'est pas portée au point de conduire iné- vitablement l'opérateur à des lésions produites pendant la manœuvre. » Aucun accident ue surviendra, pourvu qu'il se tienne sur ses gardes et qu'il joigne la prudence à l'habileté du manuel. » Chez aucun des jeunes malades sur lesquels j'ai pratiqué la lithotripsie, je n'ai eu besoin de dilater le méat urinaire; et chez aucun les urines n'ont été sanguinolentes: résultat qui s'explique par l'absence d'une grande vas- cularité du col de la vessie et de la prostate. » Ce qui m'a le plus frappé chez les jeunes sujets, c'est la bénignité des opérations non suivies d'inflammations; c'est la facilité avec laquelle on manœuvre et on détruit le calcul, lorsque la tète et le tronc sont déclives et «pi'on a injecté une certaine quantité d'eau tiède dans la vessie. ( '59 ) » Les contractions musculaires volontaires et involontaires, l'agitation du bassin et le rapprochement des cuisses constituent de véritables difficul- tés, mais qu'on parvient à surmonter. » Quoi qu'il en soit, la prudence et le calme du chirurgien ne triomphent pas toujours du trouble déterminé par la crainte. » C'est en ayant recoiu's à l'anesthésie qu'on évite les crises et que l'on opère siirement. w En appelant sur ce sujet l'attention des chirurgiens, j'estime que M. Vinci a rendu un véritable service à la science. y> Quant à moi, tant afin d'éviter les crises nerveuses qui peuvent précé- der l'opération ou se développer pendant la manœuvre, qu'afin de soustraire le malade aux contractions et aux spasmes génitaux qui prolongent l'opé- ration, en forçant le chirurgien à attendre que le calme soit revenu pour terminer ce qu'il a entrepris, je n'hésite pas à établir eu principe que la chlo- roformisation doit être un des temps de la lithotripsie chez les enfants. » Vainement on chercherait un moyen plus sur et plus efficace pour rendre l'opération rapide et exempte de douleur; car il procure l'insensi- bilité sans nuire à l'organisme. » J'ai étudié avec un vif intérêt l'action du chloroforme sur les enfants affectés de calcids et soumis à la lithotripsie. Lorsque l'on commence l'opéra- tion sans employer cet agent, il est rare que l'irritabilité ne se développe pas à un haut degré ; mais, à peine soumis à l'influence du chloroforme, le ma- lade redevient calme, les tissus se relâchent et tout aspect de souffrance dis- parait de la physionomie. » C'est encore à l'action anesthésique de ce précieux médicament qu'il faut en appeler, lorsque des fragments, parvenus dans l'urètre, occasion- nent de violentes douleurs. 1) C'est en rapprochant les séances de lithotripsie, en les prolongeant de manière à ce que le calcul soit réduit en poussière, qu'on pourra parvenir à éviter les suites du séjour des corps étrangers dans le conduit excréteur de l'urine. » Un jour que je pratiquais une lithotripsie sur un jeune homme, M. Rayer, qui assistait à l'opération, m'engagea à prolonger la séance, et à broyer le plus possible les fragments. Je n'ai jamais perdu de vue le conseil donné par ce savant médecin, et je m'en suis bien trouvé. » J'ai pu renouveler un grand nombre de fois dans la même séance 1 in- troduction des lithotriteurs fenestré et à cuvette, et prévenir le passage des [ i6o) corps étrangers volumineux qui irritent, agacent et provoquent des crises sérieuses, des rétentions d'urine et des déchirures de la muqueuse, I) Lorsque des accidents semblables se déclarent, on doit se hâter de di- minuer la sensibilité parle chloroforme et de les combattre par les moyens les plus prompts, l'extraction et le broiement. » L'extraction n'est pas toujours facile et il est indispensable de procéder avec mesure et tâtonnement, pour éviter de produire des lésions graves. •» Je me suis gardé d'attirer le fragment saisi par la curette, avant de m'è- tre assuré dans quel sens on pouvait le déplacer. » Si les douleurs sont trop vives, si des spasmes se manifestent, j'admi- nistre le chloroforme et je fais usage du lithotriteur. » C'est dans ces circonstances urgentes et lorsque dans l'urètre s'est ar- rêté un gros fragment, que le broiement devient indispensable. » M. Civiale est le premier qui ait fait usage du lithotriteur urétral sur im jeune homme d'une dizaine d'années qui avait subi une première épreuve de lithotripsie vésicale par M. Samsou, à l'Hôtel-Dieu. Un fragment s'était engagé dans l'urètre et s'y était fixé. » M. Civiale invita M. Charriera à lui faire un lithotriteur d'un volume proportionné à l'urètre, avec lequel il broya le fragment. Depuis cette épo- que, les chirurgiens l'ont employé et je m'en suis servi avec beaucoup d'a- vantage. Dernièrement, à l'Hôtel-Dieu, j'ai broyé un calcul en deux séances, et j'ai appliqué le lithotriteur urétral pour détruire plusieurs fragments qui après l'opération ont été expulsés par l'urine. » A l'appui des considérations qui précèdent, je pourrais mettre sous les yeux de l'Académie un certain nombre d'observations que j'ai recueillies sur cette intéressante question; mais, pour ne pas abuser de ses moments, je me bornerai à rapporter un fait, remarquable en ce sens que le sujet a été sou- mis tantôt à l'influence des vapeurs chloroformiques et tantôt a été opéré sans l'action de cet agent anesthésique. » Le nommé Hamon (Jean), âgé de 6 ans, né à Plérin (Côtes-du-Nord), fut amené à Paris, rue des Postes, n° 6, au commencement d'octobre 1861 , pour être traité d'un calcul vésical. » Cet enfant est issu de parents bien constitués, parmi lesquels on n'a observé ni goutteux, ni rhumatisants. » Du côté paternel, il a encore ses grands parents et une bisaïeule de 88 ans, se portant tous bien. Les antécédents ne sont pas aussi favorables du côté de sa mère, qui est fille de phthisique, et qui depuis quelques années paraît être, sinon chlorotique, au moins considérablement affaiblie par des ( i6i ) couches successives. Elle a eu 8 eiifanls qu'elle a tous nourris, et dont un seul est mort, à l'âge de 1 3 mois. L'aîné des sept autres a 1 3 ans et, à l'ex- ception du calculeux, qui est le sixième, tous se portent bien. M Le petit malade a joui d'une bonne santé jusqu'à l'âge de 5 ans. Son alimentation, variée, était ordinairement féculente; sa nourriture était d'ailleurs la même que celle de ses frères et sœurs. On n'avait jamais re- marqué jusqu'alors qu'il eût de mauvaises habitudes.Mais, vers cette époque, il coinmença à éprouver des douleurs en urinant, il avait de fréquentes érec- tions, et portait très-souvent la main à sa verge, qu'il allongeait et étirait sans cesse. V) Vers le mois de juillet i86i, ces symptômes s'aggravèrent, les douleurs devinrent beaucoup plus vives et ne cessèrent plus après la miction. Cette dernière fonction se troubla plus profondémeni ; le jet de l'urine, après avoir graduellement diminué de force, avait fini par c» «npprimpr. m l'pnfnnt n'urinait que goutte à goutte et avec une peine infinie. » Les parents s'adressèrent au commencement d'août à mon habile ami, M. Rault, q'ui le sonda, et, après avoir reconnu la présence d'un calcul dans la vessie, me le fit examiner le lendemain ; je me trouvais alors à Saint- Brieuc. Nous tombâmes d'accord sur le diagnostic, et il fut décidé que l'enfant viendrait à Paris pour y être soumis à la lithotripsie. » Le voyage s'effectua dans les premiers jours d'octobre, non sans causer beaucoup de douleurs au petit malade, qui supportait aussi mal le chemin de fer que la voiture. » A sou arrivée, je le laissai reposer pendant trois semaines environ, afin de l'acclimater et de donner à l'irritation de la vessie le temps de se calmer, » Enfin, le 27 octobre, je procède à une première opération. Le malade est placé sur le dos, le bassin relevé par un coussin, la poitrine et la tète déclives; une injection d'eau tiède lui est faite dans la vessie; puis à l'aide d'un lithotriteur fenestréet à pignon que j'introduis dans cet organe, je saisis le calcul et le broie à plusieurs reprises. » L'instrument ramène un fragment de calcul de couleur grisâtre, d'une consistance assez faible, reconnu comme formé d'un mélange de phosphate calcaire et de phosphate ammoniaco-magnésien. De vives douleurs se dé- clarent après la première séance. Pendant les quatre premiers jours, l'enfant a des crises nombreuses déterminées par des fragments de calcul engagés dans l'urètre, jusqu'à ce qu'ils soient expulsés par le flot de l'urine ou extraits. » Le i'^"' novembre, je pratique une deuxième opération et j'extrais de la vessie de nombreux fragments de calcul à l'aide du lithotriteur. ( i6a ) » Ij'enfant a i5 crises clans la journée. Le 2, i4 crises avec de vives dou- leurs; il se raidit et pousse des cris chaque fois qu'il veut uriner. Le 3, i3 ; le 4, i4î 'e 5, 9 crises. Le 6, un fragment étant engagé dans l'urètre sans pouvoir sortir, est extrait avec un tube-cuvette; il est volumineux et irré- gulier; sa présence dans l'urètre a déterminé une vive irritation ; quelques gouttelettes de sang s'écoulent par le méat urinaire. Dans la journée on observe 0.1 crises, dont 10 plus fortes que les autres, et déterminées par des fragments assez volumineux. . » On observe 16 crises le 7, 17 le 8, 1 5 le 9. » Le 10, troisième séance : le lithotriteur fenestré est remplacé par un li- thotriteur à cuvette; i4 crises dans la journée, 17 le lendemain; diminution les jours suivants, i5 puis 10, 8, 8. » Le 16, quatrième séance : 4 crises. Le lendemain le malade souffre beaucoup: on compte o"^ ^rieps forteo, expulsion de beaucoup de graviers assez volumineux. » Le 18, cinquième séance : 26 crises. ) Le 19, sixième séance : 16 crises, le lendemain ^3. » Le 21, septième séance : 16 crises, le lendemain \.\, le surlende- main rg. » Le 9.4, huitième séance : 18 crises, le lendemain 16. » Le 26, neuvième séance : cette fois, je fais usage du chloroforme. » On observe un notable relâchement dans les tissus; l'instrument est introduit dans l'urètre avec une remarquable facilité; on peut le retourner dans la vessie, et explorer cet organe en tous sens ; le malade ne parait pas en souffrir, et ne se livre pas, comme dans les séances précédentes, à de vio- lents efforts d'expulsion. La journée est bonne, on ne compte que 12 crises. Le lendemain, amélioration extrêmement sensible, uneseule crise très-faible. » Le 28, dixième séance. Il ne se présente plus entre les branches du lithotriteur de fragments nécessitant leur rapprochement forcé. L'instru- ment retiré, je trouve dans la cuvette une pâte formée par de la poussière de calcul mouillée d'urine. La journée se passe sans aucune crise. » Le 29, le malade n'a ressenti que de légères douleurs à trois reprises différentes. » Le 3o, onzième et dernière séance. L'instrument ne découvre aucun corps résistant, et je ramène la cuvette sans qu'elle contienne ni poussière, ni portion de calcul. » L'injection d'eau ne ramené aucun débris. » Les jours suivants l'urine n'en présente aucune trace, et le prépuce a cessé d'être œdématié. ( i63 ) w Pendanl le cours du traifement, quatre fois des calculs, engagés dans le canal, ont dû êlre retirés, et je me suis servi, pour les extraire, d'uninstrn- nient que j'appelle tube-cuvette, composé de deux gouttières adossées, séparées par un cloison et terminé en cul-de-sac. » Le 3 décembre, le malade est parti pour la Bretagne, ne présentant aucune lésion des organes génito-urinaires. » T/injecfion de la verge a disparu, et cet organe est revenu à ses dimen- sions normales. » L'urine est limpide, transparente, et ne contient plus d'albumine ni de sang. » L'enfant a renoncé à ses anciennes habitudes, qui étaient dues à l'exci- tation produite par le corps étranger. « Sa physionomie est paisible et ne présente plus aucune trace de souf- france. » Je terminerai cette observation par un résumé de l'analyse chimique du calcul faite par M. Vatin. » Il est d'un blanc grisâtre, et renferme quelques petits cristaux brillants et légèrement colorés; il est soluble dans les acides minéraux sans effer- vescence; insoluble dans la solution concentrée de potasse; dissous dans l'acide azotique, il ne donne point de coloration en présence de vapeurs ammoniacales; traité par l'acide sulfuriqiie à chaud, il ne dégage point d'oxyde de carbone ; sa dissolution chlorhydrique, neutralisée et traitée par l'oxalate d'auunoniaque, donne un précipité blanc d'oxalate de chaux. Celte dissolution privée de chaux par l'oxalate d'ammoniaque donne en- core, par un excès d'ammoniaque, un précipité blanc-jaunâtre de phosphate ammoniaco-magnésien . » Une température de 80 degrés noircit le calcul, il y a dégagement d'am- moniaque constatée par son odeur particulière, et son action sur le papier de tournesol rougi par un acide. » M. Vatin conclut de ces expériences que le calcul est formé de phos- phate de chaux et de phosphate ammoniaco-magnésien. » GÉOLOGir;. — Remarques sur les accidents slraligraphiques du déparlement de la Haute-Marne ; par M. Eue de Iîeaujioxt. [Suite et fin (i). j M L'orientation observée E. 23° 45'N. se rapproche leplus de l'orientation calculée E. a3° 43' 36", 61 N.,dont elle ne diffère que de o" 1' 23", 39. Cette orientation appartient à l'auxiliaire Th, représentant théorique du système (i) /^o(> ci -dessus p. 76 et ii3 du présent volume. ( i64 ) du Sancerrois formulé par M. Raulin. Ce cercle passe à 4° 2' 58", 37 de Buxières-lès-Belmont. C'est une distance médiocre, et il n'y aurait rien que de naturel à ce que le système du Sancerrois, dont M. Raulin a trouvé le premier type dans le département du Cher, eût également fait sentir son influence dans le département de la Haute-Marne. D'un autre côté, l'orien- tation observée E. a3°45'N. se rapproche aussi extrêmement de l'orienta- tion calculée E. iZ° l\i' 58", 73 N., qui est celle de la perpendiculaire à l'auxi- liaire IT, représentant théorique du système du mont Viso. Ce système ayant joué, comme on le verra plus loin, un rôle assez considérable dans le département de la Haute-Marne, il serait très-naturel qu'il s'y trouvât des fissures perpendiculaires à sa direction; et les directions calculées du système du Sancerrois et de la perpendiculaire au système du mont Viso ne différant entre elles que de Sy", 88, ou un peu plus d'une demi-minute, il est de toute évidence que les orientations qui se rapporteraient à l'une et à l'autre doivent se trouver confondues dans une même orientation observée. Je crois donc que les deux rapprochements auxquels le calcul vient de nous conduire doivent être maintenus, et je porte dans la sixième colonne du tableau n° 1 les deux différences négatives — 0° i' 23", 39 et — 0° 2' i", 27. Ce double rapprochement est encore très-heureux, mais les accidents stra- tigraphiques auxquels se rapporte l'orientation observée E. 23°45'N. ne jouent qu'un rôle peu important dans le département de la Haute- Marne. » Il en est tout autrement de l'orientation observée E. i8°45'N. C'est celle de la faille de Chalindrey, que M. de Chancourtois a relevée avec un soin particulier, et qui est l'un des accidents stratigraphiques les plus con- sidérables du département de la Haute-Marne, en même temps que l'un de ceux dont l'influence se fait le plus fortement sentir sur le relief actuel du sol de ce département; mais c'est aussi, parmi les orientations observées, l'une de celles pour lesquelles une discussion attentive est nécessaire, afin de la rapprocher de l'orientation calculée à laquelle elle correspond. » Six orientations calculées se pressent dans l'espace de moins de 2° vers le bord du faisceau près duquel vient se placer cette orientation observée, et il faut éliminer quatre des premières avant de rencontrer celle à laquelle il convient de s'arrêter. » En effet, l'orientation observée E. i8°45'N. se rapproche le plus de l'orientation calculée E. 18° 23' 17", 4i N., dont elle diffère seulement de o°2i'42", 59; mais cette dernière se rapporte à l'octaédrique du Nijney- Ta^ilsk, qui passe en Norvège, et dont la plus courte distance à Buxières- ( i65 ) lès-Belinont est de 12° 4^2", 56. Il est peu probable que le système dout ce cercle pourrait être le représentant ail étendu son influence jusque dans le département de la TIaute-Marne. Je crois devoir, en conséquence, exclure le rapprochement fourni directement par le calcul. » J'exclus de même le rapprochement avec l'orientation calculée suivante, qui est celle de la perpendiculaire à l'auxiliaire T^, représentant du système de la Vendée, parce qu'il me parait peu probable qu'un accident stratigra- phique aussi considérable que celui dont je viens de parler se rapporte aux fissures perpendiculaires à un système qui ne joue dans le département de la Haute-iMarne aucini rôle important. » J'exclus le rapprochement avec le bissecteur de Belle-Ile, qui vient après, parce que je trouve un rapprochement plus probable que celui qu'on pourrait établir avec ce cercle qui n'a jamais été signalé, jusqu'à présent, comme le représentant d'aucun système de montagnes. » J'exclus le rapprochementavec la perpendiculaire au primitif de l'Etna, par la înème raison que celui avec la perpendiculaire à l'auxiliaire Tb du système de la Vendée, et j'arrive à l'orientation calculée de l'auxiliaire H ba, représentant du système des Alpes principales, lequel passe à 6° 5o' 1 1", 94 seidementde Buxières-lès-Belmont, distance qui n'a rien d'excessif. » Le système des Alpes principales, qui est très-moderne, comme l'est évidemment l'accident stratigraphique de Chalindrey, et qui joue un des rôles principaux dans l'orographie de la Suisse, peut d'autant mieux avoir contribué d'une manière essentielle à la formation du relief du départe- ment de la Haute-Marne, qu'il parait avoir influé sur celui de toute la partie centrale du continent européen jusque dans le nord de l'Allemagne. H y a donc lieu de s'arrêter au rapprochement de l'orientation observéeE. i S^ZiS'N. avec l'orientation calculée E. i6°52'29",86 N. du cercle Hbn, et je porte la différence négative — i°52'3o", i4 dans la sixième colonne du tableau n" 1. » L'orientation observée E. i4°45'N. se rapproche le plus de l'orientation calculée E. i4°38'2",i2N. qui n'en diffère que de o"6'57",88 el qui est celle de la perpendiculaire à l'auxiliaire Da, représentant du système du Forez. Ce système jouant, comme ou le verra plus loin, un rôle important dans le département de la Haute Marne, il est naturel qu'on y trouve des fissures et des failles perpendiculaires à sa direction, et, comme celles qui affectent l'orientation E. i4°45'N. sont peu étendues, je crois qu'on peut admettre le rapprochement auquel le calcul nous a conduits dhxctement, et j'inscris dans la sixième colonne la différence négative — o°6'57",88. C. R , iS6j, l'r"^ Semesiie. (T. LV, ^o 4.) ^^ ( i6G) » L'orientation observée E. ii''/45'N. se rapproche le plus de l'orienta- tion calculée E. i3° lo' i4",29 N. qui en diffère de i°25'i4",29 et qui appar- tient à l'auxiliaire DT^, représentant du système du Finistère, dont la plus courte distance à Buxières-lès-Belmont est seulement de 2"i4'58",85. Le système du Finistère peut, aussi bien que plusieurs autres dont nous avons déjà parlé, avoir produit dans le sous-sol du département de la Haute-Marne des accidents stratigraphiques dont l'influence se sera fait sentir sur le terrain jurassique par le contre-coup de dislocations postérieures. Je crois donc qu'on peut admettre le rapprochement auquel les résultats du cal- cul nous ont conduits directement et inscrire dans la sixième colonne la dif- férence positive -+- i°25'i4 529. » L'orientation observée E. 3°o'N. se rapproche le plus de l'orientation calculée E. 3° 29' 17", 87 N., dont elle diffère seulement de 0° 29' 17", 87. Cette dernière appartient au cercle auxiliaire Ta signalé par M. Pomel comme pouvant servir de représentant à un système de montagnes qu'il a observé en Algérie et qu'il identifie avec celui du Tatra. La plus courte dis- tance du cercle Ta à Buxières-lès-Belmont n'étant que de 4''8'32",4i, rien n'empêche d'admettre que l'influence du systèuie très-moderne dont il s'agit s'étende jusque dans le département de la Haute-Marne. J'inscris donc dans la sixième colonne la différence positive -f- o°29' 17", 87. » Mais je remarque en même temps que l'orientation observée E. 3°o'N. ne diffère que de o°45'5o",o3 de l'orientation calculée E. 3°45'5o",o3 de la perpendiculaire à l'auxiliaire DTZ» représentant du système des îles de Corse et de Sardaigne, qui paraît avoir présidé à la formation de la longue vallée où coulent la Saône et le Rhône de Châlons à la mer. Le département de la Haute-Marne étant placé dans la direction prolongée de cette vallée, il n'y aurait rien que de naturel à ce qu'on y trouvât des fissures orientées perpendiculairement au cercle dont il s'agit. Je crois donc qu'on pourrait admettre qu'une partie des fissures comprises datis le faisceau orienté vers rE.3"o'N. se rapportent à la perpendiculaire ;u cercle DT^ et j'inscris encore dans la sixième colonne la différence positive 4- 0° 4^' 5o",o3. » Enfin j'observe que l'auxiliaire Tb que j'ai moi-même adopté comme re- présentant du système du Tatra passe à 0° 48' 2", 41 seulement de Buxières- lès-Belmont vers le sud. Ce cercle s'adapte tellement bien aux accidents orographiques des contrées qu'il traverse, que je doute qu'il doive être remplacé j)urement et simplement par le cercle Ta signalé par M. Pomel. Admettant que des accidents stratigraphiques importants des montagnes de la Suisse et du Jura doivent lui être rapportés, je suis conduit à en chercher ( '67 ) aussi qui s'y rapportent dans le département de îa Haute-Marne, et je ne puis en trouver que dans le faisceau représenté par l'orientation E. 3°oo'N. Il est vrai que cette orientation diffère de 3°24'i",o3 de l'orientation calculée E. 6" il\ i",o3N. de l'auxiliaire T^ du Tatra ; mais il n'est pas prouvé que les différences de ce genre que nous voyons dans d'autres exem- ples atteindre et dépasser 2'' 3o' ne puissent aller jusqu'à o^a/i'. En consé- quence je m'abstiens de condamner le rapprochement dont je viens de par- ler et j'inscris encore, mais avec doute, dans la sixième colonne, la diffé- rence positive -+- 3^24' i",o3. » E'orientation observée E. 9° 3o' S., qui se rapporte à des accidents stra- tigraphiques assez étendus et assez nombreux dans le département de !a Haute-Marne, se rapproche le plus de l'orientation calculée E. 7° 8' io",23S. qui estcelle^de la perpendiculaire à l'auxiliaire Ta, représentant du système du Vercors. Ce cercle passe seulement à i" 1' 23",98deBuxières-lés-Belmont; le svstème qu'il représente aurait pu Irès-bien faire sentir son influence dans le département de la Haute-Marne; cependant nous n'avons trouvé aucun accident stratigraphique qui puisse lui être attribué, et je ne vois rien qui autorise à rapporter à sa perpendiculaire des accidents aussi considérables que ceux que représente l'orientation observée E.9°3o'S. Mais à moins de L\' de distance de l'orientation que je néglige se trouve l'orientation calculée E. 7"4' 2o",35 S. d'un auxiliaire Ta qui est homologue et symétrique du représentant du système des Pays-Bas, et qui passe à 3" 34' 12", 35 seule- ment de Buxières-lès-Belmont. Ce cercle, qui, d'une part, entre dans l'océan Atlantique en passant très-près du cap Clear, Land's End de l'Irlande, qui de l'autre passe en Arménie, près du mont Ararat, et qui, dans l'uiiervalle, s'adapte très-heureusement à l'orographie des contrées qu'il traverse, n'a pas encore été signalé comme le repiésentant d'aucun système de mon- tagnes; mais rien ne paraît s'opposer à ce qu'on le considère comme le représentant d'un système nouveau dont les accidents orographiques de la Haute-Marne, auxquels appartient l'orientation observée E. 9" 3o' S., four- niraient la première révélation. Adoptant provisoirement ce rapprochement, j'inscris dans la sixième colonne la différence positive + 2" 25' 39", 65. » Mais quelque naturel que me paraisse ce rapprochement, je ne dois pas dissimider qu'il m'aurait paru très-naturel aussi de voir apparaître dans les calcaires oolitiques du département delà Haute-Marne, situé entre les ballons des Vosgeset les collines du Bocage de la Normandie, des accidents stratigra- phiques reproduits ayant la direction du système des Ballons. L'orientation calculée de l'auxiliaire DT/; qui représente ce système est E. i4°2'47"?24 S. 23.. ( i68 ) Elle diffère de 4" ^2' 47 ",24 de l'orientation observée E. 9°3o'S. Une pareille différence est-elle trop grande pour être admissible? Je réserve ce point pour une discussion ultérieure, qui sera peut-être éclairée par des observa- tions faites dans les départements voisins de celui de la Haute-Marne, et j'inscris, mais avec doute^ dans la sixième colonne, la différence négative -4°32'47",24. » L'orientation observée E. a i°3o' S. se rapproche le plus de l'orienta- tion calculée E. 18° 53'4i", 22 S., qui appartient à Toctaédrique du mont Sinaï représentant du système des Pyrénées. La plus courte distance de ce cercle à Buxières-lés-Belmont est de 6°4o'37",oo, et elle exclut d'autant moins l'influence du système des Pyrénées dans la Haute-Marne que cette influence est connue pour s'être exercée plus loin encore vers le nord, dans la protubérance wealdienne de l'Angleterre et au pied septentrional du Hartz. Il est donc naturel de rencontrer jusque dans le nord du département de la Haute-Marne quelques accidents slratigrapliicpies qui se ra|)portent au système des Pyrénées. Je porte eu conséquence dans la sixième colonne la différence positive 4- 2" 36' 18", 78. » Mais j'observe en même temps que le système du Rhin étant repré- senté dans le département de la Haute-Marne par de nombreux accidents stratigraphiques, il serait natiu'el qu'il y existât quelques fissures dirigées perpendiculairement à ces derniers. Or la perpendiculaire au primitil delà Nouvelle-Zemble représentant du système du Rhin est très-voisine de la parallèle à l'octaédrique des Pyrénées. Elle est orientée E. 18" 36' 46", 19 S. I^ 'orientation E. 2i°3o'S. en diffère de + 2°53' i3",8i . Je porte encore dans la sixième colonne cette différence positive. » L'orientation observée E.44"'45'S. se rapproche le plus de l'orienta- tion calculée S. 44" 4^' ^7", 70E., qui appartient à l'auxiliaire IT représen- tant du système du Morbihan, et en ayant égard à la manière dont les orien- tations sont notées (1), on verra aisément qu'elle en diffère seulement de o°28'22",3o. La plus courte distance de liuxières-lès-Belmont à l'auxiliaire IT n'étant que de i"29'3",5o, il y a lieu de présumer que le système du Morbihan a fortement agi sur les terrains anciens qui forment, dans le dé- partement de la Haute-Marne, le substratum des terrains secondaires, et il est naturel (]ue dans les dislocations postérieures il ait exercé son influence sur ces terrains. J>e rapprochement auquel le calcul nous conduit ici direc- lement n'est pas moins heureux que ceux qu'il nous a donnés relativement (i) /'oir la Note C à la lin du Méinoirc. ( '% ) aux systèmes du Rhin et du Ilundsruck. Je porte en conséquence dans la sixième colonne la différence négative — o''28'22",3o. » L'orientation observée S. 3i° i5' E. se rapproche le plus de l'orienta- tion calculée S. So" 32'26",28E. qui se rapporte à la perpendiculaire abaissée sur l'auxiliaire TrtH, représentant du système de l'Érymanthe et du Mer- nioucha, observé et décrit par M. Pomel (i). Elle en diffère seulement de o°42'33".72. Cependant n'ayant pas trouvé dans la Haute-Marne d'acci- dents sfratigrapliiques qui paraissent se rapporter à ce système, dont la plus courte distance à Buxières-lès-Belmont est de G° i t'32",445 on ne voit pas pourquoi il y existerait des fissures dirigées perpendiculairement à son orientation. Je crois donc que le rapprochement auquel le calcul nous con- duit ici directement doit être rejeté. » Mais l'orientation calculée que je viens de citer est comprise entre deux autres qui fournissent des rapprochements plus probables. La pre- mière S. 32° 2' 28", 23 E., qui est celle de la perpendiculaire à l'auxiliaire Tf représentant du système du Hundsruck, ne diffère de l'orientation observée que de o'' 47'28", 23, différence qui ne s'éloigne pas de 5' de celle que nous venons d'abandonner. Or le département de la Haute-Marne nous ayant présenté difiérents accidents stratigraphiques orientés suivant la direction du SA'stème du Hundsruck, il est naturel qu'il y existe aussi quelques fissures dirigées perpendiculairement à son orientation. Ce nouveau rapprochement est donc admissible et je porte dans la sixième colonne la différence positive + o°47'28",23. » D un autre côté plusieurs des accidents stratigraphiques auxquels se ra[)- porte l'orientation S. 3i° 1 5'E. étant assez étendus, j'hésiterais à les rapporter tous à des fissures perpendiculaires au système du Hundsruck. Je remarque alors que l'orientation calculée S. 28°53'i4", 1 i E. ne diffère elle-même de l'orientation observée que de 2"2i'45", 89. Cette orientation calculée appar- tient à un auxiliaire T b, homologue de celui qui représente le système du San- cerrois.Ce cercle, dont la plus courte distance à Buxières-lès-Belmont n'est que deo° 56' 1 8", 88, passe en Islande, près de l'Hécla, et s'adapte assez heu- reusement aux accidents orographiques delà partie du continent européen qu'il traverse. Il n'a pas encore été signalé comme le représentant d'aucun système de montagnes, mais il pourrait autant qu'aucun autre être adopté (i) Voir Comptes rendus, t. XLIII, p. 881, soance du 3 novembre i85(i, et t. XI.VII, p. 852, séance du 2g uovcmbre i858. ( 17° ) comme le représeiilant d'an système noiivecHi, dont les accidents stratigra- phiques du département de la Haute-Marne fourniraient la première révé- lation. Je crois pouvoir lui rapporter la plupart des accidents stratigraphi- ques du département de la Haute-Marne auxquels correspond l'orientation observée S. 3i°i5'E. Je porte donc dans la sixième colonne la différence négative — 2*^ 21' 45", 89. « L'orientation observée S. 22°i5'E. se rapprocbe le plus de l'orienta- tion calculée S. 23°42'58",73E., qui appartient à l'auxiliaire IT représentant du système du mont Viso. Ce cercle passe à o''8'4i"5 94 seulement de F)Uxières-lès-Belmont. Il traverse le département de la Haute-Marne suivant son plus grand diamètre, en s'adaptant d'une manière très-exacte à ses acci- dents orographiques et stratigraphiques. Il est extrêmement naturel qu'il y soit représenté par des accidents stratigraphiques bien marqués, comme le sont ceux auxquels se rapporte l'orientation observée S. 22° i5'E., et le rap- prochement que nous fournit direclemenl le résultat brut du calcul est des plus heureux. La diftéronce entre l'orientation observée et l'orientation cal- culée est de + i°2'^'58",'73. Je la porte dans la sixième colonne. » L'orientation observée S. i2°i5'E. se rapproche le plus de l'orien- tation calculée S. \'5° 10' i4",pt9E. qui est celle de la perpendiculaire à l'auxiliaire DT/', représentant du système du Finistère. Ce système étant représenté dans le département de la Haute-Marne par des accidents stratigraphiques déjà mentionnés, il est naturel qu'il y existe aussi des fis- sures perpendiculaires à sa direction. I^e rapprochement que nous fournit directement le calcul ne doit donc pas être rejeté; j'inscris dans la sixième colonne la différence positive -4- o" 55' i4"529. » Mais l'orientation observée S. 10." i 5' E. appartenant, dans le déparle- ment de la Haute-Marne, à un grand nombre d'accidents stratigraphiques souvent fort étendus, je crois que la plupart de ces accidents doivent se rapporter à une parallèle plutôt qu'à une perpendiculaire. Or ceïte orientation observée peut aussi être rapprochée de l'orientation calculée S. 14" 38' 2", 12 E. cjui vient immédiatement avant la précédente, et qui appartient à l'auxiliaire Da, représentant du système du Forez. Ce cercle passant à i°4o''^"î69 seulement de Buxières-lès-Belmont, il est très-pro- bable que le système du Forez a joué un rôle dans l'accidentation du sous- sol qui supporte dans la H.iute-Marne les terrains secondaires, et il est naturel qu'il ait exercé son influence sur ces terrains par le contre-coup de dislocations postérieures. C'est probablement à ce système que se rappor- ( 17' ) tent la plupart des accidents stratigraphiques auxquels correspond l'orien- tation observée S. 12" [5'E. Je porte dans la sixième colonne la différence positive + 1° 23' 2", 12. » Tel est à peu prés le bilan des relations qui n>e paraissent exister entre les orientations des accidents stratigra|)liiques observés par M. de Chan- courtois et par moi dans le département de la Haute-Marne et les cercles du réseau pentagonal qui représentent les différents systèmes de montagnes. « En empruntant aux cercles de ce réseau 86 orientations, et en les rap- prochant sans autres préluiiinaires des 16 orientations observées dans le département de la Haute-Marne, on aurait pu craindre de faire naître une confusion presque babélienne. La discussion qui précède montre qu'il n'eu a pas été ainsi; mais il ne sera peut-être pas inutile de consigner ici quelques remarques générales au sujet des rapprochements admis entre les orienta- tions observées et les orientations calculées. )) Le tableau n° 4 ci-après présente les 43 cercles du réseau ijeiiUvjonal qui sont entrés par leurs parallèles et par leurs perpendiculaires dans la composition de la rose des directions calcidées, rangés dans l'ordre de leurs distances à Buxières-lès-Belmont, c'est-à-dire d'après les longueiu's des per- pendiculaires abaissées de Buxières-lès-Belmont sur chacun d'eux. Des astérisques placés dans la dernière colonne de ce tableau indiquent les cercles qui se sont prêtés, soit par leurs parallèles, soit par leurs perpen- diculaires, à des rapprochements avec les orientations observées. Ils sont au nombre de 18, dont 2 n'ont fourni que des rapprochements douteux, ce qui réduit à 16 le nombre de ceux qui ont donné lieu à das rapproclie- ments admis comme incontestables. 16 n'est pas tout à fait égal aux f de 43 ; ainsi plus des ^ des cercles soumis au calcul ont été éliminés. Parmi ces der- niers se trouvent les 9 cercles dont la distance à Buxières-lès-Belmont est la plus grande, et sur ces 9 cercles 2 seulement ont élé rejetés nommément à cause de cette grande distance; mais aucun des -j autres n'a même été indiqué par les résultats bruts du c.iicul, ce qui semble légitimer implicitement les motifs de l'exclusion des deux premiers. Parmi les 34 autres cercles, 16, c'est-à-dire à peu près la moitié, ont été admis, e! le choix est tombé plutôt sur ceux dont la plus courte distance à Buxières-lès-Belmont est petite on médiocre que sur ceux qui en sont plus éloignés; 9 d'entre eux passent à moins de 2° -^ de Buxières-lès-Belmont. Toutefois 4 cercles qui passent à moins de 1° de Buxières-lès-Belmont n'ont donné lieu à aucun rappro- chement, ou seulement à un rapprochement douteux; ainsi ce n'est pas seulement le voisinage plus ou moins grand qui a dirigé le choix. ( '72 ) TABLEAU N° i. Quarante-trois cercles du réseau penta^onal rangés dans Tordre de leurs distances à Buxières-lès-Belmont. DÉSIGNATION DES CERCLES. 1 . Auxiliaire Te, Hundsnick . 2. Auxiliaire Da, Cote-d'Or 3. Auxiliaire IT, Mont Viso 4. Auxiliaire HniîH (Minorque, Norvège) 5. Primitif de Lisbonne G. Auxiliaire T'j, Tatra . 7. Auxiliaire T aie, Longmynd 8. Auxiliaire TS, homologue du Sancerrois (Hécla) 9. Bissecteur de l'île d'Alboran, Mont Seny (M. Vézian) 10. .Vuxiliaire T. Bissecteur de Bassorah 26. Auxiliaire Ta, Tatra (M. Pomel) 27. Primitif de l'Etna; Tenare 28. Primitif de Saint-Kilda ; Thuringerwald 29. Bissecteur des îles Ioniennes 30. Auxiliaire \b. Mont Serrât (M. Vézian). 31. .Auxiliaire TaH Erymanthe-Mermoucha (M. Pomel)... 32. Octaédrique du Mulehaeen 53. Octaédrique du Mont Sinaï, Pyrénées 34. .Auxiliaire Hba, Alpes principales. . . 33. Auxiliaire Tc4, cap Ortegal (M. Pomel) 3G. Dodécaédrique rhomboidal du cap de Dénia 37. Auxiliaire HTi, cote de l'Algérie 38. Dodécaédrique rhomboidal de l'Etna, Axe volcanique.. 39. Octaédrique de l'ile Trinidad 40. Octaédrique de iNijney-Tagilsk 41. Octaédrique d'Hindoë 42. Dodécaédrique régulier des Açores 45. Auxiliaire, IT, Ural LOiVGUEURS des perpendiculaires abaissées de Buxlères-Ies-Beloioiit. 0, 2. 3 1,35 0. 4-35,77 0. 8.41,95 O.II .32,5;} 0.28.33,48 0.48. 2,4l 0.49.16,38 0.56. 18,88 1. 0.53,28 I. r.23,98 I .29, 3,5q 1.40. 8,69 1.47.16,82 1,55. 1 5,1 g 2. 14. 58, 85 2.24.25,46 2.44.39,54 3.10.46,73 3.31.16,70 3.33.32,58 3.34.12,35 3.47.51,88 3.55.45,15 4. 2.58,37 4. 7.32,93 4. 8.32,4i 4.22.26,49 4.40. 9,26 4.45.17.49 5.46.40,76 6.11 .32,44 6. i3.5i ,56 6.40-37, 00 6.5o. II ,94 7.58.57,39 8.31.37,98 10.56. 0,73 11.19.20,97 1 I .47-26,42 12.42- 2,56 15.34. 0,23 21 .48.33, 17 33.27.15,39 ( '73 ) » Parmi les 16 rapprochements établis de prime abord en comparant chacune des orientations observées à l'orientation calculée qui en différait le moins, 12, c'est-à-dire les trois quarts, ont paru de nature à être conser- vés, d'après les considérations géologiques qui se rattachent aux différentes orientations calculées, et quelques-uns même de ces rapprochements se sont trouvés singulièrement heureux. Dans les quatre autres cas, l'orientation calculée indiquée par le résultat brut du calcul a dû être remplacée par luie autre. Deux fois l'orientation observée étant comprise entre deux orienta- tions calculées voisines l'une de l'autre, il a suffi de remplacer celle qui se trouvait au-dessous par celle qui se trouvait au-dessus, ce qui a fait substi- tuer une différence positive à une différence négative un peu moins forte. Dans le troisième cas, l'orientation indiquée par le calcul a dû être rempla- cée par sa plus proche voisine, qui en différait de moins de 4'- Dans le quatrième cas seulement, il a fallu chevaucher par-dessus 4 orientations calcidées, peu différentes l'une de l'autre, pour arriver à celle des Alpes principales, qui était la seule qu'on pût adopter. » Mais, indépendamment de ces j6 rapprochements, U a paru convenable de s'occuper de 8 rapprochements subsidiaires, dont a sont restés douteux, ce qui réduit à 6 le nombre de ceux qui ont été admis sans hésitation. Cela suppose que 6 des 16 orientations observées reuferuiaient chacune deux groupes d'orientations très-peu différentes l'une de l'autre et qui s'étaient trouvées confondues. )! En résiuné, sur 22 orientations calcidées définitivement adoptées, 12 ou plus de la moitié avaient été indiquées direclement par les résultats bruts du calcul. 10 seulement y ont été adjointes par substitution ou par addition. On pourrait dire cjue ces dernières ont seules été l'objet d'un choix spontané, et cela permettrait de critiquer, connue étant impropre dans un certain sens, la dénomination d'orientations choisies que j'ai donnée indistinctement aux nues et aux autres. Maison pourrait ré|)ondre que les rapprochements indiqués directement par le calcul n'ont pas été maintenus sans un contrôle qui équivaut à un second choix ajouté au choix eu apparence aveugle du calcul, de sorte que les orientations calculées auxquelles ils se rapportent ont été doublement choisies. « J'ai indiqué cette circonstance dans la dernière colonne du tableau n° 4, en marquant de deux astérisques les cercles doublement choisis. J'ai même marqué de quatre astérisques les cercles qui représentent les systèmes des ï'yréiiéeset du Fuiislére, parce que leurs parallèles et leurs perpendi- C. H., 1SG2, .!"'' Semjsiie. {T. LV, N" 4.) 3^ ( -74 ) culaires ont été chacune, et indépendeuunent l'une de l'autre, l'objet d'un double choix. TABLEAU N" 5. Différences relatives aux orientations choisies. DÉSIGNATION DES ORIENTATIONS CHOISIES. 1 . Auxiliaire Tfc, Sancerrois 2. Perpendiculaire à IT, Mont Viso 5. Perpendiculaire à Dd, Forez 4. Auxiliaire Da, Côte-d'Or o- -Auxiliaire Te, Hundsruck G. Auxiliaire IT, Morbihan 7. .auxiliaire l'a, Tatra (M. Pomel) 8. Bissecteur DH de l'ile d'Alboran, Mont Seny (M. Véîian). f». Perpendiculaire à DT6, Corse et Sardaigne iO Perpendiculaire à Te, Hundsruck li. Perpendiculaire à DTfc, Finistère 12. Auxiliaire à DTfc, Finistère 15. Auxiliaire à IT, Mont Viso 14. Perpendiculaire h l'Octaédrique du Mont Sinaï 18. .auxiliaire H ba, Alpes principales 16. Primitif de la Nouvelle-Zemble; Rhin 17. Auxiliaire Tt, homologue du Sancerrois (Hécla) 18. Auxiliaire Da Forez 19. Auxiliaire Da, homologue des Pays-Bas 20. Perpendiculaire au primitif de Saint-Kilda 21. Octaédrique du Mont Sinai; Pyrénées 22. Perpendiculaire au primitif de la Nouvelle-Zemble DIFFERENCES ranKécs par ordre de grandeur. — o . 1 . 23 , 3i) — 0. 2.. 1 , 27 — 0. G. 57, 88 -1- 0.21 .58,20 — 0.27.31,77 — 0.28.22,30 -h 0.29.17,87 -f- 0.40.57,41 -+- 0.45.50,03 -+- 0.47.28,23 ■+- 0.55. 14,29 + 1.25.14,29 -t- 1.27.58,73 -H 1.51.18,78 — i.52.3o,i4 ■+- 2. 8,i3,8i — 2.21.45,89 H- 2.23. 2, 12 ■+- 2.25.39,65 — 2.29. 4,44 -h 2.36.18,78 -+■ 2.53. i3,8i 29. 1.23,08 Moy. 1.19 6,5o DIFFERENCES classées d'après leurs sipnes. 1— 2.29. 4,44 2— 2.21.45,89 5 — 1 .52.3o, i4 4 — 0.28.22,30 5— 0.27.31,7; 6- 0. 6.57,8s 7 — o. 2. 1 ,27 8 — 0. 1 .23,39 — 7-49-37,o8 Moy. 0.58.42,14 1- 2- 5- 4- S- C- 7- 8- 9 10- II- o. ai. 58, 20 0.29.17,87 0.40.57,41 o.45.5o,o3 0.47.38,23 0.55.14,29 1.25.14,29 1 .27.58,73 1.51.18,78 2. 8.i3,8i 2.23. 2.12 12 -H 2.25.39,65 15-1- 2.36.18,78 14-+- 2.53.13, 81 21 . 1 1 .46,00 Moy. l.3o.5o,42 » Le tableau .1° 5 présente les 22 différences entre les orientations obser- vées et les orientations calculées choisies, disposées de la même manière que les 16 différences minima dans le tableau n° 5. Dans la 2* colonne, ces 22 différences, qui sont empruntées à la 6* colonne du tableau n° 1, sont rangées par ordre de grandeur depuis 0° i' 23",39 jusqu'à 2° 53f i 3",8i . La plus grande des différences minima était de 2° 36' 18", 78; celle-ci se retrouve dans le tableau n" 5, où elle occupe l'avant-dernier rang; ainsi les ( '75 ) choix nouveaux que nous avons faits n'ont introduit qu'une seule différence supérieure à la plus grande des différences niinima. La moyenne des diffé- rences ininima était de i° i' i 2", 97. La moyenne des 22 différences relatives aux orientations choisies est de i°i9'6",5o. L'augmentation n'est pas tout à fait d'un tiers en sus. » Mais la principale dissemblance entre les différences minima et celles qui sont relatives aux orientations choisies se manifeste dans la 3"= colonne du tableau n" 5, dans laquelle les 22 différences qui nous occupent actuel- lement sont classées d'après leurs signes, en commençant par la différence négative la plus forte et en finissant par la plus grande des différences po- sitives. Ici, comme dans le tableau n"3, il y a 8 différences négatives. Leur moyenne est de o°58'42", i4 au lieu de o" 36' 17",! i, ce qui constitue une augmentation d'environ moitié en sus. Mais au lieu de 8 différences posi- tives, comme dans le tableau n° 5, il y en a ici i4, c'est-à-dire que le nombre en a presque doublé et est devenu en même temps presque double de celui des différences négatives; et c'est leur nombre qui a augmenté plus que leur grandeur, car la moyenne des différences positives, qui était de 1° 26' 8", 84 dans le tableau n" 5, est ici seulement de i°3o'5o",42. L'augmentation est presque insignifiante et moins grande que pour les différences négatives, ce qui n'enq^èche pas la moyenne des différences posi- tives d'être encore d'un tiers plus grande que la moyenne des différences négatives. » Le fait saillant que ces comparaisons mettent en évidence est la mul- tiplication des différences positives. En nous laissant guider uniquement par les considérations géologiques qui motivaient les rapprochements que nous avons adoptés, nous avons été conduits à faire prédominer les diffé- rences positives par leur nombre plus encore que par leur grandeur. Il me paraît extrêmement probable d'après cela que ces différences dérivent de quelque circonstance géologique et ne sont pas dues uniquement aux hasards des erreurs d'observation. » Une autre remarque qu'on peut faire, d'après le tableau n° 1, au sujet des signes de ces différences, c'est que sur 7 orientations observées pour lesquelles nous avons été conduits à inscrire 2 ou même 3 différences dans la G*' colonne, 5 ont donné 2 ou même 3 différences de même signe, tandis que 2 seulement ont donné des différences de signes contraires, et encore trouve-t-ou parmi ces dernières l'orientation Eg^So'S., qui ne donne 2 dif- férencesque lorsqu'on la r.q)proche de l'orientation calculée du système des Ballons, rapprochement que j'ai signalé comme douteux. Ainsi on peut dire 2/i.. ^ 176) qae généraleiiieiit les différences qui se rapportent à une même orienta- tion observée sont de même signe, ce qui doit porter à supposer que la cause de ces différences réside dans les orientations observées ou dans les observations qui les ont fournies. )) Mais quelle cause habituelle d'erreur peut influer sur les orientations observées, rectifiées, comme nous l'avons fait, d'après une topographie aussi précise que celle du Dépôt de la Guerre? C'est précisément cette rectification (lui a pu faire passer inaperçue la cause d'erreur que je vais signaler. » Lorsqu'on prend avec une boussole la direction d'une faille, on la prend très-grossièrement, mais cette mesure grossière se rapporte direc- tement à la chose qu'on a en vue, et, en multipliant suffisamment les obser- vations, on pourrait espérer d'obtenir une évaluation rigoureusement exacte. Lorsqu'on détermine d'après une carte, ou d'après un plan de mine. la direction d'une faille ou fi'un filon, en en joignant deux points éloignés par une ligue droite, on remplace la direction normale des élé- ments principaux de cette faille ou de ce filon par une sorte de résultante (laiislaquelleentrent nécessairement toutes les déviations, tous les rejets que la direction normale a éprouvés à la recontre de différents accidents strati- graphiques transversaux. I^a direction normale reste la composante [i) prin- cipale de la i-ésullanle qu on lui substitue, mais elle est distincte de cette résultante en fait comme en principe, et les personnes qui ont l'habitude de consulter des plans de mines conviendront sans peine que la différence des deux directions peut atteindre et même dépasser une amplitude de V. à 3°, telle que celle des différences dont nous cherchons l'origine. n Voyons si l'application de cette remarque nous conduira à une expli- cation plausible de l'existence de ces différences et de leuis signes. » L'orientation observée N. 20°45'E., comparée aux orientations de la perpendiculaire à l'octaédrique des Pyrénées et de la parallèle au système du Rhin, nous adonné les deux différences -t- i°5i'i8",78 et -h 2° 8' i3",8i. La seconde de ces différences, qui est la plus considérable, est aussi la plus importante à considérer, parce que les fissures perpendiculaires à la direc- tion dos Pyrénées ne devant avoir que peu d'étendue dans la Haute-Marne, c'est évidemment d'après l'orientation des accidents straligraphiques affé- rents au système du Rhin qu'a été réglée l'orientation observée N. 20" 45' E. Or, lorsque les failles du système du Rhin se sont produites dans le sous- (i) On comprendra aisément que j'emploie ici les mots résultante et cnntpnsnnte dans un sons purement géométrique. ( n'i sol du département de la Haute-Marne, les terrains anciens y étaient déjà fortejnent accidentés, suivant la direction du Hundsruck qui, à Buxières- lès-Be!mont, fait avec celle du système du Rhin un angle de JÎ9°2o'45",58. En rencontrant, sous une incidence d'environ l\o° ces accidents préexistants, qui selon toute apparence étaient nombreux et considérables, les failles, suivant leurs allures bien connues, ont dû les suivie chaque fois sur une certaine distance pour reprendre leur cours un peu plus loin. Elles ont ainsi contracté une disposition en échelon, et la direction générale de chacune d'elles est devenue la résultante de la direction normale de ses éléments; ijrincipaux et de petits éléments obliques appartenant par leui' direction au système du Hundsruck (i). La direction générale a donc été nécessairement plus éloignée de la ligne N.-S. que l'orientation du système du Rhin, et la différence de ces deux orientations a été dans le sens que nous avons consi- déré comme positif et auquel nous avons attribué, le signe +. " La rencontre des failles du système du Rhin avec les accidents stratigra- phiques du système du Finistère, rencontre qui a lieu sous une incidence de 58° i3'59",52, a dû produire des effets analogues et dans le même sens. En outre, si les failles du système de la Côte-d'Oret du système des Alpes princi- pales, en rencontrant celles qui ont la direction du systémedu Rliin sous des angles de 29° 1 6' 1 5", 6 1 et de 5/f 3o' 43", gS lesont rejeiées, suivant la règle vul- gaire, du côté de l'angle obtus, elles ont dû produire aussi des déviations dans le sens positif, déviations que la pression transversale qui produisait le soulèvement tendait encore à augmenter. Quant à l'amplitude de la dé- viation totale, il n'y a rien d'exagéré à admettre qu'elle ait pu être de 2" et même plus. Nous avons donc une explication plausible de la différence + 2''8'i3",8i. » Les fissures perpendiculaires à la direction des P\ rénées n'ont pas été à l'abri des influences dont nous venons de parler et ont pu de leur côté dévier dans le sens des différences positives, ce qui explique la différence + i°5i'i8",78. » L'orientation observée N. 34"^ o'E. se rapporte à des accidents strati- graphiques qui ont du rencontrer fréquemment les failles du système du Rhin et du système du Forez, et, en y appliquant les mêmes raisonriements que ci-dessus, on voit qu'elles ont dû être déviées par ces rencontres, de manière à se rapprocher de la ligne N.-S., c'est-à-dire dans le sens négatif, ce qui explique la différence négative — 2° 29' 4", 44- » Je ne m'arrêterai pas aux orientations observées N.37''iVE.. (i) Foir\a noie D à la fin du Mémoire. ( '78) t. 4i°45'N., E. 32°3o'N., E.23°/i5'N., parce qu'elles n'ont fourni à la sixième colonne du tableau n° 1 que des différences trop peu considéra- bles pour qu'il soit indispensable de leur consacrer des explications spé- ciales. » Je passe à l'orientation observée E. i8°/|5' N. qui, comparée à l'orien- tation calculée du système des Alpes principales E. i6° 52' 29",86 N., a donné pour la sixième colonne du tableau n° 1 la différence négative — i''52'3o",i4- Cette orientation fait avec celle du système du Hundsruck un angle de i5°9'58",37; avec celle du système de la Côte-d'Or un angle de 25" i4'29", 34; avec celle du système du Rhiti un angle de 54°3o'44",95. Ces trois angles sont ouverts vers le N.-E., et les accidents stratigraphiques des trois systèmes, que ceux du système des Alpes principales ont fréquem- ment rencontrés dans leurs cours à travers le département de la Haute- Marne, sont placés de manière à dévier ces derniers vers le nord et à pro- duire la différence négative que nous avons obtenue. » L'orientation observée E. i4°45' N. n'a fourni à la sixième colonne du tableau n" 1 qu'une différence de — o°6'57",88 ; je ne m'y arrêterai pas. 1) L'orientation observée E. ii°45'N., comparée à l'orientation calculée du système du Finistère E. i 3" lo' i4",29N., a donné la différence positive -+- 1*^2 5' 1 4", '-^Q- Cette différence est presque aussi grande que celle qu'a donnée le système des Alpes principales; seulement elle est en sens inverse, ce qui, à moins de circonstances particulières sur lesquelles les données manquent encore, ne permettrait pas de l'attribuer à l'influence des mêmes systèmes. Mais on peut remarquer que dans les parties méridionales du dé- partement de la Haute-Marne, où s'observent surtout les failles orientées E. ii"45'N., ces failles sont rencontrées par des accidents stratigraphiques parallèles aux systèmes des Pyrénées, du Morbihan, du mont Viso qui font respectivement avec l'orientation du système du Finistère des angles de 32°3'55",5i, 58» 23'36",59, 79027' i5",56, ouverts vers le S. -E. et qui sont placés de manière à produire, d'après la seule règle vulgaire de l'angle obtus, une déviation dans le sens positif telle que celle que nous avons obtenue. » L'orientation observée E. 3°o' N., suivant l'orientation calculée à la- quelle nous l'avons comparée, nous a donné pour la sixième colonne du tableau n" 1 trois différences de grandeurs différentes, mais toutes les trois positives, dont une seule, qui m'a paru douteuse, est considérable et pour- rait néanmoins s'expliquer par l'influence des mêmes svstèmes que la dif- férence également positive du système du Finistère. » L'orientation observée E. 9° 3o' S. nous a donné, suivant l'orientation ( 179 ) calculée avec laquelle uous l'avons comparée, deux différences de signe con- traire, dont l'une m'a paru douteuse. Elle a rencontré des accidents strati- graphiques parallèles aux systèmes du Finistère, du Hundsruck, de la Côte- d'Or, du Rhin, qui pouvaient la dévier dans le sens négatif, et d'autres parallèles aux systèmes du Morbihan, du Forez, du mont Viso, qui étaient propres à la dévier dans le sens positif. En choisissant celle des deux diffé- rences à laquelle on s'arrêtera définitivement, on choisira aussi les systèmes par lesquels on la supposera déviée, mais les moyens d'explication ne feront pas défaut. » L'orientation observée E. ai^So'S., comparée aux orientations de la parallèle au système des Pyrénées et de la perpendiculaire au système du Rhin, nous a donné les dtnix diffrrences positives -4- 2" 36' 18", 78 et ■+- 2° 53' i3",8i . Lorsque les accidents assez modernes auxquels correspond cette orientation observée se sont formés, ils ont rencontré ceux des systè- mes du Morbihan, du Forez, du mont Viso, qui tous étaient propres à les dévier dans le sens positif. » L'orientation observée £.44" 45' S. n'ayant donné qu'une différence de 0° 28' 22", 3o, je ne m'y arrêterai pas. •> L'orientation observée S. 3i" i5' E. nous a donné deux différences de signes contraires, dont l'une positive, +o°47'28", 23,esl encore assez faible pourquenousnenousyarrêtionspasjmaisdontl'autreestde — 2°2i'45",89. Les accidents stratigraphiques auxquels correspond cette orientation ren- contrent notamment ceux des systèmes du Morbihan, des Pyrénées, du Finistère, qui tous seraient propres à la faire dévier dans le sens négatif. » L'orientation observée S. 22° i5"E., comparée à l'orientation calculée du système du mont Viso, nous a donné pour la sixième colonne la diffé- rence positive + i°27'58",73. Cette orientation fait à Buxières-les-Belmont, avec celle du système du Forez qu'elle rencontre fréquemment, un angle de 9" environ. D'après les dispositions respectives des accidents des deux sys- tèmes, il est probable que la direction des accidents représentés par l'orien- tation observée que nous considérons, ont fréquemment dévié suivant celle du système du Forez, et cette déviation a été dans le sens positif. L'orienta- tion observée fait en même temps à Buxières lès-Belmont, avec l'orientation calculée du système du Rhin, un angle de 42° 1 9' 44", 92, et avec l'orientation calculée du système de la Côte-d'Or, un angle de 71" 36'o",53, ouverts l'un et l'autre vers le S.-O. Les accidents stratigraphiques auxquels se rapporte l'orientation observée S. 22''i5'E., en rencontrant ceux de ces deux derniers o ( -80 ) systèmes, ont dû fendre à dévier aussi dans le sens que nous avons considéré comme positif. On voit donc que les moyens ne manquent pas pour expli- quer la différence positive + i''27'58", 73. » Enfin l'orientation observée S. 12° i5' N., comparée aux orientations calculées de la perpendiculaire au système du Finistère et de la parallèle au système du Forez, a donné à la sixième colonne du tableau n" 1 les deux différences positives + o" 55' i4",29 et + 2° 23' 2", 12, dont la dernière surtout est assez considérable pour réclamer une explication spéciale. Or l'orientalion calculée du système du Forez fait à Buxières-lès-Beimont, avec les orientations calculées des systèmes du Rhin, de la Côte-d'Or et du Himdsruck,desanglesde33°i4'48",3i,de62°3i'3",92etde72«35'33",89, uverts tous les trois du côté du S.-O. Les accidents straîigraphiques que re[)résente l'orientation observée S. 12° 1 5' E. en éprouvant l'influence des trois systèmes que je viens de mentionner, ont dû tendre, d'après la règle vulgaire, à dévier dans le sens positif, ce qui fournit une explication plausible de la différence + ï^ij' 2,12. La différence + o" 55' i4">29 s'expliquerait de même. » Les combinaisons que je viens d'indiquer ne sont pas les seules possi- bles, mais dans chaque cas elles m'ont paru les plus probables, eu égard à la position que les accidents strati^raphiques auxquels elles se rapportent occupent dans la contrée, et le fait que la différence observée est dans le sens de la déviation qu'elles auraient produite semble prouver que la na- ture a réalisé ces combinaisons ou iVnulies équivalentes quant au rémllnt. » Pour être complètement fixé à cet égard, il faudrait qu'on pût dégager les surfaces des roches du département de la Haute-Marne affectées par les failles et autres accidents stratigraphiques, de manière à y mettre en évidence la disposition en échelon que j'ai indiquée, et cà remplacer la résuliante qu'on a seule tracée par la composante principale qu'on a eue réellement en vue. On serait très-probablement conduit par là à corriger les orientations observées de manière à diminuer considérablement les différences entre ces orientations et les orientations calculées. Mais une pareille o|)éraliou serait jiiexécutable, et nous devons nous contenter d'avoir recoiuui que pour chacune des différences un peu considérables que les résultats du calcul nous ont données, on |)eut trouver un système de déviations ou de rejets qui, condîiné avec la direction calculée, aurait produit une différence de même signe que celle que nous avons trouvée. I. Cette explication, si elle est exacte, montre que les déviations dont ( i8r ) nous nous occupons sont l'effet de la manière dont les failles et aulres acci- dents stratigraphiques sont disposés géographiquement dans le département de la Haute-Marne. Dans une antre contrée, des combinaisons différentes lyonriaient avoir lieu entre les mêmes systèmes stratigraphiques, et la prédo- minance des différences positives pourrait se trouver remplacée par la pré- dominance des différences négatives. » J'ai omis de proposer des explications pour les différences dont la valeur est inférieure à i", parce qu'à la rigueiu- on pourrait les négliger. Cependant je ferai observer qu'un examen attentif de ces différences con- duirait à s'en occuper aussi bien que des différences plus considérables et dans le même esprit. En effet, on voit dans la deuxième colonne du tableau n° 5 que, sur les 1 1 différences inférieures à i", 6 sont positives et 5 seulement négatives, et que les différences positives sont en masse beaucoup plus grandes que les différences négatives, ce c[ui montre, dans ces différences peu consi- dérables, la même préférence systématique pour le côté positif que dans les différences les plus fortes. Cas faibles différences présentent c[uelquefois des circonstances qui semblent exclure l'idée qu'elles aient été produites au hasard; ainsi, comme je l'ai déjà remarqué, les systèmes de la Cote-d'Or et du Hundsruck, dont les orientations sont en regard l'une de l'autre dans le tableau n" 1, présentent des différences presque égales et de signes con- traires + o°2i' 58",20 et — o°27' Sr^y-y, et on peut ajouter cjue ces dif- férences sont précisément dans le sens où chacun des deux systèmes aurait dû probablement être dévié par l'interférence de son voisin. De pareils rap- prochements peuvent naturellement porter à penser qu'une petite partie seu- lement de nos différences rentre complètement dans le domaine des erreurs d'observation (i); mais, pour appliquer, avec chances de succès, le mode d'explication que nous avons employé aux différences les plus faibles, il faudrait pouvoir l'employer avec toute la délicatesse dont il est susceptible. Or, en parlant des failles du département de la Hante-Marne, nous n'avons tenu compte que de leur direction, et nous avons omis de parler de leur inclinaison, qui n'a pas encore été déterminée. Il est bien probable cepen- dant qu'elles s'écartent souvent de la verticale d'une quantité plus ou moins (i) Si on pouvait réduire les différences qui nous occupent à leur partie purement acci- dentelle, tant pour les roses de Buxières-lès-Beluiont que pour celles de quelques autres localités, on pourrait peut-être essayer d'y appliquer la méthode des moindres carrés pour rectifier l'orientation du réseau pentagonal; mah je crois que, quant à présent, un pareil essai serait prémature. C R., tS6j, 2"»' Senu-sire. (T. L\', N» 4.) ^5 ( i82 ) grande, et tous les ingénieurs savent que, dans Vé/iiire du croisement des filons, le plongement joue un rôle important qui suffit pour expliquer des résul- tats dans lesquels on devrait voir des anomalies si on s'en tenait à la règle vulgaire du rejet du côté de l'angle obtus. Ces effets du plongement pourraient jouer souvent un rôle principal dans les déviations faibles qui ne doivent peut-être leur petitesse qu'à l'antagonisme de différentes causes, qui ailleurs ont agi de concert, et il serait téméraire d'entreprendre de les expli- quer sans connaître les plongements des failles. Même dans les cas de dévia- tions plus considérables que nous avons considérés, la connaissance des plongements aurait été une ressource subsidiaire ajoutée à celles que nous avions, et elle aurait pu modifier, en les simplifiant, certaines explications. » Il faut remarquer en outre que les déviations que nous avons consta- tées pourraient ne pas être dues en totalité à la cause unique que nous avons considérée, et d'ailleurs il est en soi-même peu probable que la ma- tière qui nous occupe possède le rare privilège d'être exempte d'anomalies. » J'ajouterai encore une dernière observation : cinq des déviations supé- rieures à i" que nous avons cherché à expliquer figuraient dans les ta- bleaux n" 1 et n° 3 parmi les dijjérences minima. Si relativement à trois seu- lement de ces différences le mode d'explication que nous avons employé était suffisamment motivé pour qu'elles se réduisissent à moins de i°, les orientations observées auxquelles elles se rapportent tomberaient dans les faisceaux au lieu de tomber dans les intervalles, et la probabilité préliminaire de 6 contre i que nous avons obtenue serait remplacée par une probabilité de io5 contre i [voir la note C à la fin du Mémoire), à laquelle viendraient toujours s'ajouter celles qui résultent de la convenance géologique des rapprochements que nous avons admis. » La convenance de ces rapprochements sera elle-même d'autant plus grande, que le rôle qu'ils assignent aux différents systèmes de montagnes dans la formation du relief actuel du département de la Haute-Marne sera plus conforme à celui qu'ils ont joué dans les autres parties de la France et de l'Europe. » Le plexus compliqué que forment les accidents stratigraphiques figurés sur la Carte géologique du département de la Haute-^Ltrne n'a pas été formé d'un seul jet, mais les données manquent en partie pour établir d'une manière précise le nombre et la date géologique des époques qu'on peut distinguer dans sa formation. » Nous avons été conduits à établir des rapprochements, sous le rapport des directions observées entre les accidents stratigrapliiques et dix-huit sys- ( i83 ) fèmes de montagnes indiqués par des astérisques dans le tableau n° 4. Parmi ces dix-huit systèmes il y en a huit, savoir : les systèmes du Finistère, du Morbihan, du Hundsruck, des Ballons, du Forez, du Rhin, du Thiirin- gerwald, duuiontSeny, qui sont antérieurs à la paiiie moyenne du terrain jurassique. Or, comme tous les accidents stratigraj^hiqnes du département de la Haute-Marne affectent la totalité des couches jurassiques, ces huit systèmes n'ont pu y manifester leur existence qu'en se reproduisant, posté- rieurement à leur première origine, par le contre-coup de dislocations plus récentes. >i J'avais observé depuis longtemps que dans les accidents stratigra- phiques du système de la Côte-d'Or dont l'origine est postérieure au terrain jurassique, « il y a quelquefois des déviations suivant la direction de frac- » tures plus anciennes. Ainsi dans la Haute-Saône, dans le midi de la Côte- » d'Or et dans le département de Saône-et-Loire, on voit un grand nombre » de fractures de l'époque qui nous occupe (Côte-d'Or) suivre la direction )' propre au système dit Rhin. Des faits analogues s'observent au pied des ') Vosges... "(i). H aurait été singulier qu'il n'en existât pas d'analogues dans le département de la Haute-Marne, et il l'aurait été également que cette reproduction des accidents anciens dans les terrains modernes, si clairement annoncée par les miroirs et autres phénomènes qu'on observe dans presque tous les filons, eùl été limitée au système du Rhin. En con- statant que six autres systèmes ont donné lieu à un phénomène semblable, nous avons obtenu un résultat facile à prévoir à priori, et dont l'absence eût été difficile à expliquer. * Parmi les dix autres systèmes, huit sont connus comme postérieurs au terrain jurassique : ce sont les systèmes de la Côte-d'Or, du mont Viso, des Pyrénées, de îles de Corse et deSardaigne, du Tatra, du Tatra de M. Pomel, du Sancerrois, des Alpes principales, et il en est peut-être de même des deux systèmes nouveaux dont j'ai cru reconnaître l'indication et que j'ai repré- sentés l'un par un cercle auxiliaire Tft homologue du système du Sancerrois et l'autre par un cercle auxiliaire D« homologue du système des Pays-Bas. Cependant ces deux derniers systèmes pourraient être antérieurs au terrain jurassique et n'avoir été que reproduits après coup dans le département de la Haute-Marne. De plus, l'un des deux systèmes désignés sous le nom de (i) Notice sur les soulèvements des montagnes, insérée dans la traduction française du Manuel géologique de M. de la Bèrhe (i833), p. 638, et Nolice sur les Systèmes de Mon- tagnes (i852), p. 409. 25.. ( i84 ) l'atra devra probablement être considéré comme étranger an département de la Hante-Marne, et les fissures dirigées perpendicnlairement à la direc- tion dn système des îles de Corse et de Sardaigne, s'il en existe réellement dans le département de la Haute-Marne, pourraient n'être qu'une déviation des accidents d'un système plus moderne. Cela réduirait donc à six les sys- tèmes de montagnes dont on peut assurer, dès aujourd'hui , qu'ils ont joué un rôle direct dans la formation du relief extérieur du département de la Haute-Marne, savoir : >> 1° j.e système de la Côte-d'Or, qui paraît avoir joué un rôle considérable dans cette contrée et avoir occasionné la reproduction des accidents de plusieurs systèmes plus anciens, notamment de ceux du Hundsruck et dn Rhin. » 2° Le système du mont Viso, dont le rôle a été considérable aussi et qui a occasionné de son côté la reproduction des accidents de plusieurs systèmes plus anciens, tels que ceux du Morbihan, du Rhin, du Forez et même du système de la Côte-d'Or, car on voit vers Join ville et Saint-Dizier des failles ayant l'orientation des systèmes du Rhin et de la Côte-d'Or affec- ter le terrain néocomien et même, je crois, le gris vert et le gault. » 3° Le système des Pyrénées, dont linfluence, dans la Haute-Marne, a été moins étendue. » 4° I^e système du Tatra, dont l'action s'est surtout exercée dans la par- tie sud-est du département, dans le singulier plexus de failles qui s'étend, au midi de Buxières-lès-Belmonî, de Cliarme-Saint-Valbert à Chassigny et an delà. )) 5" Le système du Sancerrois, dont l'action a été frès-restreinte. » 6° Enfin le système des Alpes principales, auquel se rapporte notam- ment le grand accident stratigraphique que M. de Chaiicourtois a tracé aux environs de Chalindrey et qui limite au S.-S.-E. la montagne de Lan- grès. Cet accident stratigraphique me paraît avoir complété le relief du département de la Haute-Marne en séparant le bassin de la Bresse de celui dans lequel se sont déposés des terrains analogues à celui de la Bresse, aux environs de Saint-Dizier, de Sainte-Menehould, etc. « Le système des Alpes principales a donc joué dans le département de la Haute-Marne un des rôles prépondérants. l\ a remis en jeu beaucoup d'accidents stratigraphiques produits par les systèmes antérieurs. Son action, superposée à celle du système de la Côte-d'Or, a créé le seuil conti- nental qui sépare le bassin de la Méditerranée de celui de l'Océan. Le sol aurait conservé le relief qu'il lui a imprimé, si les phénomènes diluviens qui ( '85 ) soiU survenus postérieuretrient n'avaient nioditié ce relief en produisant des dénudations considérables et en creusant ou façonnant les vallées, dans les- quelles leurs effets, qui semblent dater d'hier, sont souvent trés-reniarqua- bles et très-frappants. I) Si je ne nie trompe, cette ordonnance, déduite en priiicipe de la compa- raison de nos deux roses de directions, présente toute l'iiarmoine désirable avec les connaissances acquises sur le fiiçonnement progressif du sol de notre continent, et ce qu'elle offre en elle-même de naturel me paraît venir en confirmation des difféients rapprochemfuts indiqués dans mon Mé- moire. » NOTE A. Ce serait abuser des Comptes rendus que d'y développer longuement des calculs aussi élé- mentaires que ceux de la trigonométrie sphérique; je me bornerai à placer ici les formules imployées dans le cas actuel et un exemple des calculs numériques. Pour trouver l'intersection du cercle auxiliaire Da, représentant du système de la Cote- il'Or, avec un méridien dont la longitude orientale est /, on part des chiffres qui détermi- nent la position du cercle Da. Ce cercle est |)erpendiculaire au méridien dont la longitude orientale est L^ 53"56'2i",72 et il le coupe à une distance du pôle i = 29°58'49",0';. L'angle formé par les deux méridiens dont les longitudes sont L et /, est L — /= C. Le point d'intersection du cercle Da avec le méridien dont la longitude est / est le sommet de l'angle B d'un triangle spliéricpie rectangle dont le côté oppose est b et le second angle oblique C, et dans lequel on a, pour déterminer l'angle B et l'hypoténuse a, qui est la distance au pôle du sommet de l'angle B, (i) cot (7 = cot è cosC, cos B =:cos è sinC Si maintenant d'un point C situé sur le méridien dont la longitude est /, à une distance a du pôle, on abaisse une perpendiculaire sur le cercle D«, on aura un nouveau triangle sphé- rique rectangle, dont l'un des angles obliques sera B et dont l'hypoténuse a' sera égale à a — a ou a — a. Le second côté b' de l'.ingle droit opposé àB sera la longueur de la perpendiculaire, 1 1 le second angle oblique C sera l'angle formé par cette perpendiculaire avec le méridien. Le triangle dont nous parlons donne pour déterminer b' et C' les formules (2) sin i' = sin rt'sinB, cotC = cos^' tangB. EXEMPLE. Le centre de notre rose des directions étant situé près de Buxières-lès-Belmont , par 4'J°43''^' de latitude Nord et 3° 12' i5" de longitude Est de Paris, on a C = 53°56'2i",72-3°i2'i5" = 5o''44'6",72, A = 29° 58' 49", 07, et en appliquant les formules (i), on trouve I.cot29''58'49", 07 = 10,2389056 l.cos29''56' 49", 07 =9,9376168 l.cos5o"44' 6", 72= 9,8oi'3388 l.sin5o°44' 6", 72 = 9,8888696 l.cota= 10,0402444 l.cosB:= 9,8264864 ( '86) d'où on tire a = 42-' 20' 56", 76, B = 47°53' i",97. Pour appliquer les formules ( 2), on remarque que a étant le coraplément de la latitude de Buxières-lès-Belmont on a a = 4^° i4' 45", ce qui donne n' = n — a == o°6' 1 1", 76 et on trouve i.sin o" 6' II", 76= 7,2558370 1. cos 0° 6'it", 76= 9,9999993 l.sin47°53' i", 97 = 9,8702798 l.tang. 47''53' i", 97 = 10,0437929 1. sin è' = 7, 1261 163 l.cotC = 10,0437929 d'où on tire è' = o"4'35",77, C'=42"6'58",2o. Le dernier triangle rectangle que nous venons de calculer est très-petit. Ses trois angles sont B=47° 53' .",97 C'=42° 6' 58", 26 90° 00' 00", 00 Total 1 80" 00' 00", 1 7 Son excès sphérique est par conséquent de o", 17. L'hypoténuse de ce triangle étant de 6' 1 1" , 76 qui font environ 1 1 kilomètres, on trouverait à vue dans le tableau que j'ai placé à la page 83 de ma Notice sur les Systèmes de Montagnes, que son excès sphérique doit être en effet à très-peu de chose près de o", 17, d'où il résulte que le calcul de l'angle C du second triangle n'a pas introduit une erreur d'un centième de seconde. Le même moyen de vérification ne s'appliquerait pas aussi facilement au premier triangle qui est beaucoup plus grand, mais on peut souvent l'employer pour les triangles qui donnent les longueurs des perpendiculaires et leurs orientations, parce que ces derniers sont souvent assez petits. On voit d'après ce qui précède que le cercle Y>a passe au sud de Buxières-lès-Belmont, attendu que la distance au pôlea de son intersection avec le méridien de ce lieu est plus grande que a ; que la perpendiculaire abaissée de ce même lieu sur le cercle Da a une longueur de o''4'35",77 ou ; d'environ 65 1 3 mètres, soit 6 kilomètres j ou une lieue et demie, et que cette perpendiculaire est orientée à Buxières-lès-Belmont vers le S. 42°6'58", 20 E. La parallèle menée par Buxières-lès-Belmont à l'élément du cercle Dfl, sur lequel tombe la perpendiculaire, est elle-même perpendiculaire à cette perpendiculaire et orientée vers TE. 42''6'58",2oN. Les chiffres que je viens d'écrire sont ceux (ju'on trouve dans le tableau n° 1. NOTE B. Les faisceaux élargis de la rose des directions ont une amplitude totale de 90°5i'33", 02, soit environ5452 minutes. Les intervalles réduitsont une amplitude totale de 89^8' 26", 98, soit environ 5348 minutes. La somme de ces deux amplitudes est de 10800 minutes, c'est-à- dire égale au nombre de minutes qui sont comprises dans 180°, ainsi que cela doit être, puisque les faisceaux réunis aux intervalles comprennent la demi-circonférence entière. Si on tire au hasard dans la demi-circonférence de la rose un rayon quelconque, il tom- ( i87 ) liera nécessairement dans les faisceaux ou dans les intervalles. La probabilité qu'il tombera soit dans les faisceaux, soit dans les intervalles, est proportionnnelle à leurs amplitudes res- 5452 pectives. Elle est représentée pour les faisceaux par la fraction — 3 — j et pour les intervalles par la fraction -^s — La somme de ces deux fractions est égale à l'unité qui représente la " 1 0000 certitude. Si on tire au hasard dans la rose un second rayon, la probabilité qu'il tombera dans les 545?. faisceaux sera encore , "' • La probabilité que ces deux rayons tirés au hasard tomberont loboo l'un et l'autre dans les faisceaux sera égale, d'après la règle connue, au produit des deux frac- . - ,. - (5452)' lions, c est-a-du'e a ( 10800)^ Si on lirait au hasard un troisième rayon, la probabilité que les trois rayons tirés sue- (5452)3 cessivement au hasard tomberaient tous les trois dans les faisceaux serait de - — -; — r-- ( lOboo)^ Si on tirait successivement 16 rayons au hasard, la probabilité que ces 16 rayons toin- (5452)" beraient tous sans exception dans les faisceaux serait exprimée par la fraction — — — , qui est extrêmement petite. Si on tirait 16 rayons au hasard, la probabilité que i5 d'entre eux tomberaient dans les , r ■ (5452)'^5348 faisceaux et un seul dans les intervalles serait exprimée par la fraction — 5 — — ; mais il y aurait à distinguer 16 cas différents, tous également possibles; car il pourrait égale- ment se faire que ce fût le i"', le 2", le 3", etc., rayon qui tombât dans les intervalles, tandis queles i5autres tomberaient dans les faisceaux. La probabilité d'une combinaison qui place- rait i5 rayons dans les faisceaux et un dans les intervalles serait donc égale à la fraction ,. ,., ^, ,16 (5452)'^5348 précédente multipliée par ib ou a -. — ; ' I (loooo)". Sien tirait successivement 16 rayons au hasard, la probabilité que 2 d'entre eux tom- beraient dans les intervalles et les i4 autres dans les faisceaux serait exprimée par la fraction (5452)" (5348)- ... ,, j u 1 . I \_T — /\ — 3__L, mais il y aurait ici a tenir compte d un grand nombre de cas tous egale- (loboo)"' ment possibles. Tandis que i4 des 16 rayons tirés au hasard tomberaient dans les faisceaux, les 2 qui tomberaient dans les intervalles pourraient être le i" et le ■?.', ou bien le 1"' et le 3", etc., ce qui comporte 16 — i cas, puis les deux cercles qui tomberaient dans les inter- valles pourraient être le 2' et le i""', le 2= et le 3'', etc., ce qui comporte 16 — i autres cas, etc. En partant successivement de chacun des 16 rayons, on aurait i6 séries de 16 — 1 cas chacune; en tout 16.(16 — 1) cas; mais ils seraient équivalents deux à deux, parce que si un des cas est produit par les rayons i et 2 tombant successivement dans les intervalles, un 16.16—1 cas équivalent sera produit par les rayons 2 et 1 . Il y aura donc seulement • combinaisons réellement différentes, et comme la probabilité de chacune d'elles est la frac- ( i88 ) tion écrite ci -dessus, la probabililé d'obtenir l'une d'entre elles est égale à i6.i6 — I (5452)" (5348)' I .2 10800 La loi que suivent ces valeurs est évidente, elles représentent les termes successifs du j 1 r 1 u- < (5452 + 5348)'« développement de la formule binorae '—!-, — - — , ' • '^'^ (io8oo)'= En calculant ces différents termes, on forme le tableau suivant, qui donne pour chacune des combinaisons, 16 rayons dans les faisceaux, iSdans les faisceaux et i dans les inter- valles, i4 dans les faisceaux et a dans les intervalles, etc., la probabilité de l'obtenir en tirant 16 rayons au hasard. (5452 l'« — :0, 000018 16 et i5 . >4 2 i3 3 12 4 1 1 5 10 6 9 7 8 8 1 9 6 10 5 II 4 12 3 i3 2 '4 i5 I 16 (10800) 16 (5452)" 5348 ; — ô rr, — =0,000270 I (lohoo)'^ '•' .6.16- I (5452)" (5348)^ - = 0,002054 1.2 (10800)' i6.i6 — 1.16— 2 (5452)"(5348)^ 5 ^ 1 Q TTT =0,009402 1.2.3 (loSoc)'" ^^ etc = o , 029973 » = 0,070562 " =0,1 26897 » =^0, 177823 " =:0,1 96235 = = o, 17 1 io3 » =ro,ii 7488 1 = o , 062862 » = 0,025693 » = 0,007755 . . . . » = o,ooi63o » =0, 0002 1 3 » =0, 0000 1 3 I ,000000 Les combinaisons que peuvent produire 16 rayons tirés au hasard dans la lose, sont de 17 espèces différentes, suivant que le nombre des rayons qui tombent dans les faisceaux est égal à i(i, i5, . . .,2, 1 ,0, le reste tombant dans les intervalles. Le nombre des combinaisons de chaque espace est exprimé, comme je l'ai déjà dit, par les coefficients 1 , 16, , etc. Le nombre total des combinaisons est exprimé par la somme totale de ces coefficients, somme qui n'est autre chose que le développement de (i + i)'^ et qui est égale à 2" =65536. Les probabilités inscrites dans la dernière colonne du tableau ci-dessus se rapportent respec- tivement à l'ensemble de toutes les combinaisons de chaque espèce. La somme de ces proba- ( '89 ) biiités est la probabilité de toutes les combinaisons prises ensemble et cette probabilité est égale à l'unité, qui exprime la certitude, parce que l'une des 65536 combinaisons possibles doit nécessairement se trouver réalisée. I-a probabilité d'obtenir une des combinaisons qui placent lo rayons dans les faisceaux et 6 dans les intervalles est o, 126807 — — cô— 7' fraction peu différente de - qui laisse une 7 , 0004 probabilité de 7 contre 1 d'obtenir une combinaison différente. Pour avoir la probabilité d'obtenir la combinaison 10 et 6 de préférence à l'une des sui- vantes 9 et 7, 8 et 8, etc., celles qui précèdent étant censées exclues, il faut diviser la pro- babilité o, 1 26897 parla somme formée de cette probabilité et de toutes celles qui sont écrites au-dessous, ce qui donne o , i 26897 i 0,887712 6,9955 fraction |)eu différente de - qui laisserait' à une probabilité de 6 contre i en faveur des 7 combinaisons moins favorables aux faisceaux que lo et 6. On trouverait de même que la probabilité d'obtenir la combinaison i3 et 3 de préfcience -PI- -2 I a 1 une des suivantes serait — -. , fraction peu différente de : qui laisserait une nroba- 106, 100 ' lob ' ' bilité de io5 contre i en faveur des combinaisons moins favorables aux faisceaux que i3 et 3. NOTE C. .l'ai l'habitude de noter les directions en les rapportant à celui des quatre points cardinaux dont elles se rapprochent le plus et en indiquant dé combien et dans quel sens elles s'en écartent. C'est ainsi que je les ai inscrites dans le tableau n" 1. D'autres personnes ont l'habitude de les rapporter toutes au Nord et d'indiquer de combien elles s'en écartent vers VE. ou vers l'O. Chacune de ces deux méthodes a ses avantages et ses inconvénients. La seconde se prête plus facilement à la détermination des différences et de leurs signes tels que nous les cherchons ici. Dans ma manière de noter, il faut remarquer que l'orientation observée E. 44°45' S. est rapportée à l'E. dont elle est le plus voisine et que l'orientation calculée S. 44"46' 37", 70 E. est rapportée au S. dont elle est de même le plus voisine. Pour trouver de combien ces deux orientations s'écartent l'une de l'autre, on écrit leur somme qui est 89° 3 1 ' 37", 70, puis on la retranche de 90", ce qui donne o°28'22",3o, et cette différence est pour nous négative, parce que l'orientation observée s'éloigne moins de la direction Nord que l'orientation calculée. Dans l'autre méthode, l'orientation observée serait notée N. i34°45' E., l'orientation calculée serait notée N. i35" i3'22",3o E. et en cherchant à retrancher la seconde de la pre- mière, on trouverait la différence négative — o°28'22",3o. NOTE D. Supposons qu'une faille' du système du Rhin, après s'être propagée sur une longueur a suivant sa direction normale, ait rencontre ime faille du système du Hundsruck et l'ait suivie C. R., 1862, 2"" Semesiie. (T. LV, N" -i.) 36 ( iQ'^ ) sur une longueur x, en formant ce que j'ai appelé un échelon, pour reprendre ensuite sa direction normale. Les lignes « et ^ partent d'un même point où elles forment un angle de i4o"3g' i4">42; s^PP'*-'"^^"' ''^ l'angle 39°2o'45",58 sous lequel se rencontrent les deux systèmes du Rhin et du Hundsruck. Si on joint entre elles les extrémités libres des lignes a et X, on formera un triangle dont le troisième coté sera la direction ajiparente qm se trouve substituée à la direction vraie du système du Rhin, par suite de la formation des cchelons. Supposons que l'angle de ces deux directions, qui est en même temps l'un des angles du triangle, soit de ?."8' i3",8i. I.e troisième angle du même triangle sera le supplément de la somme des deux premiers, ou de S^" i2'3i",77. Dans le triangle dont nous parlons, la règle des sinus proportionnels aux cotés opposés donnera la proportion .r:« :: sin2°8' i3",8t : sin37<'i2'3i",77, d'où l'on lire sin2°8'i3",8i sin37" i2'3i",77 = n. 0,061668. On voit par là que si a représente par exemple 1 kilomètre, x, c'est-à-dire la longueur de l'échelon, sera à peu près égal à 62 mètres, longueur qui n'a rien d'excessif. Mais si la déviation de la direction du système du Rhin est censée résulter des actions réunies des quatre systèmes du Finistère, du Hundsruck, de la Côte-d'Or et des Alpes prin- cipales, on pourra attribuer à chacun d'eux un quart environ de la déviation et supposer que dans chaque kilomètre chacun d'eux produit un échelon d'environ i5 mètres de longueur, supposition encore plus facile à admettre que la précédente. J'ai supposé arbitrairement les échelons de chaque système placés à un kilomètre de dis- tance l'un de l'autre; s'ils étaient plus rapprochés, ce qui est probablement le cas le plus général, ils seraient en même temps plus courts à proportion. A Féchelle de -g- ^^„„ , qui est celle de la nouvelle carte de France dite d'État-major et de la carie géologique de la Haute- Marne, 60 mètres sont représentés par j de millimètre, 1 5 mètres par -i- de millimètre. Il est à peu près impossible de tracer régulièrement des anfractuosités d'une aussi petite dimension, et par conséquent on n'a j)u songer à figurer habituellement sur les cartes géologiques la dis- position eVAc/o««ce des failles et des filons. On a dû se contenter de représenter par une ligne droite la direction générale, et cette ligne exprime la résultante de tous les accidents et non la direction normale des éléments principaux. Telle est la cause des erreurs de tracé qui se sont glissées inaperçues dans notre travail comme dans les autres de môme genre, et que l'appli- cation du calcul a dévoilées. On pourrait dire que des failles tourmentées comme nous venons de le dire ne conserve- raient que difficilement une rectilignité parfaite et un parallélisme exact; mais on peut ré- pondre que les écarts de la rectilignité et du parallélisme ont dû n'être en général que des fractions de la déviation totale 2° 8' i3",8i, et que ces irrégularités se sont compensées et ont disparu dans le procédé graphique que nous avons employé. Plusieurs failles parallèles ont dû éprouver des déviations équivalentes et conserver par conséquent un parallélisme a])- proximatif. ( 19' ) PHYSIOLOGIE. — De la transformaliov. du moiivemenl en chaleur chez Us animaux ; par M. H. Lec«q. « On sait depuis longtemps que ie frottement ou le mouvement déter- mine un développement proportionnel de calorique qui va jusqu'à l'incan- descence. C'est en partie sur cette transformation du mouvemenî en cha- leur que sont fondés les différents moyens d'obtenir du feu, et, dans ces derniers temps, on a construit sur ce principe des machines dont l'utilité serait incontestable, si l'on avait à sa disposition un moteur puissant et économique. » Les mêmes fiits se présentent sur les machines organisées vivantes. Indépendamment de la chaleur normale développée chez les animaux à sang chaud parla combustion que détermine l'oxygène dans l'appareil res- piratoire, il y a une certaine quantité de clinleur ,Tdditionncl!e ou acciden- telle produite par les mouvements de l'animal. Cette élévation de température due à l'action des muscles, arrivée à un certain degré, variable pour chaque espèce, et souvent pour chaque individu, ne peut plus s'accroître, et alors se présente un phénomène analogue à celui que nous offre l'eau chauffée sous une pression déterminée. Le calorique excédant s'unit à ime partie du liquide et se transforme en vapeur. Dans les animaux à sang chaud, cet excès produit la transpiration pulmonaire ou cutanée, et cette production de va- peur, en rendant latent le calorique en excès, rétablit l'équilibre. » Il n'en est pas de même chez les animaux à sang froid, et c'est sur ce point que je désire appeler un instant l'attention de l'Académie. Le mou- vement, chez plusieurs d'entre eux, élève la température au point que l'animal ne peut plus la supporter et tombe de lassitude. » Je suis convaincu que les choses se passent ainsi chez la plupart des êtres de cette catégorie; toutefois mes observations n'ont été faites que sur ceux de ces animaux où le contraste entre l'état de repos et la vie d'agita- tion présente le plus grand écart: sur les Sphinx, qui appartiennent, comme on le sait, à la grande division des Lépidoptères dans la classe des Insectes. » La vie annuelle des Sphinx de nos climats est composée de quatre pé- riodes distinctes : l'œuf, la chenille, la chrysalide et l'insecte parfait. Rien de plus lent que les larves des Sphinx : l'état parfait dure, pour l'insecte, un mois, deux mois au plus, et pendant toute la journée immobilité com- plète. L'insecte acquiert alors la température de l'air ambiant et s'y main- tient. Mais le soir, la nature accorde à chaque espèce de Sphinx une heure du crépuscule, rarement deux, pour butiner sur les fleurs et jouir un instant 26.. ( '92 ) de cette vie active et aérienne qu'il a méritée par dix à onze mois de repos ou d'inertie. » Le cor|)s du Sphinx est, relativement, lourd et voliunineux, ses ailes courtes et ses nuiscles moteurs d'ime extr'ême puissance. Dans son vol ra- pide et soutenu, le Sphinx se place devant les fleurs cl ne touche à leurs nectaires que par l'extrémité de sa trompe. Il se soutient par le mouve- ment incessant et presque invisible de ses ailes. A peine a-t-il commencé ce violent exercice, que la chaleur de son corps augmente et continue d'aug- menter rapidement. Dans les Sphinx un peu volumineux, comme celui du Liseron, et quelle que soit alors la température de l'air, la chaleur acqr.ise surpasse celle des corps des Mammifères, celle de l'homme, et arrive au moins à la température du sang des Oiseaux. » J'ignore si cet excès de chaleur est la cause qui arrête le Sphinx, mais, bientôt après l'avoir acquise, il disparaît d'un vol extrêmement rapide et remet au lendemain soir une nouvelle période d'agitation. » Il se peut aussi que le sucre tout élaboré que ces Lépidoptères trouvent dans le sein des fleurs, et dont ils font si ample consommation, soit brûlé dans leur corps j)ar l'air qui pénétre dans leurs trachées, mais il est dou- teux que cette combustion, si elle existe, puisse procurer à l'insecte une température intérieure qui surpasse celle des animaux à sang chaud. )) Mes observations ont été faites principalement sur les Sphinx du Liseron et sur les Sphinx du Pin. Ces derniers, moins gros, moins vifs et moins ra- pides, s'échauffent moins malgré la grande consommation de miel de chè- vrefeuille qu'ils faisaient sous mes yeux. » Il serait à désirer que ces essais sur la transformation du mouvement en chaleur par les Insectes pussent être répétés dans les climats plus chauds, aux Indes orientales par exemple, où il existe des espèces plus grandes et probablement encore plus rapides et plus vigoureuses que les nôtres. » MÉMOIRES LUS. GKOLOGlE. — Note sur la carie géologique de l'arrondissement de Lodève [Hérault) présentée par SIM. E. Dl.mas cl P. de Roitville. (Commissaires, MM. Élie deBeaumont, d'Aichiac, Danbrée.) « Nous avons l'honneur de placer sous les yeux de l'Académie des Sciences la carte géologique inédite d'un arrondissement du département de l'Hérault, l'arrondissement de Lodève. X Chargés, M. Emilien Dumas de Sommières et nous-même, par le Conseil ( '93) général de l'Hérault, de dresser la carte géologique de ce département, nous avons dû nous contenter, pour la portion déjà achevée, d'un trscé et d'un coloriage provisoires sur les feuilles de Classini, la carte de l'Etat-major n'é- tant pas encore terminée pour cette partie de la France; nous ne pourrons songer à la publication de notre travail qu'après que nous aurons été mis en possession de la nouvelle carte. )) Notre feuille ne contient pas moins de vingt cinq couleurs, correspon- dant ch;icune à des étages ou à des subdivisions importantes de terrains. » La constitution géologique de l'arrondissement de Lodève, dont les traits généraux se trouvent déjà si merveilleusement tracés sur la carte géo- logique de France, peut être envisagée comme étant le résultat d'un travail de dénudation opéré durant des périodes de temps plus ou moins longues, aux dépens des enveloppes successives du terrain sédimentaire le plus an- cien. Le centre de l'arrondissement, occupé par la ville chef-lieu, repose sur un pointement de schistes et de calcaires sur lequel viennent s'appuyer du côté de l'est, sous forme d'affleurement en retrait, un premier ensemble de couches rapportées par nous au terrain permien, puis le trias, le terrain ju- rassique et enfin les dépôts tertiaires. » Ce qui frappe à la première vue quand on jette les yeux sur la carte, c'est le développement en série rectiligne N.-S. du terrain basaltique con- stituant la prolongation méridionale du vaste système volcanique du centre de la France. » Un autre trait caractéristique de la même région et qui lui est commun avec l'arrondissement de Saint-Affrique dans l'Aveyron, c'est le développe- ment sur une vaste surface de marnes schisteuses rouges monochromes, connues dans le pays sous le nom vulgaire de ruf, et imprimant à la contrée un caractère particulier et presque exceptionnel en France. » Le terrain paléozoïque, avec les fossiles spéciaux à ces âges primitifs du globe, tels que Trilobites, Productus, Goniatites, etc., appartiennent plus exclusivement à l'arrondissement de Béziers; pourtant il s'en trouve à !a li- mite des deux arrondissements, et la montagne de Cabrières, se rattachant à la région géographique de Lodève, offre une épaisseur considérable de terrain dévonien. Les schistes à Trilobites se rencontrent sur le reveis sud; ceux que nous avons signalés à l'entour de Lodève ne nous ont pas fourni de fossiles et doivent être rangés avec les calcaires qu'ils renferment dans le terrain silurien le plus inférieur; le nom de cambrien leur conviendrait peut-être, si cette dénomination avait définitivement acquis son droit de bourgeoisie dans la science. ( 194) 1) Le calcaire à Gonialites et à Encriiies, si puissant dans la chaîne liii Bisson, à l'ouest de Clermont, présente à sa partie supérieure des couches épaisses de dolomie qui s'y trouvent aujourd'hui rattachées pour la première fois, ie sommet du Bisson ayant été jusqu'à présent considéré et figuré comme étant carbonifère. » Nous ne saurions mentionner nos terrains paléozoïques sans rappeler les travaux si importants auxquels ils ont donné lieu de la part de MM. Four- net, Graff et de Verneuil. Ils nous ont paru mériter assez d'intérêt pour en faire spécialement l'objet d'une carte cadastrale à la fois topographique et géologique au yf^, entreprise depuis deux ans par M. Émilien Dumas et par nous. » Le calcaire silurien est immédiatement recouvert à l'est de Lodève par inie formation susceptible au point de vue pétrographique d'être subdivisée en deux sous-groupes : l'un marneux, rouge monochrome, dont nous avons jîarié; l'autre, qui lui est inférieur et lui cède en épaisseur, fissile, ardoisier et fournissant des dalles minces pour la couverture des maisons; c'est ce sous- groupe inférieur qui a depuis longtemps attiré l'attention des géologues à cause de ses plantes fossiles que M. Adolphe Brongniart a le premier déter- minées. » Cette formation, qui prélude par sa couleiu' à l'époque du trias, sup- porte à son tour des assises de marnes et de grès avec Labyrinthodon, recou- vertes elles-mêmes de marnes généralement violettes qui alternent avec des calcaires jaiuies à texture cloisonnée. » Cet ensemble de couches supérieur au terrain dévonien doit-il être con- sidéré comme formant lui toutou séparé en deux groupes, le premier com- posé du grès, des marnes et des calcaires, représentant le trias, le second te- nant inférieurement une place occupée dans d'autres régions par la forma- tion permienne? Des raisons de stratigraphie et de pétrographie nous ont fait des iSSg adoptera la suite de I\IM. Brongniart, Fournet et Coquand cette seconde manière de voir; les marnes monochromes elles schistes ardoisiers, quoique concordants avec notre trias proprement dit, nous paraissent for- mer une unité géognostique distincte sans mélange avec ce qui la recouvre; d'autre part, la nature des éléments qui la composent diffère absolument de ceux du groupe supérieur. Nous avons donc, avec les géologues précités et plus récemment M. Hébert, cru devoir élever à la hauteur d'horizon indé- pendant ce que nos illustres maîtres, les auteurs de la Carte géologique de France, avaient déjà reconnu en i83o et distingué comme couches acciden- telles; toutefois nous ne prétendons nullement, vu l'insuffisance de nos ( 195 ) termes de comparaison, en préciser plus rigoureusement l'équivalent germa- nique. M Les marnes et les calcaires cloisonnés nous ont paru identiques à ceux qui constituent dans le Var le keuper et le inuschelkalk. » Le terrain jur;!ssique, si bien décrit dans le texte explicatif de la carte de France, ne nous fournira ici qu'une observation : c'est celle de l'absence constatée dans notre région, jusqu'ici du moins, malgré nos recherches, des deux Ostren les plus caractéristiques du lias inférieur et du lias moyen : VOslrea arcuntn et VOstrea cymbium. Les quelques liuîtres trouvées par nous dans le massif calcaire liasique se rapportent essentiellement à X'Oslren obliqua. » Le terrain crétacé n'est pas représenté dans notre arrondissement. » Quant au terrain tertiaire, les deux groupes qui le composent, groupe intérieur lacustre, groupe supérieur marin, ont fait déjà ou feront dans une autre enceinte l'objet de communications plus spéciales. » GÉOGRAPHIE. — Deuxième Note sur l'isthme de Corintlie ; par M. G. Grimaud DE CaUX. (Commissaires, MM. de Tessan, Clapeyron, Maréchal Vaillant.) « Dans la séance du 28 avril dernier, j'ai eu l'honneur de présenter à l'Académie ime Note sur la topographie et le nivellement de l'isthme de Corinthe et sur l'état actuel des travaux entrepris par les Romains pour unir le golfe de Corinthe au golfe d'Égine (voyez Comptes rendus, t. LIV, p. 929). J'annonçais que les études locales se continuaient pour répondre à mes desiderata; voici le résultat de ces études : » § L D'après un nivellement, la plus grande hauteur de l'isthme, sur la ligne parcourue, sur la ligne tracée par les puits romains, serait de 81", 96. Sur une autre ligne, peu différente de la première, mais plus courte, il n'y aur.iit que 75'", qS. Enfin en suivant les dépressions qui s'observent vers Posidonium, se continuant dans la direction de la muraille qui traversait l'isthme et dont la longueur est de ^Soo mètres, la plus grande hauteur ne dépasserait pas 40 mètres. Mais, selon cette ligne sinueuse, le chemin, pour aller d'un bord à l'autre, serait beaucoup plus long. Ainsi la ligne droite la plus courte a 6940 mètres; l'autre ligne droite, 6536; la ligne sinueuse, 83oo. » En partant de Kalamaki, sur le golfe d'Egine, il faut parcourir 2380 mètres pour atteindre la cote rouge Si; de ce point culminant, pour ( >9fi) arriver à l'autre bord, sur la mer Corinthienne, il reste donc à parcourir 3g55 mètres. Sur la ligne la plus courte, le point culminant (75,95) est à 2700 mètres de Kalamaki et à Sa/io de l'autre côté. On comprend que la comparaison de ces chiffres et leur combinaison fournissent une des bases principales de la mensuration dn cube. w § II. Une tranchée, exigeant des talus élevés à 82 ou à 75 mètres, n'a jamais été exécutée. Elle dépasserait de 3 mètres le sommet du Panthéon au-dessus du pavé, de g mètres la mâture d'un vaisseau français de 120 canons au-dessus de la quille. » Parmi les travaux entrepris pour l'exécution des chemins de 1er, on ne rencontre point de tranchée aussi profonde. Eu France, on entre en souter- rain aussitôt que la tranchée dépasse 16 mètres. En Allemagne, les longs souterrains sont plus rares; on aborde plus volontiers les longues et pro- fondes tranchées. Ainsi à Gabelbach, en Bavière, sur la ligne d'Ulm à Augsbourg, le chemin parcourt, sur une longueur de 780 mètres, une tran- chée de 27™, 4o. A Harbastofen, également en Bavière, la tranchée se conti- nue pendant 600 mètres avec une profondeur de 32 mètres. Cette dernière profondeur est déjà regardée, même en Allemagne, comme considérable; et cependant elle n'arrive pas à moitié hauteur de celle qu'exigeait le per- cement en question. » Mais s'il n'existe point de tranchées, il y a des remblais qui dépassent grandement les dimensions sus-indiquées. Ainsi à Bentershofen, près Bothenbach (Bavière), un remblai do 584 mètres de longueur atteint la hauteur de 52™, 56. Assurément lorsqu'on voit la science exécuter solide- ment, asseoir sur le sol, avec des terres rapportées, des reliefs de plus de 52 mètres d'élévation, on peut se confier à la prudence et aux procédés qu'elle saura imaginer pour fouiller le sol à une profondeur un peu plus grande, et trouver, pour de telles berges et de tels talus, des dispositions irréprochables. Il y a là une question, sinon un problème, de statique appliquée, assez considérable et non indigne d'être mis sous les yeux de l'Académie. » § III. Cette modification géographique de l'isthme a été l'ambition des dominateurs du pays à tontes les époques de l'histoire, depuis les Ro- mains et les Grecs jusqu'aux Vénitiens. » En l'état présent des relations internationales, quelles seront les consé- quences de son exécution, non-seulement pour la Grèce et la Morée, mais encore pour les changements qui peuvent eu résulter dans l'une des grandes voies maritimes qui relient l'Orient à l'Occident, à travers la Méditerranée. { 197 ) » Pour peu qu'on air navigué, on se rend compte aisément du prix que les marins et les voyageurs attachent à la moindre abréviation de la route, surtout de l'inquiétude et de l'agitation qui se manifestent à bord à l'approche des passages et des caps où la mer est toujours plus ou moins émue. Sous ce rapport, le capMatapan n'a rien perdu de son ancienne re- nommée. Quand il s'agit de le doubler, c'est toujours un loncjus et anceps navium ambilus, pour rappeler l'expression de Pline. Or, si on a la faculté de traverser l'isthme, que l'on vienne de l'Adriatique, ou du golfe de Gênes et de Lyon, ou des côtes d'Espagne et de Gibraltar, i" on évite les ennuis du cap, qui, par les gros temps, sont des dangers; i° on raccourcit le chemin. En effet, des officiers supérieurs, marins expérimentés, ont fait les cal- culs suivants : Étant donnés comme points extrêmes de départ pour le Le- vant (c'est-à-dire Athènes, etc., non compris Alexandrie) : i" Trieste et les côtes de l'Adriatique; 2° Gênes, Marseille et les côtes d'Italie; 3° Gibraltar et les côtes d'Espagne et de Portugal, la route est raccourcie : 1° de i83; ■1° de 84, et 3° de 38 milles marins; c'est-à-dire que, si l'isthme est ouvert pour aller à Athènes, la route est abrégée, savoir : en partant de Trieste, de 246 kilomètres; de Marseille et Gênes, de i56; de Gibraltar, etc., de 70. Or, pour se faire une idée de la "valeur de ces chiffres, il faut considérer que sont réputés bons marcheurs les voiliers qui font, en i heure, 6 kilomètres, et les courriers à vapeur qui en font plus de 16 (16668 mètres, soit 9 milles marins). » Ces chiffres font ressortir deux sortes d'économie : il y a d'abord l'éco- nomie de temps, qui pour les navires à voile devient considérable quand la mer est agitée, et au cap Matapan elle l'est sans cesse; on louvoie toujours plus ou moins, soit en allant, soit en venant. Il y a ensuite l'économie de la dépense, qui s'applique principalement aux bateaux à vapeur. » L'JlpItée, bateau neuf des Messageries impériales, à son premier voyage, a parcouru (aller et retour) 2836 milles marins, équivalant à 5252 kilomètres, avec une vitesse moyenne de 10,7 milles; sa machine a consommé i tonne 3g5 kilogrammes d'huile; 4 tonnes 864 kilogrammes de suif; 122 kilogrammes de déchets de coton, enfin 472 tonnes 58o kilo- grammes de charbon. Dans les voyages subséquents, les différents organes de la machine étant mieux assis, la consommation des trois premiers articles sera moindre; toutefois, en y comprenant l'équipage, cette dépense n'ira jamais au-dessous de 100 franc par heure. Il résulte de là qu'en traver- sant l'isthme, l' Alphée aurait économisé 800 francs. C. K., |8G-J, 2"" Semenie. (T. I.V, Pi" 4.-; ^7 ( '98 ) » La navigation générale de la Méditerranée retirera donc de la nouvelle voie des avantages incontestables. » Quant à la Grèce, c'est le plus puissant moyen de donner à son agri- culture, à son commerce et à son industrie un essor inconnu, en fournissant à leurs produits un débouché qui les mène directement stu- tous les mar- chés du monde. En effet, du cap Sunium à l'embouchure de l'Achéloùs, du cap Colonne à Patras, ce n'est plus qu'un canal continu et presque en ligne droite. Sur toute la longueur de ce canal, des inflexions nombreuses consti- tuent autant d'abris , plusieurs susceptibles de devenir des j)orls accessibles aux navires du plus grand tonnage : tous, entrepôts opportuns des produits les plus riches et les plus variés de l'agriculure appliquée à un sol fertile et bordant la mer, ou n'ayant qu'un court trajet à fau-c pour l'atteindre. Ces avantages purement locaux sont considérables. Il en est de plus grands encore. Le jour où l'isthme est percé, le grand chemin du commerce du Levant traverse la Grèce par son beau milieu; et, ce jour-là, la Grèce n est plus seulement l'appendice le plus méridional de l'Europe; elle prend immédiatement et par la lorce des choses, dans le monde, le rang qu'elle a le droit d'ambitionner, en vertu de son histoire et de sa géographie. » MEMOIRES PRÉSEIVTÉS. ANAïOMlE COMPARÉE. — Revue générale des os de In télé des Vertébrés; par M. Laaocat. Troisième et dernière partie. (Extrait par l'auteur.) (Commissaires précédemment nommés: MM. .Serres, Blanchard.) L'ethmoïde a pour caractère constant son rapport avec les nerfs ol- factifs. Toujours en harmonie de développement avec le sens de l'odorat, il est à son état le plus complet chez les Mammifères, où, par ses divers replis, il forme les parties dites papy racée, criblée, perpendiculaire, ainsi que les vo- lutes. Presque entièrement réduit à sa lame perpendiculaire chez les Oiseaux, I ethmoïde n'est généralement représenté, chez les Reptiles et les Poissons, que par sa lame papyracée, qui est visible à l'extérieiu-, et qui est connue, d'après Cuvier, sous le titre de frontal antérieur, tandis qu'on nomme ethmoïde les autres parties de cet appareil qui sont à l'état membraneux, ou même le nasal des Poissons. » Dans les différents genres de la classe des Poissons, le jugal est désigné par Cuvier tantôt sous le nom de cornet inférieur, tantôt sous celui de pièce sus-maxillaire ou de premier os sous-orbilaire. ( '99 ) » Le lacrymal manque chez les Tortues, les Batraciens et les Poissons; il existe chez tous les autres Vertébrés. » En général, le maxillaire inférieur est formé des cinq pièces latérales indiquées par Cuvier ; mais, par suite de soudures, ces éléments peuvent être réduits à quatre, à trois ou à deux, et même être réunis en une seule pièce, comme dans les Mammifères. .' En thèse générale, l'appareil hyoïdien se compose : i° d'un corps ou basihyal, pourvu en arrière d'un prolongement urohyal simple ou double; 2° de deux branches latérales ou arcs de suspension, formées elles-mêmes de quatre pièces placées bout à bout qui sont, en procédant de bas en haut, l'apoliyal, le cératohyal, le stylohyal et l'arthrohyal. » Chez les Mammifères, les deux cornes urohyales se rattachent au larynx qui leur est appendu. » L'apohyal est connu sous le nom de petite corne. » Le cératohyal, bien développé chez les Ruminants et les Carnassiers, est fibreux chez l'Homme; rudimentaire chez le Cheval, il est gros comme un grain de maïs ou entièrement cartilagineux. " Le stylohyal, os styloïde de l'Homme, est grand dans les Chevaux, les Ruminants, etc. » L'arthrohyal est la pièce cartilagineuse qui attache l'hyoïde au temporal auditif. Constante et bien marquée chez les Carnassiers, les Ruminants, les Chevaux, etc., cette pièce se soude rapidement avec la base du stylohyal chez l'Homme. )i Chez les Poissons, les arcs branchiaux paraissent constitués par les cornes urohyales à leur plus grand état de développement. )) Les arcs de suspension sont formés de quatre pièces, comme chez les Mammifères: le stylohyal est désigné par Etienne Geoffroy-Saiiit-Hilaire sous le titre d'épihyal ; quant à la quatrième pièce, Geoffroy-Saint-Hilaire lui donne à tort le nom de stylohyal, et M. Miliie Edwards propose celui d'arthrodhyal, qui nous paraît devoir être appliqué chez tous les Vertébrés. " Chez les Oiseaux, le prolongement urohyal est simple et cartilagi- neux. Les arcs suspenseurs sont formés de deux pièces allongées, nommées apohyal et cératohyal par Geoffroy-Saint-Hilaire. Contrairement à cette in- terprétation, nous croyons qu'il y a lieu de considérer la pièce inférieure comme répondant à l'apohyal et au cératohyal , et la pièce supérieure comme représentant le stylohyal et rarthroh3'al. « Dans la classe des Reptiles, l'hyoïde des Crocodiles rappelle celui des Oiseaux. ( aoo ) » Chez le fêtard des Grenouilles, l'appareil hyoïdien est construit à peu près connne dans les Poissons. Les arcs branchiaux du têtard se réduisent bien évidemment, chez la Grenouille, à l'état de cornes urohyales. » Chez les Tortues, ainsi que dans les Lézards, les branches latérales de l'hyoïde sont doubles : la paire antérieure est rudimentaire et la paire pos- térieure, qui est formée de trois ou quatre articles, constitue les arcs de suspension. » Enfin, laissant de côté une foule de particularités qui ne peuvent trou- ver place dans ce résumé, nous arrivons, chez les Serpents, à l'état le plus simple de l'appareil hyoïdien, représenté par une membrane que soutient do chaque côté un filet cartilagineux. » PHYSIQUE DU GLOBE. — Tremblement de terre ressenti en mer; Rapport de M. F. DcGAST, commandant le trois-mâts français /'Eucharis et Paul, de JSan-es, dans une traversée de Saint-Nazaire à la côte nord de Sumatra. (Commissaires, MM. Duperrey, Ch. Sainte-Claire Deville.) « Rade de Saint-Denis, le G juin 1S62. » Le jeudi aS mars 1862, me trouvant par i°oo' de latitude Nord et g4°o5' de longitude Est, vers 10 heures du matin, j'ai éprouvé une légère secousse de tremblement de terre qui a duré très-peu de temps; mais vers midi, au moment où j'étais à faire mon point, j'en ai éprouvé une seconde tellement violente, que ma première pensée a été que nous avions touché sur un banc ; le navire était ébranlé dans toutes ses parties, plusieurs objets sont tombés dans les chambres parla violence de la secousse. Je suis alors monté sur le pont, j'ai fait sonder immédiatement; la sonde obtenue n'a accusé aucun fond; une poussière assez épaisse couvrait la mer; les poissons effrayés ne savaient où se réfugier, plusieurs même ont été lancés à une grande hau- teur hors de l'eau; la mer était presque plate, la brise très-faible. Cette se- cousse a duré environ 55 secondes; à ce moment je me trouvais près de l'île Hog, côte noid de Sumatra, à environ 1 u milles de terre; c'est alors que j'ai reconnu que j'avais éprouvé un tremblement de terre très-violent, plus violent même que celui que j'ai éprouvé à la Guadeloupe en 1842. Hauteurs du llicrmomctre et du baromètre à ce moment. Thermomètre centiijrade 35° au-dessus de zéro. Baromètre anéroïde 760 millimètres. » ( 20I ) GÉOGRAPHIE. — Notice sw une carte du Paraguay; parM. E. MoucBEz, capitaine de frégate. (Extrait.) (Commissaires, MM. Duperrey, de Tessan.) « Trois navires de guerre français ont déjà visité cette République, le premier avec l'amiral Trébouart après le combat d'Obligado, le deuxième, le Flambeau, pour la conclusion des traités en i853, et le troisième, le Bisson, avec lequel j'ai fait trois fois le voyage du Paraguay, en i858^ iSôg et 1860. Frappé de l'intérêt tout particulier qu'offrait ce bean pays nou- vellement ouvert aux Européens, je me suis efforcé de réunir les matériaux nécessaires pour le faire connaître, et l'absence de tout document géogra- phique m'a engagé à commencer par en dresser la carte. » J'ai pris pour base de mon travail le tracé du fleuve dont j'ai relevé le cours avec toute l'exactitude que me permettaient d'atteindre cinq excel- lents chronomètres et une collection complète d'instruments hydrogra- phiques que j'avais à bord du Bisson. » Fuis, à cette base parfaitement déterminée (les erreurs en longitude rapportée à Montevideo ne dépassant pas i seconde en temps et les erreurs en latitude ne dépassant pas un demi-mille), j'ai rattaché tons les plans particuliers et les travaux de détail que j'ai pu réunir en compul- sant pendaut quatre années toutes les bibliothèques publiques ou privées de la Plata. » Je me suis appliqué surtout à rechercher les manuscrits originaux des anciens ingénieurs espagnols et portugais envoyés en Amérique à la fin du dernier siècle pour tracer les frontières des deux coin-onnes rivales et définir d'une manière précise les principales clauses du traité de Sainte-Hildefonse de 1777. Malheureusement ces travaux n'avaient pas été publiés, ils étaient restés à l'état de manuscrits dans les archives et les chancelleries, de sorte que tous ceux qui avaient quelque intérêt politique ont disparu dans les pillages successifs qui ont dévasté ces bibliothèques pendant les guerres civiles. J'ai été cependant assez heureux pour découvrir un de ces manu- scrits dans la bibliothèque de Buenos- Ayres; c'est un journal très-détaillé de sept voyages du célèbre ingénieur espagnol Azara, document qui n'a échappé au sort des autres que par cette singulière circonstance, qu'il a été relié par erreur au milieu d'un gros registre renfermant l'histoire natu- relle des oiseaux de l'Amérique du Sud, question qui n'intéressait nulle- ment les pillards. Je n'ai pas besoin d'ajouter que j'ai puisé dans cet excel- lent travail inédit tout ce qui pouvait servir à compléter mes cartes. ( 202 ) » J'ai eu moi-même, dans une autre occasio::, la facilité de faire un voyage à cheval d'une quarantaine de lieues sur les plateaux s étendant au sud-est de l'Assomption ; muni d'une excellente boussole de poche qui don- nait aisément les | de degré, j'ai gravi les principales montagnes; de leur sommet, j'ai relevé à grande distance tous les points remarquables du pays en vue; comme plusieurs de ces montagnes avaient été précédemment bien fixées en position par des observations faites du haut des mâts du Bissonen remontant le fleuve, cela m'a permis de donner une grande précision à la partie topographique des provinces que j'ai visitées et j'ai pu en dresser une carte à plus grande échelle. C'est la première feuille contenant la partie méridionale de la République, où se trouve concentrée presque toute la population. J'ai enfin trouvé de nombreux et excellents renseignements verbaux auprès des Paraguayens qui venaient de l'intérieur du pays, et répondaient d'une manière fort intelligente à toutes les questions que je leur adressais. » La seconde carte contient tout le territoire de la République avec les frontières telles qu'elles résultent de l'interprétation la plus naturelle des traités de 1777. J ai tracé la double ligne qui montre les provinces contes- tées par le Brésil, et pour la possession desquelles des discussions diploma- tiques sont actuellement pendantes. 1) La longitude de l'Assomption est tres-exactemenl reliée à celle de Montevideo dont j'ai déterminé la position absolue [jar un très-grand nombre d'observations astronomiques comprenant une cinquantaine de culminations huiaires, un éclipse de soleil, six occultations d'étoiles, plu- sieurs observations des satellites de Jupiter et enfin quelques mesures de la déclinaison et de l'angle horaire de la lune. îl est résulté de cette série d'observations que la longitude de cette partie du continent américain était trop forte de 4 à 5 milles, comme on le supposait déjà depuis quelque temps. Les derniers travaux de l'observatoire impérial de Rio ont corroboré ce résultat. » M. Baitdry, imprimeur lithographe à Lille, soumet au jugement de l'Aca- démie les moyens qu'il a imaginés pour prévenir la reproduction fraudu- leuse, par la photographie, des billets de banque, titres d'actions indus- trielles, etc. (Renvoi à l'examen d'une Commission composée de M. Chevreul, Payen et Séguier. ) ( ao3 ) L'Académie reçoit un Mémoire " sur le dernier théorème de Fermât » portant le nom de l'auteur sous pli cacheté, comme cela est exigé pour les travaux destinés au concours sur une question proposée par l'Académie pour sujet de prix. Cette question a été en effet proposée en i85o et main- tenue plusieurs années au concours; elle a été retirée en i856. Depuis cette époque, la démonstration du dernier théorème de Fermât a été l'objet de diverses communications, et l'une des plus récentes a été renvoyée à l'exa- men de MM. Lamé et Bertrand. La présente Note sera soumise à la même Commission. M. MoNTANi adresse de Coustantinople un Mémoire ayant pour titre : « Constitution harmonique des corps ». Ce manuscrit est renvoyé à l'exa- men des Commissaires désignés pour un précédent Mémoire de l'auteur, MM. Chevreul , Babinet, auxquels est invité à s'adjoindre M. Pelouze, une communication récente du savant Académicien étant l'objet de quel- ques remarques de la part de M. Montani. M. RossuiiXOL-DuPARc adresse de Saumur un Mémoire concernant di- verses questions de physique du globe et de physique des êtres organisés. Ce Mémoire est renvoyé à l'examen des Commissaires désignés , à la séance du 19 juillet i856, pour une précédente communication de l'auteur, MM. Becquerel, Babinet, Bussy. CORRESPONDANCE . M. LE Chargé d'Affaires de Bavière transmet, au nom de son gouverne- ment, la première partie d'un ouvrage que publie l'Administration royale des Mines et Salines de Bavière sous le titre de « Description des Alpes ba- varoises ». M. le Secrétaire perpétuel met sous les yeux de l'Académie cet ouvrage, qui est rédigé par M. Gumhel et accompagné d'un bel atlas. Parmi les pièces imprimées de la Correspondance, M. le Secrétaire per- pétuel signale à l'attention de l'Académie une planche gravée intitulée- Divisions générales de la carte géologique de la Sarthe et tableau comparatif de ces divisions avec celles des cartes géologiques de France, d'Angleterre, etc.; par M. Triger. Sans adopter complètement les idées de l'auteur concernant la classification des terrains crétacés de la Sarthe, M. Élie de Beaumont est ( 204 ) heureux de saisir cette occasion pour rendre justice à l'étendue et à l'utilité de son travail. PHYSIQUE. — Sur la Jormule jwitr la vitesse de propagation du son dans l'air, donnée par M. Duhamel dans sa Note du 'j juillet dernier; extrait d'une Lettre de M. R. Clausius. « M. Duhamel prend pour point de départ les formules que Poisson a données pour la pression ou tension dans un corps dont les molécules sont déplacées; et, appliquant ces formules à la propagation du son dansJ'air, il suppose que toutes les molécules qui, à l'état primitif, se trouvaient dans un plan perpendiculaire à la direction de la propagation, se meuvent avec ce plan en avant ou en arrière, sans changer leurs situations mutuelles dans le plan même. Ainsi il trouve que, dans ce mouvement, la pression de l'air ne remplit pas la condition d'être toujours normale à la surface respective et égale dans toutes les directions, et que par là il faut modifier la formule pour la vitesse du son. » Je ne crois pas qu'on doive adopter, dans la propagation du son, ce mouvement simple ; mais, d'après mon opinion, le mouvement s'effectue de telle manière qu'à chaque point la pression est, sauf des différences très- petites, toujours égale dans toutes les directions. Mais il n'est pas nécessaire d'entrer ici dans ces considérations; car on peut démontrer que, même en adoptant la supposition de M. Duhamel, on n'arriverait pas au résultat qu'il a donné, parce qu'il y a dans ses calculs une erreur qu'on peut commettre très-facilement et qui, dans la plupart des cas, n'a qu'une très-faible in- fluence, mais qui, dans le cas particulier, a considérablement changé le résultat. u La manière dont la pression est exprimée dans les formules de Poisson employées par M. Duhamel n'est pas toute simple, mais demande une explication. Considérons d'abord le corps dans son état primitif, et prenons dans son intérieur une très-petite surface w. Si maintenant les molécules du corps sont déplacées, cette petite surface a changé de grandeur et de direc- tion, et nous désignerons la grandeur modifiée par o/. La pression qui est exercée sur cette surface doit être proportionnelle à la grandeur de la sur- face et doit, par conséquent, être exprimée par un produit qui contient la grandeur de la surface comme facteur. Mais Poisson ne prend pas, dans ce but, la grandeur actuelle, mais la grandeur primitive de la surface, et il exprime la pression exercée sur la surface modifiée co', non par po/, mais ( 2o5 ) par p',i. On voit par là que la pression sur l'unité de surface, dans l'état actuel du corps, n'est pas exprimée par /;, mais par p~- » Cette circonstance est négligée dans les conclusions de M. Duhamel. 1! a développé pour une quantité d'air qui a changé de volume l'équation suivante ; /'=n + (n + 5A)g, que je donne ici sans indiquer de nouveau les significations des lettres, qui sont les mêmes que dans la Note de M. Duhamel. Il se sert de cette équa- tion pour déterminer la constante A:, en supposant que p exprime la pres- sion sur l'unité de surface. Mais, d'après ce que nous venons de dire, il faut, à cet effet, multiplier la quantité p par la fraction —,■, qui, dans ce cas, a a valeur i — 2 — • Par là on obtient, au lieu de l'équation dx ^ ' (t.v n-3n$ = (,-4:)[n + (n+5*)g, équation suivante : dx et par conséquent, au lieu de A- = — ï 11, on trouve k — U — ^ H. En faisant avec cette valeur les mêmes calculs que M. Duhamel a opérés avec la sienne, on trouve pour la vitesse du son, au lieu de y/— l/^, la valeur i/— y — •> Il est évident que ce résultat contredit les expériences. » PHYSIQUE. — Sur lu vitesse du son dans l'air; par M. de Sai.xt- Venant. « M. Duhamel, à la fin de sa Note du 7 juillet, signale une difficulté, tenant aux effets probablement non négligeables de la chaleur dégagée, et qui s'offre dans l'explication de la propagation du son dans l'air par des vibrations s'exécutant à la manière de celles des corps solides, où les pressions développées sont obliques aux faces, et inégales dans les divers sens. » Cette difficulté n'est pas la seule, nous le croyons, que présente ce su- jet délicat dont nous nous sommes occupé en i85G (i), et sur lequel nous (i) Société Philomathique, 5 avril i856; ou V Institut, i i juin, n" i 171, p. 212. C. R., 1862, 2n>'= Sc'mes/;e. (T.LV, N» 4.) 28 ( .o6 ) espérons qu'on ne jugera pas inutile d'appeler ici l'attention des physiciens et des géomètres. » Observons d'abord que Poisson, dans son Mémoire du 12 octobre 182Q, cité par M. Duhamel (i ), se proposait surtout de justifier ou de mo- ilifier les résultats ou les raisonnements de celui qu'il avait lu le i4 avril de l'année précédente ( 2 ). Les formules de composantes de pression qu'on voit à la page 46, sont les mêmes que celles auxquelles il était arrivé, à la page 38! du Mémoire de i 828 (3), par une méthode à laquelle il renonce en iBagpour eu substituer une plus exacte; or, particularisées (p. /17) pour trois positions spéciales du plan de pression, elles i^iffèrent essentiellement, quant aux termes dépendant de la pression primitive R, de celles qneCauchy avait données la même année 1828(4)- Mais Poisson les concilie en mon- trant qu'elles ne représentent point la même chose; les siennes donnent, en effet, les neuf composantes, toutes in''gales, des pressions sur trois faces antérieurement perpendiculaires et maintenant un peu obliques aux coor- données rectangles .r, /, z, et ayant pour superfici2, non point l'unité comme avant les déplacements moléculaires, mais maintenant dv div div du ^ du du i-(- 1 < 1+-; l--r et I + -; ^ rr' ' ^ dy dz dz dx dx dy » En réduisant à l'unité les superficies au moyen de la division des com- posantes (appelées P,, Q.,--, R3) P^f ces trois trinômes, et en changeant les plans de pression obliques en d'autres rectangulaires par la considération de l'équilibre d'élémenis tétraèdres. Poisson arrive à la page Sa du même Mé- moire de iSaq inséré au Journal de l'École Pol/tectinique, précisément aux formules de M. Cauchy, représentant bien, après les petits déplacements oléculaires, les neuf composantes, réductibles alors à six inégales, despres- m ( I ) Journal de /'École Polytechnique, t. XIII ou 20« cahier. (2) T. VIII des Mémoires de l'Institue. (3) Seulement, il y a cliangement de signe. Poisson, en 1828 (p. i-jS}, prenait positive- ment les actions attractives, et ses formides exprimaient des tensions ou tractions, comme celles (le Cauchy, de MM. Lamé et Clapeyron, etc. En i8?.g, il attribue le signe + aux répulsions (p. 6, 3o, 59), et ses formules représentent des pressions répulsives ou proprement dites, comme celles des fluides. /! — 2K (4) Exercices de Mathématiques, l' année, p. 23o-23i . Cauchy y appelle G A ou -, et R A ou — ,— 5 ce que Poisson appelle K et /. On déduit aussi ces formules, comme cas pa'licujier, de celles de la page i38 de la 4" année. ( 207 ) sions outensions supportées pai l'unité superficielle de trois faces exactement perpendiculaires aux coordonnées fixes et rectangles x,y, z. Et ce sont bien ces formules (lo) (ou ces expressionsde P',, Q',,.-., R'3) dont Poisson se sert plus loin (p. i4o), lorsqu'il passe à une application aux fluides, où l'on a besoin de tenir compte de pressions antérieures aux déplacements. » En les ajoutant trois à trois, après les avoir multipliées non par les quantités c, c', c" de Poisson qui sont des cosinus d'angles formés avant les déplacements, mais par ceux des angles a, ê, 7 formés actuellement avec les coordonnées par la normale à la face quelconque sur laquelle on prend la pression dont p est l'intensité par unité superficielle et X, fx, v les angles avec les x, j , z, on obtient , . r^, / du ch' dt\'\ , /„ du di' div\~\ /,cosX=[R(. + ^-^-^)+A(3- + - + -jJcosa + (l^ + ^)(| + J)c:osS+(K + /.j(^ + gcos7, pcos[j. et pcosv ^ des expressions analogues (i). >) En y appliquant les considérations ingénieuses par lesquelles M. Du- hamel tire de la loi de Mariotte une relation entre le coefficient k et la pres- sion statique ou primitive de l'air R = n. l'on trouve, non plus k = — ^11 comme à la page g, mais A- = -|n; 5 ce qui change les formules (i) en pcosX=n[(^i-5--|--^-)cos« + 5(^^ + ^Uosg fdu du \dy dx 3 l dw du\ ~\ cosy Y 5 \d.r dz pcosp. et pcosv = des expressions analogues. Il D'où l'on conclurait pour la vitesse de propagation des vibrations (i) Ces formules sont identiquement les trois dernières de celles (26) auxquelles M. Neu- mann, de Halle, est arrivé par une voie toute différente, au §VII de son Mémoire: Zur Théorie der Elasticilat, inséré an Journatde Crelle, LVIP volume, 4*^ livraison, p. 29'j. 28.. ( ao8 ) dans un tube, D étant la densité primitive et en ne tenant pas compte des effets du dégagement et de l'absorption de chaleur \/l-\/ï-^^^^l^\/l- ou les 0,447 ^^ '^ vitesse newtonienne. En sorte qu'il resterait à expliquer par la chaleur ou autrement l'énorme différence entre cette expression et la vitesse observée 1,187! /-du son. » Mais ce n'est pas tout. La composante tangentielle suivant les a:, par exemple^ de la pression sur l'unité d'une face perpendiculaire aux z, est exprimée par et, si ^ = — ^ n et même — ? II, l'on a une quantité positive pour le coeffi- cient li + k multipliant le binôme - — h -7- qui mesure le glissement relatif, dans le sens de x, des faces matérielles ou des couches perpendiculaires aux z et à l'unité de distance l'une de l'autre, ou, ce qui revient au même, le petit rétrécissement éprouvé par l'angle droit z'biljc de deux lignes parallèles aux z et aux x se coupant en un point M [x, ~t\ z\. Or ce coeffi- cient est négatif pour les solides pris dans l'état naturel, puisqu'il se réduit à /t(i); il est facile de voir qu'il devrait toujours être négatif quand on attri- bue, comme ici, avec Poisson, le signe + aux actions répulsives. Autrement dit, l'effort faisant glisser une couche devant luie autre ne saurait avoir, pour aucune matière, un sens opposé au petit glissement produit. La con- sidération des composantes tangentielles aux faces offre donc aussi, comme l'on voit, une difficulté très-grave. » Essayera-t-on, pour rectifier ces singuliers résultats, de substituer, dans , . , , , 1 ^ du dv dw\ . , ^ du . les expressions (i), a 1 ^ 7" + ;y- + "37 ' "'i tnnome ou — ait un autre dx dy dz j (/.r coefficient que 3, comme l'a proposé pour les solides, avec plus de persévé- rance que de succès à notre avis, un honorable et regrettable expérimen- tateur (2) ? Il faudrait aller jusqu'à faire ce coefficient négatif, ce que per- (i) Foyez Mémoire cité de Poisson, de 1829, p. Sg. (2) En mettant, comme feu Wertheira, 2 au lieu de 3, on trouverait k ■= n; la pre- ( 209 ) sonne n'admettra; et il y a d'autres raisons, plus générales, à opposer à un expédient de ce genre, dont l'adoption impliquerait le rejet des plus simples conséquences de la loi des actions à distance, qu'on invoque de toute manière, et ne produirait, nous le pensons, même s'il pouvait réussir, qu'iuie illusion et un ajournement de l'explication véritable à trouver. Nous nous bornons donc à signaler ces difficultés, qui peuvent tenir à l'état vibratoire atomique constituant la fluidité (i), et dont la solution, si l'on V arrivait, mettrait sans doute sur la voie de pénétrer le mystère thermo- dynamique de cet état des corps. » Z00I.0G1E. — Sur la question de la transformation du cœnure en Txn'u\ serrcita; Lettre deM. Davaine « M. le Président de l'Académie. « Dans une discussion engagée devant l'Académie des Sciences relative- ment à la transformation du cœnure en Tœnia serrata, mon nom a été plu- sieurs fois prononcé, et, dans le dernier Compte rendu, M. Van Benedeu m'accuse d'avoir fait à son sujet une citation inexacte. II m'importe beau- coup de ne pas laisser passer cette assertion sans rectification. Je prie donc l'Académie de vouloir bien admettre ma réponse dans les Comptes rendus de ses séances. 1) Dans mon Traité des Enlozoaires, après avoir donné, suivant Gœze, Rudolphi et Dujardin, la description du Tœnia serrata (\m vit dans l'intestin du chien, j'ai dit que plusieurs auteurs modernes admettent que ce ver forme deux ou trois espèces distinctes. J'ai dit encore que M. Van Beneden consi- dère ce ténia (celui que l'on a décrit jusqu'à nos jours sous le nom de Tœnia serrata) comme provenant de deux vers cystiques différents, dont l'un est le Cyslicercus pisiformisAi\\i\^\n, et l'autre le Cœnunis cerebralis. » Voici en effet la description que donne M. Van Beneden du ténia, qui est le produit du cœnure du mouton ingéré dans l'intestin du chien : « L'organisation de ce ver, à l'état de strobila et de proglottis, est en tout » semblable à celle du Tœnia serrata; nous avons même cherché en vain à mière formule (2) serait jOCOSÀ = n li — cosa -f . . . , d après laquelle une dilatation ou contraction dc-r- n' aurait aucune influence sur la pression supportée dans dx son sens x par une face perpendiculaire. ( I ) Société Philomathique, 20 octobre i855, ou V Institut, ig décembre, p. 44"- ( 2IO ) 1 (iistinguer ces vers l'un de l'autre par les crochets. ■■ (Van Beneden, [Mémoire sur les vers intestinaux, p. i48. Paris, i858.) Il existe donc dans l'intestin du chien, suivant M. Van Beneden, des ténias dont les individus ne peuvent être distingués les uns des autres par des caractères spécifiques. Qu'il me soit permis, en passant, de demander si, dans l'éiat actuel de la science, ou n'esl pas en droit de considérer comme appartenant à mie même espèce des animaux qui à l'état adulte ont tous leurs caractères identiques? Quoi qu'il en soit, ces individus semblables, que Gœze, Dujardin, etc., ont décrits comme appartenant à une même espèce sous le nom de Tœnia serraln, proviennent, suivant M. Van Beneden, d'un cysticerque et du cœnure; je n'ai point dit autre chose. » Dans le tableau des observateurs qui ont cherché à élucider expéri- mentalement la question de l'origine du ou des Tœnia sen^ata, tableau qui fait le sujet de la discussion actuelle, si je n'ai pas mis sur la même ligne MM. Van Beneden, Kùchenmeister et Baillel, c'est que ces deux derniers observateurs ne donnent point au ténia provenant du cœnure du mouton les mêmes caractères spécifiques qu'au Tœnia serrata vulgaire, c'est-à-dire celui qui provient du cysticerque du lapin. » CHIMIE GÉNÉRALE. — Recherches sur les affinités. — De la formation et de la décomposition des éthers. — Proportions relatives; par MM. Berthelot et L. Péan DE Saint-Gilles. (Présenté par M. Pelouze.) « Les systèmes qui résultent de la réaction d'un acide sur un alcool peuvent renfermer quatre corps distincts, savoir : i° l'alcool et 2" l'acide, composants primitifs; 3° l'eau et 4" l'éther neutre, qui 'résultent de l'union des deux premiers. Nous avons fait varier les proportions relatives de ces quatre corps. » 1. Un équivalent d'acide et plusieurs équivalents d'alcool. » 1° Limite de la combinaison, c'est-à-dire quantité maximum d'éther neutre qui puisse être formé : I équivalent acide acétique -f- i équivalent alcool.. . 66,5 I » -1-2 » . ■ 82,8 1 » -h 5 . ••90.7 » D'après ces nombres, la proportion limite d'acide éthérifiable aug- mente avec la quantité d'alcool. Ce résultat pouvait être prévu. » ■>." Marche comparée de la combinaison à la température ordinaire et à 100°. » Nous donnerons seulement ici la marche à 100°. I équivalent alcool. 2 équivalenls alcool. 5 équivalcnis alcool. Acide primitif Limite Acide primitif Limite Acide primitif Limite Durée. = 100. = 100. = 100. =^!00. = 100. = 100. 4 heures. , 25,8 38,8 27,8 33,8 17,5 19,3 i5 heures. • 47 4 7-, 3 44,0 53,2 3i,3 34,5 83 heures . 6o,6 91,1 72,2 87,. 72,2 794 » Il résulte de ces nombres qu'un excès d'alcool ralentit la combinaison (rapportée à sa limite) et cela d'autant plus que la proportion d'alcool aug- mente. » Si l'on compare les vitesses de combinaison, c'est-à-dire les quantités moyennes combinées en une heure durant chaque intervalle, on reconnaît une variation très-caractéristique. Au début, la vitesse est d'autant plus grande qu'il y a moins d'alcool; le rapport des vitesses va même en aug- mentant. Mais vers la fin les rapports se renversent, c'est-à-dire que la combinaison vers la fin s'opère d'autant plus rapidement que la quantité d'alcool est plus considérable; la vitesse pour 5 équivalents devient double de celle qui répond à i équivalent, " Ces résultats s'expliquent si l'on réfléchit aux influences qui déter- minent la combinaison. An début, l'alcool excédant agit surtout connae dissolvant de l'acide et ralentit l'action. Mais vers la fin les proportions d'acide et d'alcool qui demeurent libres, dans un mélange forme pri- mitivement à équivalents égaux, diminuent suivant un même rapport; tandis que dans le système qui renferme plusieurs équivalents d'alcool, l'acide seul se dilue de plus en plus, suivant une proportion bien plus marquée que l'alcool. Pour une même quantité d'acide éthéri- fiable, la vitesse de combinaison dans le second système devra donc finir par l'emporter sur le premier. En raison de ce fait et de l'élévation de la limite, on voit qu'il y a avantage à employer plusieurs équivalents d'alcool, au lieu de i seul, dans les expériences tréthériûcation. " n. Un équivalent d'alcool et plusieurs équivalents d'acide. )) 1° Limite de la combinaison : I équivalent alcool + i équivalent acide acétique. . . 66,5 I .. +2 » ... 85,8 1 » 4-2,9 >j ... 88, G environ. r " -t- 5 » . . . g6 , 6 » On voit que la proportion d':dcool éthérifié augmente avec le nombre ( 212 ) d'équivalents d'acide; l'accroissement de la limite est même plus rapide ici que lorsqu'on augmente le nombre d'équivalents d'alcool. .1 2° Marche comparée de la combinaison à la température ordinaire. 1 éqiliv. Ac. piim. d'acide. 2 éqiiiv. Ac. prim. d'acide. Limite 2,9 équiv. Ac. prim. d'acide. Limite 5 équiv. d'acide. Limite Ac. prim. Limite Durée = 100. =100. = 100. =100. = 100. = 100. = '.00. = 100. r n lonrs 8,7 12,1 12,9 18,2 7,8 •3,4 9,« i5,6 8,9 i5,o 9,7 17,0 24,7 25,5 19 jours. 4 1 jours ( mars). 20,0 3o,2 24,6 «8,7 24,2 27,5 43,4 44,9 64 jours 1 (avril). 25,0 37,7 3i,4 36,5 3o,o 34,0 5o,8 52,5 io3 jours (mai). 34,5 5i,8 45,0 52,5 5o,7 57,7 66,3 68,5 187 jours (juin). 42,1 63,4 53,7 63,6 63,4 7", 4 81,4 84,1 167 jours (juillet). 47,4 71,2 6. ,8 72,0 69,' 77'7 87,5 90,4 iqo jours (juillet). 49,6 74,7 64,0 74,' 74,9 84,2 97,0 100,0 » D'après ces nombres, l'éthérification de 1 équivalent d'alcool, en contact avec I et a équivalents d'acide acétique, à la température ordinaire, se fait à peu près avec la même vitesse (rapportée à la limite). Avec 3 équivalents d'acide, l'éthérification, un peu plus lente pendant les deux premiers mois, quoique peu différente, finit par devenir notablement plus rapide avec le progrès du temps. » Les résultats sont encore plus tranchés avec 5 équivalents d'acide. La combinaison marche beaucoup plus rapidement au début, aussi bien que vers le milieu et vers la fin. 1) Les conclusions que l'on peut tirer de ces faits, relativement au mode d'action de l'acide, sont développées dans notre Mémoire. » 3" Marche comparée de la combinaison à 100°. icide. 5 équivalents d'acide. Limite Acide primitif Limite = 100. =100 =100. I équivalent d" 'acide. 2 équivalents Acide primitif Limite Acide primitif Durée. =100. =1100. ^100. 4 heures. 2.5 ,8 38,8 47, ï i5 heures. • 47,4 71,3 74,4 83 heures. 60,6 9',' 79,2 54,9 57,6 59,4 86,7 96,6 100,0 92,5 96,6 100,0 » Ces résultats accusent plus nettement encore l'influence pro[)re de l'acide. » .Avec 5 équivalents en particulier, l'éthérification arrive à sa limite au bout de i5 heures, tandis que dans un système à équivalents égaux ce ( 2i'3 ) résultat exigerait plus de i5o heures. Comme elle va en même temps plus loin et entraîne la combinaison de presque tout l'alcool employé, on voit par là que la présence d'un grand excès d'acide est la condition la plus favorable que l'on puisse mettre en jeu pour provoquer l'éthérificafion directe d'uiî alcool. L'influence bien connue et souvent employée d'un acide auxiliaire se rattache peut-être à des causes analogues à celles qui agissent dans les phénomènes que nous venons de signaler. » III. Un équivalent d'acide, i équivalent d'alcool et plusieurs équiva- lents d'éther neutre. » L'action est ralentie, surtout au début, et d'autant plus que la propor- tion d'éther neutre est plus forte. " IV. Un équivalent d'acide, i équivalent d'alcool et plusieurs équivalents d'eau, ou i équivalent d'éther neutre et plusieurs équivalents d'eau (système équivalent). » 1° Limite de la combinaison. I équivalent acide 4- i équivalent alcool I .. +1 1 » -1- I » 1 • H- I » I » -1- I » I • -1-1 » 66,5 2 équivalents eau. . 55,9 4 45,7 i5 25,0 environ «9 23, o 64 1 1 ,o environ » Les limites de la décomposition d'un éther par l'eau sont complémen- taires. » On remarquera que la limite de combinaison s'abaisse, à mesure que la proportion d'eau augmente. Un très-grand excès d'eau ne détermine pas la décomposition complète d'un éther; ce même excès n'empêche pas la combinaison d'un alcool avec un acide. » 1° Décomposition de l'éther benzoïque par l'eau. I équivalent éther -H 6 HO. Ether total Limite Durée. Température. :=ioo. =ioo. 7 heures.. . 200° 24,1 44,4 I équivalent éther -+-17HO. Ether total ^100. 37,0 Limite = 100. 49,3 I équivalent éther -t- 166 HO. Ether total = 100. 47 'O Limite = 100. 52,8 » La quantité décomposée augmente avec la proportion d'eau; mais la vitesse relative de décomposition est peu différente dans les trois cas. G. R.. 1862, a™» Semeslie. (T. LV, N» -î.) 29 Même sys ;lème + 2llO. Même système-*- 19HO. Ac. = ioo. Lim.= ! 00. Ac.=ioo. Lim.^ioo. 11, I 3:, 6 •,4 6,4 33,3 59,5 .4,5 64,4 5i,7 93,0 21,3 93,0 ( ^'4 ) >' 3° Formation de l'éther acétique, à loo" I éq. aciile-l-i éq. nlcool. Ource. Ac. = ioo. Lim.=ioo. 4 heures. . 25,8 38,8 i5 heures. . 4? >4 7 • ,3 83 heures. . 60 ,6 9' > ' >) D'nprès ces nombres, la présence de l'eau ralentit la combinaison au début, et cela d'autant plus que sa proportion est plus considérable. Mais à mesure que les trois systèmes approchent de la limite, les proportions relatives éthérifiées tendent à se confondre. » Ces résultats sont très-intéressants pour l'étude des transformations qui ont lieu dans les liqueurs vineuses, parce qu'ils montrent que les faits géné- raux que nous signalons sont applicables à l'interprétation générale des phénomènes qui se produisent dans des liqueurs très-étenilues, telles que les liquides alcooliques employés dans réconomie. » CHIMIE 0RG.4NIQUE. — Formation d'homologues de ta qninone par Voxy- dation d'huUcs acides de houille en présence de l'acide sulfurique ; par MM. A. RoMMiER c/ Ed. Bouii.hon. (Présenté par M. Balard.) » La production de la quinone sexchlorée ou chloranile par l'action du chlore sur Ihydrure de phényle ou acide phénique nous a engagés à re- chercher s'il n'était pas possible d'obtenir la quinone elle-même par l'oxy- dation directe de l'hydrure de phényle eu présence des acides. Le fait ne s'étant pas confirmé, nous avons essayé la même réaction sur les homolo- gues de l'hydrure de phényle, les hydrures de phoryie et de crésyle, et nous avons obtenu des corps homologues de la quinone. u On sait que lorsqu'on dissout l'acide phénique impur, la portion qui passe à la distillation entre 19,') et 220°, renferme surtout un mélange de ces deux hydrures: c'e.st ce mélange qui a été soumis à l'action des corps oxydants en présence de l'acide sulfurique. Pour cela on en a traité 1 parties par 3 d'acide du commerce. Au bout de vingt-quatre heures on a étenilu le mélange de 6 fois son volume d'eau, et on a distillé dans inie corntie spacieuse sur du bichromate de potasse, ou mieux, sur du bioxyde de manganèse, et on a obtenu à la distillation un liquide coloré en jaune, mêlé à des gouleiettes jaunes qui se sont solidifiées rapidement. » C'est ce corps jaune dont le liquide aqueux se trouve saturé ([ui est un homologue de la quinone. Il correspond à l'hydrure de crésyle comme f 2l5 ) la qiiinone peut correspondre à rhydrure de phényle, et se présenlc sous deux modifications isomériques, \a pliloione et la mélaphlorone . » Pldorone. On recueille le corps jaune sur un filtre, on le comprime entre des doubles de papier Joseph pour en séjjarer inie matière huileuse, tt on le fait cristalliser dans l'eau à 60". A cette température la ])h]orone fond et se dissout de préférence à la métaphlorone qui est moins {usil)le. Par le refroidissement la phlorone cristallise en longues aiguilles jaunes auxquelles sont attachés de petits cristaux de métaphlorone qui se séparent facilement des longues aiguilles de phlorone par l'agitation. Il faut plusieurs cristalli- sations pour en opérer la séparation complète. )) La phlorone est soluble dans l'alcool, peu soluble dans l'eau froide, et davantage dans l'eau à 60°, d'où elle se sépare par le refroidissement en magnifiques aiguilles jaunes qui occupent toute la dimension du vase. Ces aiguilles sont d'une grande ténuité et (lexiblos comme des cheveux quand elles sont humides. » La phlorone possède une odeur iodée qui rappelle l'odeur de la qtiinone. » Quand elle est sèche, elle fond vers 60 à 62°, et commence à se vapo- riser avec les premières vapeurs d'eau. Cependant quand on fait longtemps bouillir une dissolution de phlorone dans l'eau, une partie ne se volatilise pas et se décompose en se noircissant légèrement. » Comme la quinone, une dissolution de phlorone brunit en présence des alcalis et de l'ammoniaque; les acides en précipitent des flocons bruns. « L'acide sulfureux réduit la phlorone et décolore sa dissolution. Elle n'est plus alors volatile avec les vapeurs d'eau, et donne par l'évaporation un corps cristallisable très-soluble dans l'eau, et sans doute homologue de l'hydroquinone, ce qui reste à vérifier. » L'acide nitrique ordinaire et froid la dissout et l'eau la précipite; l'acide chlorhydrique la colore en rouge et semble se combiner avec elle. » Elle n'agit pas sur la lumière polarisée. » Mélaphlorone. Dans la purification de la phlorone par l'eau à 60°, la métaphlorone qui n'est pas fusible reste en partie sans se dissoudre. On la fait alors cristalliser dans l'eau à go°; par le refroidissement elle se dépose en petites aiguilles groupées entre elles, que l'on fait encore cristalliser pour l'obtenir pure. » Elle est un peu plus soluble dans l'eau chaude que dans l'eau froide. Elle a une odeur analogue à la phlorone et fond vers laS". 29.. ( ^'6) » Avec les acides et les alcalis, elle présente les mêmes réactions que la phlorone. » La phlorone et la mélaphlorone ont donné à l'analyse des nombres qni répondent à la formule C" H* O* M Phlorone. Mélaphlorone. Calcul. Carbone 70, o5 69,861 70,58 Hydrogène 5)9° 6,025 5,88 Oxygène. 24, o5 24,1 14 23,54 ioo,oo 100,000 100,00 » Cette formule n'a point été vérifiée par la détermination de l'équiva- lent, et il est probable que celle de la métaphlorone en est un multiple. » Il nous reste à remercier M. P. Thenard de tous les bons conseils que nous avons reçus de lui pendant l'exécution de ce travail, fait entièrement dans son laboratoire privé, qu'il a eu l'obligeance de mettre à notre dis- position. )i MINÉRALOGIE. — Sur le grenat oclaédriqiie de Nie d'Elbe; par M. F. Pisani. (Présenté par M. H. Sainte-Claire Deville.) " On a trouvé il y a quelques mois dans l'île d'Elbe, déjà si célèbre par ses minéraux remarquables, quelques rares échantillons d'une substance qui, bien qu'appartenant au type déjà très-répandu du grenat, était pour- tant de nature à exciter un vif intérêt parmi les minéralogistes. » Ce minéral, qui a été décrit avec soin par M. Luigi Bombicci, professeur (le minéralogie à l'Université de Bologne, se distingue par sa forme octaé- drique de toutes les variétés connues de grenat. En effet, l'on sait que le dodécaèdre rhomboïdal et le Irapézoèdre sont les formes ordinaires du grenat; et ce n'est que dernièrement que l'on a signalé sur une variété trou - vée en Russie, et dont il est question dans la Minéralogie russe de Kok- scharow, un dodécaèdre rhomboïdal comme forme dominante, avec les flices de l'octaèdre. » Dans les cristaux de l'ile d'Elbe, on trouve comme forme dominante l'octaèdre régidier, soit simple, soit accompagné des faces très-peu déve- loppées du dodécaèdre et même aussi de celles de l'icosaèdre. » Le gisement de ce grenat est une roche serpentineuse où il est accom- pagné presque toujours de clilorite et d'épidote jaunâtre. » Ces formes toutes nouvelles, ainsi que ce gisement, ont fait supposer l 217 ) à M. Bombicci que ce grenat pouirait présenter dans sa composition quelque différence notable avec les grenats ordinaires, et contenir, par exemple, une assez grande quantité de magnésie. M. L. Sœmann m'ayant remis un échantillon de cette nouvelle substance, j'en ai fait l'analyse, et c'est le ré- sultat de ce travail que je vais faire connaître à l'Académie. » Le grenat octaédrique de l'ile d'Elbe est d'une couleur jaune de miel ; les cristaux ont de 2 à 5 millimètres de diamètre. 11 raye faiblement le quartz. Au chalumeau il fond en lui émail noir. Au spectroscope, on voit dominer la chaux, avec traces de soude. L'acide chlorhydrique l'attaque lentement, mais il devient plus attaquable après fusion. » L'attaque de ce silicate a été faite avec le carbonate de cliaux (aSp. 100 du poids de la matière) M Voici quels sont les résultats de mon analyse : (Jitygènc. Rapport. Silice 39,38 21,0 1 Alumine 16,11 7,5 ) Peroxyde de fer 8 ,65 i,5cj \ Chaux 36, 04 10,29 ' Magnésie 1 ,00 O.xyde de manganèse et soude . . . Traces Perte au feu o , 3 1 ioi,4y nombres qui conduisent à la formule Si + (Ca)\Si. » Connue on le voit d'après cette analyse, ce minéral a la composition ordinaire d'un grenat et se rapporte au grossulaire ; le sesquioxyde de fei- a remplacé en partie l'alumine, connue cela arrive dans la plupart des gienats de ce type. Aussi il ne mérite en aucune manière de recevoir un nom nou- veau, et celui de grenat oclaédrique de i'ile d'Elbe me semble bien suffisant poiu- désigner cette belle variété. » M. Bombicci a décrit d'ailleurs dans son Mémoiie le passage pour ainsi dire graduel de ce grenat octaèdre au gi'enat dodécaèdre ordinaire, puisque, à peu de distance de ce premier, on a trouvé dans une roche analogue des cristaux semblables par leur couleur à ceux que j'ai analysés, mais cristal- lisés en dodécaèdres, portant même sur leiu-s angles trièdres les petites faces de l'octaèdre. » ( 2>8) MINÉRALOGIE. — Sur le zinc natif; Lettre de M. Piiipsox à M. Elle de Beaumont. « Étant chargé dernièrement de faire le compte rendu des minéraux de l'Australie qui figurent à l'Exposion internationale, j'ai découvert dans cette collection intéressante un échantillon de zinc natif dans du basalle provenant de Brunswick, prés de Melbourne (Victoria). C'est, je crois, la première fois que le zinc métallique a été trouvé dans la nature, et je vous prierai, Monsieur , de vouloir bien communiquer ce fait à l'Académie des Sciences. » M. l'abbé Bidard adresse une Note concernant les empreintes que pré- sente à sa surface une roche devenue pour cela célèbre dans le département de l'Orne, et sur laquelle, comme nous le dirons bientôt, l'attention de l'Académie a déjà été appelée il y a plusieurs années. Nous extrayons de la présente Note les passages suivants : « La roche est située à environ 12 kilomètres au nord de la petite ville d'Argentan, au milieu d'une bruyère peu élevée et sur le bord d'un ravin nommé \esVaux-Dobains ou les Pas-de-Bœufs, dans la commune de Dailleul. Elle se présente à nu dans une étendue de plusieurs mètres carrés et est sil- lonnée en tons sens d'empreintes semblables à celles qui résulteraient delà marche de Ruminants. Il y en a près d'une cinquantaine, de dimensions diverses et de profondeurs variables, mais ne dépassant pas '5 k l\ centi- mètres. Chaque empreinte semble indiquer un léger glissement dans le sens de la longueur du pied, comme celui que produirait un animal en marchant sur un terrain humide horizontal. Or il s'en faut que la surface de la roche soit maintenant horizontale, car elle forme avec l'horizon un angle qui n'est pas au-dessous de 60 ou 65°. Il faut donc, si ces empreintes sont l'effet du passage d'animaux, que la roche ait eu, au moment de ce passage, une situa- tion toute différente de celle qu'elle présente aujourd'hui. Il est impossible, en effet, que des Ruminants de grande taille aient pu se mouvoir dans toutes directions sur un plan ainsi incliné; les pas montants eussent été très- marqués du côté de la pointe du pied, très-peu du côté du talon; les pas descendants n'eussent été qu'une longue glissade. Au lien de cela, nous voyous des empreintes uniformes, et sommes en droit d'en conclure qu'à l'époque de leur formation la roche occupait une position sensiblement horizontale et qu'elle a perdue depuis. » ( 219 ) Nous (lisions que ces empreintes avaient été déjà signalées à l'attention de l'Académie, et en effet, si on se reporte au Compte rendu de la séance du 23 avril i855 (t. XF., p. 972), on trouvera une LettredeM. Eudes Deslong- chainps, accompagnant l'envoi d'une Notice que ce savant géologue avait publiée dans le X* volume des Mémoires de la Sociélé Lbmécmiede NormamUt. M. Eudes Deslongchamps, qui avait visité vers la fin de Tannée i854 les Vaux-d'Aubin (c'est ainsi qu'il écrit ce nom), et reconnu que la rocbe en question est un grés silurien, ne voyait pas dans ces empreintes les traces des pas d'un vertébré, et les supposait plutôt formées par des animaux mous, tels que des Actinies, des Ascidies ou autres. M. Bazet adresse comme faisant suite à sa communication du 7 juillet un Mémoire ayant pour titre : « Néogazogène appliqué à la fabrication des boissons gazeiises artificielles ». (Renvoi à M. Peligot, déjà chargé de l'examen du précédent Mémoire.) La séance est levée à 5 heures un quart. É. D. !>. DULLETI.N' BIBLIOGRAPHIQUE. L'Académie a reçu dans la séance du 28 juillet 18Ô2 les ouvrages dont voici les titres : Cours de Mécanique ; par M. DuilAMEL, membre de l'Institut; 3" édition; t. ^^ Paris, 1862; vol. in-8°. Notice sur ta vie et les travaux de P.-L.-A. CORDIER, membre de l'Institut, 'suivie d'une Liste chronologique et raisonnée de ses ouvrages; 2" édition, aug- mentée de son Mémoire posthume sur l'orip,ine des roches calcaires et des doln- mies, ouvert par r Jcadémie des Sciences le tj février 1862. Paris, 1862; in-8°. ' Sur la composition des péridots normaux et altérés du Puy-de-Dôme ; par M. A. MoitilSSIEU. Paris, 1861 ; br. in-8°. (Extrait des Mémoires de l'Aca- démie des Sciences et Lettres de Montpellier.) Recherches sur quelques eaux minérales ci l'aide du spectroscopc ; par MM. E. DixiCON et A. Moitessier. Montpellier, 1862; br. in-8°. (Extrait du Montpellier médical.) Ces deux opuscules sont présentés par M. Balard. ( 320 ) Des inflexions de l'ulérus à l'état de vacuité, par le D"" PiCARD. Paris-, 1862; in-8". Nouvelle fiihricalion des vernis gias au copal ; par M. H. Violette. Lille, i8Ga; br. in-8". (Extrait des Mémoires de la Société impériale des Sciences, de i Acjricullure et des Arts de Lille.) Palier-graisseur pour les petites vitesses de rotation; par M. Ordinaire DE Lacolonge. Saint-Nicolas près Nancy, 1862; br. in-8°. (Extrait du Génie Industriel de MM. Armengaud frères. ) De l'eau, du vin et du pain au point de vue de la santé puhlique ; par M. Boudard. Nevers, 1862; br. in-8°. Geognostische... Description y éognostique des Alpes bavaroises , publiée f>ar ordre du Ministère de Finances; par C.-W. Gumbel. Gotha, 1861 ; vol. \n-^° avec un atlas gr. in-fol. Observatorio... Publications de l'Observatoire météoio logique de l lîifanl don Luiik l'École polytechnique de Lisbonne; n"* i3, 1/4, '5 et 16; 1862: in-fol. COMPTE RENDU DES SÉANCES DE ' L'ACADÉMIE DES SCIENCES. SÉANCE DU LUNDI 4 AOUT 1862. PRÉSIDENCE DE M. DUHAMEL. RIEMOIRES ET COMMUNICAÏIONS DES MEMBRES ET DES CORRESPONDANTS DE L'ACADÉMIE. M. LE PnÉsiDENT rappelle que l'Académie des Sciences n'a pas encore fait choix du lecteur qui devra la représenter dans la séance publique annuelle de l'Institut qui doit avoir lieu dans ce mois. M. Lamé adresse un paquet caclieté et prie l'Académie d'en accepter le dépôt. Observations J dites par ^l. Duhamel au stijcl d'une précédente communication, « Dans la Note que j'ai eu l'honneur de lire à l'Académie dans sa séance du 7 judiet dernier, je me suis proposé de trouver les équations générales qui déterminent les petits mouvements des molécules des gaz, et d'en faire l'application à l'importante question de la propagation du son. » Dans toutes les recherches que l'on avait faites sur ce sujet, on avait supposé la pression la même dans tous les sens, autour d'un même point, et proportionnelle à la densité, lorsque la température est invariable. Mais cette supposition, exacte dans l'état d'équilibre, ne peut pas l'être dans l'état de mouvement; car, quoique toiUes les lignes qui joignent les molé- cules ne changent que très-peu en direction et en longueur, la position relative de ces molécules peut n'être pas restée semblable; la pression sur C. R., 1862, 2™= Semeslte. (T. LV, N» S.) 3o ( 222 ) un élément plan potiini par suite ne pas être normale à cet élément, et varier avec sa direction. » Il était donc nécessaire de prendre la question à ce point de vue plus général, et d'abord de chercher les équations auxquelles doivent satis- faire dans tous les cas les mouvements des différentes molécules du milieu. » J'ai remarqué d'abord que je pouvais prendre pour point de départ les équations données par Poisson pour le cas d'un corps solide, soumis à une pression primitive, constante en tous les points et dans tous les sens. » Ces équations renferment deux constantes, dont l'une est la pression primitive donnée. Quant à !a détermination de la seconde, elle doit se fon- der sur des propriétés fort différentes pour les gaz et pour les solides. La condition à laquelle je l'ai assujettie a été de satisfaire a la loi de Mariette, qui est caractéristique et appartient exclusivement aux gaz. » J'ai voulu d'abord savoir à quoi conduirait, dans ce nouveau calcul, la supposition faite par les géomètres jusqu'à Laplace, de l'invariabilité de la température. Pour cela il suffisait de donner aux déplacements des valeurs telles, qu'il en résultât un système semblable au premier; de calculer dans ce nouveau système la pression sur une unité de surface, et exprimer qu'elle est à celle de l'état primitif dans le lapport des densités. ). Poisson, dans le Mémoire déjà cité, donne deux formules différentes pour la pression après le déplacement, suivant qu'on la rapporte à l'unité de surface, considérée avant ou après ce déplacement. Or, dans le cas actuel, il est évident que pour comparer les pressions sur une étendue égale dans les deux systèmes, il fallait prendre pour le second la formule qui se rapporte à l'unité de surface dans ce second, c'est-à-dire après le dé- rangement. Mais je ne sais quelle préoccupation m'a fait prendre précisé- ment celle qu'il fallait laisser, et à laquelle ou est plus habitué, parce que l'emploi en est plus commode. Il est résulté de là une erreur dans la valeur de la seconde constante, et par suite dans celle de la vitesse de propagation (In son. Celte valeur se trouvait précisément la même que celle que donne l'expérience; résultat Irès-embarrassant, puisqu'il aurait tendu à établir que les gaz ne dégagent pas de chaleur par la compression : ce qui est eu opposition avec des expériences incontestables. )) Heureusement il y avait erreur ; et l'inadvertance a été remarquée tout de suite par les géomètres qui ont bien voulu suivreavec un peu d'attention mon calcul. Deux Notes ont déjà été envoyées à ce sujet dans la dernière séance, et il aurait pu en arriver autant que ma Note a eu de lecteurs atten- tifs et soigneux. Néanmoins je prie M. de Saint-Venant et M. Clausius de ( 223 ) vouloir bien recevoir ici mes remercîments pour m'a voir averti aussi promp- tement. Sans eux j'aurais peut-être été longtemps à m'apercevoir de la faute; une inadvertance de ce genre n'étant pas de celles dont on se méfie. » Cela posé, il fallait reprendre la suite du calcul et résoudre la ques- tion que je m'étais proposée. En restant toujours dans la supposition d'une température invariable, le calcul conduisait a une vitesse de propagation plus petite encore que celle de Newton. Cette supposition n'était donc pas conforme à la nature; et il fallait par conséquent tenir compte de l'élévation de température produite par la compression. C'est ce qui va faire l'objet de ma communication d'aujourd'hui. Je donnerai les équa- tions générales qui déterminent les petits mouvements des molécules des gaz, en tenant compte des températures développées. La vitesse de propagation du son sera celle de Newton multipliée par une fonction du rapport des deux chaleurs spécifiques, fort différente de celle de Laplace. Et la comparaison de cette formule au résultat de l'expérience conduira à une valeur de ce rapport sensiblement plus grande que celle qu'on a adop- tée pour l'accord de l'expérience avec la formule de Laplace. » PHYSIQUE MATHiiMATiQUE. — Equations générales des petits mouvements ries molécules des gaz. Application à la propagation du son ; par M. Duhamfx. « Nous admettons que lorsqu'un volume d'air est comprimé et ne perd aucune partie de la chaleur qu'il renfermait, sa température s'élève d'une quantité proportionnelle à la condensation, supposée très-petite. Si la com- pression n'a pas laissé subsister l'homogénéité, c'est à la condensation moyenne que cette proposition s'appliquera. » Soit c la condensation, positive ou négative; désignons par 5 l'élévation correspondante de la température, par ù la dilatation de l'unité de volume, pour une élévation j de la température, sous une pression constante; enfin par c et c' la chaleur spécifique du gaz, à pression constante et à volimie constant : on a entre ces quantités la relation connue (1) d>5=(i-i)s, et (f 5 est évidemment indépendant de l'unité de température. Nous par- tirons des équations données par Poisson pour un système de points sou- mis à une pression primitive, constante en tous les points et dans tous les 3o.. ( 224 ) sens. Ces équations sont [Journal de l'École Polytechnique, t. XIII, p. 46) L cos X = [k ( , + g) 4- A- ( 3 ;i^ + ^ -f- g) ] cos « I r,. du 1 l (lu di>\^ a Tir du , i du dw\~\ I p cos p. = I p cos V = La constante R est évidemment